La réponse de l'UDC au propos calomnieux d'Israel Singer
EDITORIAL
Dommage: Israel Singer n'a toujours rien compris!
par Roman S. Jäggi, porte-parole UDC Suisse
http://www.svp.ch/?l=3&page_id=1491
Le 26 janvier 2005, Israel Singer, président du Congrès juif mondial (CJM) a qualifié dans un entretien accordé au journal Financial Times de crime la neutralité suisse pendant la Deuxième guerre mondiale. Il a dit la même chose pendant la cérémonie commémorant le 60e anniversaire de la libération du camp de concentration d'Auschwitz. Seul un homme qui ne veut pas comprendre la neutralité suisse peut parler ainsi. Israel Singer a une conception très personnelle et unilatérale de l'histoire. On peut le comprendre, mais son attitude ne fait certainement pas avancer les choses.
Il n'est guère utile que les élus et partis politiques suisses se taisent quand un président du Congrès juif mondial (CJM) attaque la Suisse. L'idée de ne pas donner matière à de nouvelles agressions ne justifie pas ce silence. Avec tout le respect qu'on lui doit, mais Israël Singer n'a aucune idée de ce que c'est la neutralité suisse. Les priorités suisses durant la Deuxième guerre mondiale étaient claires:
1. protection de la Suisse et de la population suisse
2. accueil et protection de réfugiés.
La première des priorités de l'époque était de protéger le pays et son peuple contre les Nazis. Les réfugiés ne venaient qu'en deuxième position. Dans la perspective actuelle, cette attitude peut paraître dure, voir inhumaine, mais c'était le seul choix qui s'offrait à la Suisse en ces temps de crise extrêmement grave.
Il va de soi que la Suisse a aussi commis des erreurs durant la Deuxième guerre mondiale. Toutes les Suissesses et tous les Suisses, quel que soit leur âge, en sont bien conscients. Mais le fait est que la Suisse a été préservée de la fureur des Nazis et avec elle des milliers de Juifs vivant dans ce pays. Il n'y a pas de quoi en être particulièrement fier, mais c'est une réalité.
Jusqu'ici, Israel Singer n'a jamais su dire quelle l'attitude la Suisse aurait dû adopter pour protéger un maximum d'étrangers contre les camps de concentration tout en se préservant contre un agresseur potentiel. Il eut été tout simplement impossible à la Suisse d'accueillir des millions de personnes tout en espérant échapper à l'agressivité du régime nazi.
Notre pays aurait été indubitablement mêlé à la guerre. Il est très facile de critiquer dans la perspective actuelle. Surtout quand ces critiques apportent de la publicité au président du CJM.
Peut-être Israel Singer comprendra-t-il un jour que les critiques et attaques permanentes contre le rôle de la Suisse pendant la Deuxième guerre mondiale n'apportent rien d'utile. Tout comme le peuple juif ne peut oublier, les Suissesses et les Suisses n'oublient pas non plus. Et quand la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey s'est plainte de critiques lors de sa récente visite au Proche-Orient en raison de "perturbations atmosphériques" entre la Suisse et Israël, elle était, une fois n'est pas coutume, dans le vrai. Nous nous souvenons tous des excellentes relations que la Suisse entretenait avec Israël jusqu'au milieu des années nonante. Beaucoup de choses rapprochent en effet les deux pays: petits Etats entourés de grands voisins, populations travailleuses et intelligentes, économie intacte, armées fortes, bons services de renseignement, etc. De nombreuses Suissesses et de nombreux Suisses admiraient le courage et les performances des Israéliens. Mais c'était avant les discussions envenimées sur le rôle de la Suisse pendant la Deuxième guerre mondiale, sur les comptes en déshérence, avant le chantage exercé sur les banques suisses et avant le rapport Bergier.
Nous devons avoir le courage de dire les choses comme elles sont: les rapports entre la Suisse et Israël se sont détériorés entre le milieu et la fin des années nonante. Car pour de nombreuses Suissesses et de nombreux Suisses il y a des liens très étroits entre le CJM et l'Etat d'Israël. Ce furent des avocats juifs américains qui ont fait payer des milliards aux banques suisses et qui ont terni l'image de la Suisse. Israël n'a certes pas participé à ces actions, mais l'Etat juif n'a rien fait non plus pour détendre la situation. Il aurait pourtant eu la possibilité de couper court aux excès des organisations juives américaines et de calmer les esprits. Et cela, les Suisses ne sont pas prêts de l'oublier.
La qualité des critiques lancées contre la Suisse et sa neutralité ne s'améliore pas avec la répétition de ces attaques. Et les agressions verbales infondées d'Israel Singer ne font certainement pas avancer les choses. Elles ne contribuent en tout cas pas à éliminer les perturbations atmosphériques entre la Suisse et Israël.