LA FAMINE EN RUSSIE, HOLODOMOR ET LA SUISSE
L'Entente Internationale contre la IIIe Internationale (Entente Internationale Anticommuniste) s'est engagé courageusement dans la dénonciation de la Famine en Russie. Elle a publié en juillet-août 1933 un document basé sur des témoignages poignants sur la gravité de la famine en Russie. Le 28 septembre 1933, facsimile de la lettre de Théodore Aubert, président de l'EIA, en remet copie à M. Mowinckel, président du Conseil de la Société des Nations. La documentation jointe décrit, de manière détaillée et hélas vraie, un voyage au bout de l'horreur.

Page 1. Résultat du plan quinquennal. LA FAMINE EN RUSSIE SOVIETIQUE.
«En les lisant on pourrait croire à des exagérations de la part de certains auteurs, mais on est obligé de constater l'absolue concordance de tous ces témoignages quant à la misère générale, la famine, le cannibalisme. C'est au moment où se passent toutes ces horreurs que certains politiciens d'Europe et d'Amérique font tous leurs efforts pour "resserrer les liens d'amitié" avec les chefs bolchévistes.»
Page 2. La famine est bien plus aiguë qu'elle ne l'était en 1921 alors que 4 millions de personnes moururent de faim. On pourrait sauver tous les affamés s'ils pouvaient se nourrir des céréales que le gouvernement soviétique a exporté à l'étranger.
Page 3. Toute l'horreur du régime bolchéviste se montre surtout à la campagne. C'est là que les bolchéviks ont commis un des crimes les plus monstrueux que l'Histoire ait jamais connu. Ce crime est tellement ignoble que dans l'avenir, on ne croira pas qu'une chose pareille ait pu arriver. Allez en Ukraine ou dans le Caucase du Nord. Autrefois c'étaient les contrées les plus riches et les plus fertiles de toute la Russie. Maintenant vous y verrez un désert. Les champs sont couverts de mauvaises herbes; nulle part des chevaux et du bétail. Les habitants qui ont survécu, enflent et finissent par périr.
Page 4. Je me sens incapable de vous dépeindre toutes les horreurs que j'ai vues... La vue de la campagne dévastée par les bolchéviks est horrible. On a l'impression que c'est le Mal lui-même qui est descendu sur cette terre. Il semble que rien désormais ne poussera sur cette terre
Page 5. Comme étrangers nous autres, avions des cartes, mais avec lesquelles on ne pouvait rien obtenir. Notre existence devenait absurde. Nous fûmes heureux de quitter ce pays de souffrances. Les conditions d'existence d'un chômeur en Allemagne sont meilleures que celles d'un ingénieur en URSS. Depuis quelques mois les étrangers quittent l'URSS en masse.
Page 6. "
Aidez-nous! Nous mourrons! On a tout pris chez moi: les vivres, le pain et même les meubles. Je vis dans une maison absolument vide. Voilà un mois que je n'ai vu de pain. Les enflants enflent. Si vous ne nous aidez pas nous sommes voués à la mort
", Et un renseignement capital: Mais dans les villes les ouvriers reçoivent enciron 500 gr. de pain par jour, alors que les ouvriers agricoles ne reçoivent rien. Ce qui montre que la cible principale de la famine-génocide est les paysans et les ouvriers agricoles.
Page 7. La situation actuelle ressemble à celle de 1919; seulement alors le paysan était riche, tandis qu'aujourd'hui il meurt aussi de faim.
Page 8. "La misère dans les villages est encore plus terrible que dans 1es villes. Les personnes qui arrivent des villages racontent que souvent, comme on ne voit pas sortir depuis plusieurs jours de sa maison un habitant, on force sa porte et on trouve seulement des cadavres, déjà en putréfaction, de gens morts de faim.
Page 9. Je ne vous parlerai pas du prix des étoffes, des chaussures et d'autres articles, non pas parce que nous sommes pourvus de tout ce dont nous avons besoin, mais simplement pour la bonne raison que nous sommes tous affamés et que la première chose qui nous intéresse, c'est la nourriture.
Page 10. Le système des passeports établi chez nous est une sorte d'épuration de la population. La commission qui délivre les passeports peut vous le refuser, même si vous habitez depuis de longues années dans la localité; dans ce cas, vous êtes tenu de quitter la localité dans les 24 heures. Mais si vous vous établissez ailleurs, la même mesure pourra vous être appliquée encore une fois. Les cas suivants se produisent aussi; le mari reçoit un passeport pour deux ans, sa femme, pour 6 mois seulement; après ce délai elle doit quitter la localité et se séparer du reste de sa famille.
Page 11. Tout n'est que mensonges: le chômage sévit; il est accompagné de conséquences inconnues à l'étranger; on confisque les cartes de pain, on expulse les chômeurs de leur logement; tout le monde est indigné, tout le monde gronde sourdement et maudit cette existence; les gens se jettent sous les trains; nous ne connaissons pas de joie; nous avons désappris le rire; tout le monde est abattu moralement, nerveux, irrité et craint pour son existence. Les gens sont devenus pires que des chiens et capables des pires vilenies; nous sommes entourés d'espions, chacun cherche à dénoncer son voisin, la confiance manque absolument. Les moeurs sont devenues grossières; nous marchons non pas vers la civilisation, mais vers l'état primitif. Chacun cherche à édifier son bonheur sur 1e malheur d'autrui. Les communistes sont passés maîtres en cela.
Page 12. La population des campagnes a diminué d'au moins un tiers. Les gens s'enfuient vers les villes. On les empêche de retourner dans leurs villages.. Nous n'avons jamais vu de famine pareille. On ne pourra vivre qu'à condition que les 15 à 20% de la population meurent. On mange de la chair humaine et même des cadavres; c'est un phénomène devenu naturel chez nous..." (printemps 1933)
Page 13. Si vous m'aidez maintenant, je vous le rendrai sûrement. Comprenez bien, ma situation est effrayante! Je suis absolument seule. Personne ne veut venir à mon aide et si vous aussi ne m'aidez pas - nous mourrons. Je suis complètement épuisée et sans forces.
Page 14. La famine a pris de telles proportions qu'il est impossible de la décrire. On mange l'herbe comme le bétail. Le pain fait complètement défaut, comme du reste, tous les autres vivres. Des gens meurent chaque jour de faim. A Ekatérinodar, on amène tous les jours au cimetière des monceaux de cadavres de personnes mortes de faim
" Caucase du Nord, 1933)
Page 15. Les gens meurent; les villages se vident. Dans tout notre village on ne rencontre plus que 15 à 20 personnes, toutes enflées de faim. Pas de chiens, pas de chats; tous ont été mangés. On mange même de la chair humaine, surtout celle des enfants. C'est tellement horrible. En un seul jour, par exemple, on a trouvé abandonnés 18 nourrissons; les enfants de 3 à 5 ans, on les abandonne simplement dans la rue où ils meurent. Même les jeunes gens de 18 ans restent inanimés dans les rues et meurent.
Page 16. Nous serions si contents d'avoir un petit morceau de pain, ne fût-ce qu'un croûton. Personne n'en a. Nous cueillons les mauvaises herbes, nous les taisons bouillir et les mangeons. Les gens mangent les chevaux crevés, mais il n'y en a plus. On enterre journellement jusqu'à 20 personnes, chez nous
Quand une personne tombe, c'est fini. Nous prévoyons que plus de la moitié de la population devra périr. Tous sont enflés. On a déporté plus de 500 familles; on s'attend chaque jour à subir le même sort
Page 17. Nous sommes bien portants, mais nous pouvons à peine bouger, tellement nous avons faim. Il semble que les camarades commissaires veulent exterminer toute la population. Chez vous à Genève, le camarade Litvinoff affirme que la Russie ne veut pas de guerre. A quoi bon une guerre puisque même sans cela les gens meurent par milliers. Si vous saviez seulement dans quelle effroyable situation se trouvent les paysans. On leur a pris absolument tout et maintenant on cherche à leur enlever les quelques pommes de terre qui sont encore restées. Les paysans viennent dans les villes pour mendier. Si vous lisez nos journaux, n'en croyez pas un mot: tout est mensonges.
Bibliographie