Micheline Calmy-Rey, un cas désespéré, celui du bonimenteur démasqué!

Le Temps publie, sans commentaires ni critiques, une auto-justification de Micheline Calmy-Rey qui a accumulé les "gaffes" ces derniers temps: contacts avec les FARC, un contrat avec l'Iran alors que la Suisse n'en est pas le bénéficiaire, etc... A la lecture, se profile un cas désespéré, celui du bonimenteur démasqué!

Son article d'hier avec l'idée de négocier avec Ben-Laden a jeté le trouble. Encore une gaffe! Le temps de la renvoyer à ses études, tant son brassage d'air ne convaint plus personne!


La phrase de Calmy-Rey sur Ben Laden sème le trouble

Micheline Calmy-Rey lors de la conférence annuelle des ambassadeurs.La ministre socialiste a défendu les vertus du dialogue, même avec des «personnes infréquentables». (photo: Keystone)

DIPLOMATIE. Dans un discours sur le dialogue, la ministre a fait une allusion au chef d'Al-Qaida qui n'est pas passée inaperçue.

Le Temps, Valérie de Graffenried, Mercredi 27 août 2008

«Il est hors de question, dans la pratique, pour le Département fédéral des Affaires étrangères de mener un dialogue avec Oussama Ben Laden.» Cette clarification, le DFAE a jugé nécessaire de la publier mardi après-midi sur Internet, «suite à la publication d'une dépêche de l'AFP (Agence France Presse) titrant abusivement sur le fait que la cheffe du DFAE favorise le dialogue avec Al-Qaida et Ben Laden».

«La Suisse plaide en faveur d'un dialogue avec Ben Laden.» «La ministre des Affaires étrangères suisse prête à s'asseoir à la table de Ben Laden». Voilà comment le Nouvel Observateur et Le Monde ont titré mardi un article consacré au discours de la conseillère fédérale prononcé lundi lors de l'ouverture de la conférence annuelle des ambassadeurs. L'AFP est allée jusqu'à écrire que la «ministre suisse a brisé un tabou: elle est la première responsable de la diplomatie d'un pays démocratique à envisager un dialogue direct avec le chef d'une organisation terroriste».

«Elle ne l'a jamais proposé»

Plutôt que de briser un tabou, Micheline Calmy-Rey a surtout provoqué une certaine nervosité au sein de son service de communication. Et de l'incompréhension parmi les parlementaires. La ministre a bien fait une allusion à Oussama ben Laden dans son discours consacré au dialogue comme instrument au service de la politique étrangère et publié dans ce journal (LT du 25.08.2008), «mais sous la forme d'une question rhétorique», insiste son porte-parole, Lars Knuchel.

Après avoir déclaré que selon certains «moralistes», «Israël aurait coupé tout lien avec les Palestiniens, le gouvernement colombien avec les FARC, le gouvernement sri-lankais avec les Tigres tamouls [...]», la conseillère fédérale a posé la question suivante: «Alors faut-il écouter ces bien-pensants? Ou au contraire rechercher le dialogue sans discrimination – quitte à s'asseoir à la table d'Oussama ben Laden?» C'est cette phrase qui pose problème. Qu'elle ait été surinterprétée par certains médias ou pas.

Pour tenter de tuer dans l'œuf une polémique naissante, le communiqué du DFAE précise non seulement qu'il est «hors de question» de mener un dialogue avec Oussama ben Laden, mais aussi que Micheline Calmy-Rey n'a jamais dit qu'elle favoriserait un tel dialogue, et qu'elle ne l'a jamais proposé. Pourquoi dès lors avoir pris le risque de faire cette allusion au chef d'Al-Qaida? Ne devait-elle pas s'attendre à ce que cette provocation fasse couler de l'encre, qu'elle provoque des malentendus, voire des tensions? La grande majorité des personnes interrogées à ce sujet parlent de «maladresse». Une maladresse qui pourrait nuire à l'image de la Suisse.

Même les socialistes sont perplexes, à l'image de Carlo Sommaruga (PS/GE). Contrairement à l'UE et aux Etats-Unis, la Suisse ne dispose pas de liste noire de terroristes. «Mais elle considère deux organisations ou partis comme terroristes: les nationaux-socialistes allemands et Al-Qaida, conformément à une décision du Conseil de sécurité de l'ONU», relève le conseiller national. [LES PARTIS COMMUNISTES DE CUBA, DE LA CHINE, DU VIETNAM, DE LA COREE DU NORD, EUX NE SONT PAS TERRORISTES ALORS QU'ILS TERRORISENT LES PEUPLES DE CES PAYS] «Il serait vraiment incompréhensible que la Suisse cherche à tendre la main à Ben Laden. Ben Laden était précisément l'exemple à ne pas prendre! Je regrette cette phrase. Elle risque de nuire à l'image positive que la Suisse véhicule concernant ses capacités de dialogue, d'agir comme négociateur ou facilitateur.»

La Suisse a parfois été montrée du doigt pour son rôle de facilitateur entre des gouvernements et des organisations jugées terroristes par d'autres. Le fait d'afficher une certaine neutralité et de ne pas considérer les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le Hamas ou encore les Tigres tamouls comme des entités terroristes lui a donné une certaine légitimité pour faciliter le dialogue entre les différentes parties. Mais le cas Ben Laden est bien différent: l'homme est aujourd'hui considéré comme le plus dangereux des terroristes, à la tête d'une nébuleuse qui prône la terreur sur le plan international.

«Cuillère à moka»

«Les problèmes de communication surgissent lorsque l'on n'a pas de doctrine sur le fond et c'est le cas en l'occurrence!» commente la conseillère nationale Martine Brunschwig Graf (PLS/GE). Sur le principe même de dialoguer avec des «acteurs politiques de poids» sur la scène internationale même lorsqu'ils sont jugés «infréquentables» comme le dit Micheline Calmy-Rey, Martine Brunschwig Graf se plaît à rétorquer: «Si l'on veut dîner avec le diable, il faut prendre une grande cuillère. Or le DFAE semble disposer d'une cuillère à moka.»

Et d'ajouter: «Il n'y a aucune raison objective pour laquelle la Suisse devrait entamer un dialogue avec Ben Laden, sauf si la Suisse veut se déconsidérer définitivement aux yeux de ses partenaires européens, américains et au-delà!» «Cet exemple illustre la faiblesse du discours politique dans ce domaine: on confond les objectifs (rétablissement, maintien ou renforcement de la paix) avec les moyens (le dialogue est un moyen parmi d'autres)...», ajoute la Genevoise.

Le vice-président de l'UDC, Yvan Perrin, parle de son côté de phrase «maladroite et insultante pour toutes les victimes d'Al-Qaida». «Ce discours a certainement été scrupuleusement analysé avant d'être prononcé: les diplomates pèsent chacun de leurs mots. Il est donc difficile de penser qu'il s'agisse d'une «erreur». En même temps, si cette phrase est assumée, on peine à comprendre le but poursuivi: Micheline Calmy-Rey a-t-elle voulu donner un exemple extrême pour relativiser sa rencontre avec le président iranien Ahmadinejad, qui a beaucoup été décriée? Une telle stratégie serait déplacée», critique le Neuchâtelois.

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