OUN-UPA : Révélations sur les atrocités du NKVD-MGB en Ukraine
Repris de www.ukraine-europe.org
Au cours d'une conférence de presse tenue le 30 novembre 2007, le service de presse du SBU (Service de sécurité de l'Ukraine) a présenté des documents d'archives provenant des services de sécurité soviétiques.
Ces documents d'une importance capitale confirment l'utilisation par le NKVD et le MGB d'unités spéciales de combat, en activité à la fin des années 40 et au début des années 50, et prétendant combattre au nom de la résistance indépendantiste ukrainienne.
A cette occasion, le SBU a aussi divulgué des certaines informations concernant les activités extrajudiciaires des troïki (organe extrajudiciaire composé de trois personnes chargées de punir rapidement les éléments antisoviétiques ou supposés tels, sans procès public ni enquête, les dates et les lieux d'exécution des peines de mort devaient être tenues secrètes) durant les périodes de répression.
Les documents détenus par les archives de l'Etat montrent sans ambiguïté que les mesures prises pour éliminer la résistance de l'OUN et des formations armées de l'UPA, les organes de la Sécurité d'Etat et des Affaires intérieures des régions occidentales de la RSS d'Ukraine ont utilisés des groupes spéciaux se présentant comme des unités opérationnelles de l'OUN et de l'UPA en empruntant les uniformes de cette dernière et déclarant agir au nom de la résistance indépendantiste ukrainienne.
Chacun de ces groupes spéciaux était dirigé par un homme également responsable de la discipline interne. Un groupe subversif comptait dans ses rangs de 3 et 50 hommes selon la destination et la nécessité opérationnelle de l'unité.
Ces groupes spéciaux ont effectué des missions de surveillance sur les personnes suspectées de soutien à la résistance, opéré des arrestations et mené des interrogatoires pour obtenir des informations sur les dirigeants de l'OUN. Les groupes spéciaux ont aussi essayé de convaincre les résistants capturés de faire des aveux et d'obtenir des renseignements sur les actions en cours de réalisation, prévues ou planifiées.
A la fin de 1945, les organes de la Sécurité d'Etat et des Affaires intérieures ont employé 1800 individus répartis dans 150 groupes spéciaux. Comme il n'existe pas de statistiques générales sur les activités du Ministère des Affaires intérieures et du MGB, les documents sont dispersés au sein des archives d'Etat.
A titre d'exemple, au 1er juillet 1945, les archives révèlent que ces groupes spéciaux avaient éliminé 1980 résistants indépendantistes, en avaient capturé vivant 1142 et avaient saisi plus d'un millier d'armes. Les archives montrent également l'illégalité des activités de ces groupes spéciaux dont bon nombre de membres se sont livrés à des vols, à des viols, à la torture et à des meurtres gratuits.
Les cas flagrants de violation de la " légalité socialiste " au cours des activités de ces groupes spéciaux du MGB sont confirmés par le procureur militaire du MIA Kocharsky dans son rapport N° 4 / 001345 daté du 19 février 1949 adressé à Nikita Khrouchtchev.
Entre autres cas décrits par le procureur militaire, et à titre d'exemple, le rapport souligne les graves blessures d'une femme du village de Pidvysotske, conséquences du passage à tabac suivi du viol de celle-ci par les membres d'un groupe spécial.
Des archives sur les troïki, il ressort qu'en 1937 et 1938, 200 000 personnes ont été condamnées dont 120 000 exécutées sur simple décision d 'une troïka.
Le SBU dispose désormais d'un document dont on sait qu'il fut connu de Khrouchtchev et montrant que des actes criminels, viols, assassinats individuels et de masse contre les populations d'Ukraine occidentale imputés à l'OUN ont été l'uvre des agents du MGB soviétique. Déguisés en résistants revêtus de l'uniforme de l'UPA, un des objectif de ces individus, outre de propager la terreur, était de salir les combattants indépendantistes auprès des populations. Le mensonge se perpétue aujourd'hui à propos du commandant en chef de l'UPA, Roman Choukhevytch, et de ses hommes, mensonge toujours attisé et instrumentalisé par la Russie redevenue totalitaire.
Un des objectifs actuels du SBU est de rendre publics et accessibles, autant que possible, les documents concernant la période soviétique de 1917 à 1991.
La volonté d'ouverture et de transparence du SBU tranche avec la fermeture des archives du FSB et des autres institutions dans la Russie de Poutine.
A ce sujet, l'Institut de la Mémoire nationale a adressé une lettre au président Youchtchenko lui demandant de chercher à obtenir de la Russie la déclassification des archives du KGB de l'époque de la Seconde guerre mondiale, en particulier sur les activités de l'OUN et de l'UPA ainsi que sur celles relatives au pseudo-groupe " Bandera " de soutien du NKVD, afin de mettre un terme au mensonge sur le mouvement de libération nationale.
L'Institut insiste sur le fait que " les historiens russes et ukrainiens, sur la base de faits irréfutables, doivent enfin être en mesure de tourner la page sur cette question " et qu'il est opportun de publier des noms, des faits et des témoignages liés à ces évenements.
La lettre demande aussi une loi " Sur le mouvement ukrainien de libération des années 1920-1950 ", un statut de protection sociale de ses participants et la pénalisation des insultes à la résistance des combattants indépendantistes. La nécessité de créer des programmes éducatifs débarrassés des mensonges soviétiques et de mettre un terme à l'ignorance des médias comme pratique professionnelle ont été évoquées par l'Institut de la Mémoire nationale comme un moyen de mettre fin à l'intolérance dans la société.
Par ailleurs, un député du Bloc Youlia Timochenko a affirmé que la nouvelle Rada aurait la volonté politique de reconnaître l'UPA.
Des cérémonies ont marqué le 65e anniversaire de la création officielle de l'UPA le 14 octobre dernier en Ukraine. Cet anniversaire a aussi été marqué par une allocution du président Poutine déclarant son opposition à toute tentative de " blanchir les membres de l'OUN et de l'UPA " mais passant sous silence les responsabilités russo-soviétiques du Holodomor, la famine génocide de 1932-1933 que la Russie continue de nier 75 ans après.
D'après Prava Ludiny