LE FEUILLETON GARBANI

Le Temps dont on connaît les sinistres sympathies prend des gants pour se faire le porte-parole de la "pauvre" Garbani. " Valérie Garbani s'exprime sur son mal, précisé par ses médecins. Le traitement est affiné. Son aptitude au travail n'est pas remise en cause". Est-ce qu'une malade peut-elle affirmer que "Son aptitude au travail n'est pas remise en cause"? Peut-être mais une menteuse, certainement!

On apprend que: "Au fil des révélations de la semaine, après l'esclandre de samedi dernier, sa situation a évolué." Comprendre qu'au départ, la presse s'est tue, mais que devant la répétition des faits, elle a bien dû en parler pour faire croire à son objectivité.

"Présentée prioritairement comme victime de violence domestique" par qui? A-t-on interrogé l'autre partie? Inutile, une femme est a priori toujours victime.

Lisez cet article en trouvant les faits cachés par égard pour la "pauvre" victime! S'agit-il d'un "Diagnostic affiné" ou aviné? Et la drogue? Et que fait le PS? On comprend qu'il s'agit d'éviter un prochain naufrage!


«Je connais ma maladie, ses garde-fous aussi»

Valérie Garbani: «J’ai aujourd’hui pleinement confiance en mes capacités à me maîtriser, parce que je sais de quoi je souffre. Je me soumettrai strictement à la thérapie qui m’est prescrite.» (photo: Keystone)

NEUCHATEL. Valérie Garbani s'exprime sur son mal, précisé par ses médecins. Le traitement est affiné. Son aptitude au travail n'est pas remise en cause.

Le Temps, Serge Jubin, Collaboration: Pierre-Emmanuel Buss, Vendredi 20 juin 2008

Valérie Garbani est à son bureau de la Ville de Neuchâtel. Elle y travaille. C'est même elle qui répond au téléphone, hors des heures d'ouverture. «Vous voyez, je suis capable d'assumer mon mandat», lance-t-elle, sans détour.

Au fil des révélations de la semaine, après l'esclandre de samedi dernier, sa situation a évolué. Présentée prioritairement comme victime de violence domestique, Valérie Garbani est d'abord, de son propre aveu, malade. Elle l'écrivait spontanément dans L'Express et L'Impartial, disculpant son compagnon qui lui avait infligé une gifle. Sans détailler cette maladie.

Diagnostic affiné

Selon les informations obtenues par Le Temps, l'élue a présenté, oralement au comité de la section de la Ville de Neuchâtel du Parti socialiste, et produit, devant le Conseil communal, un certificat médical qui précise le sens de cette maladie. «Un diagnostic plus fin que les précédents», confirme-t-elle, ajoutant: «Ma maladie n'est pas liée à une dépendance à l'alcool.»

Il s'agit d'un trouble psychique identifié. Nécessitant une thérapie précise. Pas incompatible avec une activité professionnelle. «J'ai réalisé ce qui m'arrive. J'ai, depuis très récemment, un traitement qui fait office de garde-fou, qui me permet d'affirmer que le risque de rechute est très notoirement réduit. J'ai aujourd'hui pleinement confiance en mes capacités à me maîtriser, parce que je sais de quoi je souffre. Je me soumettrai strictement à la thérapie qui m'est prescrite.»

Le discours est différent de celui du 25 avril, à la veille des élections communales. Où la magistrate, sincère mais par méconnaissance médicale, avait minimisé la gravité de son état de santé, qu'elle croyait avoir guéri par une mise au vert de dix jours. Ce qui, une fois réélue, l'avait incitée à déclarer qu'elle ne changerait pas complètement de comportement, qu'elle ne «raserait pas les murs» de sa ville.

La donne médicale est désormais nouvelle. Elle impose une thérapie et des règles de conduite d'autant plus strictes. Valérie Garbani de préciser: «Je ne suis pas un desperado.» Sous-entendu: je ne fais pas exprès de dépasser les limites.

Que fera le PS?

Il apparaît légitime de ne plus prendre comme argent comptant les promesses de rédemption de Valérie Garbani. Le Conseil communal de Neuchâtel l'a compris. Mercredi, il a pris acte de la situation, l'assortissant d'un avertissement sévère: il «ne tolérera plus d'autres actes susceptibles de mettre en cause la crédibilité des autorités».

Valérie Garbani doit convaincre, ce soir, son parti. Les socialistes l'ont déjà entendue lundi. Ils ont pris le temps, durant la semaine, de digérer l'«élément nouveau» cité alors par le président de section, Matthieu Béguelin, soit le diagnostic affiné. Difficile de prévoir le verdict du PS. Par esprit de «famille», par solidarité, il y a volonté d'accompagner la camarade malade. Mais cette empathie est contrebalancée par les dégâts provoqués par ses frasques sur le parti. «Il faut sortir de l'émotionnel et opérer une analyse politique», relève Matthieu Béguelin.

Là, l'appréciation est diverse. Pour certains, partisans du «stop», Valérie Garbani était en sursis depuis avril. Elle a fauté dans la nuit de vendredi à samedi, elle doit démissionner. Rouvrir un nouveau sursis, c'est prendre le risque de devoir faire face à une nouvelle rechute.

D'autres s'appuient sur la nouvelle donne médicale, veulent croire qu'en meilleure connaissance de cause, la magistrate se soignera et adaptera son comportement. Ils sont prêts à lui donner un délai d'épreuve, couperet automatique à la clé en cas de dérapage. Valérie Garbani pourrait vivre avec, ayant elle-même annoncé que, si d'ici à la fin de l'année, elle n'avait pas réglé ses problèmes, elle démissionnerait.

L'analyse politique dépasse le cas spécifique de l'ex-conseillère nationale. Elle s'inscrit dans l'actualité. Après les élections fédérales et communales, où le PS a beaucoup perdu. Avant les cantonales d'avril 2009, lorsque la gauche tentera de conserver la majorité cantonale ténue, arrachée en 2005. Pour y parvenir, il faut un PS fort. Qui souffre aujourd'hui non seulement des défaites électorales récentes et du cas Garbani, mais aussi de l'absence de présidence. Monika Maire-Hefti s'en est allée, son successeur, Eric Flury, n'est encore qu'intérimaire. De fait, l'affaire Garbani est «sous-traitée» à la section de la Ville de Neuchâtel et à son président Matthieu Béguelin. Avec risque de confusion et de communication éclatée.

Pour corser le tout, les socialistes devront défendre un bilan de législature délicat. La stature d'homme d'Etat de Jean Studer, louée pour avoir énergiquement amorcé l'assainissement des finances neuchâteloises, suscite des critiques à gauche. Le gouvernement rose-vert s'est également fait des ennemis dans les Montagnes. Rien à voir avec l'affaire Garbani? Certainement. Sinon qu'elle constitue une épine de plus dans le pied.

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