memorial des guerres d'indochine Le 19 décembre 1946, le Viêt-minh déclenche l’insurrection générale. Le président Ho Chi Minh, le général Giap, et le gouvernement gagnent l’abri des bases révolutionnaires du Haut-Tonkin.

Durant près de huit ans, le Viêt-minh va conduire une guerre totale et populaire, selon une stratégie de longue durée et une tactique de guérilla, au milieu d’une population favorable de gré ou de force. Cette forme de combat, dans une guerre en surface et sans front, a pour objectifs d’user l’adversaire, de disperser ses forces, de miner son moral, pour l’anéantir enfin, dans une bataille décisive menée toutes forces réunies.

Ce conflit s’inscrit enfin dans le contexte d’une décolonisation générale à laquelle les vieux empires sont peu préparés, et dans le cadre de la " guerre froide " qui oppose l’Est et l’Ouest.

A l’automne 1950, le corps de bataille viêt-minh, maintenant constitué, engage le combat le long de la frontière chinoise (bataille de la RC 4) puis sur la périphérie du delta tonkinois. Là, il échoue devant la détermination du général de Lattre de Tassigny et de ses troupes, à Vinh-yen, Dong-trieu et sur le Day. Ces dures victoires défensives permettent à la France d’obtenir l’aide des Etats-Unis pour équiper une armée vietnamienne toujours plus présente dans la bataille.

À partir de 1952, le Viêt-minh lance des offensives spectaculaires à travers les grands espaces du Tonkin et du Laos. Il s’y heurte aux bases aéroterrestres de Na-san, de la plaine des Jarres et de Seno, mais parvient, début 1954, à encercler et à étouffer celle de Diên Biên Phu. Là, à l’issue de cinq mois de combats acharnés, il vient à bout de la résistance française.

Des négociations se déroulent à Genève et aboutissent, dans un climat de désarroi, aux accords du 21 juillet 1954. Le Viêt-nam est provisoirement partagé en deux zones qui, dès 1955, vont devenir deux Etats. La présence française en Extrême-Orient s’achève. Le 14 septembre 1956, le dernier soldat français s’embarque à Saigon.

Extrait du dépliant du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre sur le mémorial des guerres en Indochine

LE RAPATRIEMENT DES CORPS

Sur la totalité des corps des militaires du Corps expéditionnaire inhumés au Viêt-nam, 11'747 avaient été rapatriés jusqu’en 1975. Après cette date, les difficultés avaient empêché les rapatriements à titre individuel.

Au Sud-Viêt-nam, un cimetière de regroupement avait été construit, entre 1959 et 1964, à Tan Son Nhut. D’autres tombes militaires se trouvaient dans le cimetière européen de Vung Tau.

Le mémorial est implanté dans un terrain de 23'403 m2. Il s’inscrit dans une circulation périphérique de 110 m de diamètre : le cercle symbolise à la fois le périple et l’enceinte militaire héritière du cercle spirituel des tribus. Les rangs d’alvéoles ont reçu les ossements des 17'188 militaires identifiés. S’y ajoutent 62 corps de militaires provenant de la nécropole de Luynes où ils avaient été inhumés antérieurement à 1975.

Les rangs sont orientés vers la mer, route de l’Indochine. Cette orientation se matérialise sur la construction elle-même par une allée montante menant au point le plus haut de la nécropole.

Dans la crypte, les restes mortels des 3'152 victimes inconnues reposent dans un ossuaire. A titre exceptionnel, 3'618 civils (dont 79 non identifiés) ont été inhumés sur le site, dans un columbarium édifié sous la partie nord-ouest de la circulation périphérique.

L’entrée de la nécropole s’articule au point du cercle tangent à la RN 7, entre la salle historique et un monument préexistant, élevé en 1983 par des associations.

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