L'or des nazis: La Suisse, un relais discret

Werner Rings, Payot Lausanne, 1985. Traduction par Gilbert Musy de “Raubgold aus Deutschland”

Chargueraud 4e de couverture: La parution, au printemps 1985, de l'édition originale de ce livre en allemand fit l'effet d'un «pavé doré dans la marre des milieux financiers» et secoua la presse internationale aussi bien que suisse. La traduction française permettra de se faire, pièces en mains (et le dossier est édifiant!), une opinion sur ce qui fut pendant quarante ans l'un des secrets les mieux gardés de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale: le sort de l'or volé par les nazis et le rôle de la Suisse, plaque tournante du commerce de l'or.

Comment l'or du Trésor belge, confié à la Banque de France peu avant l'invasion allemande, fut-il livré par Vichy après un incroyable voyage africain, refondu à Berlin et transféré en Suisse? Quelle part des tonnes de lingots livrés dans les dépôts de la Banque nationale suisse (1,7 milliard de francs suisses d'alors) provenait de l'or volé à la Belgique, à la Pologne, aux Pays-Bas. à la Tchécoslovaquie, etc.. ou encore de celui récupéré dans les camps de concentration? Quelle proportion en fut réellement achetée par l'Institut bancaire de la Confédération? Qu'en savaient, qu'en pensaient les dirigeants de la Banque nationale suisse et le gouvernement helvétique? Habileté ou naïveté? Bonne foi ou pragmatisme à la limite de la légalité? Et comment fonctionnait cette écluse providentielle de l'or d'Hitler qui permit à l'Allemagne de couvrir ses besoins vitaux en devises suisses exigées par ses fournisseurs? Enfin, serait-ce parce que le géant allemand dépendait financièrement de son petit voisin que le Suisse échappa à l'invasion?

Ce sont là quelques unes des questions auxquelles tente de répondre ce livre - questions encore brûlantes pour chacun de nous, même si l'accord de Washington signé au printemps 1946 par la Suisse, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, a premis de classer officiellement le dossier. (fin du 4e de couverture). A noter que le titre original était “le vol d'or”! De plus, cet ouvrage parut en même temps en allemand (Artemis Verlag Zürich une München) et en français (Payot Lausanne).

Curieusement cette étude fut oubliée dix ans plus tard quand l'opération organisée par le Congrès juif mondial, avec une 5e colonne en Suisse, réussit son racket. D'où l'intérêt à en comprendre les raisons!

Il demeure toujours le “deux poids, deux mesures” ou une stigmatisation à deux vitesses, celle de l'or des nazis ayant toujours les feux de la rampe, alors que l'or soviétique, qui fut pourtant vendu après la Seconde guerre mondiale, semble-t-il exclusivement par la bourse de Zürich, or extrait par les forçats du goulag des camps de la mort de l'extrême Sibérien, ne fait jamais l'objet d'études!

Quelques extraits de “L'or des nazis: La Suisse, un relais discret

Page 7: Willy A. Boelcke découvre, en relation avec ses récentes recherches au sujet du financement de l'armement et de l'effort de guerre allemand entre 1933 et 1945, que les transferts d'or vers la Suisse ne furent pas seulement indispensables en vue de l'acquisition de matières premières à caractère stratégique, mais le furent tout autant pour «l'activité du service de renseignements, les missions des agents à travers le monde, l'achat d'émissions de radio, de communiqués de presse, le financement d'opérations transatlantiques de la marine de guerre allemande, etc.».

Page 8: “S'agissant de la Suisse, Boelcke pose cette question: qui de la Suisse et du IIIe Reich a tiré avantage de profit de ces opérations? Cet or a-t-il valu à la Suisse de ne pas être mêlée à la guerre?”

Page 8: “L'or de la Reichsbank qui fut transféré en Suisse durant la guerre ne représent pas le dixième ou le quart mais 63% de l'ensemble des importations suisses de marchandises en provenance d'Allemagne. Durant l'année décisive que fut 1943, la valeur d'or que la Suisse importé d'Allemagne, son plus important partenaire commercial, a même dépassé celle des marchandises.” PAS CLAIR!

Page 9: Ensuite, Rings décrit l'incroyable voyage de l'or belge, mis à l'abri de la Banque de France, cette dernière, devant le danger de voir Paris occupée, transféra 4'994 caisses contenant 221'730 kg d'or en Afrique occidentale française, à Dakar. Suite à une décision du gouvernement de Vichy, cet or alla à Berlin par un périple sinueux: De Dakar à Kayès, puis “à travers steppes, savanes et déserts, d'Afrique occidentale française en Afrique du Nord, puis à Marseille, et de Marseille à Berlin. A Berlin, l'or fut déballé, fondu, coulé en lingots renumérotés et datés, si bien qu'il devenait difficile de découvrir sa provenance. Enfin, - déguisé désormais en r «allemand» - il prit le chemin de Berne.

Page 10 et 11: “en vertu de l'Armistice franco-allemand du 22 juin qui entérinait la victoire de l'Allemagne sur la France, l'administration de toute la nation française, y compris les régions occupées par la Wehrmacht et les colonies incombaient toujours au gouvernement français qui n'était entre les mains du maréchal Pétain que depuis quelques jours, quand le questionnaire lui fut remis. La réponse française ne cacha rien. Elle énumérait les réserves d'or déposées à la Banque de France: 4944 caisses contenant 221'730 kg d'or de la Banque nationale belge, en outre 1208 caisses contenant environ 57'000 kg d'or appartenant à la Banque nationale de Pologne ainsi que de 10'000 kg d'or qui apparatenaient aux instituts d'émission du Luxembourg, de Lettonie, de Lituanie, de Norvège et de Tchécoslovaque.”

Page 16: L'Anschluss de l'Autriche a permis à l'Allemagne de se saisir de l'or de la Banque nationale autrichienne, de même que l'annexion de Dantzig et de Prague furent l'occasion de saisir de l'or.

Page 17: les transferts d'or de la Banque nationale suisse aux Etats-Unis dès le milieu de 1938. En mai 1939, les dépôts d'or aux Etats-Unis étaient de 1,7 milliard de francs. Mai 1940, encore un milliard et à la mi-juin, un avion de la Swissair quittait Locarno pour Lisbonne avec 12'000 kg d'or.

Page 19: L'attaque anglaise contre Dakar, le 23 septembre 1940, avec le projet d'un débarquement échoue, et cela explique pourquoi l'or a été déplacé à Kayès.

Page 26-27: “Ce qui aggravait la situation était le fait que les immenses réserves d'or des puissances occidentales sur lesquelles le régime allemand avait compté au début de la guerre se révélèrent inexistantes. L'or disponible dans les banques centrales des territoires conquis était plutôt rare, comparé à l'ensemble des réserves. Il s'avéra que non seulement l'or belge et l'or français, mais aussi la plus grande partie de l'or polonais, norvégien, néerlandais, bref que deux tiers de tout l'or du continent avait été évacués avant l'arrivée des Allemands. La plus grande part du tiers restant était caché dans les coffre des neutres ou, comme la masse principale, quelque part en Afrique ou outre-mer, ou encore chez les alliés du Troisième Reich, donc également incaccessible pour Berlin. Et le diable voulait que ce fussent ces fidèles alliés de Hitler et les vaillants neutres qui exigeaient, à l'exception de la Suisse, d'être payés en or ou en devises pour leurs livraisons. De fait, le gouvernement du Reich, pour diverses raisons, se vit contraint d'ordonner à la Reichsbank des cessions d'or à la Bulgarie, à la Roumanie, à la Hongrie, à la Slovaquie ainsi qu'à la Grèce et à l'Iraq. «Economist» du 26 février 1943”.

Alors là, on ne comprend plus rien! D'abord, les pays conquis avaient mis leur or à l'abri, où?, et d'autre part, les pays suivants furent “libérés” et même occupés par l'armée de l'URSS, comme la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie; et que devint leur or? Ce qui rappelle que la fièvre de l'or ne touchait pas seulement l'Allemagne nazie, mais aussi l'URSS communiste qui avait réussi à capter les 500 tonnes d'or de la Banque d'Espagne, embarqué pour Odessa en 1937!

Page 38: “La Suisse, coffre fort de l'Europe. Camouflage. Les banques centrales européennes avaient mis en sécurité la plus grande part de leurs réserves d'or, nous l'avons dit. Les coffres étaient vides ou ne contenaient plus que le minimum de lingots et de pièces nécessaires aux transactions courantes. Dans son «Rapport annuel 1941», la Banque des Règlements Internationaux de Bâle (BRI), qui dispose apparemment d'un excellent réseau de renseignements, dévoile les dimensions qu'a prises l'exode de l'or. Durant la seule année 1940, plus de 21 milliards de francs suisses ont gagné les Etats-Unis sous forme d'or - vingt fois le trésor belge caché en Afrique! Plus de 13 milliards de or appartenaient à des banques centrales étrangères ou à des gouvernements. Des choses invraisembles arrivèrent même durant les mois chauds de mai à juillet 1940, 9.3 milliards d'or prirent le chemin de Washington, durant les campagnes victorieuses des Allemands aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg et en France, qui toutefois laissèrent vides les caisses de la Reichsbank à Berlin. Et sur ce marché relativement exsangue apparaissent soudain des dizaines de milliers de lingots prétendument allemands, qui, on pouvait s'en douter dans les milieux proches des banques centrales n'existaient pas à Berlin au début de la guerre. Est-il imaginable que l'origine de ces lingots soit restée cachée à la Banque nationale suisse?”

De plus en plus bizarre, l'or aurait été aux Etats-Unis ou dans les colonies? A quelle date précise “apparaissent soudain des dizaines de milliers de lingots prétendument allemands”?

De plus, il serait important de noter ce fait: “Flux anormal de capitaux vers les Etats-Unis 1938-1939. Un événement totalement ignoré par le comité Volcker et par la Commission Bergier est l'analyse des flux de capitaux entre l'Europe et les Etats-Unis à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Il y avait une anomalie relevée par un rapport confidentiel du Secrétaire au Trésor, Henri Morgenthau, au Président Roosevelt.“

De tout ceci, on pourrait conclure que les Etats-Unis détenaient la majeure partie de réserves d'or européenne, y compris suisse, et qu'ils auraient pu se servir de cette avantage pour influer ou empêcher la Seconde Guerre mondiale, ce qui n'a pas du tout été fait. L'affaire des fonds juifs en déshérence ne serait-elle pas un camouflage pour faire diversion sur les responsabilités de la politique de l'administration Roosevelt?

page 32: L'or des morts

Tableau III page 159: Echanges d'or de la BNS avec des banques centrales étrangères, en francs suisse entre le 1.9.1939 et le 30.6.1945

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