Les intellectuels antifascistes en Suisse durant l'Entre-deux-guerres

La Bise socialiste; un pamphlet entre répulsion et attirance
Alexandre Elsig et Arnaud Gariépy
BGE, Rc 840

Des historiens frappés de hémiplégies, pour qui le régime de Staline, l'URSS et du Komintern n'existent pas. Cet ouvrage se plaît à faire de héros ces soi-disants «antifascistes» qui ont abandonné ces dizaines de millions de victimes du régime stalinien, depuis la collectivisation de 1929-30 (une centaine de milliers de fusillés et au moins 2 millions de déportés dont une une bonne partie finirent dans les camps de travaux forcés), les déportations de la mort comme celle de Nazino, la Grande famine de 1932-33 et évidemment la Grande terreur de 1937-38. Ces «antifascistes» nient également la misère et la terreur quotidienne du peuple soviétique, se faisant agent au service de Staline pour faire diversion sur ces massacres de masse. Selon eux, l'Italie de Mussolini aurait été un enfer, l'URSS de Staline le paradis des travailleurs.


Page 125: «Feuille éphémère, la Bise a paru de janvier 1932 à décembre 1933, sous la férule de deux hommes engagés, deux instituteurs, Emile Unger et André Ehrler. Le Parti socialiste genevois (PSG) s'est douté d'un bras armé supplémentaire.… »

«Emanation «naturelle» du Travail, l'organe officiel du Parti socialiste genevois, la Bise cultive un relatif anonymat. Les signatures sont inexistantes ou presque - seuls les quatre premiers «éditoriaux» sont signés de la lettre E. Les seules informations factuelles laissés au lecteur sont triples: le nom de l'éditeur responsable est Emile Unger…»

Page 126: «Le pamphlet est édite par les Imprimeries Populaires de Genève; enfin l'adresse de la rédaction de la Bise - 11 rue Pradier - coïncide avec celle du Travail. Le qutodien socialiste annonce la parution de la Bise dans des termes élogieux.»

Une Bise rouge?

Effectivement, une partie du PSG entrenait à cet époque un rapport ambigu avec le communisme. Le parti se divisait schématiquement en deux ailes: la première, majoritaire et hâbleuse, est relayée par le Travail des Nicole, Ehrler et Unger; la seconde, syndicaliste et modérée est représentée notamment par Charles Rosselet.

Page 127: Les événements tragiques du 9 novembre 1932 vus par le caricaturiste de la Bise.
La Bise, 2 décembre 1932.


Par les agents du fascisme rouge!

Page 128: Un jeu de miroir doit être souligné: à l'amalgame bougeois entre socialisme et communisme répond celui que la Bise réalise entre la droite et l'extrême-droite: dans son offensive satirique, aucune différence formelle n'est faite entre les pouvoirs traditionnels - démocrates, chrétiens-sociaux, radicaux - et les nouveaux organes à potentiel fasciste. Dans sa condamnation sans alternative du régime en place, le pamphlet soutenait la ligne idéologique dictée par Léon Nicole [ndlr: quelle euphémisme pour cacher que la ligne de Nicole, c'est celle de Staline!], celle de la lutte des classes et de l'opposition aux tendances fascistes émergentes. Pour cette raison, la Bise peut être considérée comme une revue «antifasciste» [ndlr: faire diversion sur les crimes inventés de Mussolini pour ne pas s'opposer aux millions de crimes de Staline!], même si cet aspect ne forme pas son objectif premier.

Emile Unger et André Ehrler, proches trentenaires

Emile Unger (1895-1967), a 36 ans lorsque la Bise voit le jour: instituteur, lieutenant de Nicole au Travail, député socialiste au Grand Conseil et secrétaire du comité directeur du Parti socialiste genevois. […] André Ehrler (1900-1949), agent de Moscou, depuis 1929 quand «il fonde le ciné-club “Les Amis du Film nouveau” pour projeter des films soviétiques interdits par la censure. Il est également président des “Amis de l'Union soviétique” et participe dès 1932 au groupe d'études collectivistes PLANS. Au milieu des années 20, Ehrler est déjé engagé dans une activité, celle du Choléra (1924-25)».

Page 129: Propagande des auteurs pour le bon “Cholera” qui conspuent le Pilori. En note: “Cette satire a amené une contre-satire bourgeoise intitulée Choléra rouge, profitards, cumulards, menteurs et Co, dont un exemplaire non daté est conservé dans le fonds Ehrler. C'est cet exemplaire qui nous renseigne sur la rédaction du Choléra en écrivant par exemple: «Les 3 instituteurs socialistes rédacteurs du “Choléra” doivent enseigner de belles choses à leurs éléves». ”

Page 130 «Dès son lancement, la Bise n'hésite pas à brocarder l'Union nationale comme dépendance du parti national-socialiste allemand ou fasciste italien.» [ndlr: Quant à brocarder La Bise et Le Travail comme dépendance de communisme soviétique, cela n'est pas imaginé par Alexandre Elsig et Arnaud Gariépy alors que c'est la pure vérité: une histoire à deux vitesses!]

Page 131: La Bise n'hésite pas à brocarder l'Union nationale comme dépendance du parti national-socialiste allemand ou fasciste italien.» [ndlr: Quant à brocarder La Bise et Le Travail comme dépendance de communisme soviétique, cela n'est pas imaginé un seul instant par Alexandre Elsig et Arnaud Gariépy alors que ce n'est que la pure vérité!]

Page 132: «Le pamphlet socialiste n'était pas une opération commerciale, mais comportait un coût que devaient subir le PSGet un ou plusieurs de ses mécènes pour leur action de propagande». Elsig et Gariépy n'ont pas trouvé les financiers de l'opération, mais il faut dire qu'aucun historien honnête n'a scruté les comptes du Travail, de “Suisse-URSS” et d'autres officines communistes de peur de mettre à jour les flux financiers entre Moscou et Genève.

«La BISE interdite

La polarisation entre les partis de droite et les socialistes genevois étant présente depuis un certain temps déjà, l'émeute du 9 novembre 1932 et le traitement de l'affaire par la presse constituent le point culminant des tensions accumulées de part de d'autre. Outre l'arrestation de Léon Nicole le 10 au matin, c'est la question de la responsabilité des treize morts qui déchâine les passions. § Privé de son rédacteur en chef, le Travail n'en continue pas moins de paraître. Placé sous la direction effective d'Emile Unger, le quotidien ne cesse de lutter contre le pouvoir en place. André Ehrler, de son côté, a collaboré à cette lutte, tout en entamant une enquête personelle sur les événements du 9 novembre. La policie n'y reste pas insensible, puisqu'elle perquisitionne au domicile de l'instituteur à a fin du mois. § Le Travail subit alors des pressions de la part du gouvernement et la menace de censure est constante. Le journal craint que Frédéric Martin ne veuille le «museler pour étouffer la vérité». Le 12 novembre 1932, le Drapeau rouge a été la première revue à être interdite par le Conseil d'Etat sur une proposition du Département de justice et police.»

Page 133 [ndlr: Curieusement, Dicker n'est jamais cité par Elsig et Gariépy. Quant complot socialo-communiste, il faut faire un effort pour le nier! Encore un opuscule qui tente de se faire passer pour de l'histoire alors que ce n'est que de la propagande!]

«Dans cette période de tension exarcerbée, la Bise attend son heure et remplit dont rôle d'exutoire, Le numéro prévu pour la mi-novembre est annulé, et le pamphlet paraît finalement le 2 décembre en s'attaquant pleinement à la responsabilité du Conseil d'Etat, de l'Union nationale et de l'armée dans le drame du 9 novembre. La Bise vient ici renforcer le combat mené depuis un moins par le Travail pour contrecarrer la théorie du complot bolchévisant avancée par les journaux bourgeois.»

Page 134 […] «Les 26 et 27 novembre 1933 est élu un gouvernement à majorité socialiste. Tous les candidats du PSG sont plébiscités: parmi eux André Ehrler…

Un «antifascisme» précoce

Les courants situés à l'extrême-droite subissent d'importantes mutations au début des années 1930, et la Bise s'emploie à détruire leur crédibilité politique. L'amalgame entre fascisme, fronts et la nouvelle Union nationale apparaît en force dès le printemps 1933. Pour la Bise, la dénonciation des divers courants d'extrême-droite se fait tous azimuts. L'éditorialiste en appelle à l'exemple mussolinien lorsque le débat sur les «lois liberticide» est lancé au cours de l'été 1933: “Mais les vivants gênent plus encore que les morts. Ils veulent venger la mémoire de leur 13 frères. Ils demandent justice.»

Page 135 L'idéal de l'Union nationale, totale calomnie, par les partisans du régime anti-ouvrier et anti-paysan de Staline dont les millions de meurtres sont non seulement nié par Le Travail et la Bise, mais qui, en plus, clament les magnifiques réalisations dans l'édification du socialisme en URSS! A vomir!

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Page 139: Théâtre des fantoches: remplacer Hitler par Staline, Géo par Nicole

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Page 143: La Bise du 2 décembre 1932: Le procès de 1933 a prouvé l'organisation de la provocation, dont les consignes de prendre du poivre et des matraques, ordres donnés par Léon Nicole, et Furst du PCS! La Bise, le mensonge à chaque page!

Page 144: «Garante de la ligne Nicole…» !!!!

Page 145: Les auteurs: Le commanditaire: Mauro Cerutti

Page 146: Les auteurs:

Page 143: Table des matières

Page 144: Table des matières


Cet article reproduit l'appel au peuple suisse d'une autre feuille éphèmère, le “Canard libre”.

Remarque 1: Que la liberté d'association ait été interdite depuis le coup d'Etat de Lénine en octobre 1917 n'a jamais suscité la moindre protestation de Léon Nicole et de la gauche socialo-communiste.
Remarque 2: la franc-maçonnerie a été interdite en URSS et constitue la 22e condition de l'adhésion à l'Internationale communiste.
Remarque 3: en quoi une organisation secrète peut-elle se revendiquer de l'égalité entre tous les citoyens, alors que ce secret engendre une inégalité de facto.
Remarque 4: L'initiative qualifiée d'anti-franc-maçonnerie visait également les organisations communistes, toutes filiales de Moscou, et leurs réseaux d'agents secrets ou crypto-communistes.

Curieux, cette indignation à deux vitesses!

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