Michel Collon "invite" Elisabeth Martens. Est-elle reliée à Ludo Martens, le stalinien belge qui défend l'horreur du régime soviétique, celle de Staline en particulier?
Cet "avis alternatif" défend les "bons communistes" chinois contre les méchants lamas, tous agents de la CIA, et agressant un petit pays de 1,3 milliards d'habitants. La mauvaise foi, un déni de la réalité des faits sous l'apparence d'une analyse objective:
1) « Y a-t-il lieu de parler dun « génocide culturel » au Tibet ? »
Encore une calomnie! La preuve, «En 50 ans, la population tibétaine a triplé grâce aux soins de santé et aux améliorations dans les domaines agricole, économique et autres.»
2) Le méchant, le fauteur de troubles, c'est le Dalaï Lama qui sert l'Occident pour combattre la bonne Chine communiste!
« Daprès le gouvernement chinois, cette lutte est poussée par la communauté en exil et soutenue par le discours ethnique que tient le Dalaï Lama. On ne peut nier quil existe des différences culturelles entre les Tibétains et les Chinois, on pourrait même parler dun gouffre. Toutefois, les heurts qui ont lieu régulièrement au Tibet ne relèvent pas dun conflit ethnique, mais sont lexpression de la tension existant entre la Chine et lOccident depuis 50 ans. »
Non, selon Pravda Martens, il n'y a pas de "conflit ethnique" mais l'utilisation du Tibet par lOccident depuis 50 ans.
«En 1989, Sa Sainteté perçoit le prix Nobel de la Paix, la même année que le mur de Berlin sest vu chuté et que la Place TianAnMen sest vue hantée par une statue de la liberté en papier mâché.»
Les massacres de TianAnMen, on oublie, que la Chine populaire soit liberticide comme tous les régimes communistes, aussi!
3) Et le plus nauséabond pour la fin: «Noublie-t-on pas trop facilement que cest ce marché économique, mis en place par nous-même et enrobé dans nos « Droits universels de lhomme », par lequel meurent de faim et de soif des centaines de milliers de personnes par jour ?»
Que faire face à un tel fanatisme et une telle mauvaise foi?
Violences au Tibet : un avis alternatif
Elisabeth Martens
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-03-21%2016:43:42&log=invites
Les faits
Daprès des témoins occidentaux présents sur place, e.a. James Miles, journaliste pour « The Economist » , les violences commises à Lhassa durant cette semaine date de commémoration de la «Rébellion nationale de mars 59» - ont été inaugurées par des Tibétains, dont des lamas qui encourageaient des groupes de jeunes à commettre des actes destructeurs.
Les manifestations de violence étaient organisées: les Tibétains portaient des sacs à dos remplis de pierres, de couteaux et de cocktails molotov. Les morts causés par ce drame sont tous des Chinois. Les dégâts matériels, destruction de commerces, incendie de véhicules, étaient clairement tournés contre les Chinois. Les manifestants tibétains sen sont également pris à des écoles primaires, des hôpitaux et des hôtels.
De sorte que les Occidentaux présents sur place, pour la plupart des touristes, se demandaient quand la police allait intervenir. Rejointe par larmée chinoise, elle est intervenue suite à deux jours de violence. Les autorités chinoises craignaient-elles la réaction des pays occidentaux ?
pays qui, en réalité, nattendaient que cette intervention pour parler de « répression sauvage par larmée chinoise et de chasse aux manifestants ». Comment lire ces faits ?
Y a-t-il lieu de parler dun « génocide culturel » au Tibet ?
En Chine vivent six millions de Tibétains répartis sur différentes provinces, principalement le Tibet, le QingHai, le Gansu, le Sichuan et le Yunnan. Ces six millions de personnes sont bien loin de toutes désirer lindépendance du Tibet. Il leur apparaît clairement, dans leur vie quotidienne, que la Chine leur a apporté beaucoup plus quelle ne leur a retiré. En 50 ans, la population tibétaine a triplé grâce aux soins de santé et aux améliorations dans les domaines agricole, économique et autres.
Depuis les années quatre-vingt, la culture et la religion du Tibet sexercent librement, les enfants sont bilingues, des instituts de tibétologie ont été ouverts à lintention des jeunes Tibétains, les monastères regorgent de lamas (même des jeunes enfants), et, en rue, les fidèles font allègrement tourner leurs moulins à prière. Il ne sagit nullement dun « génocide culturel », tel quon le présente chez nous. En réalité, la très grande majorité des six millions de Tibétains se méfie de la communauté tibétaine en exil qui représente pour eux un danger de déstabilisation.
Au sein de la communauté en exil, les avis sont dailleurs assez partagés, par exemple, Pangdung Rinpoché du monastère de Sera, actuellement exilé à Munich, dit textuellement que « le Dalaï Lama, en commercialisant le Bouddhisme tibétain, cause plus de dégâts à la culture tibétaine que le gouvernement chinois » . Il est pourtant évident que la Chine exerce un contrôle sur les provinces tibétaines, mais que vise ce contrôle chinois ? Il vise uniquement les « divisionnistes », quils soient Tibétains, Chinois, Occidentaux, lamas, laïcs, vieux, jeunes, hommes ou femmes. Ces personnes, qui par leurs actes ou leurs paroles cherchent à en entraîner dautres dans une lutte pour lindépendance, sont sévèrement poursuivies et punies, tels les manifestants de cette semaine.
Daprès le gouvernement chinois, cette lutte est poussée par la communauté en exil et soutenue par le discours ethnique que tient le Dalaï Lama. On ne peut nier quil existe des différences culturelles entre les Tibétains et les Chinois, on pourrait même parler dun gouffre. Toutefois, les heurts qui ont lieu régulièrement au Tibet ne relèvent pas dun conflit ethnique, mais sont lexpression de la tension existant entre la Chine et lOccident depuis 50 ans.
A qui sert le discours ethnique ?
Mettre en avant un « conflit ethnique » en vue de diviser un pays est un procédé bien connu des gouvernements occidentaux. Rien que durant ces deux dernières décennies, on peut citer comme exemples: les Balkans, lURSS et le Moyen Orient, sans oublier plusieurs conflits en Afrique. En ce qui concerne la Chine, les Etats-Unis se sont attelés à cette tâche dès le début de la Guerre Froide. Depuis 50 ans, le Tibet est un de leurs plus valeureux chevaux de bataille, dont le Dalaï Lama est le fier destrier.
Dès 1949, le ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis déclarait que « ce qui nous importe nest pas lindépendance du Tibet, mais lattitude à adopter vis-à-vis de la Chine » . Dix ans plus tard, le Dalaï Lama choisit clairement ses alliés et décide lexil, moyennant gros financement et soutien logistique de la CIA . En 1989, Sa Sainteté perçoit le prix Nobel de la Paix, la même année que le mur de Berlin sest vu chuté et que la Place TianAnMen sest vue hantée par une statue de la liberté en papier mâché. En 2007, le Dalaï Lama est décoré du plus prestigieux insigne du Congrès américain et déclare que « Bush est désormais un membre de sa famille ».
Ce dernier événement na été que peu relayé par les médias européens: on comprend leur embarras face à cette alliance affichée du Dalaï Lama avec le gouvernement des Etats-Unis, alors que la politique extérieure de ce dernier est de plus en plus interpellée par lEurope. Lenjeu du conflit Chine-Occident, exprimé à travers les violences de Lhassa, nest pas un « petit Kosovo », mais il sagit du tiers de la Chine, un territoire qui vaut cinq fois la France et qui ouvre laccès au gigantesque marché économique chinois, de quoi faire basculer léconomie mondiale !
Mission de lOccident bien pensant : imposer la démocratie, coûte que coûte
Les violences qui ont eu lieu à Lhassa cette semaine sont à lire dans la continuité : 1949-59-89. Sans doute, on peut les considérer comme un « feu vert » donné par les Etats-Unis, relayé par le Dalaï Lama et concrétisé par quelques jeunes Tibétains à qui on a dû promettre monts et merveilles occidentales en bout de course. Ils deviendront des héros nationaux, à moins quils ne croupissent dans les prisons chinoises.
Espérons toutefois que ces incidents ne soient pas un « exercice de style », précurseurs dune série dautres violences dont il nest pas difficile de prévoir les échéances : les JO de Pékin cet été 2008, la date anniversaire des 50 ans de la « Rébellion nationale » en mars 2009, et lexpo universelle à Shanghai en 2010. Autant dévénements médiatiques qui vont rassembler la presse internationale et sur lesquels compte lOccident pour mettre la Chine au pas de sa « démocratie ». Mais peut-on réellement en vouloir à la Chine de mener sa barque indépendamment des exigences de notre marché et loin de notre éthique démocratique ? Noublie-t-on pas trop facilement que cest ce marché économique, mis en place par nous-même et enrobé dans nos « Droits universels de lhomme », par lequel meurent de faim et de soif des centaines de milliers de personnes par jour ?
Notes
1. www.economist.com: « Fire on the roof of the world » (14/3/08), « Lhasa under siege » (16/3/08)
2. Pangdung Rinpoché cité par Gerald Lehner dans « Zwischen Hitler und Himalaya, Die Gedächtnislücken des Heinrich Harrer », Czernin Verlag, 2007
3. dans les archives du « Foreign Relations of United States » : images.library.wisc.edu/FRUS/EFacs
4. voir les mémoires tibétaines des anciens agents de la CIA : Conboy K., Morrison J., « The CIAs Secret War in Tibet », U.P.Kansas 2002