LE FEUILLETON GARBANI

Depuis de nombreux, le comportement de cette égérie de la gauche neuchâteloise, d'abord dissimulé, défraie la chronique: scandales sur la voie publique, crise d'alcoolique et violences conjugales dont elle serait la pauvre victime. Curieux que "violence conjugale" signifie toujours "la femme pauvre victime".

«C'est ma deuxième et dernière chance» Valérie Garbani revient sur son élection. Paroles, paroles…

Son grand numéro de victime de l'alcool et de son compagnon a marché comme sur des roulettes. A gauche, on aime les victimes, et ceux qui s'en font passer pour une!

Encore plus grave, les staliniens du POP apparenté avec les socialistes et les Verts obtiennent des scores indécents. A nouveau, derrière le bla-bla-bla écolo, les Verts sont copains avec les restes des partis du Parti suisse du Travail, complices des massacres de masse de l'URSS et de la Chine communiste, tout en soutenant les dictatures communistes.


Valérie Garbani réussit son rebond politique

Valérie Garbani réussit son rebond politique. Il était difficile de savoir si la divulgation de ses débordements allait susciter une vague de sympathie ou une réaction de rejet. (photo: Keystone)

NEUCHATEL. La socialiste est réélue malgré ses déboires. La gauche garde aisément sa majorité à l'exécutif et au parlement de la Ville de NEUCHATEL.

Le Temps, Pierre-Emmanuel Buss, Lundi 28 avril 2008

Valérie Garbani a réussi son pari. La socialiste a été réélue dimanche pour un deuxième mandat au sein de l'exécutif de la Ville de Neuchâtel. La révélation de ses frasques alcoolisées et de ses problèmes personnels n'a pas eu un impact déterminant sur le scrutin organisé au système proportionnel. Avec 3393 voix, elle a réalisé le deuxième score sur la liste socialiste, juste derrière la sortante Françoise Jeanneret (3444). Au pouvoir depuis 1992, la gauche garde aisément la majorité, avec 57,4% des suffrages.

Le suspense n'a pas duré très longtemps. Alors que le résultat de l'élection à l'exécutif était attendu en fin d'après-midi, l'affaire était classée avant 15 heures, prenant de court bon nombre de militants. Au «stamm» du Parti socialiste, installé à la brasserie Le Cardinal, c'est une assistance clairsemée qui a fait un triomphe à Valérie Garbani. Accompagnée par sa sœur et quelques proches, la présidente de la Ville a salué les personnes présentes avec retenue, comme si elle ne réalisait pas son élection. «Ce matin, je n'étais pas optimiste, je pensais être battue», confiait-elle aux nombreux journalistes présents.

Empathie et rejet

L'effet de la très forte médiatisation de ces dix derniers jours constituait le grand point d'interrogation de la journée. Il était extrêmement difficile de savoir si la divulgation de ses débordements allait susciter de l'empathie ou, au contraire, un réflexe de rejet. Les deux effets semblent s'être annulés ou presque. Valérie Garbani est la candidate qui a été le plus rajoutée sur les listes d'autres partis (330 voix). Elle a aussi été largement biffée sur la liste socialiste (398). Moins toutefois que Pierre Bonhôte, tracé 447 fois.

L'ancien conseiller aux Etats est le grand perdant du jour. Ejecté de l'exécutif du chef-lieu par Valérie Garbani il y a quatre ans, il tentait un difficile come-back. Avec 3001 voix, il est resté loin du compte. «Je ne suis pas déçu par mon score, il est comparable à celui que j'ai réalisé il y a quatre ans, jugeait-il. Je ne regrette donc pas de m'être présenté. Qui ne risque rien n'a rien.»

Malgré un taux de participation plus élevé qu'il y a quatre ans (37,2% contre 34,4%), Valérie Garbani est restée en deçà de son score de l'époque (3628 voix). Selon la présidente du Parti socialiste neuchâtelois, Monika Maire-Hefti, ce tassement n'est pas lié à ses problèmes personnels: «En 2004, elle était nouvelle et bénéficiait de son aura de conseillère nationale. Elle a assumé son mandat pendant quatre ans. Ça lui a valu des critiques, notamment pour sa gestion du dossier des Jeunes-Rives. Cela compte, même si c'est à mon sens le seul point sur lequel on peut lui reprocher quelque chose.»

Alain Ribaux élu

A droite, on faisait contre mauvaise fortune bon cœur. Libéraux, radicaux et UDC sont restés très loin de leur objectif de renverser la majorité de gauche. Le libéral Alain Ribaux remplacera son collègue de parti Antoine Grandjean, qui a décidé de se retirer après deux mandats. Il a obtenu 2042 voix, soit presque le double qu'en 2004. «Cette élection me donne un sentiment de vertige, confiait, à chaud, l'actuel juge du tribunal cantonal. Je vais tourner le dos à une carrière où je me trouvais souvent dans l'ombre et où je devais me décider sans consulter. Cela va changer...»

Le sortant radical Pascal Sandoz, qui avait succédé à Didier Burkhalter en cours de législature, a été réélu. Mais sans briller, en réalisant le plus faible score des sortants (1396 voix). Le Conseil général (parlement) reste lui aussi largement ancré à gauche, avec des équilibres qui se sont modifiés. Le PS perd trois sièges (de 17 à 14), qui sont récupérés par les Verts (de 4 à 5), SolidaritéS (de 2 à 3) et l'UDC (de 5 à 6). L'Union libérale-radicale reste stable avec 1 1sièges.

«C'est ma deuxième et dernière chance» Valérie Garbani revient sur son élection.

Pierre-Emmanuel Buss
Comme lors de sa conférence de presse de vendredi, où elle avait évoqué son état de santé après dix jours d'arrêt maladie, Valérie Garbani a multiplié les interviews dès sa réélection officialisée. Avec, toujours, une grande humilité.

Le Temps: Comment analysez-vous cette élection, qui semblait improbable il y a dix jours?

Valérie Garbani: C'est une bonne surprise, vraiment. J'ai fait à peu de choses près le même score qu'il y a quatre ans. Je prends cela comme une deuxième et dernière chance. Je me dois désormais d'être transparente, de dire la vérité concernant ma situation personnelle. J'ai déjà fait une partie du chemin ces dix derniers jours. Maintenant, j'ai besoin de projets et de regarder vers l'avenir.

- Votre franchise sur vos problèmes personnels vous a-t-elle servie?

- Je pensais que faire la une des médias pour des raisons plutôt négatives me causerait plutôt du tort. Beaucoup de gens ont évoqué ma situation en parlant d'exemplarité ou de crédibilité. Ce ne sont pas des éléments très favorables. D'un autre côté, les gens me connaissent. Pour une politicienne, j'ai un profil atypique. Je l'étais déjà dans le passé et je n'ai jamais triché. Et puis j'ai des compétences qui, je crois, sont reconnues. On ne peut pas me résumer au visage que j'ai montré ces derniers temps. Je pense que beaucoup d'électeurs l'ont compris.

- Le PS vous demandera désormais d'être complètement transparente sur votre état de santé pour prévenir une éventuelle rechute...

- Je n'ai pas besoin de mon parti pour me prendre en charge. Pour cela, il y a mon médecin et ma famille. Longtemps, je n'ai rien voulu entendre. J'ai fait un travail sur moi-même. J'ai beaucoup appris. Je vais me faire accompagner le temps qu'il faudra. Il n'y a pas de honte à avoir un appui médical.

- Regrettez-vous l'étalage de vos problèmes dans la presse, ou pensez-vous que cela vous a aidée?

- Je suis très contente que tout cela soit sorti avant les élections communales. Cela m'a permis de prendre conscience de l'ampleur de mes problèmes. J'ai fait table rase. Aujourd'hui, je n'ai plus de casseroles. C'est en connaissance de cause que la population m'a réitéré sa confiance. Cela dit, je ne pense pas avoir acquis beaucoup de partisans ces dernières semaines.

- Vous serez désormais très observée, notamment à l'heure de l'apéro...

- J'ai toujours été observée. Cela ne va pas changer grand-chose. Je vais m'abstenir de boire pendant un certain temps. Cela ne peut que me faire du bien.

- Reprendrez-vous votre mandat de conseillère communale dès cette semaine, comme vous l'avez laissé entendre vendredi?

- Je vois mon médecin lundi. C'est lui qui décidera. Mais je suis prête.


EDITORIAUX Le Temps Pierre-Emmanuel Buss, Lundi 28 avril 2008

Une élue en quête de rachat

Valérie Garbani est absoute. Largement majoritaire à Neuchâtel, l'électorat de gauche ne lui a pas tenu rigueur des débordements de ces derniers mois. En l'élisant pour un deuxième mandat au sein de l'exécutif communal, il a privilégié le pardon à la condamnation. Un verdict qui n'étonne guère. Vue du Parti socialiste et de ses alliés, la dérive personnelle de l'élue et sa franchise face à un problème aussi délicat que la violence domestique pèsent plus lourd que les excès alcoolisés et les injures à des policiers.

Ce capital sympathie a fonctionné à fond, parvenant à compenser les coups de crayon qui, inévitablement, se sont reportés sur son nom. L'électorat féminin s'est montré particulièrement sensible à la détresse d'une politicienne certes atypique, mais profondément humaine. Même si beaucoup d'électeurs avaient déjà voté par correspondance, son intervention devant la presse, vendredi dernier, lui a donné un coup de pouce supplémentaire. Humble et digne, Valérie Garbani a avoué qu'elle avait touché le fond. Et qu'elle ne voulait qu'une chose: régler ses problèmes pour rebondir.

Ces dix derniers jours, Valérie Garbani a beaucoup appris sur elle-même. Orgueilleuse, têtue, elle a toujours eu, par nature, beaucoup de mal à accepter les conseils. Ses problèmes personnels, les médicaments et l'alcool ont encore endurci sa carapace. Elle s'est progressivement renfermée, se coupant de sa famille et de ses proches jusqu'à mettre en péril l'exercice de son mandat politique.

Le battage médiatique qui a suivi ses confessions dans Le Temps a eu le mérite de la confronter de manière directe à sa dérive. De son propre aveu, l'épisode a constitué un déclic. Elle a commencé à affronter ses difficultés après les avoir trop longtemps éludées.

Cette prise de conscience est importante, mais elle ne constitue qu'une étape. Dans sa volonté effrénée de se racheter, Valérie Garbani doit, au-delà des promesses, démontrer par les actes qu'elle est assez forte pour assumer sa fonction. Elle sera observée, épiée. Ses dossiers et ses sorties seront appréhendés avec le même œil suspicieux. Convalescente, elle n'aura pas le droit à l'erreur. En votant pour elle, les électeurs de Neuchâtel ont considéré qu'elle méritait une deuxième chance. Ce sera sans doute la dernière.


Deux Hainard élus à La Chaux-de-Fonds
Stabilité politique dans les villes neuchâteloises.

Le Temps, Serge Jubin, Lundi 28 avril 2008

C'est une constante dans les villes neuchâteloises: la gauche renforce sa majorité et l'UDC subit un coup d'arrêt. A La Chaux-de-Fonds, la gauche passe de 59,9 à 62,3%, malgré le net recul du Parti socialiste (de 13 à 11 sièges au législatif). Le PS perd son statut dominant au profit du POP et des Verts.

Pas de souci pourtant pour les deux conseillers communaux socialistes sortants, Didier Berberat et Laurent Kurth. «Notre parti paie la politique du Conseil d'Etat à majorité rose-verte et ses décisions défavorables à La Chaux-de-Fonds», analyse Didier Berberat, qui obtient un très bon score personnel, susceptible de lui donner des ailes si le ministre Bernard Soguel devait se retirer au printemps 2009. Il marque en tout cas des points sur son collègue Laurent Kurth, pourtant souvent présenté comme l'homme fort de l'exécutif chaux-de-fonnier.

Le siège du popiste Jean-Pierre Veya apparaissait menacé par les Verts. Le POP a su mener une campagne dynamique pour non seulement faire réélire Jean-Pierre Veya, mais pour effectuer un bond de 13,8 à 16,9% (de 5 à 7 sièges au parlement), pas loin de son score historique de 1996. «Nous avons su nous démarquer de la gauche au pouvoir dans le canton», explique Jean-Pierre Veya. Qui réussit le grand écart entre être populaire et jouer le jeu de la collégialité. «Le Conseil communal a su construire des solutions favorables à la Ville», justifie-t-il. Les Verts progressent (+1 mandat au conseil général), mais insuffisamment pour placer Patrick Erard à l'exécutif. Un échec personnel, qu'il s'applique à dissimuler: «L'électorat a d'abord voulu reconduire l'équipe en place.»

A droite, pendant que le Parti radical poursuit sa culbute (de 9,5 à 6,3%), le Parti libéral sauve les meubles, même s'il perd un mandat au législatif. Frédéric Hainard s'approprie le fauteuil délaissé par Josette Frésard. Problème: dans le même temps, son père, Pierre Hainard, est réélu sur la liste UDC. L'un des deux devra se retirer. La décision sera officialisée ce lundi matin.

Mais tout indique que le libéral Frédéric Hainard n'entrera pas au Conseil communal et cédera sa place à Laurent Iff. «Il en va de l'intérêt de la Ville, explique Frédéric Hainard. Nous voulons que l'exécutif chaux-de-fonnier fonctionne au mieux.» Si Pierre Hainard s'en allait, Jean-Charles Legrix ferait son entrée au Conseil communal. Les observateurs estiment que l'actuelle bonne collégialité chaux-de-fonnière se dégraderait avec le trublion Legrix.

Le POP reste maître au Locle

En verve à La Chaux-de-Fonds, le POP confirme son statut hégémonique au Locle. Il conserve ses trois fauteuils (sur cinq) à l'exécutif, avec le très populaire président Denis de la Reussille, le sortant Marcelo Droguett et le nouveau Cédric Dépraz, qui succède à Claude Leimgruber. Le POP renforce ses bases, de 38 à 45%. Le PS garde son élue, Florence Perrin-Marti, et la droite ne parvient qu'à faire réélire le libéral Charles Häsler. Elle espérait mieux.

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