LA FAMINE EN RUSSIE, HOLODOMOR ET LA SUISSE

L'Entente Internationale contre la IIIe Internationale s'est engagé courageusement dans la dénonciation de la Famine en Russie. Le 28 septembre 1933, la lettre de Théodore Aubert, président de l'EIA, à M. Mowinckel, président du Conseil de la Société des Nations inclut une documentation décrivant, de manière détaillée et hélas vraie, un voyage au bout de l'horreur.


Page 12

"On a dit aux enfants à l'école de ne plus venir seuls, mais accompagnés de leurs parents. Même nous, nous refusons de le croire, tellement tout cela paraît monstrueux. Ne vous étonnez pas si vous recevez des demandes de secours. Les gens ont atteint les limites extrêmes de la patience et de l'espoir…

"Le typhus fait rage chez nous. Les médicaments manquent, même la quinine. La mortalité est tellement élevée qu'il n'y a pas moyen d'enterrer les gens dans les cercueils. On jette les cadavres dans une énorme fosse. Cela, dans les villes. Dans les villages c'est encore pire: là les cadavres restent des semaines dans les maisons et se décomposent. Les gens ne veulent pas travailler dans les "kolkhoses" et s'enfuient. Depuis deux ans on n'a pas récolté dans les champs. Dans le gouvernement de Stavropol la peste fait rage... Au revoir, ne vous inquiétez pas trop, avec l'aide de Dieu nous survivrons à tout cela..." (printemps 1933)

* * *

"...La population des campagnes a diminué d'au moins un tiers. Les gens s'enfuient vers les villes. On les empêche de retourner dans leurs villages.. Nous n'avons jamais vu de famine pareille. On ne pourra vivre qu'à condition que les 15 à 20% de la population meurent. On mange de la chair humaine et même des cadavres; c'est un phénomène devenu naturel chez nous..." (printemps 1933)

"...Nous recevons 100 grammes de pain par jour; il est immangeable. Notre existence est si terrible que je me refuse à vous la décrire. Encore une fois, je te supplie de nous aider sinon nous périrons de faim comme de nombreuses gens chez nous..." (Arménie soviétique, printemps 1933)

"... Ma soeur est malade par suite du manque de nourriture. Nous faisons cuire du maïs dans de l'eau avec du sel. C'est tout ce qui nous reste comme provisions. .." (printemps 1933)

"...Le pain noir chez nous coûte 7 roubles la livre, les pommes de terre aussi et une dizaine d'oeufs coûte 25 roubles. Nous prenons notre thé sans sucre et faisons notre cuisine sans beurre ni graisse..." (printemps 1933)

"...Notre colonie allemande près de Mélitopol, comme tu le sais, passait pour une des plus riches. Tous les jours des mendiants en masse viennent chez nous. Ils ne demandent plus de pain, ils se contenteraient de morceaux de choux-raves, mais nous n'en avons plus..

"Nous-mêmes souffrons de la faim. La vie est devenue plus dure qu'en temps de famine (en 1921). Beaucoup de gens tombent malades et meurent." (Tauride du Nord, printemps 1933)

"...Si cela ne change pas, la moitié de la population et peut-être même davantage, mourra de faim..." (printemps 1933)

" Ce sont les enfants surtout qui n'arrivent pas à se passer de pain. Ils ne peuvent pas comprendre pourquoi nous n'en avons plus. Leur mère en souffre le martyre. (printemps 1933)

Entente Internationale contre la IIIe Internationale

Suite
Retour