Le Monde Diplomatique de mai 1975.
Ce n'est pas une surprise de constater que cet article commence à mettre l'échec des Accords de Paris de 1954 sur le dos des Etats-Unis. Mais il continue en rappelant la tromperie de la "réconciliation nationale", un euphémisme pour cacher la conquête du Sud par le Nord. La nouveauté est l'aveu de la:
- "liquidation des leaders trotskistes dans le Sud en 1945". Au lieu de combattre l'envahisseur japonais, le PCI, agent de Staline, assassine des gens qualifiés de trotskistes. Au moins à Moscou, ils avaient droit à un procès, même truqué
- "les erreurs de la réforme agraire dans la République Démocratique du Vietnam en 1956". Pas grave puisqu'il ne s'agit que d'«excès». Même quand des millions de gens sont assassinés, ce n'est toujours à la faute au "culte de la personnalité stalinien", aux "déviations du dogme marxiste", et comme les auteurs sont des leaders de gauche, les progressistes leur pardonnent. Par contre, les 2'000 disparus de Pinochet, alors ça, c'est grave et impardonnable puisque c'était un régime de droite. Toujours cette indignation à deux vitesses
En fait, ce texte déclame le dogme marxiste qui est toujours valable même quand il provoque l'assassinat de millions d'innocents, et ce n'est pas fortuit, et occulte le traitement des prisonniers de guerre français qui ont été abandonné par le gouvernement Mendès-France et ses successeurs à l'anéantissement par le gouvernement du Nord Vietnam. Près de 30'000 soldats français et auxilières de l'armée ont été lâchement abandonné par la France. Et le sort qui leur a été réservé était de mourir dans un camp d'extermination dont le commissaire politique s'appelait Georges Boudarel, co-signataire de cet article.
«Le marxisme a deux versants», la misère et la terreur!