En fait, les mutins ont le culôt de prétendre qu'ils défensent le service public alors qu'on a vu comment ils traités qui croyaient que le fait d'avoir acheté un billet leur permettraient de monter à bord et recevoir le service qu'ils avaient payés.En plus de se foutre la gueule des usages de cette compagnie, les grévistes se foutent de l'Etat dont la seule fonction est de combler un déficit toujours croissant. Des priviligés qui vivent au détriment des passagers et de l'Etat, Sans vergogne, ils osent encore dissimuler leurs intérêts égoïstes par la soi-disante défense du service public. Un tel service public, on n'en veut plus.
En résumé: le service du public c'est en réalité c'est le public au service d'une minorité de priviligiés.
Le port de Marseille paralysé, Bastia sous haute tension
Le GIGN a arraisonné mercredi matin le navire de la SNCM détourné la veille par des marins de la compagnie Alors que la situation est très tendue à Bastia, les élus nationalistes crient à la «trahison»
Par Ludovic BLECHER et Marc PIVOIS mercredi 28 septembre 2005 (Liberation.fr - 19:03)
Le port autonome de Marseille (PAM) quasiment paralysé, plus d'un millier de manifestants à Bastia: les deux villes habituellement reliées par les navires de la SNCM sont touchés de plein fouet par le conflit autour de la privatisation de la compagnie. A Marseille mercredi, 32 navires étaient bloqués à quai et 19 autres attendaient en rade. La direction du PAM fait également état de "tentatives de sabotage" sur le réseau électrique du port mais assure que les dockers ne se sont pas déclarés en grève même s'"ils ne peuvent pas travailler (...) en raison du blocage des accès". Dans le Vieux Port, 120 grévistes de la SNCM ont manifesté dans l'après-midi à bord de canots pneumatiques pour témoigner leur solidarité avec les marins STC (Syndicat des Travailleurs Corses) du "Pascal Paoli", toujours à bord du navire arraisonné dans la matinée par le GIGN au large de Bastia (Lire l'article).
Atmosphère lourde et fumée âcre
Alors que le bâtiment faisait toujours route vers Toulon vers 18H00, la situation était toujours très tendue dans la préfecture corse. Plus d'un millier de personnes se sont dirigées vers la préfecture, convergeant depuis des rues barrées par des pneus en feu. Des témoins décrivent une "atmosphère assez lourde avec un peu partout de la fumée noire et âcre" qui s'échappe des barricades dressées par les manifestants. En fin d'après-midi, vers 17H30, une délégation composée de femmes de marins "en garde à vue sur la bateau", des représentants CGT, FSU et STC est reçue à la préfecture. Une demi-heure plus tard, les visages sont graves. "Nous n'avons strictement aucune nouvelle de nos époux, c'est un scandale", dit l'une. Et un représentant de la CGT lâche: "Qu'il y ait un, 10 ou 40 personnes en prison, la mobilisation reste entière. Nous appelons les Corses à nous rejoindre ici mercredi soir devant la préfecture tant qu'ils ne seront pas libres". Ce syndicat, qui soutient le coup d'éclat du STC depuis le début est désormais en première ligne. Une première en Corse pour deux syndicats qui n'ont pour habitude d'avancer main dans la main.
Menace d'un blocus total
Dans les heures qui ont suivi la prise du navire par le GIGN vers 8h30, la tension n'a cessé de monter dans l'île. D'abord près du port, où près de 300 manifestants se sont réunis, puis en plusieurs endroits de la ville où des barricades ont été positionnées. La remorque d'un camion citerne a même été décrochée et posée en travers d'une rue en plein centre-ville. Sous la menace d'une explosion, les CRS dépêchés sur place ont reculé et quelques minutes plus tard, une vingtaine de cagoulés ont fait irruption dans un local de recrutement de l'armée à Bastia. Tous les militaires en ont été expulsés et les bureaux mis à sac. Les manifestants réclament alors le retour du bateau à quai, à Bastia, et la libération des marins. Faute d'être entendus, ils menacent l'île d'un blocus total.
Trahison
Vers 11h00, durant une conférence de presse improvisée, le leader de Corsica Nazione et chef de file des élus nationalistes dans l'île, Jean-Guy Talamoni prend la parole: "Mardi soir à 22h00, après une négociation entre les marins et le gouvernement par l'intermédiaire des élus, il y a eu un accord, affirme-t-il alors. L'accord stipulait qu'il n'y aurait pas d'intervention et que les marins acceptaient d'être débarqués mercredi dans la matinée. Cette opération devait se faire sans arrestation et avec une requalification des faits. L'assemblée acceptait de son côté de remettre en débat le problème des transports". Pour lui, l'intervention du GIGN est donc une "trahison". En réponse, il exige "la libération des marins et l'arrêt des poursuites". En attendant il lance un appel à "fermer les mairies" et demande aux sympathisant d'Union Nazionale "d'occuper les mairies qui ne fermeraient pas". A ses côtés, Edmond Simeoni lance: "C'était un accord limpide dont nos étions les intermédiaires. Nous nous sommes sentis profondément blessés par cette trahison. Nous emploierons tous les moyens qu'autorise notre conscience. L'enjeu est la perte de 2.600 emplois; il est temps que tous les Corses se saisissent de cette question."
Alors que la Corse se prépare à vivre une nuit tendue en attendant le débarquement des marins de la STC prévu vers 20h00 sur le continent, toutes les forces de gauche (PS, Verts, PCF, LCR et les collectifs du 29 mai) envisagent d'organiser un meeting de soutien aux marins de la SNCM lundi prochain à Marseille.
«Les marins ont tous été menottés»
Par Ludovic Blecher et Marc Pivois mercredi 28 septembre 2005 (Liberation.fr - 18:59)
Tout est allé très vite. Mercredi, à 8 h 28, alors que le «Pascal Paoli», navire de la SNCM détourné mardi par des marins de la compagnie était prêt à entrer dans le port de Bastia, les sirènes se sont mises à hurler. Deux minutes plus tard, cinq hélicoptères Pumas arrivent du sud en rasant les vagues tandis qu'une vedette de la gendarmerie vient à la rencontre du ferry. Les cinq appareils se mettent à tourner autour du bateau. L'un d'eux se positionne en vol stationnaire au-dessus du navire. Aussitôt, cinq silhouettes noires descendent le long des filins, se posant directement sur le pont. Moins de dix secondes et un deuxième hélicoptère prend sa place, déposant d'autres hommes à bord.
L'opération, menée par des commandos héliportés du GIGN et de la marine, se répète à quatre reprises. Présent à bord depuis la veille, un journaliste de France 3 raconte à «Libération»: «La nuit s'est passée calmement. Ce matin, vers 6 h 30, il y a eu des bruits disant que des hélicoptères Pumas étaient stationnés à l'aéroport Porretto (l'aéroport de Bastia à deux minutes du port à vol d'oiseau, NDLR). Alain Mosconi, le leader du STC (Syndicat des Travailleurs corses), a reçu un coup de fil du préfet lui disant de se rendre sur le Surcouf, le bateau qui nous escortait depuis mardi soir. Mosconi a refusé et les marins se sont préparés à une intervention. Mosconi leur a dit de ne pas résister. Quand les commandos sont arrivés, les marins, environ 60, ont tous été menottés puis embarqués à l'intérieur du navire. L'intervention s'est passée calmement. Les marins étaient très en colère mais résignés. Ils sont contents car ils disent que leur coup d'éclat a permis d'alerter l'opinion publique sur la situation de la SNCM.»
Le journaliste et son équipe sont rapidement conduits à bord d'une vedette de la gendarmerie qui les ramène à Bastia. Quand au navire, il fait route vers Toulon avec les marins à son bord. Arrivée prévu vers 20H00.
Une opération pilotée directement par Matignon
Par Liberation.fr (avec J.-D. M.) mercredi 28 septembre 2005 (Liberation.fr - 12:58)
Une opération «parfaitement» réussie, pour la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie; une «intervention rapide et efficace», selon Nicolas Sarkozy qui a félicité mercredi le GIGN même si ce n'est pas à l'Intérieur que s'est décidée l'opération. Selon des sources militaires recueillies par Libération, l'«assaut à la mer» (nom générique des interventions héliportés pour reprendre le contrôle d'un navire) a été pilotée directement par Matignon avec le préfet maritime de Toulon, qui a rang d'amiral, le commandant des commandos marines et le patron du GIGN. 60 gendarmes ont pris part à l'assaut, le premier du genre en conditions réelles. Parmi eux, 50 hommes du GIGN, soit près de la moitié du groupe d'intervention. 10 gendarmes sont montés à bord en qualité d'Officier de police judiciaire et le commando Hubert de la marine nationale a apporté un soutien logistique sans prendre part directement à l'opération. Bien qu'ils n'aient pas eu besoin d'en faire usage, les militaires ont opéré uniquement avec un arsenal dissuasif, sans arme létale.