L'Union européenne autorise les quantités pas rondes, ce qui va embrouiller les consommateurs
Evidemment Libération fait un article pour démontrer que l'Union européenne est sous la coupe des industriels
mais il oublie
comme des millions d'Européens de voir que l'Union européenne est une dictature car, contre cette décision imposée, quel moyen de recours. Aucun, c'est le pouvoir absolu de la Commission européenne.
Jean Quatremer révèle qu'en fait Cette directive de «déréglementation», comme elle le proclame elle-même dans ses «considérants», a été proposée par la Commission alors dirigée par Romano Prodi, le 25 octobre 2004, Prodi, un politicien de gauche. Le chef de la coalition de l'Olivier qui a perdu nettement les dernières élections italiennes serait donc au service des industriels quand il a imposé ce loi inique!
Bruxelles fomente lanarchie dans les rayons
Consommation. Sous pression des industriels, lUE libéralise la taille des boîtes de biscuits et autres pots de yaourts.
Libération, 27/04/2009 à 06h51 , Bruxelles (UE), de notre correspondant Jean Quatremer
http://www.liberation.fr/economie/0101564175-bruxelles-fomente-l-anarchie-dans-les-rayons
Faire ses courses va devenir un vrai casse-tête. Les plaquettes de beurre de 230 ou de 126,5 grammes, les conserves de petits pois de 320 ou 624 g, les tubes de dentifrice de 84 ou 135 millilitres, cest pour bientôt. Une directive communautaire, entrée en vigueur le 11 avril, donne, en effet, la liberté totale aux industriels de vendre leurs produits dans la quantité quils jugeront la plus adéquate. Fini le paquet de café ou de riz aux rassurantes normes européennes de 250 ou 500 g. Il paraît que cest pour «satisfaire les consommateurs qui demandent des paquets plus adaptés à leurs besoins», comme le martèle Ton Van Lierop, le porte-parole du commissaire européen à lIndustrie, Günter Verheugen. On peut avoir un gros doute : ne sagit-il pas plutôt de rendre plus difficile toute comparaison de prix entre les produits, voire de permettre aux industriels de diminuer subrepticement la quantité par emballage sans baisser les prix ? Quinze grammes par ci, cinq centilitres par là, cela finit par faire de gros bénéfices
Liberté totale. Cette directive de «déréglementation», comme elle le proclame elle-même dans ses «considérants», a été proposée par la Commission alors dirigée par Romano Prodi, le 25 octobre 2004, et a été adoptée définitivement le 5 septembre 2007. A la veille des élections européennes du 7 juin, les milieux eurosceptiques, en quête dune nouvelle «directive Bolkestein» - surnom de la «directive service» qui a donné des ailes au non lors du référendum sur le traité constitutionnel européen -, se demandent sils ne tiennent pas là une nouvelle illustration de «lultralibéralisme» de lUnion. Il faut dire que, coïncidence heureuse, cette directive a été proposée par
le Néerlandais Frits Bolkestein, le commissaire chargé du Marché intérieur, pour qui «régulation» était un gros mot. «Cest la même logique que la directive service, celle de labandon de toute harmonisation», reconnaît Jacques Toubon, le député (UMP) qui a été le rapporteur de ce texte devant le Parlement européen.
Mais, à la différence des services, lharmonisation des emballages a été réalisée dès 1975 pour les liquides, et en 1980 pour une bonne partie des autres produits. A lépoque, il sagissait de faire sauter les obstacles à la libre circulation des marchandises : si un pays exigeait quune boîte de petits pois pèse 250 ou 500 g, il sopposait à ce que des boîtes de 225 ou 515 g pénètrent sur son territoire. Ce qui obligeait les industriels à avoir des lignes de production adaptées à chaque pays. Les Etats membres ont donc décidé dharmoniser leurs normes.
Les directives de lépoque soulignaient également quil sagissait de protéger les consommateurs contre les pratiques abusives : «Il convient de réduire, autant que possible pour un produit donné, les quantités trop voisines qui risquent dinduire en erreur le consommateur, en vue notamment de permettre une meilleure transparence du marché», souligne ainsi le texte de 1980.
Mais en 2004, les temps ont changé. Bruxelles est fustigée pour son intrusion dans les moindres détails de la vie quotidienne. Les eurosceptiques brocardent les directives sur la courbure du concombre ou la taille des tubes de dentifrice. Ça tombe bien, la mode est à la déréglementation. La Commission européenne décide donc de prendre les eurosceptiques au mot, et de redonner une liberté totale aux industriels qui la réclame. Mais, sans doute gênée aux entournures, la Commission affirme que ce sont les consommateurs qui demandent cette réforme pour disposer de plus de souplesse dans les emballages. Pourtant, la directive de 1980 nest pas particulièrement brimante et donne déjà une large souplesse aux fabricants. Souplesse qui nest pas beaucoup utilisée. Par exemple, les tubes de dentifrice font tous 75 ml, alors quil est possible de fabriquer des tubes de 25, 50, 75 ou 100 ml
Affichage. Surtout, un sondage Eurobaromètre de 2001 montre que 73 % des Européens souhaitent davantage de standardisation. Mais rien ne peut arrêter le train de la déréglementation. Dautant que les associations de consommateurs ne se mobilisent pas sur le sujet : «On a des moyens limités et on doit choisir nos sujets», se justifie-t-on au Beuc (le Bureau européen des unions de consommateurs). «Les Etats du "Club Med", cest-à-dire la France, lEspagne, le Portugal, lItalie et la Grèce, étaient opposés à cette réforme», raconte ironiquement un diplomate français. «Comme dhabitude, les libéraux étaient au nord de lEurope. On formait une minorité de blocage au Conseil des ministres, mais une minorité fragile.» De fait, lItalie voulait seulement sauver lemballage des pâtes, lEspagne, celui du café, la France, celui des produits de première nécessité, etc. Bref, il a fallu négocier : «Les pressions étaient incroyablement fortes», se souvient un diplomate français.
Les Etats membres se sont donc entendus, en accord avec le Parlement, pour que la libéralisation nintervienne que le 11 avril. Elle ne sappliquera au lait, au beurre, aux pâtes et au café quà partir du 11 octobre 2012 et au sucre blanc à partir du 11 octobre 2013. Et le consommateur dans tout ça ? La Commission compte sur les Etats pour appliquer correctement une directive de 1998 prévoyant un affichage du prix au kilo ou au litre des produits, ce qui permettra de comparer les prix. Mais, pour linstant, seules la France et la Finlande ont rendu cet affichage obligatoire pour les petits commerces. Et dans les supermarchés, il faut vraiment avoir de bons yeux pour lire les étiquettes en très petits caractères
Manque de chance pour lUnion : cette libéralisation entre en vigueur au moment où la régulation fait un retour en force.