Le Travail, organe du Parti socialiste genevois… et de Staline

Au cours de l'automne 1937, Le Travail sert d'agent de propagande et de désinformation au service de Staline comme le montre des articles sur Andres Nin, l'assassinat d'Ignace Reiss, les époux Ruegg, et l'expulsion de Konovalets et même la défense de La Lutte, organe du Parti communiste genevois. Avec toujours des nouvelles édifiantes sur les avancée de l'URSS sans un seul mot sur la Grande terreur que subit le peuple au même moment en URSS!

Alors que des rumeurs attribue l'assassinat d'Andres Nin, tué par le bras du NKVD en Espagne, le SIM, Le Travail publie un article niant la mort du leader du POUM.

Nin Nicole Les “provocateurs”

La «Freiheit» pubie également une longue documentation de laquelle il paraît ressortir que Nin, le chef des trotskistes de Catalogne n'a pas été tué comme on l'a prétendu, mais qu'il a réussi à prendre la fuite. Il dirigeait actuellement l'action du trotskisme contre le Gouvernement de l'Espagne républicaine.

Le Travail, le 3 septembre 1937

Etonnant cette opération de désinformation de la Freiheit certainement sur ordre de Moscou pour désinformation car on sait dans la capitale du paradis des travailleurs, on sait qu'Andrès Nin a été tué en Espagne par les agents du NKVD..

En 2011, le corps d'Andres Nin n'a jamais été retrouvé, mais il est certain qu'il a été tué par les agents en Espagne du NKVD.

La «Freitheit» était l'organe du PCS en Suisse alémanique

Après Nin, assassiné sur ordre de Staline, Le Travail continue par une désinformation sur un autre assassinat toujours commandité par Staline, celui d'Ignace Reiss à Lausanne le 4 septembre 1937. Alors que l'identité de la victime n'est pas encore connue, Le Travail de Léon Nicole y voit la main de l'Ovra, service secret de l'Italie fasciste.

Reiss Lausanne NKVD Le crime de Pully sur la piste des assassins

On a réussi à identifier le cadavre de Chamblandes. Pour certaines raisons, la police de sûreté ne veut pas en dire plus long actuellement.

Les méthodes employées ressemblent, à s'y méprendre, à celles utilisées lors de la double exécution des frères Rosselli. Nous posons la question: S'agit-il d'un nouvel exploit de l'«Ovra»

Pourquoi ne livre-t-on pas l'identité de la victime au public

Le Travail, le 8 septembre 1937
Ruegg Nicole La libération de Paul Ruegg. Conséquence heureuse du conflit sino-japonais

La « Freiheit ». annonce la libération de Paul Ruegg et sa femme par le gouvernement chinois. Paul Ruegg et son épouse avaient été condamnés à mort, en raison de leur activité politique à la tête du syndicat…

On se souvient de ce que Paul Ruegg fut défendu devant les tribunaux chinois par notre camarade Jean Vincent qui se rendit sur place au cours de l'été 1932.

Le Travail, le 10 septembre 1937

Le Travail participe enrore une fois aux actions du Komintern car les époux Ruegg sont des agents de cette organisation qui ont utilisé les passeports des vrais époux Ruegg qui seront abattus lors de la Grande terreur.

Evidemment, Le Travail ne défendra jamais ceux qui ont été victimes du régime soviétique, participant au silence complice sur ces millions de morts et de déportés. C'est l'indignation à deux vitesses des faux antifascistes mais vrais staliniens!

Au début octobre, Le Travail oublie la culpabilité de l'«Ovra» dans l'assassinat d'Ignace Reiss pour y voir l'oeuvre de la Gestapo. En fait, Ignace Reiss a été tué par un complot du NKVD suite à une lettre dans laquelle il annonce sa défection.

Reiss Lausanne Le meurtre de Chamblandes. C'est un nouveau crime de la Gestapo. Trois complices arrêtés

La victime, Ignace Reiss, ressortissant polonais, banni de son pays à la suite d'attentats terroristes, entra au début de 1935 au service de la Gestapo.

Identité des 3 complices, Renate Steiner, Dimitri Smirinski et Bob Ducomet

Le Travail, le 4 octobre 1937

Pour plus d'info: Paris dans les années 30 : Sur Serge Efron et quelques agents du NKVD ?
Daniel Kunzi  , Peter Huber  
Cahiers du monde russe et soviétique Année  1991 Volume  32 Numéro  32-2 pp. 285-310

Fin septembre 1937: Konovalets expulsé de Genève. Dans Le Travail, le 27 septembre 1937, le quotidien de Léon Nicole s'indigne contre “La Suisse” qu'il veut faire croire fasciste. Dans cet article Léon Nicole avoue son action, en tant président du Départment de justice et police du canton de Genève pour faire expulser Yevhen Konovalets qui y résidait depuis 1929. Il fut assassiné à Rotterdam par l'agent du NKVD Pavel Soudoplatov (par le biais d'un colis piégé) le 23 mai 1938. Son expulsion a-t-elle facilité l'exécution de Konovalets, plus facile à liquider à Rotterdam qu'à Genève. De plus, en l'éloignant de Genève, cette expulsion rendit plus difficile l'action de Konovalets pour que le problème ukrainien soit traité par la Société des Nations. En tout cas, Léon Nicole, chef de la police met au service de Staline son mandat au gouvernement à majorité socialiste pour décapiter le mouvement nationaliste antisoviétique ukrainien qui gênait Staline. Un service d'espionnage politique fonctionne à Genève. Il est dirigé contre le Front populaire français. Le rôle du journal “La Suisse” et de Sonor

En pleine folie réactionnaire! « La Lutte » interdite

Conformément aux désirs des fascistes de l'Union Nationale, Balmer, l'homme qui a toute la confiance de Géo Oltramare vient de prendre un arrêté contre le journal communiste «La Lutte».

Le Travail, le 24 septembre 1937

Le Travail use des provocateurs de Maurras et Darquier de Pellepoix, qui avaient été autorisés à prendre la parole à Genève en respectant la paix civile, ce qu'ils ne firent pas.

Mais, comme depuis avant 1932, Léon Nicole défend le Parti communiste et sa presse, à tel point que lors de son interdiction, ses militants pourront adhérer au Parti socialiste genevois, en désaccord avec le Parti socialiste suisse.

Le Travail, le 27 septembre 1937, participe à un appel de Gertrude Duby pour Liselotte Hermann dans la cellule de mort. Léon Nicole n'a pas oublié sa rencontre au printemps 1932 avec Gertrude Duby, agent du Komintern qui le fit agir pour cette organisation contre le direction du Parti socialiste suisse qui attendra le pacte Hitler-Staline pour l'exclure en novembre 1939.

Liselotte Hermann Liselotte Hermann dans la cellule de mort

Depuis juin 1937, Lilo est dans la cellule des condamnés à mort, coupée du monde extérieur, menacée chaque jour d'être menée au bourreau.

Cet héroïsme lui a valu la condamnation à mort pour haute trahison, c'est-à-dire être antifasciste, être partisan de la Paix et de la Liberté.

Le Travail, le 28 septembre 1937

Hélas, la campagne n'a pas permis de la sauver et Liselotte Hermann a été décapitée le 20 juin 1938.

Aucune indignation contre l'assassinat d'Ignace Reiss à Lausanne le 4 septembre 1937, Le Travail de Léon Nicole en attribuant la culpabilité à l'OVRA fasciste, puis à la Gestapo, mais jamais au NKVD de Staline.

Si Liselotte Hermann n'avait pas été tuée en Hitlerie, peut-être qu'elle aurait été échangée en septembre 1939 contre des agents allemands en URSS, suite au pacte germano-soviétique!

URSS Nicole La répression des actes de diversion fasciste en URSS

La législation en vigueur en URSS prévoit pour les faits d'espionnage, de sabotage et autres actes de diversion, une peine de prison ne dépassant pas dix ans, la peine de mort n'étant appliqué que pour les grands crimes contre la sûreté de l'Etat.

Afin de permettre de lutter plus efficacement contre ces menées, et pour donner au Tribunal la possibilité d'appliquer des sanctions plus sévères, le Comité central exécutif de l'URSS a décidé de portet à vingt-cinq ans la peine de prison maximum .

Le Travail, le 6 octobre 1937

Aucune indignation contre la répression du régime stalinien contre le peuple.

Réfugié à Finhaut (Valas) avec sa femme et son fils, Elsa Reiss, et Roman, 12 ans, échapperont au chocolat fourré à la strychnine que Renate Steiner leur réservait. C'est la Suissesse Gertude Schildbach qui a attiré Ignace Reiss à Lausanne pour qu'il soit tué par 2 agents du NKVD. Malgré leur grande gourmandise, son épouse, . En 1938, le procès débouche sur des non-lieux suivis d’expulsions. Seule Renate Steiner, accusée d’espionnage, écope de trois mois de prison. Cette affaire accélérera la dissolution du parti communiste en Suisse. Gertude Schildbach au lieu de rester en Suisse, rentra en URSS où elle fut exécutée peu après.

Après le crime politique de Chamblandes le mystère n'est pas éclairci

Le Travail raille un article de Jacquillard de la Revue de Lausanne qui met en cause la Guépéou.

Le Travail, le 6 octobre 1937

Le Dernier Jour De L'espion Reiss. Un Crime à Lausanne
Eberhard Raetz, L'Aire, 2008

Résumé :
Le matin du 5 septembre 1937, un promeneur se baladant au bord du lac à Lausanne trouve le corps d'un homme d'age moyen au bas d'un talus. Les papiers qu'il porte sur lui l'identifient comme étant Hermann Eberhardt, un trafiquant d'armes à la renommée douteuse. Rapidement, cette suspicion s'avère erronée. En fait, il s'agit de l'espion russe Ignace Reiss, connu sous le nom de Ludwig. Intellectuel juif, communiste convaincu, Ignace Reiss vient de rompre avec la ligne officielle du Parti et avec les services secrets russes. Dans ces années de terreur bolchevique, Staline sévit sous toutes latitudes, de la Sibérie au Mexique, où il fait liquider Trotsky. Et Ignace Reiss payera sa dissidence au prix fort.

A propos de l'auteur :

Eberhard Raetz est né a Karlsruhe et possède toujours un passeport allemand, bien qu'il vive dans un petit village vigneron, proche de Vevey. Chimiste de formation, il a travaillé pour Nestlé en Italie, Espagne, Portugal, Allemagne et Amérique latine. Attiré par la littérature, il ne s'y adonne que tardivement en publiant deux romans en Allemagne et un guide touristique de la région lémanique qui a connu un grand succès.
Gestapo Nicole URSS: Deux agents de la Gestapo porteurs de passeports suisses arrêtés

La justice militaire de la circonscription de Léningrad a maintenant terminé l'enquête relative à l'activité sur le territoire soviétique par les nommés Paul Silberhorn et Erwin Klein.

Le Travail, le 23 octobre 1937

Indignation contre l'autorité suisse qui a pu livrer les passeports avec lesquels les espions franchirent la frontière soviétique. Evidemment le camarade Jean Vincent, agent du Secours rouge, ne va pas dire que les époux Ruegg sont des agents du Komintern, comme lui, et qu'ils se servent de passeport suisse des vrais époux Ruegg, ce qui les empêchera de fuir l'URSS où ils seront arrêtés puis abattus en 1938.
URSS Nicole La journée de 7 heures

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Le Travail, le 23 octobre 1937

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