Cette conférence donnée en 2005 par Paul Stauffer, ancien Ambassadeur, démonte quelques unes des "erreurs et omissions" de la commission Bergier. Elle est reprise avec un lien sur le site du GTHV.
ARBEITSKREIS GELEBTE GESCHICHTE
GROUPE DE TRAVAIL HISTOIRE VÉCUE
GRUPPO DI LAVORO STORIA VISSUTA
La Suisse neutre centrale dalarme de lHolocauste
Conférence donnée lors de lassemblée générale du Groupe de travail Histoire Vécue, le 10 mai 2005, par M. Paul Stauffer, ancien Ambassadeur.
http://www.gelebte-geschichte.ch/AGG_F/dokumente/la%20Suisse%20neutre-%20centrale%20d'alarme%20de%20l'Holocaust.htm
Si jai loccasion aujourdhui de mexprimer sur le thème de La Suisse neutre centrale dalarme de lHolocauste, je le dois, pour ainsi dire, à quelquun qui na pas précisément les faveurs du Groupe de travail Histoire Vécue: Jean-François Bergier. En effet, si lui et sa Commission indépendante dexperts (CIE) avaient fourni un travail plus professionnel et produit des rapports plus objectifs, il ne resterait plus grandchose à dire sur ce chapitre de lhistoire suisse contemporaine.
Mais plusieurs des collaborateurs de la Commission ne se sentirent manifestement pas tenus de se soumettre au principe fondamental de léthique professionnelle de lhistorien comme du chercheur en général -, à savoir lobligation dêtre aussi objectif et impartial que possible. Doù laspect tendancieux de bien des affirmations contenues dans les 26 rapports Bergier. On ne peut sempêcher de penser que le mandat de la Commission a fourni loccasion rêvée à certains de ses membres de reporter sur la « génération de la mob » les ressentiments quils éprouvent envers la Suisse bourgeoise daujourdhui. Dans une optique de gauche, il apparaissait inacceptable quun pays « capitaliste » au gouvernement libéral-conservateur, îlot encerclé par Hitler, ait réussi à sauvegarder ses traditions démocratiques, à maintenir sa volonté de défendre son indépendance et, dans lensemble, à affronter honorablement sinon sans bavures des défis presque insurmontables. Du propre aveu de membres influents de la Commission Bergier, il fallait dénoncer comme mythe cette image historique de la Suisse. En lieu et place, il sagissait de nous reprocher notamment de navoir été épargnés par le tout-puissant voisin quen échange de matériel dutilité militaire et du recel dor volé. Dans une large mesure, la Suisse aurait abandonné sa neutralité en faveur dune collaboration avec le « IIIe Reich ».
La Suisse, centre de renseignements
Cette réinterprétation du récent passé de la Suisse ne se borne toutefois pas à présenter les faits de manière unilatérale. Elle se manifeste en outre par lomission pure et simple de thèmes ne correspondant pas à limage que lon veut faire passer. Pas la moindre mention, par exemple, du rôle de premier plan que la Suisse a joué à lépoque en tant que centre de renseignements internationaux. On cherchera en vain chez Bergier les noms des représentants de services secrets alliés établis en Suisse tels que lAméricain Allen Dulles, le Polonais Szczesny Chojnacki, le Tchèque Karel Sedlacek ou le Français Georges Groussard. Il nest nulle part mentionné, à plus forte raison, que ces agents étaient non seulement tolérés chez nous mais quils opéraient en étroite collaboration avec des interlocuteurs suisses. Il nest pourtant pas sans intérêt, et très symptomatique du climat dopinion prévalant en Suisse à lépoque, quun Allen Dulles ait pu obtenir des renseignements de sommités dans des domaines aussi divers que la psychologie (C.G. Jung), la technologie de larmement (Walter Boveri) et la recherche nucléaire (Paul Scherrer) allemandes. Mais il existait aussi des exemples détroite coopération à un niveau plus « artisanal ». Le cas le plus frappant est celui de la station-radio polonaise dissimulée à St-Ursanne, proche de la frontière jurassienne. Les Polonais avaient bien voulu la « prêter » à leurs camarades suisses à condition den assurer eux-mêmes le fonctionnement ! Cet arrangement très peu orthodoxe entre praticiens du renseignement prévoyait que les Suisses auraient accès au « butin » de cette entreprise commune. Du côté suisse, on sétait ainsi assuré une source dinformations de grande valeur, le service de renseignements polonais étant considéré comme un des plus efficaces de la coalition anti-allemande.
Nulle mention naturellement non plus chez Bergier du fait moins connu que les services secrets alliés basés en Suisse en particulier américains et britanniques ne se contentaient pas de fournir à leurs gouvernements des informations provenant de lEurope dominée par les nazis, mais servaient aussi dorganes de liaison avec les mouvements de résistance notamment français et italiens. En leur apportant un soutien technique et surtout financier, ils les épaulèrent dans leur lutte contre les forces doccupation.
Que tout cela ne soit pas du tout mentionné dans les publications de la CIE ne laisse pas de surprendre au premier abord mais sexplique aisément. En effet, reconnaître à la Suisse le mérite davoir permis aux Alliés de maintenir et même de renforcer la présence de leurs services de renseignements au cur de lEurope nazie, ne pouvait être acceptable à la Commission Bergier. Car cela contredisait son reproche favori, à savoir que notre pays, intimidé outre mesure par les forces de lAxe, aurait sous-utilisé sa liberté daction et fait montre dune complaisance excessive envers ses menaçants voisins.
Centrale dalarme de lHolocauste
Les activités de services de renseignements nont pourtant pas été sans incidence sur un des thèmes principaux traités par la Commission Bergier. Rappelons que cest par un télégramme de Gerhart Riegner, émigré allemand, représentant le Congrès Juif Mondial (CJM) à Genève, que parvinrent aux autorités américaines les premières informations dignes de foi sur lHolocauste. Or, paradoxalement, le télégramme Riegner pourrait être considéré comme découlant accessoirement des relations daffaires entretenues bon gré mal gré par la Suisse avec lAllemagne pendant la deuxième guerre mondiale, relations qui nous sont vivement reprochées par les moralistes daujourdhui. En effet, Riegner sappuyait dans sa dépêche sur des informations parvenues en Suisse par le truchement dun industriel allemand, Eduard Schulte. Cet adversaire convaincu du nazisme profitait de ses fréquents voyages daffaires entre Breslau et Zurich pour apporter régulièrement des informations à des services de renseignements alliés avec lesquels il était en contact.
Le principal destinataire de ces informations fut, dans un premier temps, un agent de renseignements polonais, puis par la suite lAméricain Allen Dulles. Tous deux opéraient sous couverture diplomatique. Se sentant repéré par la Gestapo, Schulte décida, fin 1943, de se rendre en Suisse et de ne pas regagner lAllemagne. En la personne dune de ses relations daffaires, le directeur général de lUBS Alfred Schäfer, il trouve un protecteur influent. Des versements réguliers de cette banque permettent au réfugié de surnager pendant son exil en Suisse. Aujourdhui, on ne peut constater sans ironie quun Eduard Schulte, ennemi juré du régime nazi, légendaire « messager de lHolocauste » et informateur précieux du Congrès Juif Mondial, ait bénéficié du soutien actif dune des grandes banques suisses qui, un demi-siècle plus tard, allaient devenir la cible dattaques véhémentes de la part de ce même CJM.
Lors de sa virulente campagne anti-Suisse des années 1990, le Congrès Juif Mondial prétendit, comme on sen souvient, représenter le judaïsme dans son intégralité. Cette prétention, contestée par certains milieux juifs eux-mêmes, le CJM la manifesta également en sattribuant le mérite exclusif davoir donné lalarme sur les exterminations massives perpétrées dans les camps de concentration. Il est vrai que le télégramme Riegner daoût 1942 est entré à juste titre dans lhistoire comme lun des premiers et des plus crédibles cris dalarme face à lHolocauste partis de Suisse vers le monde anglo-saxon. Mais ce nétait pas le seul de ces cris dalarme, tout comme la représentation genevoise du CJM nétait pas, et de loin, la seule instance juive internationale à qui la Suisse offrait une relative sécurité contre les assauts meurtriers des sbires de Hitler. Bien au contraire, une multitude dorganisations juives dimportance et de tendances idéologiques diverses étaient en mesure de déployer leur activité, protégées par la neutralité suisse. Lune des plus importantes était la « Jewish Agency », dobservance sioniste, qui prépara la voie à la création de lEtat dIsraël. Mais ce furent aussi des représentants des Juifs orthodoxes de lEst européen qui firent de notre pays la centrale dalarme de lHolocauste. Les époux Rachel et Isaac Sternbuch, domiciliés à Montreux, Juifs de lEst naturalisés suisses, avaient mis sur pied leur propre uvre dentraide à lintention de leurs coreligionnaires, mais ils fonctionnaient avant tout comme correspondants en Europe de lorganisation juive mondiale « Agudat Israel » établie à New York. Disposant dun réseau dinformation très dense opérant en Europe centrale et de lEst, ils étaient tenus au courant de lextermination des Juifs, notamment en Pologne.
La ligne directe polonaise Berne - New York
Le fait que les Sternbuch aient été en mesure de transmettre très rapidement ces renseignements aux Etats-Unis était dû au maintien dune légation de Pologne à Berne, qui survécut à loccupation et au partage de ce pays entre Allemands et Soviétiques en automne 1939. Il nallait pas tout à fait de soi que les autorités suisses, en dépit dinterventions allemandes répétées, naient jamais mis en doute le droit à lexistence de cette représentation diplomatique bien quelle dépendît désormais dun gouvernement en exil, dabord en France, plus tard en Angleterre. Par son accord au maintien dune présence diplomatique polonaise, la Berne fédérale rendit possible la transmission par voie directissime aux Etats-Unis dinformations ayant trait à la situation des Juifs dans lEurope nazie. Un collaborateur juif de la légation de Pologne, Juliusz Kühl, était en étroit contact avec les époux Sternbuch. En violation de la réglementation en vigueur, Kühl fut autorisé par le chef de mission polonais, le ministre ¸adoÊ, à transmettre sous forme chiffrée les informations alarmantes fournies par les Sternbuch à leur organisation faîtière à New York. Cette opération seffectuait par le truchement du consulat général de Pologne dans cette ville, qui les décodait à lintention du président d «Agudat Israel ». Grâce à leur caractère « diplomatique », ces dépêches étaient soustraites au contrôle des autorités américaines. Ce qui était dune importance capitale à une époque où Washington considérait avec méfiance les rapports sur lextermination des Juifs et où la bureaucratie américaine stoppait ou ralentissait leur acheminement. Cest ainsi quun message des Sternbuch, hautement alarmant, transmis sur la ligne directe polonaise atteignit son destinataire new-yorkais en même temps que le télégramme Riegner envoyé trois semaines plus tôt et qui avait été retardé. La dépêche Sternbuch annonçait, sur la base dun appel de détresse lancé de Pologne, le massacre de 100'000 habitants du ghetto de Varsovie et demandait aux Etats-Unis des mesures de rétorsion. Daprès ce que rapporte un témoin directement impliqué, on a nettement limpression que laide intensive des Juifs orthodoxes américains à leurs coreligionnaires persécutés en Europe aurait été impossible sans « lartère vitale » du canal diplomatique polonais de et vers Berne. Ce témoin parle de «
hundreds of telegrams which we sent in 1943 and 1944 via the Polish Consulate General in New York to the Polish Legation in Bern concerning the rescue of Jewish individuals or families in Europe
« . Par cette voie étaient acheminés vers la Suisse non seulement des messages mais en infraction avec la réglementation américaine également des fonds pour financer des opérations de sauvetage, ce qui revêt une importance particulière. Cet argent servit notamment à procurer des passeports sud-américains aux Juifs de lEst menacés, afin de faciliter leur départ, ou tout au moins de les aider à trouver refuge dans des camps sous surveillance du CICR, et leur éviter ainsi la chambre à gaz. Lorsquon se vit obligé, du côté suisse, dintervenir contre le commerce lucratif de papiers didentité auquel se livraient certains consuls latino-américains à Berne, cela suscita quelques frictions entre la légation de Pologne et le Département politique fédéral.
« Barrage » américain contre les informations sur lHolocauste
De manière générale, la Suisse officielle faisait preuve dune certaine retenue face à lactivité des organisations juives et de leurs « complices » diplomatiques. Les institutions suisses ne se trouvaient dailleurs pas parmi les destinataires des messages que les représentations juives opérant chez nous faisaient parvenir au monde extérieur. Du côté juif, on se forçait naturellement datteindre et de secouer au plus vite, par des informations et des appels au secours, les Alliés anglo-américains, car cétait deux seuls quon se promettait un soutien efficace dans la lutte contre le génocide.
Comme nous venons de le voir, les Anglais et surtout les Américains mirent dabord peu dempressement à prendre au sérieux les messages horrifiants qui leur parvenaient sur lextermination des Juifs. Il faut reconnaître ici à des personnalités suisses le mérite davoir grandement contribué à faire tomber cette barrière de défiance : En automne 1942, le Prof. Paul Guggenheim, conseiller juridique du Congrès Juif Mondial à Genève, fut averti par Carl J. Burckhardt, à lépoque membre éminent du CICR, que Hitler avait donné lordre déliminer les Juifs dAllemagne, voire de lEurope entière. Burckhardt en aurait été averti par deux interlocuteurs allemands bien informés. Il répéta cette information peu après au consul des Etats-Unis à Genève à lintention des autorités de Washington.
Venant dune personnalité non-juive de premier plan, son témoignage revêtait une importance particulière pour les officiels américains plutôt sceptiques et pas précisément philosemites dans lensemble. (Que Burckhardt ait caché à ses collègues du CICR ce quil savait du projet de « solution finale » est une autre histoire.) Quelques semaines plus tard, le 17 décembre 1942, lensemble des gouvernements de la coalition anti-Hitler publièrent une déclaration commune dans laquelle la politique visant à « exterminer brutalement et de sang-froid » les Juifs dEurope était pour la première fois sévèrement condamnée et ses responsables menacés dune punition exemplaire. Les renseignements à la base de cette déclaration étaient parvenus aux Etats-Unis principalement via la Suisse, selon les propres termes du Président Roosevelt. Celui-ci le souligna face à une délégation de hauts représentants des milieux juifs américains, en décembre 1942. Le chef de cette délégation se trouvait être le président du CJM dalors, le rabbin Stephen Wise. Il est peu probable que Wise se soit rallié à la manière dont son actuel successeur, Israel Singer, a dénigré la neutralité suisse. (En réalité, Singer est dailleurs parfaitement au courant de limportance de la Suisse, îlot neutre, comme base dinformations et dactivités de légitime défense juives contre la campagne danéantissement de Hitler. Il est en effet le gendre de ce même Juliusz Kühl, responsable auprès de la légation de Pologne à Berne des affaires juives et ami intime des Sternbuch. Cest donc en toute mauvaise foi et pour des raisons sur lesquelles il serait inutile de spéculer que Singer a lancé son attaque de plein fouet contre la neutralité suisse).
Inutile dapprofondir ici le cas Singer étant donné que tout me semble avoir déjà été dit à ce sujet, notamment dans une prise de position du Groupe Histoire Vécue. Il a été relevé à juste titre que la thèse Singer dénonçant le caractère criminel de la neutralité suisse tombe delle-même par sa simple absurdité. Cette absurdité est mise en évidence avec beaucoup de pertinence par le professeur de droit genevois Daniel Guggenheim, fils de Paul Guggenheim mentionné plus haut, dans une lettre à Edgar Bronfman, ancien président du CJM : « Insulting for Switzerland, my country, and counterproductive for the Jewish cause » qualifie-t-il les propos de Singer, en ajoutant que si la Suisse avait abandonné sa neutralité, comme exigé par ce dernier, « I would certainly not be in a position to write you this letter ! ».
Je me permets de revenir ici brièvement sur Jean-François Bergier qui en réaction aux invectives de Singer donna à entendre au Journal « Le Temps » que sa commission navait jamais attaqué la neutralité en tant que telle, mais bien reproché à la Suisse davoir manqué à certaines obligations découlant de ladite neutralité. Ce que Bergier entend concrètement par là reste peu clair probablement fait-il allusion à des décisions prises en matière économique et financière. Que nous nous soyons occasionnellement écartés du droit chemin de notre politique de neutralité, personne ne le contestera sérieusement. Selon Bergier, ces écarts auraient favorisé unilatéralement lAllemagne nazie. Mais que notre disposition à faire des concessions dans cette direction ait vraiment outrepassé ce qui, en raison de la supériorité allemande, était inévitable, est une question à laquelle il est difficile de répondre après-coup et de manière globale. Toutefois, jespère avoir montré ou plutôt rappelé quil existe des domaines très importants, mis de côté par la Commission Bergier, dans lesquels des Suisses et non des moindres ont pratiqué une « neutralité bienveillante » à légard des ennemis du Reich.
Optique unilatérale de la Commission Bergier
Dans bien dautres domaines que ceux évoqués jusquici se trouve confirmé le caractère unilatéral de loptique Bergier. En matière culturelle, la Commission ne sintéressa quau seul marché de lart. Il lui fut facile de détecter, dans ce secteur, des comportements critiquables de la part de certains ressortissants suisses : des collectionneurs ayant consciemment ou pas acquis des uvres dart volées par les nazis ; un commissaire-priseur tirant profit de la vente dart « dégénéré » confisqué par les autorités du IIIe Reich. Je ne mets pas en doute le bien-fondé des affirmations contenues dans ce rapport spécifique de la Commission. Mais il me paraît hautement significatif que tout le reste de la sphère culturelle ait été complètement ignoré par Bergier et ses collègues. Aucune mention, par exemple, du domaine de lart théâtral où il y aurait eu lieu dévoquer des faits fort intéressants, mais hélas ! propres à jeter sur la Suisse une lumière favorable, mettant en évidence son rôle de terre dasile pour victimes du nazisme. Cest notamment le Schauspielhaus de Zurich qui se transforma en haut lieu de lémigration culturelle allemande. Il y avait là le comédien Wolfgang Langhoff, communiste, rescapé de camps de concentration et auteur dun des tout premiers témoignages sur le traitement cruel et humiliant infligé aux détenus. Intitulé « Die Moorsoldaten », ce livre fut publié en 1935 par une maison dédition zurichoise. Langhoff fera partie, pendant toute la durée de la guerre, de lensemble du Schauspielhaus. Ensemble comptant parmi ses membres bon nombre dautres acteurs et metteurs en scène aux noms prestigieux (Leonard Steckel, Ernst Ginsberg, Leopold Lindtberg, Maria Becker etc.) qui, eux, avaient fui la persécution raciale du régime nazi.
Que des faits de ce genre soient passés sous silence dans les rapports Bergier est très fâcheux, mais pas dû au hasard. Cest en effet lexpression dune vision unilatérale, politiquement orientée : Ce qui dans le bilan politique et humanitaire des années de guerre pourrait être porté au crédit de la Suisse bourgeoise dalors ne semble pas digne dêtre rappelé par la Commission.
Dans son interview précité, J.-F. Bergier croit devoir, une fois de plus, traiter de nostalgiques du passé et de prisonniers dune « certaine mythologie » ceux qui sérigent contre son interprétation de lhistoire. Par cette prétention à linfaillibilité, contraire à léthique scientifique, cest pourtant lui qui fait preuve dune attitude que lon pourrait qualifier de rétrograde.
Traduction : Jacqueline Fehlmann