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En marge du G20: La France et la Chine se réconcilient sur le dos du Tibet La France mesure pleinement limportance et la sensibilité de la question du Tibet et réaffirme quelle sen tient à la politique dune seule Chine et à sa position selon laquelle le Tibet fait partie intégrante du territoire chinois, |
La France et la Chine se réconcilient sur le dos du Tibet
Les chefs d'Etat des deux pays ont signé un texte se prononçant contre l'indépendance du Tibet. Nicolas Sarkozy et Hu Jintao se sont entrevus en marge du G20.
Liberation.fr Monde 02/04/2009 à 10h52 Rencontre entre Nicolas Sarkozy et Hu Jintao, hier, à Londres (REUTERS)
La France et la Chine se sont réconciliées en catimini, à lombre des grandes tractations du G20. Alors quune rencontre avec Nicolas Sarkozy ne faisait pas partie des plans de Hu Jintao, il y a encore une semaine, cest un petit communiqué, glissé discrètement hier, qui a scellé la réconciliation. Ce texte a été publié conjointement par les deux pays.
Symbole du renouveau, les deux présidents se sont finalement entrevus hier soir. Hu Jintao sest félicité de ce revirement: «Notre rencontre (...) marque un nouveau point de départ pour nos relations bilatérales et jespère que les deux parties vont travailler ensemble pour lancer une nouvelle phase dans les relations sino-françaises».
Pour rétablir les relations, il na fallu quune petite phrase, paraphée par la France: «La France mesure pleinement limportance et la sensibilité de la question du Tibet et réaffirme quelle sen tient à la politique dune seule Chine et à sa position selon laquelle le Tibet fait partie intégrante du territoire chinois».
Finies les références à une autonomie culturelle large tibétaine, au respect des droits de lhomme, la France lâche le Tibet pour courtiser Pékin.
Les relations sino-françaises, déjà peu chaleureuses depuis le passage chaotique de la flamme olympique à Paris l'an dernier, avait pris un sérieux coup de froid en décembre, lorsque Nicolas Sarkozy avait rencontré le dalaï lama à Gdansk.
A cette époque, Nicolas Sarkozy exprimait encore sa «préoccupation» pour le Tibet, jugeant primordiaux la reprise du dialogue entre les autorités chinoises et le dalaï lama ainsi que le respect des droits de la minorité tibétaine. Mais dans le communiqué d'hier, nulle trace de ces exigences. La realpolitik a repris le dessus.
Cette réconciliation furtive reste largement eclipsée par la poignée de main entre Barack Obama et Hu Jintao. Le président américain a accepté une invitation de son homologue chinois à se rendre à Pékin avant la fin de lannée. Les Etats-Unis, comme beaucoup dautres, veulent sengager sur la voie d'une collaboration plus étroite avec le géant chinois.
France / Chine : communiqué du ministère des Affaires étrangères et européennes (1er avril 2009)
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/chine_567/france-chine_1123/relations-politiques_3790/france-chine-communique-du-ministere-affaires-etrangeres-europeennes-01.04.09_71874.html
Après plusieurs réunions de consultations, le ministère des Affaires étrangères et européennes de la République française et le ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine sont parvenus aux conclusions agréées suivantes :
Les deux parties ont réaffirmé leur attachement à limportance primordiale de la relation franco-chinoise et leur volonté de saisir loccasion du 45e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Chine pour renforcer le partenariat stratégique global, fondé sur une approche stratégique et de long terme, le respect mutuel et la prise en considération des intérêts fondamentaux des deux pays. La France et la Chine réitèrent leur attachement au principe de non-ingérence tel que consacré par la Charte des Nations unies, et conviennent de renforcer leur concertation sur les dossiers mettant en jeu les intérêts fondamentaux des deux pays dans un esprit de confiance mutuelle.
La France mesure pleinement limportance et la sensibilité de la question du Tibet et réaffirme quelle sen tient à la politique dune seule Chine et à sa position selon laquelle le Tibet fait partie intégrante du territoire chinois, conformément à la décision prise par le général de Gaulle qui na pas changé et ne changera pas. Dans cet esprit et dans le respect du principe de non-ingérence, la France récuse tout soutien à lindépendance du Tibet sous quelque forme que ce soit.
Les deux parties estiment que dans la situation politique et économique internationale actuelle marquée par de profonds changements, la France et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, assument de lourdes responsabilités dans la préservation de la paix mondiale comme dans la promotion du développement. Les deux parties ont souligné leur disposition à renforcer le dialogue et la concertation pour relever ensemble les défis planétaires tels que la crise financière internationale.
Dans cet esprit, les deux parties ont décidé de tenir, au moment opportun, des contacts de haut niveau ainsi que de nouvelles sessions du dialogue stratégique entre les deux pays, en vue de promouvoir la coopération bilatérale dans les différents domaines et dassurer un développement harmonieux et stable de la relation franco-chinoise.