Les proeuropéens mettent le doigt sur la cherté suisse
ADHESION. Le Nomes relance le débat en mettant en évidence la différence des prix à la consommation.
SUISSE Le Temps Stéphanie Germanier, Berne Jeudi 27 juillet 2006
Le Nouveau mouvement européen Suisse (Nomes) relance la discussion sur l'adhésion de la Suisse à l'Union européenne en tapant là où ça fait mal: au niveau du porte-monnaie.
Sous le slogan Euromarkt, les proeuropéens ont lancé mercredi une campagne qui vise à sensibiliser les Suisses aux prix élevés qu'ils paient pour les produits de consommation et les services, par rapport aux autres Européens. Une nouvelle tentative de séduction qui mise sur le fait que les Helvètes sont plus sensibles au prix du panier de la ménagère qu'aux grands débats idéologiques sur l'adhésion.
Un enjeu concret
«Après le rapport du Conseil fédéral sur l'Europe, nous avons estimé qu'il était préférable de réagir en nous focalisant sur un enjeu concret et proche des citoyens, les prix à la consommation, plutôt que de produire un contre-rapport. Bien sûr, cette campagne n'est qu'un premier pas avant de reparler d'adhésion de manière plus poussée et plus large», explique Nicolas Rion, secrétaire général du Nomes.
Intégration insuffisante
La demi-livre de pain 1,5 franc plus cher en Suisse qu'en Allemagne. Une différence qui se monte à plus de deux francs pour un tube de dentifrice. Le niveau élevé des prix suisses serait au moins à moitié dû à une intégration économique insuffisante de notre pays au sein de l'Union européenne, assure le Nomes. «Contrairement aux préjugés, l'adhésion est aussi bonne pour le porte-monnaie», continue-t-on du côté de l'organisation proeuropéenne. Car c'est non seulement le manque de concurrence sur le marché suisse qui gonflerait les prix à la consommation, mais aussi les entraves douanières, techniques ou réglementaires. Des entraves qu'une adhésion pourrait gommer, note le Nomes.
La Suisse demeure un îlot de cherté en Europe, quand bien même les salaires y sont élevés. «L'adhésion est le seul remède», conclut le mouvement, qui a mené sa propre recherche en Suisse et en Allemagne pour établir une comparaison des prix d'une dizaine de biens de consommation courants. Les enquêteurs ont rempli leur chariot auprès de deux distributeurs de même catégorie, la Coop en Suisse et Edeka en Allemagne, un pays fréquemment choisi comme référence dans ce genre d'étude.
Habillement aussi
Les conclusions sont sans appel (voir graphique). Et même pour les services, les Suisses dépensent plus qu'ils ne devraient. En matière de téléphonie mobile par exemple. Ils continuent de payer des surcoûts lorsqu'ils communiquent en se déplaçant à travers l'Europe. Une situation impensable pour nos voisins. La Suisse est également l'un des pays européens les plus chers en matière d'habillement. Seuls la Norvège et l'Islande font moins bien. Deux pays qui, coïncidence ou non, ne font pas non plus partie de l'Union européenne. Enfin, le prix des médicaments demeure toujours 20% plus cher que dans les pays voisins.
[NDLR] A quel taux sont-ils remboursés comme par exemple en France?