Le procès de 6 ingénieurs de la Metropolitan Vickers en avril 1933
Parmi les nombreuses actions de diversion organisées par l'URSS avec le Komintern à son service, le réseau de sympathisants: le procès de 6 ingénieurs de la Metropolitan Vickers. Derrière l'habillage, quels sont les vrais motifs? Pourquoi l'URSS organise-t-elle un grand spectacle autour de ce procès?
Le Journal de Genève du 12 avril 1933 rapporte que 6 sujets britanniques (Nordwall, MacDonald, Cushny, Monkhouse, Thornton, Gregory) sont accusés d'espionnage et de sabotage. Il a été publié sous la forme d'un nouveau "Livre blanc", le texte de la correspondance du 17 mars au 7 avril entre le Foreign Office et l'ambassadeur de Grande-Bretagne à Moscou. «Il en résulte qu'aux yeux de l'ambassadeur, les prisonniers ont été soumis à des méthodes d'intimidation.»
«La "Metropolitan Vickers" accusée par les Soviets. [
] elle aurait d'avoir délibérément fourni des turbines défectueuses aux soviets.»



Au fil des articles, on apprend l'acte d'accusation (Journal de Genève du 13 avril 1933):
1) Les cibles du sabotage: la centrale électrique de Zisionst, celles de Cheliabinsk, de Zuevska, Ivano et Bakou.
2) Il y aurait aussi 12 accusés russes: Zarin, Oleinik, Lobanof, Soukoroutchkine, Koussef, Kotliarevski, Mlle Koutouzowa, Sokoloff, Loabony, Sibert, Krashennikov,
3) Les ingénieurs anglais auraient fait de l'espionnage et "soudoyé des employés des usines pour les encourager à des actes de sabotage antirévolutionnaires". Londres ne se fait pas d'illusions.
Le Journal de Genève du 14 avril 1933 «Vers le verdict» «La suspension des négociations commerciales en cours entre l'Angleterre et l'URSS eut pour effet de dessaisir la Guépéou de l'affaire et de la confier au procureur de la cour suprême. C'était d'un tribunal secret le remettre aux mains d'un tribunal public. Les soviets devant agir au grand jour ont donc dû corser leurs accusations. Ils cherchent à échafauder de prétendues révélations sur l'action anti-communiste que l'Angleterre mènerait en Russie même. [
] Quelle poura être maintenant l'action du gouvernement britannique sur les Soviets? La rupture diplomatique vers laquelle on va presque inévitablement ne changera fort probablement pas grand chose à la situation des 6 malheureux ingéinieurs. La presse moscovite prend la chise de haut et déclare que la Russie ne manquera pas de clients pour les commandes. "A défaut de l'Angleterre nous pourrons adresser nos commandes aux Etats-Unis
» Le journaliste P. J. rappelle que «les rapports commerciaux avec l'URSS ont abouti à des catastrophes. Il est grand temps de prendre des mesures sérieuses et de renoncer une fois pout toutes à des relations commerciales avec un pays gouverné par un régime de terreur et de dictature.». Il ne sera pas pas hélas entendu! Et c'est en 2008, la même chose avec la Chine communiste!
Le Journal de Genève du 16 avril 1933 «Une odieuse parodie de la justice» Déclaration de M. Monkhouse: «Après avoir entendu le témoignage de M. Soukboroutchine et de plusieurs autres citoyens, je suis convaincu que tout ce procès n'est qu'un coup monté fondé sur les dépositions de prisonniers terrorisés. J'en ai eu la preuve moi-même lorsque j'ai été soumis à un interrogatoire de 18 heures..» On apprend que le président est Ulrich, président du Tribunal militaire.qui retire la parole à Monkhouse. Ensuite Oleinik, accusé soviétique, récite sa leçon, avouant avoir un compte dans une banque en Angleterre, ce qui est très utile quand on vit en URSS.
Le Journal de Genève du 18 avril 1933 «L'incroyable procès de Moscou» D'un côté, le procureur Vychinsky fait un numéro pour tenter de montrer que la justice soviétique serait meilleur que l'anglaise, puis le fond réapparait. Il déclare à Thornton: «Vous ne serez désormais utile ni en Russie ni en Angleterre, peut-être pourrez-vous servir d'engrais à un de nos champs socialistes.» Fusiller pour faire de l'engrais, le but ultime du communisme, de Staline à Pol Pot! Les condamnations probables.
Le Journal de Genève du 19 avril 1933 «Le procès de Moscou» Les plaidoiries. Certains accusés reconnaissent l'espionnage mais tous nient le sabotage. Nordwell déclare être toujours resté un ami de l'Urss. Ensuite le verdict.

Le Journal de Genève du 20 avril 1933 «La presse soviétique et les représailles britanniques» La presse soviétique remarque «qu'il était juste que les inculpés russes fussent plus sévèrement frappés que les ingénieurs étrangers.» Ce procès n'aurait été pour l'Angleterre, selon Isvestia, qu'un prétexte pour instaurer un embargo avec l'URSS.
Le Journal de Genève du 21 avril 1933 «Après le verdict» L'attitude du cabinet anglais diversement jugée à Londres. les travaillistes et les libéraux reprochent d'avoir établi un embargo avec l'URSS avant le procès.

Le Journal de Genève du 22 avril 1933
En 2008, tous les gouvernements s'applatissent devant la Chine communiste à l'occasion des Jeux Olympiques de Pékin. Aussi qu'un gouvernement rompe les relations diplomatiques et décrète un embargo fait rêver. Et le peuple du Tibet, occupé depuis plus 50 ans, colonie exploitée d'un état socialiste, on s'en fout!

Le Journal de Genève du 22 avril 1933
Retour