LE FEUILLETON GARBANI

15 novembre 2008. Le Courrier, comme toute la presse objective…ment à gauche a voulu faire de Valérie Garbani une pauvre victime du machisme. Pourtant les accusations de violences n'ont été portées que par Valérie Garbani qui «affirme ne pas vouloir devenir «une égérie d'un mouvement de lutte contre les violences domestiques». L'aveu de ses mensonges reliés et colportés par des média complaisants.


«L'affaire Garbani» mal traitée par la presse romande

Le Courrier, Simon Petite, Samedi 15 Novembre 2008
http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=440842

DÉCRYPTAGE - Mandatée par le CRFJ, une spécialiste analyse le traitement médiatique des «frasques» de la politicienne neuchâteloise Valérie Garbani.

«Aujourd'hui vous rayonnez. Avouez qu'il y a un homme derrière tout ça», interroge un journaliste du Matin. Nous sommes aux derniers jours d'avril 2008 et Valérie Garbani vient d'être réélue au Conseil communal de la Ville de Neuchâtel. Le verdict des urnes signe l'épilogue – provisoire – de «l'affaire Garbani». Le 16 avril dernier, Le Temps avait allumé la mèche en révélant que l'élue avait insulté des policiers alors qu'elle refusait de quitter l'appartement de son compagnon. Interrogée sur ses écarts, Valérie Garbani avoue alors qu'elle subit des «violences domestiques». Il s'ensuit un emballement médiatique autour de la personnalité de l'élue et de sa capacité à assumer son mandat. L'auteur des coups, quant à lui, restera dans l'ombre et la question de la violence domestique sera rarement thématisée. Sur ce constat, le Centre romand de formation des journalistes (CRFJ) a mandaté une chercheuse spécialisée dans les questions de genre pour analyser le traitement médiatique de «l'affaire Garbani». Se basant sur une quarantaine d'articles de la presse romande, Silvia Ricci Lempen a livré son diagnostic jeudi dernier au siège du CRFJ à Lausanne. Les journalistes ont-ils été aveuglés par leur sexisme?

Une situation inédite

«Je ne veux accuser personne, mais comprendre comment les médias reflètent les rapports entre les sexes», explique Silvia Ricci Lempen. Selon elle, «l'affaire Garbani» est inédite. «On n'avait jamais vu une politicienne qui était aussi une femme battue, une personnalité qui exerce le pouvoir dans sa vie publique mais qui est victime d'abus de pouvoir dans sa sphère privée.»

Les rédactions auraient aussi été désarçonnées par le «cas» Garbani. Selon la chercheuse, la politicienne n'entrerait en effet dans aucune des cases généralement dévolues aux femmes. «Une femme politique peut-elle se permettre de rester dans la marge? La question colle à la peau de Valérie Garbani. Torailleuse devant l'éternel, amatrice de heavy metal et de Harley Davidson, elle détonne dans un monde politique où le respect des conventions constitue une vertu cardinale. Surtout pour une femme», s'interroge Le Temps dans son édition du 17 avril. Les penchants pour la bouteille ou les ivresses au volant de certains politiciens font, eux, moins de vagues.

Valérie Garbani est une personnalité publique, mais pas son compagnon. Est-ce la raison pour laquelle ses actes de violence ont suscité si peu d'intérêt auprès de journalistes soudain très respectueux de la sphère privée? «Je crois que cette indulgence est liée à un préjugé plus ou moins inconscient que la violence masculine peut être légitime», avance Siliva Ricci Lempen. D'autant qu'après avoir avoué qu'elle subissait des violences domestiques, Valérie Garbani fera tout pour disculper son compagnon, se reprochant de l'avoir poussé à bout à plusieurs reprises.

Mais l'affaire rebondit en juin, lorsque la politicienne appelle à l'aide à la fenêtre après avoir été réveillée par de nouveaux coups. La justice renonce à des poursuites. Le couple ne vit pas sous le même toit et l'élue n'a pas souhaité déposer plainte. «La vie nocturne de Valérie Garbani continue à faire du bruit», s'agace 24 Heures. «A quoi joue Valérie Garbani?», se demande Le Matin.

«Pas prise au sérieux»

L'Hebdo estime que «ses réticences à déposer plainte à l'égard de son ami démontrent» qu'elle est consciente que, sous l'emprise de l'alcool, Valérie Garbani peut se montrer agressive sans motif. «La violence domestique se pratique en général dans l'intimité, pas avec les fenêtres ouvertes sur la rue», selon Le Temps. En septembre, «giflée» pendant la fête des vendanges, «elle s'est fait de nouveau remarquer», apprend-on dans Le Matin.

«La presse se partage entre deux attitudes. Soit elle insiste sur la fragilité de la conseillère communale, soit elle l'accuse, par ses problèmes d'alcool ou son agressivité, d'être tout sauf une victime, décrypte Silvia Ricci Lempen. Dans les deux cas, la violence domestique n'est pas prise au sérieux.»
Note : La conférence sera prochainement disponible sur www.crfj.ch

Commentaires dans Le Courrier: ZERO

ET DANS «LE COURRIER»?

La manière dont il fallait traiter de ce qui est devenu «l'affaire Garbani» a suscité de nombreux débats au sein de la rédaction. Dans un premier temps, Le Courrier reste en retrait, estimant que les problèmes de Valérie Garbani relèvent de sa vie privée. Après les révélations du Temps, Valérie Garbani part en congé maladie. Le Courrier en informe brièvement ses lecteurs, évoquant des «problèmes personnels» et relayant les accusations de «violences domestiques» de la part du compagnon de la neuchâteloise. Par la suite, Le Courrier s'intéresse à la manière dont les rapports de police mettant en cause Valérie Garbani sont tombés dans les mains de la presse.

L'auteur de la fuite, un policier, sera rapidement identifié par la justice.Le 25 avril, après 10 jours de congé maladie et à la veille des élections communales, Valérie Garbani convoque une conférence de presse. Le Courrier titre: «Valérie Garbani croit à ses chances d'être réélue à l'exécutif de la Ville». «Maintenant que j'ai touché le fond, je suis déterminée à rebondir», confie-t-elle. Sur les violences, elle affirme ne pas vouloir devenir «une égérie d'un mouvement de lutte contre les violences domestiques».

Le dimanche suivant, les résultats des élections tombent. La socialiste est réélue. Un éditorial se réjouit du fait que les «urnes font fi des unes». Fin de l'histoire? C'est sans compter les appels à l'aide de l'élue rapportés par la presse. Le 17 juin, Le Courrier interroge une spécialiste de la violence conjugale. Trois jours plus tard, un éditorial dénonce la «minimisation» des violences subies par Valérie Garbani. SPE

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