1933, l'année noire de Volodymyr Maniak et Lidia Kovalenko (Ed. Albin Michel).
La mémoire d'un massacre oublié. Durant l'hiver 1933, plusieurs millions d'habitants des campagnes ukrainiennes sont morts de faim, alors même que les greniers à grain des kolkhozes étaient pleins. La nourriture a été confisquée jusque dans chaque famille dans le but prémédité de faire mourir une bonne partie de la paysannerie indocile. Longtemps, le régime soviétique a fait régner le silence sur ce crime de masse. En 1991, un couple de journalistes ukrainiens a rassemblé les témoignages des derniers survivants de cette tragédie. Leur livre, capital pour restaurer la mémoire de cette terrible famine, paraît aujourd'hui en France sous le titre: 1933, l'année noire de Volodymyr Maniak et Lidia Kovalenko (Ed. Albin Michel).
Paru le: mercredi 22/11/2000
Terrible hiver 1933: en quelques mois, 4 à 6 millions d'habitants d'Ukraine, du Kouban et du Nord-Caucase sont morts de faim. On sait aujourd'hui que cette pénurie alimentaire a été artificiellement provoquée. Au motif officiel que les campagnes devaient nourrir les villes, des brigades d'"activistes" sont venues confisquer le moindre grain de blé, la moindre betterave. Des soldats ont pris position autour des champs avec ordre de tirer sur ceux qui viendraient voler une poignée d'épis.
En quelques semaines, une vaste région dont l'agriculture avait fait la richesse s'est trouvée peuplée de cadavres au ventre enflé. Pour subsister, les survivants en ont été réduits à manger des chats, des chiens, des moineaux, des écorces ou des racines. Certains se sont nourris de cadavres. Des parents ont mangé leurs enfants. Lorsque la situation est lentement revenue à la normale, au printemps 1933, plus rien n'était comme avant : des familles entières avaient disparu, des villages étaient rayés de la carte.
A l'époque, pourtant, peu de choses ont été sues de ce drame collectif. Ce n'est qu'à la fin des années 80 que des historiens ont commencé à reconstituer les faits. Parmi ceux qui ont contribué à les faire savoir figure un couple de journalistes ukrainiens. A partir de 1987, Volodymyr Maniak et Lidia Kovalenko ont entrepris de recueillir des récits de survivants. Ces témoignages venus de toute l'Ukraine ont donné un visage aux millions de morts anonymes de la famine. La traduction de ces témoignages paraît aujourd'hui en France (1)
Les historiens sont partagés sur les raisons de la famine
Tout de suite, il faut exprimer un regret: les noms de ces deux journalistes ne sont qu'à peine mentionnés dans un court avant-propos de l'éditeur. Ils ne figurent pas sur la couverture du livre. Il y a là une injustice vis-à-vis de ce couple qui a dû faire preuve de beaucoup d'obstination et de courage pour rassembler les bribes d'une vérité que le régime voulait taire.
Ceci posé, la publication de ces témoignages marque tout de même une étape capitale dans la reconnaissance en France de la tragédie ukrainienne de l'hiver 1933. Jusqu'ici, bien peu d'ouvrages abordaient le sujet. Les témoignages recueillis par Volodymyr Maniak et Lidia Kovalenko aident à se représenter ce que fut l'agonie par la faim, sur l'une des plus riches terres agricoles d'Europe, au long des deux hivers 1932 et 1933. Mais ils sont loin de répondre à toutes les questions.
La première qui se pose est bien évidemment : Pourquoi ? La réponse fait l'objet d'une intense querelle entre historiens. Georges Sokoloff, qui signe la préface de 1933, l'année noire, passe en revue les différentes explications. Et il estime, pour conclure, que la famine fut "le paroxysme d'une longue crise opposant le groupe stalinien à l'ensemble du monde paysan".
La famine organisée aurait alors été un des effets de la politique de collectivisation des terres, touchant aussi bien l'Ukraine que plusieurs régions céréalières riches de Russie. Les réquisitions forcées de nourriture auraient été, pour Staline, un moyens de punir, voire d'éliminer, la classe de petits propriétaires terriens (les koulaks).
D'autres historiens, dont beaucoup sont américains, défendent une autre approche. Ils estiment que la famine organisée fut plutôt une façon d'éradiquer le sentiment national ukrainien. "Staline a regretté d'avoir laissé la bride sur le cou aux Ukrainiens, entre 1921 et 1929, ce qui avait permis une grande floraison culturelle et renforcé le sentiment d'autonomie. Trois réquisitions de nourriture successives ont alors été décidées sciemment pour pousser à l'extrême la situation et en finir avec le problème de la nation ukrainienne", argumente Daniel Beauvois, historien (2).
Cette controverse est loin d'être anodine. Dans le second cas, en effet, elle permet de qualifier la famine de 1933 de "génocide ". Ce crime prendrait place dans une politique durable de Moscou pour étouffer les nationalismes à sa périphérie. Dans l'autre cas, cette famine n'est qu'un "simple" avatar des répressions staliniennes.
A l'époque, la famine est passée quasiment inaperçue
Risquons une remarque : les deux explications ne sont pas forcément contradictoires. Il était possible, à l'époque, d'être à la fois hostile à la collectivisation des terres et à la loi de Moscou. C'était même le cas de nombreux paysans ukrainiens, attachés à la petite propriété, héritant d'une tradition de paysans libres.
Seconde question qui se pose à propos de cette famine organisée : comment se fait-il qu'elle ait pu passer, à l'époque, quasiment inaperçue ? Les journaux américains de l'époque y ont bien consacré quelques reportages. Cela n'a pas empêché les Américains d'accepter, en 1933, l'URSS au sein de la Société des nations. La même année, le français Edouard Herriot, ancien président du Conseil, faisait un voyage en URSS. Il passait cinq jours en Ukraine. Sur place, il visitait un kolkhoze modèle et revenait en assurant que les allégations sur la famine étaient des calomnies.
Usant de la censure et de la dénégation, le régime stalinien a caché cette famine à son peuple comme aux étrangers. L'aveuglement des puissances de l'époque a été renforcé par le fait que tous les regards, en cette année noire de 1933, étaient surtout tournés vers l'Allemagne o&Mac249; Adolph Hitler prenait le pouvoir. Alarmés par la montée des périls en Europe, beaucoup n'ont donc pas voulu voir le drame qui se déroulait à la frontière orientale de l'Europe.
Présidente de l'association Ukraine 33, basée à Lyon, elle-même fille d'Ukrainiens, Génia Cuzin s'efforce de faire davantage connaître aux Français l'histoire de la famine. " Il me semble que c'est important, explique-t-elle. Ce combat est celui du droit à notre mémoire. Mais il ne concerne pas que les Ukrainiens. La faim, c'est une arme politique dans la main de tyrans. Je pense que si l'on avait un peu plus stigmatisé la grande famine ukrainienne de 1933, des dictateurs africains n'auraient pas osé, plus tard, utiliser les mêmes méthodes."
Al. G.
(1) 1933, l'année noire, Ed. Albin Michel, 494 p., 150 F, 22,87 E.
(2) Auteur de La Bataille de la terre en Ukraine, Presses universitaires de Lille, 1993.
"Mes parents ont sillonné le pays durant trois ans"
Dépositaire du travail de ses parents, Anton Maniak se souvient des conditions dans lesquelles ils ont recueilli ces témoignages. Interview : Anton Maniak. Agé de 33 ans, juriste, il est le fils unique des journalistes Volodymyr Maniak et Lidia Kovalenko.
Paru le: mercredi 22/11/2000
Quand vos parents ont-ils entrepris de recueillir des témoignages sur la famine de 1933 ?
Anton Maniak : Ce livre a été fait sur une idée de mon père. Il avait auparavant fait un autre livre, intitulé Les Villages brûlés, qui contenait des témoignages sur les destructions pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce livre avait eu beaucoup de succès au temps de l'Union soviétique. Pour le faire, mon père avait voyagé à travers toute l'Ukraine. C'est à cette occasion que de nombreuses personnes lui ont parlé des ravages causés par la famine de 1933. Il a alors commencé à engranger des témoignages. Mais quand il a voulu faire un nouveau livre sur ce sujet, aucun éditeur n'a accepté de le financer. On était alors à l'époque de la perestroïka, mais cela n'a visiblement pas suffi pour qu'un éditeur prenne ce risque. Alors, mon père et ma mère se sont lancés tout seuls dans ce travail.
Comment ont-ils procédé ?
Avec la vieille voiture de mon père, mes parents ont sillonné toute l'Ukraine durant trois ans. Ils ne faisaient plus que cela. Ils rendaient visite à des témoins. Ils ont aussi lancé des appels dans les journaux. Ils ont reçu plus de 5 000 réponses : des récits manuscrits qui arrivaient de partout, au point qu'il leur a été impossible de tout publier.
En 1990, une éditeur de Kiev, l'Ecrivain soviétique, a accepté de publier le livre. Ils ont alors travaillé très vite pour remettre un manuscrit. Mais le livre n'est pas sorti. L'éditeur téléphonait sans cesse pour demander que des coupes soient faites. Mes parents ne voulaient pas. Le texte est resté plus d'un an chez l'éditeur sans que rien ne se passe. Je me souviens que mon père était à bout de nerfs.
Mais le livre a quand même fini par paraître ?
En 1991, il y a eu le putsh. Puis le Parlement ukrainien a voté l'indépendance et c'est seulement à ce moment-là que le livre est sorti, quasi immédiatement. Il a été très bien accueilli dans le milieu des Ukrainiens convaincus. Un peu plus tard, il a obtenu le prix Taras-Chevtchenko (la plus haute distinction littéraire ukrainienne). Mais mes parents étaient déjà morts. En fait, ils ont vécu très peu de temps après la sortie du livre.
Certains ont dit que leur mort n'était pas accidentelle, mais qu'il aurait pu s'agir d'une vengeance du KGB. Accordez-vous du crédit à ces rumeurs ?
Mes parents se trouvaient à bord d'un petit autobus qui a été renversé par un camion. L'accident a fait onze morts. Mon père a été tué sur le coup. Ma mère est morte trois mois après, des suites de ses blessures. C'est vrai qu'à l'époque beaucoup de gens m'ont dit qu'il s'agissait d'un meurtre, que l'accident avait été planifié. Moi, je n'en sais rien. A supposer que quelqu'un ait fait cela, il faudrait qu'il soit maladivement cruel... A mon avis, il s'agit plutôt d'un malheureux accident.
Recueillis par Alain GUILLEMOLES
Retour sur l'Ukraine. Les Ukrainiens s'estiment victimes d'un "génocide". Soixante-dix ans après la famine artificielle qui a tué de quatre à six millions de paysans ukrainiens en 1933, sous Staline, leurs descendants redécouvrent ce drame occulté. KIEV (Ukraine), reportage de notre envoyé spécial.>
Paru le: samedi 15/11/2003
C'est un monument ambitieux. Il tient à la fois de Yad Vashem, le musée de l'Holocauste des juifs à Jérusalem, et de l'université d'Oxford. Il doit abriter un monument, un musée, un institut d'études et un centre de conférences. Le futur mémorial de la Grande Famine qui sera érigé à Kiev, en Ukraine, commémorera la mort de millions de paysans dans des conditions atroces, durant l'année 1933, il y a soixante-dix ans (1).
Cette année-là, des "commissions de réquisition" ont sillonné les campagnes ukrainiennes pour saisir les récoltes. Des soldats ont entouré les champs de betteraves où la production a pourri sans être ramassée, tandis qu'ils avaient ordre de tirer à vue sur tous ceux qui tenteraient de voler le moindre légume. Entre quatre et six millions d'Ukrainiens sont morts de faim dans des villages devenus fantômes, ou sur les trottoirs des grandes villes où les paysans affamés cherchaient à se réfugier, défiant l'interdiction de voyager.
Pour évoquer ce drame, les Ukrainiens parlent du Holodomor, littéralement la "famine-génocide". Le parlement ukrainien a donc voté, en mars dernier, la construction d'un vaste musée-mémorial à Kiev. Les plans sont prêts, mais les travaux n'ont pas commencé, à cause d'un désaccord sur l'emplacement. Les députés voudraient que le monument s'élève en plein coeur de la capitale ukrainienne. Mais le gouvernement propose un terrain situé en bordure du Dniepr, dans un endroit moins accessible. La controverse suffit à bloquer le projet.
Cette querelle illustre bien la difficulté qu'ont encore les Ukrainiens à regarder leur passé en face. Et la question de la Grande Famine est bien la plus polémique de toutes. Car elle met en jeu les rapports avec la Russie, pays avec lequel les relations sont compliquées. De plus, en Ukraine, coexistent les enfants des victimes et ceux des bourreaux ; beaucoup de familles se souviennent d'avoir eu des morts, tandis que les anciens communistes sont restés nombreux au pouvoir.
"Ici, beaucoup de gens ne veulent pas entendre parler de la Famine. Ils ne veulent pas savoir. C'est pour cela que l'Ukraine a tant de mal à rompre avec le totalitarisme. Parce que la mémoire est ruinée", constate, un peu amer, l'historien Arsen Zinchinko, spécialiste du sujet et qui ne trouve pas d'éditeur, en Ukraine, pour son dernier livre.
Deux visions du Holodomor continuent en fait de s'opposer. D'un côté, les communistes nient toujours le caractère organisé de la Grande Famine. Lors d'un débat au parlement ukrainien, en avril dernier, leur leader, Petro Simonenko (20 % des voix lors des dernières législatives), a ainsi blâmé les mauvaises récoltes et les conditions météorologiques pour expliquer la mort "accidentelle" de quelques millions de paysans.
A l'opposée, les nationalistes ukrainiens estiment qu'en tuant massivement les paysans par la faim et en déportant les intellectuels et les prêtres, Moscou à voulu barrer la route à toute tentative d'émancipation de l'Ukraine et mettre fin au renouveau culturel des années 1920. "Les paysans ukrainiens étaient les plus porteurs de la culture nationale", insiste Lev Loukianenko, député et ancien dissident qui a passé vingt-sept ans au goulag pour fait d'"agitation antisoviétique".
A l'écart de ce combat très politique, mais dans une atmosphère tout aussi conflictuelle, une nouvelle génération d'historiens ukrainiens s'empare du sujet. De nombreux témoignages de victimes ont été publiés, si bien que plus aucun spécialiste ne doute, aujourd'hui, que cette famine ait été artificiellement provoquée. Le débat est vif, en revanche, entre ceux pour qui elle fut un des avatars des répressions staliniennes, et ceux qui veulent la singulariser comme une tentative de génocide. Et ce débat est alimenté par le fait qu'une bonne partie des archives officielles demeurent toujours inaccessibles.
Qui, en effet, a ordonné ces réquisitions de nourriture ? Quels ont été les exécutants ? Comment un tel crime de masse a été rendu possible ? Il est encore difficile de répondre à ces questions. "Le premier secrétaire du Parti communiste ukrainien recevait des ordres de Moscou par des décrets secrets. Ces décrets étaient transmis par un messager. Le premier secrétaire lisait le décret en sa présence, signait un reçu, puis le texte repartait vers Moscou", indique l'historien Serguei Bilokin.
L'accès aux archives est encore largement entravé
Une bonne partie des archives les plus précieuses sont donc à Moscou, où elles ne sont pas accessibles. Selon lui, "seulement 7 à 8 % des archives du KGB ont été déclassifiées". Mais il précise qu'il s'agit d'une estimation, car "on ne sait même pas quelle est la taille des archives complètes".
Sergei Bilokin fut l'un des premiers, dès 1991, à tenter d'explorer les archives restées en Ukraine et aujourd'hui conservées par le SBU (le service de sécurité ukrainien). L'un des dossiers qu'il a alors découvert était celui de son grand-père, prêtre, mort en prison à Kharkov en 1944. Après la publication de son premier livre, il s'est vu interdire durant neuf ans l'accès aux archives du SBU. "C'était fait de façon subtile. Pour pouvoir accéder aux archives, il faut téléphoner la veille. Or, chaque fois, on me disait: Il n'y a pas de dossier pour vous demain..." Le chercheur raconte que personne, aux archives du SBU, n'est autorisé à choisir les dossiers sur lesquels il peut travailler. "Ce sont les archivistes qui choisissent ce qu'ils nous donnent..."
Malgré ces entraves, la recherche sur le Holodomor avance. Elle dessine lentement l'image d'une guerre de Staline contre le monde paysan, émaillée de jacqueries et de massacres, qui s'est étalée sur plus de dix ans, en Ukraine et dans le sud du Caucase, avant de se conclure par la Grande Famine de 1933. Douze ans après l'indépendance de l'Ukraine, les enfants et petits-enfants des victimes, qui redécouvrent ce drame, demandent qu'il soit davantage connu et reconnu.
C'est ainsi que le parlement ukrainien a également voté, en avril dernier, une résolution adressée à l'ONU, demandant que la Grande Famine soit reconnue comme un génocide. S'il y a peu de chances que l'ONU réponde favorablement (à cause de l'opposition de la Russie), les parlements canadiens et belges ont déjà approuvé une résolution en ce sens. Cette demande est soutenue par l'importante diaspora ukrainienne aux Etats-Unis, qui a oeuvré pour cette reconnaissance dès les années 1980. Sous l'administration Reagan, l'historien James Mace a ainsi dirigé une commission du Congrès américain sur la Grande Famine.
Ce chercheur vit aujourd'hui en Ukraine, où il est enseignant. Et il estime qu'il est "important, pour l'Ukraine, que l'on comprenne mieux à l'extérieur ce qu'elle a vécu". Pour lui, "l'Ukraine est une société d'après un génocide et tout sentiment identitaire a été chassé de larges segments de la société : il faut faire comprendre que ce pays a été beaucoup plus touché par le communisme et que la convalescence sera plus longue".
Alain GUILLEMOLES
(1) Les Ukrainiens de France célèbrent les 70 ans de la famine par un colloque à la Sorbonne, le 21 novembre, et une liturgie à Notre-Dame de Paris, dimanche 23 à 15 heures, célébrée par le cardinal Lustiger en présence du choeur Saint-Vladimir.
Cette année-là. 1933, année noire.
De quatre à six millions de paysans ukrainiens meurent de faim au cours de l'année 1933. Cette famine a été artificiellement provoquée par la réquisition forcée des récoltes. Dans les campagnes, des brigades d'activistes visitent chaque maison. Ils saisissent les réserves et les semences, sondent même les murs pour ramasser le moindre grain de blé qu'ils emportent sur des camions surmontés du drapeau rouge, et du slogan "L'Ukraine donne son pain à sa patrie". Au cours de l'hiver 1933, tandis que l'URSS continue d'exporter du blé, cette région traditionnellement fertile se peuple de cadavres au ventre enflé. Les survivants mangent les oiseaux, les chats, les racines. Il se produit des cas d'anthropophagie. Ces réquisitions se font sur ordre de Staline qui fait la guerre aux paysans, auxquels il reproche de refuser la collectivisation des terres et d'être habités par des sentiments nationalistes.