30 mai 2005. Dernières nouvelles: la Chine se fout de l'Union européenne.
Devant les protestations de l'UE et des USA, le gouvernement chinois avait décidé d'augmenter les taxes sur les exportations textiles. Mais ce n'était qu'une feinte car cette mesure a été annulée. Que l'UE réagisse ou pas, une grande partie de l'industrie textile européenne va disparaître avec la complicité de Bruxelles.
En trois mois, l'abolition des quotas de l'Accord international Multifibre (AMF) provoque un tsunami des importations chinoises! Quelles est la réaction de l'UE? Une commission d'enquête, puis une décision peut-être, et éventuellement la mise en oeuvre de mesures de sauvegarde.
[NDLR] Juste deux semaines après la publication de cette page sur le web, le commissaire européen au Commerce ouvre une enquête. Un écran de fumée?
Tout cela va prendre des mois, et d'ici là, de nombreuses industries européennes auront été liquidées mettant des dizaines de milliers d'employés au chômage. Les mesures que prendra éventuellement l'UE seront inutiles puisque le mal sera fait et que des pans entiers de l'industrie européenne seront déjà morts. Super. En fait, ce désastre rappelle un mystère: pourquoi la Chine peut-elle vendre dans l'UE tout ce qu'elle veut - des chaussettes aux ordinateurs - y compris des millions de contrefaçons dont des montres "suisses", et cela en toute impunité.
Pour quelle contrepartie? Selon les chiffres publiés par Eurostat, l'Office statistique des Communautés européennes, à l'occasion du 7ème sommet Chine-UE du 6 avril 2005 à La Haye, le déséquilibre des échanges se creuse depuis des années. Le tableau ci-dessous s'arrête en 2003, les chiffres de 2004 étant certainement trop parlant, ils n'ont pas été communiqué probablement "pour des raisons techniques".
| Année | Exportation UE25 vers Chine | Exportation Chine vers UE25 | Balance en faveur de la Chine |
| 1999 |
19,6 milliards d'euros
|
41,2 milliards d'euros
|
21,6 milliards d'euros
|
| 2003 |
52,4 milliards d'euros
|
105,3 milliards d'euros
|
52,9 milliards d'euros
|
| 2005 extrapolation |
85,2 milliards d'euros
|
169,4 milliards d'euros
|
84,2 milliards d'euros
|
Avec l'explosion des exportations de la Chine vers l'UE25 en ce début 2005, même la Commission européenne, habituellement habile dans l'art d'habiller la réalité, ne pourra plus longtemps occulter le fait que l'UE devient, peu à peu, un satellite de la République populaire de Chine. L'UE offre à la Chine un marché qu'elle envahit massivement puisqu'elle produit des biens sans les obligations sociales ni écologiques auxquelles les industries européennes doivent se plier, et avec en plus des salaires défiant toute concurrence. La Chine communiste réussit dans sa conquête du monde par l'économie alors qu'elle a échoué, heureusement, quand son impérialisme était basé sur le maoïsme, la pensée de Mao-tsé-tung, émminent successeur de Marx. Engels, Lénine et Staline.
L'extrapolation pour 2005 est bien optimiste, en réalité avec l'invasion de son textile mais aussi du matériel informatique (imprimante, disque dur, lecteur CD et DVD, ordinateur), la Chine va toucher le jackpot et le déficit de l'UE dépassera certainement les 100 milliards d'euros.
En alourdissant les contraintes sociales et écologiques, en offrant son marché à la Chine, l'Union européenne se saborde et par la même jette à la casse des milliers d'entreprises, artisanales, petites et moyennes, et aussi des millions d'employés au chômage. Les grandes entreprises pourront survivre en délocalisant leur production en Chine, ce qui amplifiera encore l'avalanche de produit "made in China".
Cette tragédie pour l'Europe pose une question bien dérangeante pour les partis politiques pro-européen: comment vendre l'Europe sociale alors que la politique actuelle d'ouverture à des pays tiers détruit des pans entiers de l'industrie. Si les travailleurs et employés espèrent encore, ils seront déçus comme le furent des millions de paysans déjà abandonnés. Mais quand ils comprendront, ce sera trop tard. Qu'y a-t-il de pire que d'être trahi par ceux qui sont censés et prétendent défendre vos intérêts?
Depuis des décennies, les partis de gauche vitupèrent contre la mondialisation, contre le grand capital et son néo-libéralisme dans leur pays respectif, mais à Bruxelles, ils conduisent une politique en faveur du grand capital et de son néo-libéralisme. Delors et Prodi étaient des politiciens de gauche comme le président actuel de la commission européenne, Baroso. Si vous comptez sur eux pour défendre l'emploi, l'artisanat et la paysannerie, et même la culture européenne, vous êtes un naïf, un futur chômeur à l'assistance.
Rappel: en 2004, 165'000 emplois ont été perdus dans le textile européen et plus de 10'000 entreprises ont fait faillites ("L'UE peine face au boom du textile chinois", Barbara Speziali, Entreprise romande No 2842 du 22 avril 2005)
En annexe: un article de Libération du 7 avril 2005.
Question annexe: quand la Chine va-t-elle libérer le Tibet?
Bruxelles va ouvrir une enquête sur le textile chinois
vendredi 22 avril 2005 (Reuters - 12:39)
BRUXELLES - Le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, préconise l'ouverture d'une enquête sur la forte hausse des importations de produits textiles chinois depuis la disparition des quotas les frappant, ce qui pourrait aboutir à des mesures de restrictions, annonce la Commission.
"Après un examen détaillé des statistiques dont nous disposons sur les importations en provenance de Chine (...), Peter Mandelson a décidé qu'il recommanderait au début de la semaine prochaine à la Commission d'ouvrir une enquête, ainsi que des consultations informelles avec les autorités chinoises", a expliqué Claude Véron-Reville, porte-parole de l'exécutif européen.
La Chine est désormais le 2ème partenaire commercial de l'UE25
L'agence de la chine nouvelle
http://fr.chinabroadcast.cn/1/2004/12/13/41@49671.htm
La Chine est désormais le 2ème partenaire commercial de l'UE25, alors que les échanges ont doublé entre 1999 et 2003, selon les chiffres publiés par Eurostat, l'Office statistique des Communautés européennes, à l'occasion du 7ème sommet Chine-UE mercredi à La Haye.
Entre 1999 et 2003, les exportations de l'UE25 vers la Chine ont passé de 19,6 milliards d'euros à 41,2 milliards d'euros, et les importations de 52,4 milliards à 105,3 milliards. Le déficit commercial de l'UE25 avec la Chine, qui était de 32,8 milliards en 1999, s'est ainsi élevé à 64,2 milliards en 2003.
Cette croissance rapide des échanges s'observe, en fait, depuis le début des années 1980. En 1980, la Chine était la 25ème destination des exportations de l'UE15 et 1a 22ème source des importations de l'UE15. En 1990, la Chine s'était hissée au 14ème rang s'agissant des exportations de l'UE15 et au 6ème pour les importations. En 2003, la Chine occupait la 3ème place pour les exportations de l'UE25, derrière les Etats-Unis et la Suisse, et la 2ème place pour les importations, après seulement les Etats-Unis.
Selon Eurostat, le commerce entre l'UE et la Chine est très axé sur les produits manufacturés. Près de deux tiers des exportations de l'UE25 vers la Chine sont des machines et véhicules. Plus précisément, les principaux produits exportés par l'UE25 vers la Chine ont été les automobiles et les avions, alors que les principales importations ont porté sur les ordinateurs et autres équipements informatiques, les téléphones mobiles et les appareils photographiques numériques.
Le sommet Chine-UE se tient chaque année depuis 1998. Ce 7ème sommet a réuni mercredi à la capitale politique néerlandaise le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, son homologue néerlandais, Jan Peter Balkenende, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le Haut Représentant pour la politique étrangère et la sécurité commune de l'UE, Javier Solana.
Textile: la Chine voit rouge
Pékin a opéré lundi une volte-face en supprimant des taxes à l'exportation qui devaient être augmentées au 1er juin.
Par D'après AFP lundi 30 mai 2005 (Liberation.fr - 12:15)
La bataille commerciale des t-shirts et des soutien-gorges est lancée: lundi, la Chine a durci sa position avec l'annonce de la suppression de la majorité des taxes à l'exportation sur ses produits textiles, opérant ainsi une volte-face après avoir donné plusieurs signes d'apaisement à l'Europe et aux Etats-Unis, inquiets de l'augmentation des importations depuis la levée des quotas.
«Les taxes à l'exportation sont au total supprimées à compter du 1er juin pour 81 catégories de produits textiles», selon un communiqué du ministère des Finances. Ces droits de douane avaient été imposés pour 148 catégories de produits textiles le 1er janvier dernier, afin de limiter la portée de la suppression des quotas dans le secteur. Celle-ci avait néanmoins provoqué une augmentation importante des exportations de certains articles fabriqués en Chine.
+ 1.519%
En réponse à des mesures de sauvegarde prises par les Etats-Unis sur sept catégories et à une enquête lancée par la Commission européenne fin avril sur neuf catégories, le gouvernement chinois avait le 20 mai dernier, dans un geste d'apaisement, relevé ces taxes pour 74 types de produits. Le ministre chinois du Commerce Bo Xilai a estimé lundi que la volonté américaine et européenne de limiter ses exportations de textiles étaient «infondée» et «erronée», ajoutant que «l'UE et les Etats-Unis n'ont pas fourni suffisamment de données et de chiffres». Selon les producteurs américains, les exportations de pantalons en coton chinois aux Etats-Unis avaient par exemple bondi de 1.519% après la levée des quotas, et celles de chemises de coton de 1.350%.
«Mauvais signal protectionniste»
Parmi les produits touchés par cette levée des taxes à l'exportation, on trouve les t-shirts et les fils de lin, deux catégories sur lesquelles la Commission européenne a engagé vendredi des consultations formelles ouvrant la voie à la réinstauration de quotas sur le marché de l'UE. Dimanche, le ministre chinois du commerce avait déclaré qu'il était «très mécontent» de cette décision, qualifiée de «mauvais signal protectionniste» qui «viole les droits des entreprises chinoises».
De son côté, le secrétaire américain au Commerce Carlos Gutierrez est attendu jeudi à Pékin pour des entretiens qui porteront notamment sur le textile. Le durcissement de la position chinoise intervient dans un contexte de pressions croissantes des Etats-Unis pour obtenir de Pékin une réévaluation de yuan, dont le taux de change quasi-fixe par rapport au dollar est accusé d'offrir un avantage compétitif supplémentaire et indu aux exportations chinoises.