Encore un faux prétexte de l'Etat de Genève pour ne pas recevoir le Dalaï lama. Affirmer que ce nest pas un chef dEtat!
Si, Tenzin Gyatso est le chef d'un gouvernement en exil, dont l'Etat est occupé par une puissance étrangère. Il a plusde légitimité que Charles de Gaulle à Londres le 18 juin 1940! A ce propos, le gouvernement de Pol Pot, bien que chassé de Phnom Penh en décembre 1975, occupant quelques zones de l'ouest du Cambdoge, redevenu un Royaume, a conservé son siège à l'ONU, plus de 10 ans.
Le dalaï-lama na finalement pas atterri à Genève
VISITE | En atterrissant à Lausanne, le leader tibétain aura raté son seul rendez-vous avec les officiels du canton de Genève.

© Keystone | Le dalaï-lama a atterri directement à Lausanne. Il a été accueilli par une quarantaine de représentants de la communauté Rigdzin, qui lont invité à Lausanne pour deux jours denseignement et de conférences.
Tribune de Genève, Antoine Grosjean et Rapahaël Ebinger, 04 août 2009
Le dalaï-lama a atterri à Lausanne et non à Genève. Hier après-midi, cest sur laérodrome de la Blécherette que son petit avion en provenance dAllemagne sest posé, au lieu de lAéroport International de Genève, comme prévu initialement. Le chef spirituel tibétain aura donc manqué son unique rendez-vous avec un représentant officiel du canton.
Eric Leyvraz, président du Grand Conseil genevois, devait en effet laccueillir à sa descente davion à Cointrin. Le député UDC, qui, pour cause de vacances à létranger, ne pourra pas rencontrer le dalaï-lama lors de son passage à Genève jeudi, na été prévenu de ce changement de lieu datterrissage quhier matin.
«Javais annulé un rendez-vous pour être disponible, précise-t-il, vaguement amer. Je ne trouve pas cela très correct de la part des organisateurs.» Ceux qui ne trouvent pas très correct le refus du Conseil dEtat genevois daccueillir le leader bouddhiste, alors que deux conseillers dEtat vaudois le recevront, ny verront peut-être quun juste retour des choses.
Rencontre possible avec Patrice Mugny jeudi
Jeudi, le dalaï-lama pourrait tout de même rencontrer le conseiller administratif Patrice Mugny, le maire Rémy Pagani étant absent. La Ville annonçait ce week-end quelle avait pris des contacts dans ce sens, sans savoir si lemploi du temps du Tibétain le permettrait.
En attendant, Tenzin Gyatso a préféré la discrétion pour son arrivée sur le sol helvétique. A sa descente davion, un petit comité lattendait. Une quarantaine de représentants de la communauté Rigdzin, qui lont invité à Lausanne pour deux jours denseignement et de conférences, de membres dassociations tibétaines ainsi que des députés du parlement tibétain en exil ont en effet eu droit de fouler le tarmac.
«Les rencontres officielles sont pour plus tard», notait Sonam Monkhar, député tibétain en exil, qui regrettait tout de même le refus du Conseil fédéral de recevoir le dalaï-lama. «Pour la communauté, cest une déception. Mais le dalaï-lama ne sen formalise pas. Il ne veut créer dennuis à personne
» Il a déclaré être là pour des raisons spirituelles et non politiques.
Le dalaï-lama est arrivé à 16 h 35, alors quil était prévu à 14 h. Après la Blécherette, il a été accueilli par une population beaucoup plus dense devant lhôtel Beau-Rivage. Diverses associations tibétaines ont accompagné son entrée dans lhôtel par des danses traditionnelles tout lui remettant des offrandes de bienvenue.?
«Ce nest pas un chef dEtat»
Le dalaï-lama nest pas un chef dEtat. Dun point de vue protocolaire, les autorités genevoises ne sont donc pas tenues de le recevoir. Cest là la raison officielle pour laquelle le Conseil dEtat ne rencontrera pas le chef spirituel tibétain, alors quil avait accueilli le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad.
«Nous ne faisons que respecter les règles protocolaires, cest une pratique constante, explique le chancelier Robert Hensler. Laccueil protocolaire est réservé aux chefs dEtat en visite officielle. De plus, nous navons reçu aucune demande de la part des représentants du dalaï-lama.»
Une motion avait été déposée au Grand Conseil par le député socialiste Régis de Battista pour proposer daccueillir officiellement le dalaï-lama à titre de chef dEtat en exil. Elle a été rejetée. Genève saligne ainsi sur la Confédération puisquau niveau fédéral, cest la présidente du Conseil national, Chiara Simoneschi-Cortesi, qui rencontrera la bête noire des autorités chinoises. Selon la même logique, ce devait donc être à lUDC Eric Leyvraz, président du Grand Conseil genevois, de représenter le canton. Occasion manquée (lire ci-contre).
Le leader bouddhiste pourrait toutefois être reçu par le conseiller administratif Patrice Mugny, la Ville sétant proposée, au nom de la tradition dhospitalité de Genève. Ceci afin de mettre un terme à la polémique, et même si elle na pas été davantage que le canton sollicitée par les représentants du dalaï-lama.
On ignore dailleurs si lemploi du temps de ce dernier permettra cette rencontre. Le chef spirituel et chef dEtat en exil participe jeudi à une conférence à lHôtel Intercontinental entre des universitaires, journalistes, avocats et travailleurs sociaux chinois et tibétains. Plus de cent délégués en tout. Celle-ci a pour but de générer une meilleure compréhension entre les deux communautés et dexplorer les voies vers une résolution pacifique de la problématique tibétaine.