LE CICR et LA FAMINE EN RUSSIE
Comité international de la Croix-Rouge


LE CICR et LA FAMINE EN RUSSIE

Séance du 24 août 1933. A la fin de la 2e page, Famine en Ukraine: le Secrétariat donne connaissance des renseignements qu'il a récoltés et reçus à propos de la famine en Russie et obtient les renseignements voulus. Quatre obstacles seraient à surmonter: 1) le CI devrait recevoir une demande du pays qui souffre de la famine. - Or en pays soviétique, on affrime qu'une amélioration se produit. 2) des secours étant supposés acceptés, des droits de douane seraient réclamés; de quelle importance? 3) il y a de l'argent aileurs pour nourrir les affamés. 4) la famine n'est-elle pas une conséquence de la politique agraire de l'URSS? C'est pour ces raisons que le CI peut npavoir pas mauvaise conscience de n'avoir pas agi en faveur des affamés.
Le Secrétariat a répondu à la CR suisse et à un Comité ukrainien que le délégué du CI en URSS viendra prochainement à Genève et qu'on lui demander des renseignements.

Visite de M. Wehrlin. M. Wehrlin annonce son arrivée pour la fin d'août; il restera en Suisse en septembre pour retourner en Russie en octobre. Le CI pourra se réunir pour le rencontrer.»

Séance du 6 septembre 1933. M. Wehrlin présente un rapport sur l'activités de la délégation pendant la période 1928-1933, dont le résumé est versé aux archives (Annexe CR 169a) 216. […] «Le secrétariat rend compte des demandes que le CICR a reçues à propos de la famine en Russie et obtient les renseignements voulus.»

Séance du 21 septembre 1933. La majeure partie de la séance est consacré aux détenus politiques en Allemagne. Selon M. Burckhardt, «il y a environ 80'000 prisonniers politiques»

Les chiffres sont très nettement majorés pour l'Allemagne au contraire de l'URSS où plus de 2 millions de prisonniers croupissent au goulag ou servent d'esclaves dans les grands chantiers comme le canal Baltique-Mer Blanche. Sans compter la famine qui commence à sévir et qui va assassiner plus de 10 millions d'innocents!

«FAMINE EN RUSSIE (page 5) M. Clouzot signale les nouvelles lettres reçues de Varsovie en faveur des personnes souffrant de la famine en URSS. Le président dit que tant que le gouvernement soviétique nie le fait de cette famine, une organisation comme la nôtre ne peut rien faire. De plus, il faudrait des vingtaines de millions pour faire quelque chose pour faire quelque chose de tangible.» Le pv se termine par: LA CROIX-ROUGE, FACTEUR DE RAPPROCHEMENT ENTRE LES PEUPLES. Pas avec ceux d'URSS!

Séance extraodinaire du 5 octobre 1933 motivée par la famine en Ukraine FAMINE EN UKRAINE (page 2). Le Président donne lecture d'une lettre du président du Conseil de la SdN M. Mowinckel transmettant un dossier de 14 pièces ou pétitions sur la question de la famine en Ukraine. Cette lettre a motivé la réunion de ce jour. Le président demande s'il faut à l'occasion de cette lettre entrer en communication avec l'Alliance [de l'URSS]. L'avis de M.Max Huber, consulté par téléphone, est positif à cet égard. Le Secrétariat rappelle la décision prise le 6 septembre par le CI et la lettre qui a été adressée aux Croix-Rouges autrichienne et suisse en conformité avec la décision prise par la CICR. M. Clouzot fait connaître l'opinion de M. Swidt qui considère que la CR internationale doit rester en dehors de cette question aussi longtemps qu'elle pourra. Le CICR considère que la CR internationale n'est pas en cause, c'est à lui que le président du Conseil de la SdN s'est adressé.

M. Brown (page 2) a vu le secrétaire de M. Mowinckel lequel a manifesté le regret de n'avoir pu voir M. Huber avant de rentrer en Norvège. M. Mowinckel a eu peur qu'une demande émanant d'un corps politique comme le Conseil de la SdN ne fut considéré par le gouvernement de l'URSS comme une démarche politique et non comme une démarche humanitaire.

«M. de Haller (page 3) signale le témoignage d'Herriot parlant de récoltes magnifiques de l'Ukraine dans les articles qu'il publie. Le CR perdra toute autorité s'il se lance dans cette aventure.»

M. de Haller (page 3) croit qu'il faut répondre au président du Conseil 1) en relevant le fait qi'il n'y pas dans le sein du CI de représentants des Sociétés nationales, 2) que le CI ne peut intervenir sans l'aveu de la Société nationale ou du gouvernement du pays intéressé, 3) qu'il va s'adresser à l'Alliance [de l'URSS] pour savoir quelle est la situation. Si la réponse est positive - ce qui est invraisemblable - le CI se retournera vers la SdN pour qu'elle prenne en mains le ravitaillent de la Russie. Le Président reconnaît qu'il faut modifier la lettre pour souligner le fait qu'il y a deux temps; information d'abord, action éventuelle ensuite.

Mlle Odier (page 4) rappelle les déclarations de M. Wehrlin qu'il n'y a pas urgence. La famine ne se déclarera guère qu'en décembre.

M. Wehrlin (page 4) est introduit. Le président résume le débat à son intention. M. Wehrlin demande la valeur du dossier transmit par la SdN. Le Président répond que ce dossier est plus que suspect. M. Wehrlin constate qu'il s'agit d'une manoeuvre politique. Il craint d'être accusé d'avoir fourni les éléments de cette campagne. Il rappelle la coïncidence de 1928 où à son retour à Moscou, il a été l'objet d'accusations de ce genre.

Séance du 12 octobre 1933. Elle est entièrement dédiée à la rédaction de la lettre à l'Alliance des Sociétés de Croix et Croissant rouges de Russie (ASCCR). Elle sera envoyée à M. Wehrlin à Moscou et ce dernier la remettra personnellement.

Séance du 23 novembre 1933 En page 5: FAMINE EN URSS. Lecture est donnée d'une lettre de M. Wehrlin datée du 25 octobre, où le délégué du CI rappelle qu'il a remis la lettre de M. Huber à M. Enoukidzé, président de l'ASCCR. Le président, M. Werner, M. Burckhart, le Dr Audéoud, M. Bouvier échangent leur avis quant à la question de savoir s'il conviendrait ou non de faire une communication à M. Mowinckel. Le CI prend la décision suivante: Le président du CICR est prié de bien vouloir s'entretenir à ce sujet avec M. Motta: si, après cette conversation il le juge possible, il sera prié d'écrire personnellement à M. Mowinckel que le CICR a appris de son délégué en URSS qu'il avait remis à M. Enoukidzé, la lettre du président du CICR.

Séance du 25 janvier 1934 (Après 2 mois!). Le président ajoute au sujet de la lettre adressée à M. Mowinckel, qu'elle a été soumise à M. Motta qui l'a lue et approuvée.

Séance du 8 février 1934

Séance du 26 avril 1934

Séance du 22 février 1934

Séance du 14 juin 1934

ET APRES SILENCE TOTAL: MOTTA fait son discours contre l'adhésion de l'URSS à la SdN qui est néanmoins acceptée. Les 10 millions de la famine, on en cause plus. Bravo à la SdN

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