Six pays défendent le respect "sans discrimination" du pacte de stabilité

Le Temps I Dépêches 16.02.2004 - 12h10

LISBONNE (AFP) - Six chefs de gouvernement européens (Portugal, Espagne, Pologne, Italie, Estonie et Pays-Bas) appellent à l'application des règles du pacte de stabilité budgétaire "sans discrimination" dans une lettre commune, dont des extraits sont publiés lundi par l'agence de presse Lusa.

"Le Pacte de stabilité et de croissance est un élément essentiel de la gouvernance économique de notre Union économique et monétaire et une condition nécessaire pour la croissance économique soutenue que nous souhaitons tous", écrivent les auteurs de la lettre adressée à la présidence irlandaise de l'UE.

"Ses règles doivent être appliquées de manière conséquente et sur une base non discriminatoire", poursuivent-ils.

Les règles du pacte de stabilité de la zone euro limitent à 3% du PIB les déficits publics.

Cette lettre est publiée alors que les dirigeants français, allemand et britannique se réunissent mercredi à Berlin pour un sommet visant à donner une impulsion aux réformes économiques et sociales en Europe.

Cette initiative suscite des réserves de la part de certains pays. L'Italie, l'Espagne, la Pologne, les Pays-Bas ou le Portugal ont déjà exprimé leurs réticences.

Les chefs de gouvernement signataires souhaitent profiter des signes de reprise économique actuels pour "renforcer" la croissance "à travers la mise en place de réformes", et permettre ainsi d'atteindre, avant 2010, les objectifs arrêtés en mars 2000 à Lisbonne en matière notamment de croissance, de compétitivité et de recherche.

Pour ce faire, le Conseil européen du mois de mars "devra envoyer un message clair" de confiance dans la reprise économique. Ces responsables européens font des propositions concrètes en matière d'emploi en réclamant "davantage d'emplois de meilleure qualité".

"L'UE a besoin de marchés de l'emploi plus flexibles. Nous n'avons pas besoin de nouveaux mécanismes ou processus" supplémentaires, soulignent-ils.

Sur l'innovation et la recherche, les signataires de cette lettre défendent une utilisation "plus efficace" des investissements publics et la participation du secteur privé.

"La recherche doit se traduire par des produits et des services innovateurs, adaptés aux besoins d'une économie en plein essor", font-ils valoir.

Les promoteurs de cette initiative prônent également un équilibre entre les objectifs de la réglementation et l'impact sur la compétitivité, afin d'éviter des "fardeaux excessifs" sur les entreprises.

"La législation européenne devra être transposée de façon correcte et adaptée au droit national. Les Etats membres devront augmenter leurs efforts afin d'atteindre l'objectif défini à Barcelone, qui est de transposer à 98,5%" les règles européennes.

La conclusion des réseaux transeuropéens est une condition préalable pour "soutenir la compétitivité au sein d'une Europe élargie". Sur ce point il est important qu'un marché de services fonctionne correctement et fasse l'objet de "progrès substantiels".

Les promoteurs de cette initiative se prononcent également en faveur d'une révision de la stratégie de Lisbonne et proposent de faire le point dès 2005.

La lettre est signée par les chefs de gouvernement portugais José Manuel Duaro Barroso, espagnol José Maria Aznar, italien Silvio Berlusconi, estonien Juhan Parts, néerlandais Jan Peter Balkenende et polonais Leszek Miller.

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