Nicolas Sarkozy aurait don copié notre Micheline qui «avait tenu à assister dimanche dernier à la finale de tennis de Roland-Garros opposant Roger Federer et Rafael Nadal. De même, elle se rendra dans dix jours à Valence pour assister, du moins elle l'espère, aux exploits d'Alinghi. «Les Espagnols nous prêtent leur mer, cela crée des liens», a-t-elle déclaré lundi devant la presse.». La presse indépendante objectivement à gauche stigmatise le comportement "people" de Sarkozy, mais quand "notre" présidente fait la même chose, pour D.S. Miéville, ce n'est pas la même chose.
Micheline Calmy-Rey à la croisée des cultures [LESQUELLES? LA SOCIALISTE ET LA ROYALE!] Invitée d'honneur de la famille royale d'Espagne, Micheline Calmy-Rey était assise au dîner à côté du prince Felipe. Photo: Keystone

DIPLOMATIE. La présidente de la Confédération a été reçue à Madrid puis à Cordoue.
Le Temps D.S. Miéville, envoyé spécial à Madrid, Mardi 12 juin 2007
Micheline Calmy-Rey est arrivée lundi matin à Madrid pour une visite officielle de deux jours. Accueillie à l'aéroport par le ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, la présidente de la Confédération a été reçue pour un entretien privé par le roi Juan Carlos au Palais de la Zarzuela, la résidence privée des souverains espagnols. Elle a pu faire avec son interlocuteur un tour d'horizon des sujets d'intérêt commun et de la situation internationale, sans oublier l'actualité sportive. Pour l'anecdote, elle a cependant ignoré l'usage voulant que le roi soit salué par une révérence.
Micheline Calmy-Rey avait tenu à assister dimanche dernier à la finale de tennis de Roland-Garros opposant Roger Federer et Rafael Nadal. De même, elle se rendra dans dix jours à Valence pour assister, du moins elle l'espère, aux exploits d'Alinghi. «Les Espagnols nous prêtent leur mer, cela crée des liens», a-t-elle déclaré lundi devant la presse.
La présidente de la Confédération a ensuite été reçue par le couple royal, accompagné du prince Felipe qu'elle avait rencontré la veille à Roland-Garros, au Palais Royal de Madrid pour un banquet officiel. Le haut niveau protocolaire de cette visite traduit la sérénité des relations entre les deux pays. Il est loin le temps de premières négociations bilatérales où le ton avait été longtemps grinçant sur les dossiers de la libre circulation des personnes et l'importation des produits agricoles. S'agissant de la libre circulation des personnes, les faits ont démenti les attentes et les craintes des deux parties, puisque le processus a bénéficié beaucoup plus, en fin de compte, à l'Allemagne qu'aux pays du sud de l'Europe.
L'avènement du gouvernement Zapatero a par ailleurs permis un rapprochement entre Berne et Madrid, qui partagent des approches semblables sur plusieurs sujets multilatéraux. L'engagement de l'Espagne sur le pourtour méditerranéen et au Moyen-Orient intéresse tout particulièrement la Suisse, de même que son implication et son expérience sur le front des migrations. La situation au Kosovo, qui retrouve une actualité brûlante après les déclarations de George Bush à Tirana en faveur de l'indépendance, comme les relations entre la Russie et l'Europe et les Etats-Unis, figurent également au programme des entretiens, ainsi que la question européenne et le dossier fiscal, pour lequel le ton est pour l'instant plutôt à l'apaisement.
Enfin, la Colombie est aujourd'hui un sujet d'autant plus incontournable entre les deux capitales, parties, avec Paris, au processus de négociation entre le gouvernement de Bogota et les FARC, que les récentes initiatives de Nicolas Sarkozy ont réactivé le dossier et la controverse autour de négociations pouvant aboutir à la libération d'Ingrid Betancourt. Une autre ambition commune rapproche encore les deux ministres des Affaires étrangères. L'Espagne préside cette année l'OSCE où elle a inscrit son programme Alliance des civilisations, qui ambitionne de combattre les discriminations et d'améliorer la compréhension entre les peuples et les religions. Très symboliquement, le ministre espagnol des Affaires étrangères a tenu à recevoir son homologue suisse à Cordoue, le haut lieu de la rencontre entre le christianisme et l'islam. C'est dans cette ville qu'il devait recevoir lundi soir Micheline Calmy-Rey. Lundi soir, Micheline Calmy-Rey a pu visiter la célèbre mosquée-cathédrale de la Mezquita, à Cordoue. Faisant allusion à l'initiative anti-minarets, elle a déclaré: «La Suisse a besoin de lieux comme celui-là.»(ATS)