Philippe Barraud slogan trompeur et suicidaire de "Participer plutôt que subir"
Et si la Suisse osait le repli?
25 mars 2009 | Catégorie: suisse PHILIPPE BARRAUD, commentaires.com
et cest reparti: les attaques que subit notre pays ont redonné de lénergie aux europhiles, qui remettent la question de ladhésion à lUE sur la table. Disons-le tout net, cest bien le pire moment pour entrer en négociations. Si on examinait plutôt lopportunité dun repli stratégique intelligent?
Il y a bien sûr les allumés du NOMES (après tout cest leur boulot de rouler pour lUE), mais aussi un certain nombre de politiciens, et bien évidemment les médias. Le 25 mars, Le Temps y allait de son couplet: «La tentation du repli nationaliste grandit dangereusement alors que la raison devrait conduire à sinterroger froidement: est-il encore pertinent de défendre nos intérêts hors de lUnion européenne, sans alliés solides ni droit de veto, au prix dune souveraineté émasculée?»
La naïveté est parfois un défaut touchant. Dans un quotidien de référence, cest une faute impardonnable. Imagine-t-on, dans le contexte de crise actuel, à quel niveau se situerait le prix dentrée pour la Suisse? Notre pays est, comme jamais, mis sous pression par de véritables prédateurs: Allemagne, Royaume Uni, France, Etats-Unis. Loccasion serait trop belle, pour eux, dexiger que la Suisse renonce à leur profit à tout ce qui fait sa prospérité. Autrement dit, ils naccepteraient la candidature de la Suisse quà la condition quelle se dépouille complètement, et se présente devant eux en robe de bure assurée toutefois de devoir payer par la suite une cotisation maximale.
Après? En admettant que les Suisses aient commis la folie de voter pour ladhésion, croit-on vraiment que nous serions aussitôt entourés damis, comme sur Facebook, qui défendraient nos particularismes, nos législations fiscales, notre souveraineté? Dans la crise actuelle, le Luxembourg et lAutriche ont-ils trouvés des «alliés solides» dans lUnion européenne? Ont-ils pu exercer un quelconque droit de veto? Plaisanterie! Ils ont été forcés de plier, victimes dun chantage en bonne et due forme. Notre pays serait proprement dépouillé et dépecé, tout simplement parce quil serait beaucoup trop petit et trop faible, au milieu de lUnion, pour pouvoir défendre efficacement ses intérêts. La Suisse serait la 27e roue du char européen, ce qui nest pas une position particulièrement stratégique.
Evacuons donc loption de ladhésion, dautant plus énergiquement que, nous en sommes certain, les Suisses dans leur grande majorité nentendent pas liquider leur pays, ni le livrer à leurs chers voisins avides. Les citoyens sont moralement beaucoup solides que leurs leaders politiques et dopinion, apeurés comme des lapins dès que quelque ministre caricatural élève la voix.
Que faire alors? Lidée de repli a ceci de particulier quelle est systématiquement diabolisée, alors que personne nen a jamais exploré sérieusement les conditions et les conséquences possibles. Puisquon nous ressasse quil faut être «ouverts», soyons-le aussi à légard dhypothèses qui vont à contre-courant du néoconformisme ambiant, posons-les sur la table, examinons-en le coût et les conséquences. Pourquoi pas un certain niveau de repli, cest-à-dire, en clair, le courage de dire non? Pourquoi ne pas imaginer les contours dune sorte de «Réduit» modèle 2010? Nous sommes un certain nombre à penser quune telle attitude, ferme et résolue, inspirerait davantage le respect à ceux qui nous attaquent, quune débandade sans honneur au premier coup de canon verbal.i
Commentaire de Marie-France Oberson le 25 mars 2009 à 15:35
Vous avez du courage Monsieur Barraud doser parler ainsi à contre-courant.
Je ne comprends guère ces europhiles et leur peu damour-propre.
Dans le fond le ministre allemand a raison de dire que les Suisses se sauvent comme les indiens devant la cavalerie: la démission de nos maîtres à penser ninspire que le mépris.
Vous mexcuserez ce rappel qui risque de mattirer les foudre de la bienpensance, mais le discours de ces europhiles est exactement celui que tenaient, en 1940, les vaincus du nazisme: dans le fond, nous sommes en mauvaise posture, alors autant collaborer. Malheureusement, nous navons plus de grands hommes comme à cette époque. Et lorsque nous en avons un qui pourrait faire laffaire, on léjecte
Commentaire de Bernard Erlicz le 25 mars 2009 à 15:41
Très bien dit, Monsieur Barraud!
Nos europhiles sont bien naïfs de croire que lappartenance à lUE nous protègerait:
Les pays nont pas damis, ils nont que des intérêts.
Si cest dans lintérêt dun pays den aider un autre, ou de lenfoncer, ce nest pas un traité, existant ou pas, qui va lempêcher de le faire.
Et comme par hasard, on nembête que les petits pays, pas les gros! Étonnant non?
Lorsque lAutriche, membre de lUE, a associé à son gouvernement un parti d extrême droite, les autres lont boycotté et traité comme un paria
Quelques temps plus tard, lItalie faisait de même
silence radio!
Et lorsquon voit comme la démocratie est bafouée dans lUE (votations en France et en Hollande pour la Constitution et le mini-traité p.ex.), ça ne donne pas vraiment envie den faire partie
Si la réponse du peuple ne plait pas, on ne lui soumet tout simplement plus la question, et les élites décident à sa place
Une démocratie sans le peuple en somme.
Mieux vaut être seul que mal accompagné!