LE FEUILLETON GARBANI

En avril 2008, cet article rappelle qu' «En juin dernier, quelques jours après avoir participé à un esclandre alcoolisé et médiatisé à Peseux, Valérie Garbani avait promis qu'elle allait se reprendre». Sans blague! De plus, la "pauvre" clame que: «Je subis des violences domestiques» L'élue met ses écarts en relation avec une vie de couple difficile. Peut-être! Mais on apprend que depuis de nombreux elle n'est plus capable d'assurer sa tâche!


Valérie Garbani, présidente PS de la Ville de Neuchâtel, une élue à la dérive

NEUCHATEL. Nouveau dérapage pour la présidente socialiste de la Ville de NEUCHATEL. : elle a été amenée au poste par la police en état d'ébriété. A dix jours des élections communales.

Le Temps, Pierre-Emmanuel Buss, Mercredi 16 avril 2008

«Jusqu'ici, je ne me fixais pas de limites particulières. Après cet accident, je vais me montrer plus vigilante. Je vais mettre la pédale douce.» En juin dernier, quelques jours après avoir participé à un esclandre alcoolisé et médiatisé à Peseux, Valérie Garbani avait promis qu'elle allait se reprendre. Des notes internes à la police cantonale que Le Temps a reçues dans un courrier anonyme prouvent qu'il n'en est rien. En pleine dérive, minée par une relation sentimentale qui la détruit (lire ci-contre), l'ancienne conseillère nationale enchaîne les écarts de conduite. La situation est d'autant plus délicate qu'elle briguera un deuxième mandat au sein de l'exécutif du chef-lieu le 27 avril.

Trois épisodes récents illustrent les difficultés de la présidente de la Ville de Neuchâtel. Le dernier en date a eu lieu ce dimanche 13 avril. Selon le rapport de police, un habitant du centre-ville a appelé les forces de l'ordre peu avant 2h du matin. Motif: Valérie Garbani refusait de quitter son appartement «malgré de nombreuses injonctions». Une fois arrivés sur place, les policiers ont été invectivés par l'élue socialiste. Elle les a traités de «connards» avant de les menacer: «Si vous me prenez, vous allez le regretter. Ça va aller très mal pour vous et je vais bien rigoler.»

1,94 ‰

Comme Valérie Garbani refusait d'obtempérer, le maître des lieux a signé une plainte pour violation de domicile. Après discussion et la perspective d'être embarquée «de gré ou de force», l'ancienne avocate a suivi la patrouille jusqu'au bâtiment de la police cantonale pour être auditionnée. «Revenue à de meilleurs sentiments», elle a été raccompagnée chez elle. Le rapport précise qu'elle présentait «un taux d'alcoolémie de 1,94‰ à 3h22 du matin».

Le deuxième épisode s'est déroulé au début du mois de février. Après l'arrestation d'un acheteur de cocaïne «dans le cadre de l'opération Falou», la police a retrouvé à son domicile le porte-monnaie de Valérie Garbani, «oublié suite à une soirée» passée sur place. L'affaire avait suscité quelques remous en ville. Interrogée par L'Express le 1er avril à propos «d'épisodes, avérés ou non, qui mettent sa réputation en cause», elle avait reconnu qu'elle chercherait, à l'avenir, à «éviter certaines fréquentations».

Le troisième éclat remonte à la nuit du 23 au 24 octobre dernier, deux jours après que la socialiste a perdu son siège au Conseil national. Elle a pris à partie deux agents qui intervenaient pour mettre fin à une bagarre en plein centre-ville. Des insultes ont fusé. «Dans un état d'alcoolémie avancé», selon un témoin, elle s'est notamment réjouie que la police communale «rejoigne bientôt la police cantonale». De quoi susciter un ressentiment tenace au sein de la «locale».

Absentéisme remarqué

Ces écarts de conduite ont eu un impact sur l'exercice de ses fonctions. Selon plusieurs sources concordantes, elle a manqué plusieurs séances du Conseil communal dont celle, justement, du 24 octobre 2007. Ces absences ont entraîné des remises à l'ordre de la part du collège. Sans succès.

Les problèmes personnels de Valérie Garbani ont failli apparaître sur la place publique peu après le 24 octobre. Ayant eu vent de l'incident, les partis de droite du parlement communal avaient rédigé un projet de question à l'exécutif pour qu'il donne des précisions. La démarche avait été abandonnée suite à la promesse faite par le Parti socialiste de régler le cas «à l'interne».

N'aurait-il pas fallu crever l'abcès à l'époque? Présidente du parti cantonal et pas directement impliquée dans les décisions prises par la section du chef-lieu, Monika Maire-Hefti souligne «la grande difficulté» à gérer un tel cas. «Nous savons qu'elle a des problèmes personnels, j'en ai discuté plusieurs fois avec elle. Mais c'est une thématique délicate. Et puis de sang-froid, elle appréhende les choses avec lucidité.»

Fuites policières

Reste une question centrale: comment se fait-il que des notes internes sortent ainsi du giron policier? Le commandant de la police cantonale, André Duvillard, souligne qu'au vu du timing, il s'agit forcément d'une fuite interne. «Une première plainte a été déposée en février pour violation du secret de fonction. L'enquête sera étendue à l'affaire de ce week-end», indique-t-il. L'auteur de la fuite sera difficile à retrouver. Depuis 2002 et l'introduction de patrouilles mixtes, la police locale du chef-lieu a accès à toutes les données de la police cantonale. Ce qui complique l'équation.

«Je subis des violences domestiques»
L'élue met ses écarts en relation avec une vie de couple difficile.

Pierre-Emmanuel Buss
On la sent presque soulagée. Après des mois de silence, Valérie Garbani s'explique sur les errances de sa vie privée et les conséquences que cela a sur son mandat.

Le Temps: Des notes internes de police vous mettent en cause. Plainte a été déposée contre vous dimanche pour violation de domicile...

Valérie Garbani: Ce qui me choque le plus, dans cette affaire, c'est la violation du secret de fonction. Il est inadmissible que des rapports de police soient distribués sur la place publique. Des policiers m'en veulent et ne reculent devant rien... Mais je ne remets pas en cause les faits qui me sont reprochés. Ils s'inscrivent dans un contexte personnel délicat. J'ai subi à plusieurs reprises des violences domestiques. Je me suis dit que je tiendrais le coup jusqu'aux communales. Mais qu'après, il fallait que je prenne du repos. Que je sorte de ce cercle vicieux.

- Plusieurs de vos camarades de parti s'inquiètent pour votre santé, évoquant une dépression...

- Je ne crois pas, mais je ne suis pas médecin. Ce qui est sûr, c'est que je suis fragile psychiquement. Je prends des antidépresseurs. Je prends aussi un médicament assez fort contre le psoriasis. Après un ou deux verres d'alcool, je ne vais pas bien et je perds le contrôle. Cela m'empêche de bien gérer ma vie privée. Mais le reste du temps, ça va. J'assume ma fonction.

- La police a trouvé votre porte-monnaie chez un consommateur de cocaïne. Prenez-vous de la drogue?

- Non. Pas même du cannabis. La personne qui a été arrêtée ne fait pas partie de mes fréquentations habituelles. Le chef de la Sûreté le reconnaît. L'affaire a été classée.

- Vous avez manqué plusieurs séances du Conseil communal, ce qu'on vous a reproché. Etes-vous encore capable d'assumer votre fonction?

- J'ai été absente trois ou quatre fois en sept mois. Ces absences étant dues aux violences domestiques que j'ai subies. Il m'est arrivé de pleurer toute la nuit. Je ne me voyais pas débarquer en séance après ça. Alors je restais chez moi.

- Avez-vous envisagé de ne pas briguer un second mandat?

- Franchement non, mais si le PS le décide, je me plierai à sa décision.

- Ressentiriez-vous du soulagement si vous n'étiez pas réélue?

- Non, ce qu'il me faut, c'est quelques jours de repos, consulter à nouveau mon médecin et régler mes problèmes personnels. Mais je ne peux pas me passer de la politique. Si la population ne m'accorde pas sa confiance, je me présenterai au Grand Conseil. Si mon parti le veut bien.

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