SLI 04 du 30 janvier 1997, Service libre information du PRD (Parti Radical Démocratique)
http://www.fdp.ch/PRD/SLI/sliO4_97.html
FLASH
Remarque de la rédaction : dans les derniers numéros, silence radio sur la crise et sur l'humiliation de Delamuraz.
Suite à la crise déclenchée par l'utilisation de l'affaire des fonds juifs, il est indispensable de redonner confiance au peuple. Le Conseil fédéral vient de faire un premier pas. II a pris position sur la décision du PS vis-à-vis de Jean-Pascal Delamuraz et de la démission de l'Ambassadeur Jagmetti.
Actualité
Démission Jagmetti et position du PSS
UNE POSITION CLAIRE DU GOUVERNEMENT
Le parti radical a pris connaissance avec satisfaction de la position du Conseil fédéral concernant la résolution adoptée par le comité central du parti socialiste et la demande de notre ambassadeur à Washington, M. Jagmetti, de remettre son mandat à la suite de la publication d'une analyse interne qu'il a formulée à l'intention de la "task force".
Voici le texte de sa déclaration:
Même si le Conseil fédéral reconnaît à tout parti politique le droit de prendre position et de formuler ses appréciations en toute liberté, il ne peut cependant pas accepter les reproches que le comité central du parti socialiste suisse formule à l'encontre du Conseiller fédéral Jean-Pascal Delamuraz. Ces graves reproches sont injustes et lèsent sérieusement l'autorité morale d'un de ses membres; ils sont en outre en contradiction avec l'activité de M Jean-Pascal Delamuraz au cours de ses 13 ans au Conseil fédéral, activité dictée par un esprit de tolérance et de profond respect les droits humains fondamentaux.
Quant à la publication d'un rapport interne de l'ambassadeur Jagmetti, le Conseil fédéral constate qu'une des tâches essentielles de nos chefs de mission est de formuler librement leur appréciation d'une situation Le Conseil fédéral condamne dès lors sans réserves la diffusion d'un tel document interne et a chargé le Ministère public de la Confédération de mener une enquête pour déterminer dans la mesure du possible le fautif. Cette "fuite" inexcusable est très grave Au-delà des effets immédiats, qui procèdent de la désinformation sur la politique quil mène dans la question des avoirs en déshérence, elle met en cause l'action de toutes nos missions diplomatiques. Même si certaines expressions utilisées par l'ambassadeur Jagmetti ne correspondent pas à la position adoptée par le Conseil fédéral, la décision de notre chef de mission à Washington de demander sa retraite anticipée mérite profond respect et reconnaissance. Un tel pas signifie que, fidèle à la mission quil a assumée pendant de longues années, M. Jagmetti met au premier plan les intérêts du pays.
Le Conseil fédéral est trop respectueux de la liberté de la presse pour porter une appréciation sur la décision de la "Sonntags.Zeitung" de publier certaines affirmations contenues dans le rapport interne de M Jagmetti et sur celle du Tages-Anzeige de divulguer la presque intégralité du rapport lui-même. Toutefois, ces faits soulèvent la question de fond de l'auto-responsabilité des médias Cette question mérite d'être approfondie par les journalistes eux-mêmes et par leurs organisations professionnelles. Le conseil fédéral invite dès lors le Conseil de la presse, organe de la Fédération suisse des journalistes, à examiner ce cas et, si nécessaire, à en tirer les conclusions qui simposent quant à l'application du code de conduite éthique de cette association professionnelle.
COM 30.01.97
Actualité
GARDER SA DIGNITE
Ça suffit, a envie de crier le peuple. Les fonds juifs en déshérence ne peuvent conduire à une crise politique, une crise de confiance, une crise de crédibilité. Il est temps de se ressaisir.
L'évidence a déjà été répétée dans ces pages, la lumière doit être faite; les erreurs réparées; la justice rendue. Personne ne le conteste. Mais de là à créer un malaise mental qui accable notre pays, qui entraîne des répercussions dans la vie politique intérieure et extérieure n'est-ce pas disproportionné? N'est-ce pas une erreur grave?
Pour que le peuple reprenne confiance, le Gouvernement doit garder sa dignité, prendre du recul, regarder les événements de l'intérieur Tout en respectant la conscience profonde de notre pays il n'est pas possible de gouverner par fuites et médias interposés Il n'est pas possible de gouverner en réagissant au quart de tour à chaque déclaration, position, accusation, qu'elles proviennent de l'extérieur ou de chapelles d'érudits politiciens qui pensent que leur parti lave plus blanc.
Au fil des événements, de leur utilisation à des fins particulières, il faut se demander si le Gouvernement ne s'est pas trop impliqué dans cette affaire? Et malheureusement en ordre dispersé.
Carlo Jagmetti a eu le courage de prendre ses responsabilités; face à l'impossibilité de remplir la mission confiée par son pays il a démissionné.
Devant les difficultés à gérer les problèmes déclenchés par les fonds juifs, non seulement le Conseil fédéral, mais l'ensemble de la classe politique, partis gouvernementaux en priorité, doivent avoir le cran de reconnaître que nous vivons une page grise de la collégialité. Pour maîtriser les crises, seule la réflexion puis les décisions d'un Gouvernement uni dans la collégialité permettront d'aller de l'avant.
Aller de l'avant, car on ne peut pas continuer à piétiner en s'accusant les uns les autres; en s'excusant, en démissionnant - ou encore en jugeant avec les yeux d'aujourd'hui, hors contexte historique (et avant les rapports des commissions) les imprécisions et erreurs d'une période de guerre.
Quel étrange spectacle donnons-nous au monde?
Aller de l'avant certes mais que veulent les socialistes par leur position concernant J,-P Delamuraz? Que veulent-ils une fois dans l'opposition, une fois avec le Gouvernement, selon ce qui les arrange?
Défendre son pays en reconnaissant les erreurs est légitime. Attaquer son pays en utilisant les erreurs à des fins intéressées ou comme manoeuvre de diversion est irresponsable.
Dans cet imbroglio, le Conseil fédéral ne peut laisser la confiance du peuple s'effriter encore, il ne peut pas laisser notre pays être discrédité à l'étranger.
Lors de sa dernière séance hebdomadaire le Conseil fédéral a mis les points sur .i. Une position claire, enfin, en relation avec l'actualité Des questions d'ensemble sont soulevées par ces fonds juifs A ses membres de régler les problèmes liés à la collégialité, de prendre du recul par rapport aux événements. Et quand il y aura quelque chose à dire que le Gouvernement le dise, Ce pays a besoin de projets d'avenir et non d'un thérapie collective.
Monique Pichonnaz Oggier 30.0.1997
Actualité
La démission de l'Ambassadeur Jagmetti
REGRETTABLE
Le Parti radical-démocratique Suisse regrette la décision de l'Ambassadeur suisse auprès des USA de démissionner avec effet immédiat, Il condamne toutes les tentatives qui sont faites d'affaiblir la position suisse au moyen d'indiscrétions ciblées.
Pour le PRD Suisse, l'excitation qui s'est manifestée ce week end dernier au sujet d'un document stratégique interne de l'Ambassadeur Jagmetti, et disproportionnée, inadéquate et montée en épingle Le document en cause est dans son ensemble parfaitement équilibré. Il est donc malhonnête d'en reproduire uniquement certains passages sans référence au tout.
En rédigeant son rapport, l'Ambassadeur Jagmetti n'a fait que remplir son devoir de représentant de la Suisse aux Etats-Unis. Il avait tout à fait le droit de rédiger sou appréciation de la situation en mots clairs. De ce point de vue aussi, sa démission est regrettable.
Aux yeux du PRD, le véritable scandale est l'indiscrétion qui a conduit à la publication de ce document interne. Le PRD condamne toute indiscrétion utilisée comme moyen de pression politique. Cela rend impossible, à longue échéance, le travail dans l'administration et la politique
COM 30.10.97
Actualité
CRISE OU GABEGIE DE COMMUNICATION
Après une longue période où nous pouvions administrer nos affaires avec bonheur et discrétion,. nous voici plongés dans une rupture totale avec le passé sur les plan économique et politique.
En ce qui concerne la communication, on est tenté de paraphraser une ancienne formule, en disant: Faites-moi de la bonne politique et je vous ferai une bonne information.
Il est fâcheux de constater qu'il y a des carences graves des deux côtés. Au niveau politique, on continue de pratiquer la langue de bois en lénifiant la situation réelle et sa gravité. Quant aux acteurs. souvent désireux de récupérer la donne à leur profit, ils fourmillent et se profilent dans le désordre. Il n'y a pas de leadership. Par contre, on crée des task forces dont l'appellation anglophone ne gomme pas entièrement le côté tâcheron.
Au lieu de reconnaître que la bonne politique est celle qui anticipe sur ce qui est devenu nécessaire, on persiste à remettre les décisions au lendemain. De fâcheux retards en résultent, qui laissent la place aux parasites. Indiscrétions. scoops. coups de marketing politique et bancaire prolifèrent La mine blafarde des porte-paroles s'allonge, la confusion règne.
A Berne, j'entends toujours quon étudie, qu'on met en place des structures adéquates, qu'on s'efforcera de faire mieux. Et si on passait enfin de l'anamnèse au diagnostic et à l'action on pourrait ainsi :
1) reconnaître l'étal de crise et gouverner en conséquence. En clair, cela voudrait dire que la vraie politique prendrait le pas sur les manoeuvres politiciennes et les affaires marchandes.
2) mettre une voix autorisée à la place des bruits actuels. La présidence de la Confédération se constituerait ainsi en porte-parole à chaque fois que la majorité du Conseil fédéral reconnaît à un événement une masse critique d'importance ou de potentialité de dégâts et les ministres pris individuellement feraient l'économie de leurs commentaires.
3) convoquer les médias pour interrompre la course aux indiscrétions et aux scoops, car la presse elle-même ne peut avoir d'intérêt bien compris à perpétuer la cacophonie et la course au sensationnel. Elle s'y essoufflera, tout comme le pays.
Peler Tschopp. Conseiller national 30.01.97