Des grèves en France, quelle surprise!
Sous divers prétextes, des fonctionnaires de la SCNF, Ratp, et de l'Education nationale débraillent avec certains étudiants contre une nouvelle loi. On voit à la Télé des cheminots nous faire pleurer sur la grande pénibilité de leur travail, certains épuisés après 4 heures de conduite. Un certain Marseille se permet de rappeler que les cheminots sont une des catégories qui bénéficient d'un des plus longues retraites, jusqu'à 86 ans. Quelques articles pour comprendre la réalité de la situation:
1) De La Croix du 13 novembre 2007, "Dix questions autour d'une grève";
2) De http://letemps.blogs.com/paris/, "Les médias ne nous aiment pas, ils narrêtent pas de dire quon est minoritaires, quon est manipulés par lextrême gauche". "Les médias ne nous aiment pas", c'est nouveau; "quon est minoritaires, quon est manipulés par lextrême gauche", il ne fallait pas le dire tant c'est vrai!
3) Il manque des articles sur les actions fascistes comme bloquer une université alors qu'un vote l'a refusé, des sabotages d'aiguillages, etc.
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Dix questions autour d'une grève La grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, était forte mercredi matin à la SNCF, un peu moins que prévu à la RATP, alors que gouvernement et syndicats ont renoué le dialogue pour tenter d'éviter un conflit dur et prolongé http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2320357&rubId=788 (Photo Brinon/AP). |
La déclaration a valeur douverture : mardi soir, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a proposé au ministre du travail, Xavier Bertrand, la mise en place de négociations tripartites dans chacune des entreprises concernées par la réforme des régimes spéciaux, avec « un calendrier de discussion sur au moins un mois », estimant que cela pouvait « avoir un effet sur le déroulement de la grève ».
Il sagit dune évolution importante puisque jusquici, la CGT réclamait une négociation globale. Xavier Bertrand na pas rejeté la proposition mais a précisé quil donnerait une réponse après avoir reçu les autres organisations syndicales, dès mardi soir et mercredi. « La priorité, cest quun maximum de syndicats soit dans les négociations dentreprises. Ce que je veux faire, cest trouver une solution le plus rapidement possible », a-t-il déclaré, en précisant quil ne reviendrait pas sur les principes de la réforme.
Dans la soirée, Nicolas Sarkozy a reçu les dirigeants de la SNCF, de la RATP, dEDF et de GDF « pour faire le point de la situation ». Moins dun mois après une mobilisation massive contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, la France se trouve de nouveau dans une zone de turbulences, avec les préavis de grèves reconductibles, lancés notamment à la SNCF et à la RATP. Seuls 90 TGV sur 700, une trentaine de Corail ainsi quun petit nombre de TER devraient rouler mercredi 14 novembre. La RATP table sur 10 % de métros, bus et tramways en circulation. Le trafic devrait savérer nul sur la ligne B du RER et « quasi nul » sur la ligne A. Dautres secteurs devraient être touchés, notamment lénergie (EDF, GDF).
1. Quaurait changé le service minimum ?
Une chose est sûre : la « loi sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs », qui doit entrer en vigueur « au plus tard le 1er janvier 2008 », même appliquée aujourdhui, naurait pas garanti à lusager un mode de transport aux heures de pointe. À quoi servira-t-elle alors ?
Premièrement, elle impose à la SNCF, à la RATP, mais aussi aux sociétés de transport de province, et à leurs syndicats, de négocier avant tout dépôt de préavis de grève. Ce qui revient à généraliser lalarme sociale déjà pratiquée à la SNCF et à la RATP, qui se révèle assez efficace
sauf quand le conflit est provoqué, comme aujourdhui, par une réforme gouvernementale.
Deuxièmement, elle impose aux grévistes de se déclarer 48 heures à lavance. Ce qui devrait permettre une meilleure prévisibilité du trafic. Et si cette information nest pas assurée ou si le plan de transport prioritaire décidé préalablement nest pas respecté, la loi prévoit « un remboursement total des titres de transport aux usagers ». De plus, elle permet la réaffectation des non-grévistes sur les lignes prioritaires. Ensuite, si la grève dure au-delà de huit jours, elle autorise, mais noblige pas, une consultation à bulletins secrets des salariés, ce qui rend plus délicat la poursuite dun mouvement désavoué. Enfin, la loi précise que les jours de grève ne peuvent plus être payés. Bref, elle généralise, et optimise, des pratiques déjà en cours à la SNCF et à la RATP en Île-de-France.
2. Les jours de grève seront-ils payés ?
Contrairement aux idées reçues, les textes sont clairs, et appliqués : les jours de grève ne sont pas payés. La loi « sur la continuité du service public dans les transports », votée cet été, dispose quun salarié « participant à la grève nest pas rémunéré pour la durée non travaillée en raison de la participation à la grève ». Ce principe figurait déjà dans le code du travail, qui prévoit une « retenue de traitement ou de salaire en fonction des durées dabsence » (article L.521-6).
À la RATP, cette réglementation a toujours été appliquée, insiste-t-on à la direction comme chez les syndicats. En outre, il est impossible pour un gréviste de « transformer » a posteriori ses journées de grève en jours de congé, ou de RTT, « pour échapper aux pénalités financières », assure la direction. « Le seul élément négociable lors de la sortie de crise, confirme Jacques Eliez pour la CGT-RATP, cest létalement des retenues lorsque la grève a été longue. » En 1995, les 15 à 20 jours non travaillés ont ainsi été défalqués des feuilles de paie sur plusieurs mois.
À lépoque, un scénario similaire avait été appliqué à la SNCF. Hormis cette éventuelle souplesse sur la forme, « le non-paiement des jours de grève est strictement appliqué depuis larrivée de Louis Gallois à la tête de lentreprise, en 1996, souligne la direction. Auparavant, des négociations de sortie de crise avaient pu, çà et là, conduire à payer certains jours, mais jamais intégralement. » À la CFTC-cheminots, Bernard Aubin confirme : « Ces arrangements, très localisés et exceptionnels, nont plus cours ! Et vu le climat actuel dans lentreprise et au gouvernement, les grévistes ne sattendent à aucun geste de clémence. »
3. Que vont vraiment perdre les salariés des régimes spéciaux ?
Sur les 500 000 salariés des régimes spéciaux, sont concernés par lactuelle réforme les agents de la SNCF, de la RATP, des industries électriques et gazières, les clercs de notaires, les salariés de lOpéra de Paris et de la Comédie-Française. Le principal axe de cette réforme consiste à leur demander de cotiser, comme les salariés du privé et les fonctionnaires, 40 ans, dès 2012, pour avoir le droit à une retraite à taux plein, qui sera calculée sur 75 % du salaire des six derniers mois dactivité, comme dans la fonction publique.
Concrètement, cela équivaut à baisser la valeur de lannuité, cest-à-dire de lannée cotisée : elle était jusquici de 2 % (75 divisé par 37,5), elle sera désormais de 1,875 % (75 divisé par 40). Ce qui diminue mécaniquement la pension de celui qui naugmenterait pas sa durée dactivité. De plus, deuxième axe de la réforme, une décote sera appliquée à ceux qui nauront pas cotisé assez. Fonctionnant comme un malus, cette décote aura pour effet de diminuer plus que proportionnellement la pension de ceux qui narriveront pas à travailler 40 ans.
Pour apaiser les syndicats qui estimaient que cette double innovation équivalait à une « double peine », le gouvernement a promis la semaine dernière quun agent qui travaillerait « deux ans et demi de plus » que la durée minimale de cotisation « ne perdrait pas un euro ». Concrètement, cela veut dire quun cadre de maîtrise, dont le salaire brut tourne autour de 2 000 ?, qui serait entré à la SNCF peu avant 26 ans et serait parti à à la retraite à 55 ans, aurait eu droit, avant réforme à une pension de 4 460 ? bruts par trimestre.
Après réforme, cette pension ne serait plus que de 3 660 ? pour un départ à 55 ans. En revanche, la pension trimestrielle brute remonterait à 4 500 ? pour un départ à 57,5 ans, voire à 4 880 ? pour un départ à 60 ans. Cette pension, troisième axe de la réforme, ne sera plus indexée sur les salaires mais sur les prix.
4. Quel serait le coût dune grève longue pour léconomie ?
Les entreprises les plus pénalisées seraient bien évidemment au sein desquelles le travail serait perturbé. Dautant que les salaires non versés ne compensent pas la baisse des recettes, et quil y a des charges exceptionnelles à acquitter. Ainsi, en 2005, en Île-de-France, la SNCF a versé 1,5 million deuros de pénalités au Syndicat de transport dÎle-de-France pour services non-rendus.
Les entreprises doivent sorganiser, les rendez-vous sont reportés, chacun des acteurs économiques intégrant les répercussions de grèves annoncées par avance. Résultat, pour Nicolas Bouzou, dAsteres, analyste économique au service des stratégies dentreprise, « la grève ne réduit pas significativement lactivité, elle la déplace dans le temps ». Mais en décembre 1995, une semaine de grève avait soustrait environ 0,1 point de croissance au PIB.
En ce qui concerne le fret, la part des biens transportés par le système ferroviaire est trop basse dans le volume des échanges totaux pour avoir quelque répercussion lors dune grève de courte durée. Si le conflit qui sengage mercredi devait durer, les perturbations les plus lourdes toucheraient les services qui sorganisent autour des échanges (vente par correspondance, tourisme, organisation de foires et salons
).
5. Pourquoi Eurostar échappe-t-il souvent aux perturbations ?
Mercredi 14 novembre à 9 h 52, le premier Eurostar de la journée doit quitter la gare du Nord, à Paris, pour rejoindre Londres. Un horaire plus tardif que dordinaire, dû uniquement à une révolution de fonctionnement. Ce 14 novembre est en effet un jour historique pour le train international. Dabord parce quEurostar dessert désormais Londres en 2 heures et 15 minutes, soit un gain de temps de 20 minutes. Ensuite, parce quil abandonne la gare de Waterloo, au sud de la Tamise, pour celle de Saint-Pancras, au nord du fleuve. Cela grâce à un nouveau tronçon dont les 20 derniers kilomètres sont parcourus dans un tunnel.
Les dirigeants dEurostar auraient sans doute préféré un climat social plus serein pour fêter cette réussite technique. Au moins, le service sera-t-il normal, comme pratiquement à chaque jour de grève. Certes, selon Thierry Roy, administrateur CGT de la SNCF, « les conducteurs français de trains vers Londres sont des cheminots à part entière de la compagnie nationale, avec le même statut que leurs camarades. » Mais Eurostar est une société commune de la SNCF, de la SNCB (chemins de fer belges) et dEurostar UK, filiale dune compagnie ferroviaire britannique.
« Si les Français sont en grève, nous pouvons donc faire appel à des cheminots belges ou britanniques, explique un cadre du groupe. Et eux peuvent faire de même
» En outre, selon Thierry Roy, la SNCF peut demander à des cadres formateurs de conduire les trains si nécessaire. Alain Pottier, secrétaire général de la CFTC-cheminots, estime même que ce train est lun des plus prioritaires aux yeux de la SNCF. « Surtout aujourdhui, la compagnie fera tout pour quil roule, même aux dépens dautres lignes sil le fallait. »
6. Quels sont les moyens de transport collectif de substitution ?
La mise en place de moyens de transport de substitution est une des réponses apportées par la SNCF à ses usagers pour tenter de pallier la grève de ses agents. De fait, le ministre du travail Xavier Bertrand a « demandé », samedi 10 novembre, dans un entretien au Figaro, « des moyens de transports de substitution et un effort sans précédent dinformation » à la SNCF et à la RATP. « Un total de plus de 2 000 cars de substitution seront mobilisés sur lensemble du réseau Train express régional (TER) », précisait mardi la SNCF. Sy ajoutent en Île-de-France (réseau Transilien) « plus de 1 000 bus » affrétés « en complément de la desserte ferroviaire pour acheminer un maximum de clients aux heures de pointe ».
Plus original, les élus UMP dÎle-de-France ont décidé, « si le conflit perdure », de se concerter pour étudier la possibilité de mettre à la disposition de leurs administrés des « moyens de transport alternatifs », en particulier les cars municipaux. Sans attendre, « afin de faciliter le quotidien des Sartrouvillois dans leurs trajets réguliers ou occasionnels et pour anticiper les perturbations annoncées dans les transports en commun », le maire UMP de Sartrouville (Yvelines), Pierre Fond, a, par ailleurs, lancé sur le site Internet de la ville (www.sartrouville.fr) « un service gratuit de mise en relation de covoiturage ».
Enfin, sil est difficilement envisageable pour une entreprise privée daffréter des cars pour ses salariés, le groupe Solutions a mis en place des navettes gratuites (www.jyvaisquandmeme.malgrelagreve.com) à lattention des visiteurs des salons quil organise en ce moment au Cnit de La Défense (Hauts-de-Seine).
7. Quelles autres solutions propose lopposition ?
Sur les régimes spéciaux, le Parti socialiste accepte le principe dune réforme. « Les 40 ans de cotisation, cela devrait être la règle générale », rappelait mardi 13 novembre François Hollande. Pour autant, les socialistes ne sont pas pour le projet du gouvernement, accusant celui-ci de stigmatiser les régimes spéciaux là où il faudrait au contraire une « réforme globale de tout le système de retraite ».
Le PS demeure toutefois dune prudence de Sioux sur ce que pourrait concrètement chambouler cette « réforme globale ». « Lessentiel pour nous, cest le maintien du pouvoir dachat des retraites. Après, on peut discuter de la durée de cotisation, des moyens de financements supplémentaires », explique la députée Marisol Touraine, spécialiste des questions de protection sociale.
Laxe principal de la réforme devrait être la prise en compte de la pénibilité. Mais peu de propositions précises sont avancées. Et pour cause : le PS renvoie les détails à « des négociations avec les partenaires sociaux ». Un débat explosif en perspective, tant il pourrait pénaliser certaines professions bénéficiant de la meilleure espérance de vie, notamment du côté de léducation nationale. « Il faudra aussi améliorer la façon de gérer les carrières pour ceux qui verraient leur temps de travail se rallonger », plaide Marisol Touraine.
Quant à François Bayrou, il défend, comme le PS, depuis longtemps lidée dune « refonte universelle » mettant à plat tout le système de retraite, y compris les régimes spéciaux. Il sagit pour lancien candidat à lélection présidentielle dinstaurer « une retraite à la carte, une retraite par points » tenant notamment compte de la pénibilité du travail.
8. Lopinion peut-elle se retourner ?
Selon le directeur de linstitut BVA-Opinion, Jérôme Sainte-Marie, « lopinion na pas bougé depuis les grèves doctobre : 55 % des Français considèrent toujours que le mouvement contre la réforme des régimes spéciaux est injustifié, contre 44 % qui le trouvent justifié ».
Même constat chez CSA, ou lon prévoit « un isolement des grévistes dans lopinion, si les lignes de la contestation ne se déplacent pas ». Les sondeurs restent toutefois très prudents. En 1995, lopinion, dabord hostile aux grèves, avait fini par se retourner. Pour Jérôme Sainte-Marie, cest encore ce qui pourrait se produire « si le mouvement de grève contre les régimes spéciaux se connectait avec dautres mouvements de contestation, comme celui des étudiants ou des fonctionnaires ». « Il pourrait également y avoir une connexion avec une revendication décisive des Français, concernant leur pouvoir dachat », ajoute ce spécialiste des sondages.
Pour le directeur détudes à linstitut CSA, Stéphane Rozès, lopinion pourrait se retourner dans deux cas de figure. Premier cas : si le front syndical parvient à se mettre daccord sur un mot dordre commun : exiger soit laménagement des mesures, soit des contreparties, plutôt que de se cantonner dans la dénonciation pure et simple de la réforme. Deuxième cas de figure : si le mouvement se décloisonne et entraîne dans son sillage dautres mécontentements, notamment celui des Français au sujet de leur pouvoir dachat. « Si cest le cas, lopinion ne se prononcerait plus sur le fond de la réforme des retraites mais soutiendrait ce mouvement pour envoyer un message au pouvoir », indique Stéphane Rozès.
9. À quoi vont servir les sommes économisées par la réforme ?
Le 6 avril dernier, le candidat Nicolas Sarkozy avait affirmé : « Si nous devons réformer les régimes spéciaux de retraite, cest pour pouvoir revaloriser [les] petites retraites. » Si cette promesse nest pas réapparue dans les prises de parole de lexécutif, Denis Jacquat, député UMP de Moselle et spécialiste des questions de retraite, confirme avoir « reparlé de la nécessité de hisser les petites pensions et les pensions de réversion au moins jusquau seuil de pauvreté, et le gouvernement ma assuré que la réforme de ces régimes permettra bien de dégager des marges de manuvre ».
Reste à savoir lampleur des sommes récupérables. En 2007, lÉtat doit verser 4,9 milliards deuros pour compenser le déséquilibre démographique entre actifs et retraités de lensemble des régimes spéciaux. Mais, dune part, certains de ces régimes, les mineurs et les marins, ne sont pas concernés par la réforme, ce qui fait tomber à 3,3 milliards la somme récupérable. Ensuite, même si la réforme impose une prolongation dactivité, on sait quelle ne permettra pas de résorber totalement le déséquilibre démographique, qui représentera toujours un coût à assumer. Enfin, le solde récupérable dépendra de lampleur des contreparties (augmentation de salaire, création dune retraite complémentaire, aménagement de la décote
) qui seront négociées et quil faudra bien financer, les entreprises concernées ayant peu dargent à redistribuer.
Au total, estime le député UMP villepiniste Hervé Mariton, « le problème, cest quon na aucun chiffrage. Mais tout au plus peut-on espérer récupérer quelques dizaines de millions deuros par an. Ce nest donc pas là quon trouvera des financements pour les retraites. »
10. Comment se forme une coordination étudiante ?
La coordination nationale étudiante, qui appelle à une « convergence des luttes », notamment avec le mouvement des cheminots, est née fin octobre à luniversité Toulouse-Le Mirail. Elle regroupe des représentants désignés au cours des assemblées générales qui se tiennent dans les différentes « facs » (22 établissements représentés au départ, 33 lors de la dernière réunion, le week-end des 10-11 novembre, à Rennes) et saccorde sur une plate-forme de revendications, ainsi que sur les modes daction à privilégier.
Lun deux, le blocage des gares, expérimenté jeudi 8 novembre en gare du Nord à Paris, na pas rencontré hier le succès escompté. Il faut dire que le principal syndicat, lUnef, dont certains membres participent pourtant à la coordination, sétait employé à dissuader les étudiants de prendre part à de telles initiatives, susceptibles de les priver de la sympathie du grand public
En réalité, au sein de cette coordination, les divergences sont grandes, tant sur la forme que sur le fond. Très en pointe ces dernières semaines, le Comité étudiant contre lautonomie des universités (Cecau) rassemble des organisations syndicales et politiques proches de lextrême gauche qui réclament labrogation pure et simple de la loi Pecresse, votée cet été, tout en essayant de mobiliser contre plusieurs aspects de la politique gouvernementale (franchises médicales, tests ADN
).
LUnef, qui, dans un premier temps, semblait un peu dépassée, tente de reprendre la main, en réorientant les revendications vers les questions budgétaires et le dossier de la condition étudiante. Mardi 13 novembre, on paraissait, en tout cas, très loin de lunité qui avait permis à une autre coordination nationale étudiante dobtenir, en 2006, le retrait du CPE.
Dossier réalisé par Laurent DE BOISSIEU, Mathieu CASTAGNET, Marie DANCER, Patrick LEMOINE, Denis PEIRON, Solenn DE ROYER et Michel WAINTROP
Les grévistes amers face au lâchage des médias
http://letemps.blogs.com/paris/
Le «mouvement social» ne fait plus recette dans les médias français. Pour les grévistes cheminots ou étudiants, qui sattendaient à un traitement plus favorable, la surprise est désagréable.
«Les médias ne nous aiment pas, ils narrêtent pas de dire quon est minoritaires, quon est manipulés par lextrême gauche», accusaient des étudiants croisés la semaine dernière devant les grillages (fermés) de luniversité de Paris I-Tolbiac.
Les équipes de France 2, TF1, M6 ont été explicitement interdites d'entrée sur ce campus. Seule la petite chaîne d'information continue BFM-TV, jugée «objective», est tolérée par les activistes qui bloquent les lieux.
«On navait jamais vu un matraquage pareil, déplore Alain Krivine, le dirigeant historique de la Ligue communiste révolutionnaire. À la télé, jai vu un reportage hallucinant avec une vieille dame de 70 ans, qui se plaignait de devoir prendre son vélo par grand froid. Bien sûr quune grève cest emmerdant, mais quand même
»
Même à «Libération», quotidien Sarko-critique sil en est, cheminots et étudiants attirent peu de sympathie. «Si ces abrutis continuent à tout bloquer, je vais finir par voter Sarkozy», menaçait, la semaine dernière, un membre excédé de la rédaction. Les grévistes peuvent encore se rabattre sur «LHumanité» et Jean-François Kahn