Gaz iranien: Mme Calmy-Rey, naïve ou piégée? pour rien. Le contrat, annoncé en fanfare, ne profitera pas du tout à la Suisse. Philippe Barraud pose-t-il la bonne question: pour qui travaille Mme Calmy-Rey? En l'occurrence, pas pour la Suisse qui la paie chaque mois grassement!


Gaz iranien: Mme Calmy-Rey, naïve ou piégée?

commentaires.com - Philippe Barraud
http://www.commentaires.com/articles-551.html
mercredi 16 avril 2008

C’est une grave révélation que publie Le Temps du 16 avril: le contrat gazier signé à l’ombre du voile de Mme Calmy-Rey en Iran ne profitera pas du tout à la Suisse!

Selon l’enquête du quotidien en effet, les consommateurs suisses ne verront pas la couleur de ce gaz, qui sera vendu essentiellement en Italie et sur le pourtour méditerranéen. Comme le dit très clairement Olivier Matile, porte-parole de l’Association suisse de l’industrie gazière, «le consommateur suisse ne verra pas une molécule de gaz iranien».

Voilà qui réduit en fumée l’argumentation constante et obstinée de la conseillère fédérale, qu’elle martelait la veille encore dans le même journal: «La Suisse aussi a le droit de défendre ses intérêts stratégiques. [...] Chaque Etat a intérêt à diversifier ses sources d'approvisionnement et ses fournisseurs.» Et d'insister: «Le but des Affaires étrangères est en fin de compte d'assurer la sécurité et le bien-être des Suisses. [...] Les atouts de la diplomatie suisse mis au service des intérêts énergétiques du pays ont permis la signature du contrat.»

Alors, on s’interroge. Mme Calmy-Rey connaissait-elle vraiment les tenants et les aboutissants de ce contrat? Ses services lui avaient-ils fourni les informations nécessaires? Sans doute pas, on ne lui fera pas l’injure de la soupçonner de mauvaise foi ou de négligence. Au mieux elle a été mal informée et naïve, au pire elle a été piégée. Mais dans les deux cas, la diplomatie suisse a été gravement compromise, et elle devra s’en expliquer.

On peut en tout cas tirer une leçon provisoire de cette affaire: dans un monde économique globalisé, où on ne sait plus très bien quelle société appartient à qui, nos ministres doivent s’informer très solidement avant d’aller faire de la figuration autour d’une table où on signe des contrats – peut-être avec le Diable — à supposer qu’ils estiment encore souhaitable de jouer les commis-voyageurs.


Commentaires

Par pitié M. Barraud, cela ne peut être que le fruit d'un 1er avril disloqué...

Notre ministre (esse, elle, ette) des affaires étrangères, exo planétaires, intersidérales et des droits "humains" des femmes, est une politicienne basique des plus sottes. Nous le savons de Marseille à Moscou et cela se perçoit aisément, mais tout de même pas au point que vous et "Ron du Temps" prétendez le dénoncer. Je n'ose y croire...
Francis Krieger

Le Diable serait-il de retour?

Est-il vraiment nécessaire de faire intervenir le Diable pour tenter de comprendre la réalité humaine? Si tel est le cas, la solution aux problèmes politiques, économiques et sociaux qui sont ceux de notre monde réside dans l'intervention d'exorcistes .... Ce n'est pas très sérieux M. Barraud ....
Marc Glaisen

Critique facile

Pas sûr que Christoph Blocher aurait fait beaucoup mieux, lui qui a dénigré la législation helvétique pour complaire à ses hôtes turcs. Historiquement, la politique étrangère de la Suisse a toujours servi les intérêts économiques de ses entreprises.
Tout en respectant cet impératif commun à n'importe quel Etat, Micheline Calmy-Rey a pris aux mots le slogan marketing d'une politique étrangère fondée sur les droits de l'homme, une option forcément casse-gueule.
Cela dit, il serait vraiment intéressant de connaître toutes les raisons d'un voyage apparemment approuvé par le Conseil fédéral.
Frédéric Burnand
 

Gaz iranien

Donc, il n'aura servi à rien à Mme Calmy-Rey de se coucher ... pardon, de se voiler... Bien au contraire, elle aura montré au président iranien la servilité de notre pays. Il n'aura eu que mépris. Comme il a dû rigoler! On aurait dû envoyer Blocher!
Marie-France Oberson

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