Richard Werly, pond un article tout à fait conforme. Que 500 personnes, au maximum, décide du sort de 500 millions, ne le choque. Ce faux démocrate, ignore le caractère anti-démocrate habituel de l'Union européenne, de plus en plus soviétique, pour louer ce sauvetage par une oligarchie socialo-marxiste!
Avec évidemment, une rappel sur "la page des années noires des non français et néerlandais au projet constitutionnel", en référence à la déclaration de Jean-Pascal Delamuraz, qualifiant de "dimanche noir" le refus de l'adhésion par le peuple suisse, le 12 décembre 1992. Le chaos et la misère promise par la gauche et les radicaux-pastèques s'est révélée être un énorme mensonge. 15 ans, la Suisse se porte bien et en plus, bien mieux que si elle avait adhéré. [NDLR]
Une Europe révisée verra le jour en 2009
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La satisfaction des deux Portugais: le président de la Commission José Manuel Barroso (marxiste) et le premier ministre José Socrates (socialiste) Photo: Keystone SOMMET. L'accord à Lisbonne sur un nouveau traité a tourné la page des années noires des non français et néerlandais au projet constitutionnel. |
Le Temps, Richard Werly, envoyé spécial à Lisbonne Samedi 20 octobre 2007
Le Britannique Tony Blair? Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker? Le Polonais Aleksander Kwasniewski? La bataille pour le futur président du Conseil européen a commencé à Lisbonne. A peine tombés d'accord sur le texte du futur traité européen, destiné à adapter les institutions de l'Union à son élargissement à 27 survenu en 2004, les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont entamé en coulisses leur prochaine partie d'échecs communautaire.
La nomination de ce futur président «stable» du Conseil (représentant les pays membres) élu pour deux ans et demi à partir du 1er janvier 2009, sera en effet l'un des actes les plus symboliques de l'UE rénovée. Avec le futur haut représentant de l'UE pour la politique extérieure - qui dirigera, à partir de 2009, les services diplomatiques de la Commission - l'intéressé(e) incarnera l'Union.
Comité de sages
Le choix des personnalités sera donc le pendant incontournable de la nouvelle architecture institutionnelle, qui crée ces postes rivaux à côté du président de la Commission: «Nous n'avons pas le droit de ne pas choisir les meilleurs», a lancé le président Nicolas Sarkozy. Lequel a obtenu la création, lors du prochain sommet européen à Bruxelles, les 13 et 14 décembre, d'un comité de 12 sages pour réfléchir à l'avenir de l'UE.
Exit le casse-tête institutionnel né du rejet de la défunte Constitution par la France et les Pays-Bas en 2005. Grâce à d'ultimes concessions faites à l'Italie (un eurodéputé de plus) et à l'incontournable Pologne (confirmation d'un mécanisme de report des décisions prises à la majorité après 2017), les Vingt-Sept ont comme prévu révisé leur Union, sous la présidence du Portugal. La signature officielle du traité interviendra le 13 décembre, juste avant le prochain sommet. Sa ratification, essentiellement parlementaire à l'exception de l'Irlande obligée de convoquer un référendum, aura lieu en 2008.
L'acquis principal du texte est qu'il soumet une quarantaine de nouveaux domaines, notamment celui de justice-police, à la règle de la majorité, facilitant donc la prise de décision. Même si, au sein du Conseil européen, la recherche de l'unanimité demeurera une règle: «On ne va pas changer notre culture, juge un porte-parole. L'UE restera une machine à fabriquer du consensus.» Une Europe à deux vitesses se profile aussi, puisque le Royaume-Uni et la Pologne ont obtenu comme prévu d'être exemptés de la future charte des droits fondamentaux, qui liera juridiquement les Vingt-Sept.
Victoire? «Nous avons réalisé le maximum en matière d'intégration et de coopération», commentait à Lisbonne le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer. Idem pour un diplomate: «Ce sommet est, après la confrontation avec la Pologne et le Royaume-Uni à Bruxelles en juin, le premier à confirmer une volonté commune d'aller de l'avant ensemble. C'est un énorme progrès après le traumatisme de la Constitution.»
A défaut d'incarner «l'histoire en marche» comme s'est félicité, un tantinet grandiloquent, le président de la Commission José Manuel Barroso, le résultat obtenu à Lisbonne correspond à la conscience qu'ont les Vingt-Sept du besoin d'Europe pour aborder les défis comme la mondialisation, l'énergie et la sécurité. Mais aussi à leur conviction que l'UE rénovée doit rester sous la surveillance des Etats membres, toujours aussi intransigeants sur leur souveraineté.
Traité mode d'emploi
Richard Werly
Le 13 décembre, au Portugal, les Vingt-Sept parapheront le «Traité modifiant le traité sur l'Union européenne et le traité instituant les communautés européennes». Une appellation guère «simplifiée» pour désigner un texte qui modifie les traités d'Amsterdam (1997) et de Nice (2001). Sa ratification dans les pays membres aura lieu dans la foulée, pour entrer en vigueur le 1erjanvier 2009. En sachant que les institutions remaniées prendront vraiment forme après les élections européennes de juin 2009. En lice: 750 sièges d'eurodéputés contre 785 actuellement.
L'impact du traité se découpera ensuite en trois temps.A partir de 2009, un président «stable» du Conseil européen (représentant des pays membres) élu pour deux ans et demi et un haut représentant pour la politique extérieure, vice-président de la Commission, entreront en fonction. Les domaines sur lesquels les décisions se prennent à la majorité (justice et police notamment) seront étendus.
A partir de 2014, la taille de la Commission sera ramenée de 27 à 18 membres. Un nouveau système de vote à la majorité qualifiée sera institué (55% des Etats, 65% de la population). Avec possibilité toutefois pour un pays de réclamer, jusqu'en 2017, le retour aux anciennes règles de vote.
A partir de 2017 enfin, tout est en place. Seule reste la possibilité pour les pays mis en minorité de retarder certains votes (le fameux compromis de Ioannina). Question qui fâche: si l'UE est d'ici là élargie, un nouveau traité ne sera-t-il pas à nouveau nécessaire?
Sarkozy: la dynamo
Richard Werly
Carton plein à Lisbonne pour le président français qui, malgré le côté très ardu du texte, parle toujours de «traité simplifié». «Nous l'avions imaginé, nous l'avions rêvé. Le voici réalisé», a répété Nicolas Sarkozy, campé dans son personnage de «débloqueur» en chef et de «dynamo» de l'UE. Symbole oblige: l'intéressé a promis de faire ratifier le texte au parlement d'ici à décembre. Exit, donc, le non de 2005.
Le rendez-vous crucial, pour l'hôte de l'Elysée, est toutefois le second semestre 2008 durant lequel la France assumera la dernière présidence tournante de l'UE, avant que la réforme des institutions entre en vigueur. Ayant toujours le goût des avant-postes, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il ferait d'ici là une tournée des 27 capitales. Objectif: réconcilier les Français avec cette Union remise en route.
Kaczynski: l'intransigeant
Richard Werly
A Bruxelles, en juin, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, Tony Blair et Jean-Claude Juncker avaient dû téléphoner à Varsovie à son premier ministre et frère jumeau, Jaroslaw, pour arracher un accord. Changement de décor à Lisbonne: Lech Kaczynski a mené seul la dernière charge polonaise et obtenu une ultime concession qui permettra à son pays, après 2017, de retarder une décision prise à la majorité. Il a aussi obtenu que la diminution annoncée du nombre d'eurodéputés polonais (quatre en moins) en 2009 ne soit pas officialisée. Pour bien montrer qu'il a joué les boucliers. Tout va dépendre, maintenant, du résultat des élections de ce dimanche en Pologne. Si le parti Droit et Justice de son frère Jaroslaw est battu, Lech Kaczynski - en fonction jusqu'en 2010 - pourra arguer de sa «stature» européenne pour justifier l'exercice de son droit de veto présidentiel.
Brown: le grand écart
Richard Werly
Le premier ministre britannique repart de Lisbonne avec des garanties négociées par son prédécesseur, et une obligation de ratification à haut risque. Le Royaume-Uni, en effet, n'a pas eu besoin de vociférer à Lisbonne. Tony Blair avait fait le travail à Bruxelles en juin: le Royaume-Uni - comme la Pologne - sera exempté de la future charte des droits fondamentaux de l'Union, juridiquement liée au traité. Londres bénéficie aussi d'un opt-out sur les décisions en matière de justice, police, immigration. Les fameuses «lignes rouges» n'ont donc pas été franchies.
Problème: comment faire accepter que ce texte, loin, c'est vrai, de la défunte Constitution, ne justifie pas le référendum promis par Tony Blair? De tous les leaders de l'UE, Gordon Brown, connu pour son euroscepticisme, est l'un des plus exposés. Le grand écart peut virer au piège.
Des hommes et des projets
Commentaire.
Richard Werly
Nouveaux rails? Ou nouveau train? L'adoption par les Vingt-Sept, à Lisbonne, du projet de traité européen, met l'Union - et donc ses membres - devant leurs responsabilités. Car au-delà des modifications statutaires, tout dépendra des hommes et des projets qui feront rouler la prochaine locomotive étoilée. Nicolas Sarkozy a lui-même admis le risque de «collision au sommet» entre le président de la Commission et le futur président élu du Conseil. Ses homologues savent aussi qu'en matière d'agenda, tout est sur la table: énergie, immigration, climat, croissance, euro. L'efficacité des institutions remaniées par le traité dépendra comme toujours de la délicate balance entre la détermination des uns et l'égoïsme des autres.
Les choix communautaires de cette fin d'année 2007, et surtout de 2008, seront de ce point de vue cruciaux. Après l'indispensable compromis institutionnel - imposé par les non français et néerlandais de 2005 - les nominations et autres propositions doivent se faire, elles, sur le seul critère de l'intérêt général des 450 millions d'Européens. La réforme de l'Union n'a de sens que si celle-ci avance.