HOLODOMOR ET LA SUISSE


mercredi, 30 avril 2008
Génocide ukrainien de 1932

http://victordumitrescu.blog.tdg.ch/archive/2008/04/index.html

Je me demande bien, quand la République et Canton de Genève, désireux de reconnaissance internationale, reconnaîtras le Génocide ukrainien.

Un petit effort, Monsieur Pierre Maudet, avec un peu de courage, vous allez y arriver.

Selon Pascal Décaillet, : "Fallait-il, pour autant, le communiqué étonnamment hargneux que vient de publier le gouvernement de la Ville de Genève, avec mise en évidence du nom de Pierre Maudet, sur ce qui est, jusqu’à nouvel ordre, un objet fédéral démocratiquement soumis au peuple et aux cantons, dans un peu plus d’un mois ? « Lancée xénophobe », « Canons du nationalisme antiparlementaire » (diable, on croit voir réapparaître les Ligues et la Cagoule!), initiative « anticonstitutionnelle » et qui « détourne le droit sous des prétextes antidémocratiques ». Tout cela en un peu plus d’une page A4, et sous les couleurs officielles de la Ville de Genève."

Exposition sur la Grande Famine en Ukraine de 1932-33 Inaugurée par Katerina Youshchenko, Première Dame de l’Ukraine

A partir du 7 novembre 2007 la Bibliothèque de la Cité de Genève accueille une exposition d’affiches intitulée " Exterminés par la famine : génocide méconnu des Ukrainiens " sur la grande famine en Ukraine des années 1932-1933 qui était artificiellement provoquée par le régime de Joseph Staline. Depuis mars 2007 cette exposition fait le tour de grandes villes européennes. Après Bruxelles et Berlin, les Suisses ont la possibilité de prendre connaissance d’une des pages les plus terribles de l’histoire de l’Ukraine dont il était interdit de parler à l’époque de l’URSS sous peine de se retrouver en prison.

Au début des années trente, l’Ukraine, était considérée comme le " grenier à blé " de l’Union Soviétique. Mais le régime du " Père des peuples " Joseph Staline a commis un effroyable acte de génocide à l’encontre de millions d’Ukrainiens.

En 1932 Staline décida de vaincre les fermiers ukrainiens par la famine, afin d’anéantir le renouveau national ukrainien, né dans les années 20 et qui revivifiait les aspirations ukrainiennes à l’instauration d’un Etat indépendant. Staline avait toujours cru que " la question nationale était, par essence, une question paysanne " et que " la paysannerie constituait la force principale du mouvement national ". C’est pourquoi l’extermination par la famine a été volontairement dirigée dès l’origine contre la paysannerie qui représentait le coeur même de la nation ukrainienne.

De l’autre coté, la politique de l’Etat bolchevique visait la création des kolkhozes et sovkhozes (fermes collectives). Le processus de la collectivisation des terres était pratiquement achevé en été 1932. Pourtant les paysans avec leurs petites fermes privées s’y opposaient fermement. Ainsi, les dirigeants du parti ont choisi la famine comme " arme de la lutte du prolétariat ". Le gouvernement a imposé aux fermiers des quotas céréaliers exorbitants, allant dans certains cas jusqu’à la confiscation du dernier grain de semence.

Afin de prévenir l’exode massif des populations affamées en quête de nourritures, les territoires de l’Ukraine soviétique et de la région de Kouban, dans le Caucase du Nord, furent isolées par des unités armées. Le taux de mortalité était si élevé que dans nombreux villages on a cessé d’enregistrer les décès. Dans l’espoir de sauver leurs enfants, les villageois se faufilaient à travers les barrages mis en place par les troupes du NKVD (la police politique soviétique) et les abandonnaient dans les zones urbaines moins touchées par la famine. Dans les rues des villages pourrissaient des cadavres, les gens mangeaient des chats et des chiens, les cas de cannibalisme se multipliaient parmi ceux qui avaient été conduits à la démence, poussés par la faim.

La famine organisée a atteint son paroxysme en hiver 1932 et au printemps 1933 : 25’000 personnes mourraient chaque jour, mille par heure, dix-sept par minute…Le Holodomor (dérivé de l’ukrainien : holod - faim, famine et moryty - faire souffrir, tuer) a exterminé presque 25 % de la population de l’Ukraine soviétique.

Le gouvernement ukrainien et ses représentants diplomatiques font beaucoup d’efforts pour porter la tragédie de cet Holodomor à la connaissance de la communauté internationale et à rendre hommage à des millions de victimes innocentes. En 2002 et 2003 dans ses résolutions le Parlement Ukrainien (Verkhovna Rada) a fait appel aux pays de monde entier dans le but d’obtenir une reconnaissance internationale du Holodomor comme génocide. Le 7 novembre 2003 la 58-ième session de l’Assemblée générale de l’ONU a adopté la Déclaration commune de 65 Etats, membres des Nations Unies, reconnaissant officiellement que " la Grande Famine de 1932-33 en Ukraine (le Holodomor) était une tragédie nationale du peuple ukrainien due aux agissements et politiques impitoyables du régime totalitaire".

Le 28 novembre 2006, Verkhovna Rada a adopté la loi établissant le Holodomor comme un génocide. En répondant à l’appel de l’Etat ukrainien, les parlements des onze pays ont déjà reconnu le caractère génocidaire du Holodomor. Ce sont les corps législatifs d’Argentine, d’Australie, de Canada, d’Equateur, d’Estonie, des Etats-Unis, de Géorgie, de Hongrie, d’Italie, de Lituanie, de Pologne et de Pérou.

Le 1er novembre 2007 la 34e session de la Conférence Générale de l’UNESCO a adopté la résolution " Souvenir des victimes de la Grande Famine (Holodomor) d’Ukraine " où est noté que la tragédie provoquée par la politique totalitaire de Staline doit servir d’avertissement pour les générations actuelles et futures, afin de respecter les valeurs démocratiques, la justice, les droits et la dignité humains, et d’empêcher que de tel actes criminels ne puissent se reproduirent ailleurs dans le monde. L’exposition présentée en novembre à Genève est le résultat du travail de beaucoup de savants, chercheurs, experts des services de sécurité de l’Ukraine qui ont analysé plusieurs documents d’archives et ont réuni les témoignages des survivants de ces années de famine. Elle est organisée par le fond international de bienfaisance " Ukraine - 3000 " dirigé par l’épouse du Président ukrainien Mme Katerina Youshchenko. Elle connaît les atrocités de Holodomor d’après les récits de son père Mikhail qui a été le seul enfant de la grande famille paysanne de Kharkov ayant eu la chance de survivre. Lors du vernissage de l’exposition le 7 novembre, Madame Katerina Youshchenko a remercié au nom du Président de l’Ukraine le Conseil administratif et le Maire de la Ville de Genève d’avoir apporté son soutien à l’organisation de cette exposition. Cette exposition comprend un second volet : une conférence-débat animé par le directeur adjoint de l’Institut de l’histoire de l’Ukraine de l’Académie nationale des sciences de l’Ukraine Monsieur Stanislav Koulchytsky qui se tiendra au Musée d’Ethnographie-Conches, le jeudi 22 novembre.

L’Ukraine continuera à demander avec insistance que le monde prenne conscience de la vérité sur tous les crimes commis contre l’humanité. C’est le seul moyen d’être sûr et certain que les criminels ne sont plus, désormais, enhardis par l’indifférence générale.

Emilia Nazarenko

source: http://www.divainternational.ch/spip.php?article240 

16:32 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : génocide ukrainien, crimes, famine

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