Le Travail quotidiennement vante les victoires de la construction du socialisme.

Contre rétribution ou seulement par adhésion idéologique? C'était le mythe de l'«autre monde» du XXe, construit par des mensonges plus long que le bras, mais servant de «négatif» au capitalisme. La propagande ne passait pas seulement par la presse, mais aussi par la littérature et le cinéma. "Les raisins de la colère" et d'autres livres ont émus sur le sort des victimes des capitalistes américains, mais impossible de trouver un livre sur la grande famine d'Ukraine qui fit périr de 5 à 8 millions d'être humains, un des crimes majeurs du XXe inconnu de tous. Cela fut possible parce qu'un réseau mondial (Walter Duranty aux Etats-Unis, Romain Rolland, des milliers d'agents, les membres des partis du Komintern) couvraient les exactions et l'horreur quotidienne en URSS par des articles de presse ou par la caution de leur adhésion. En plus, Staline savait choisir les moments pour commettre sa politique de l'édification du communisme (la crise de 1929 virent se produire les premiers procès contre les "saboteurs") et utilisait l'antifascisme pour détourner l'attention de ses crimes.

Le Travail 1.05.1939. Publicité pour le livre de Nicole sur "Mes voyages en URSS". Et en première page de l'édition de cette édition du 1er mai, un article sur l'automobilisme en URSS.

Un exemple de propagande pour l'URSS. Le Travail No 190 17.08.39.

Le cinéma soviétique, toujours salué par sa qualité artistique, sert à véhiculer cette vision de monde en noir et blanc, en fait rouge et noir. Il eut ses prophètes comme Langlois en France ou Freddy Buache en Suisse. La production de Moscou n'était pas diffusée en Europe et des partis ou ses organisations de masse, des cinémathèques permettaient la diffusion de films qui est loués par des critiques "indépendants" ou des "esthètes". Il ne s'agit de dénier au cinéma soviétique toute valeur artistique mais de rappeler que cet art était mis au service de la pure propagande du parti communiste russe.

Même à Genève, ses films étant interdits, le PSG organise des séances. Le Travail du 22 mars informe de la séance de gala au "cinéma soviétique d'Annemasse"?!. Il y aura un tram spécial partant du Molard.

cinéma soviétique d'Annemasse

En feuilletant le Travail pour chercher des articles sur le Procès de Moscou, j'ai trouvé dans l'édition du 3 mars 1938, une critique de "La jeunesse de Maxime", un film édifiant basé sur la vie de Maxime Gorki. Pauvre Gorki, assassiné quelques jours plus tôt par 4 médecins trotskistes en février. Un peu gros! mais la mode en 1938 c'est tout ce qui ne marche pas, c'est de la faute aux trotskistes. Trotski, exilé au Mexique, arrive à tuer un écrivain prolétarien comme Gorki vivant à Moscou et cela, à deux pas de Staline. Cela, le procès n'a pas permis de le prouver mais que Trotski fut assassiné sur l'ordre de Staline, il n'y a aucun doute.Et si c'était Staline qui avait ordonné la liquidation de Gorki? Le procureur a-t-il enquêté?

Extrait de la "critique": «C'est l'histoire d'un jeune ouvrier de l'usine Poutiloff, au temps du tsarisme. Il est insouciant, gai, ne songe qu'à s'amuser en compagnie de joyeux lurons de son âge. Mais la main de fer du capitalisme s'apensentit sur lui…». Au même moment, en URSS, se termine la Grande Terreur, période où des milliers d'innocents étaient fusillés chaque jour: Mais la main de fer du socialisme…

La jeunesse de Maxime Gorki assassiné par 4 médecins trotskistes

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