26 janvier 1941, Churchill demande un projet de bombardement de la Suisse

Etonnante information! Mais le projet pourtant jugé attractif par la Royal Air Force restera sans suite. A la question de Serge Gumy “Si Churchill avait mis ses plans à exécution, Hitler n’aurait-il pas été tenté d’envahir la Suisse pour contrôler l’axe Nord-Sud? Michael Bloch répond simple spéculation. Quant aux commentaires, ils révèlent l'incompréhension de la neutralité et le fait que du charbon allemand livré à l'Italie n'était pas transporté par la Suisse, mais y transitait, ce qui n'est pas la même chose!


En 1941, Winston Churchill voulait bombarder la Suisse!

GUERRE MONDIALE | Le premier ministre britannique était prêt à violer la neutralité helvétique pour stopper les trains de charbon entre l’Allemagne et l’Italie.

Tout ce que je peux vous donner est du sang, de la peine, des. larmes et de la sueur!

Winston Churchill, le 13 mai 1940, devant la Chambre des Communes

© World War Pictures | Le premier ministre britannique Winston Churchill avait demandé à la Royal Air Force de planifier le bombardement des trois lignes de chemin de fer nord-sud entre l’Allemagne et l’Italie: le Simplon et le Gothard en Suisse, le Brenner en Autriche annexée.

Tribune de Genève, Serge Gumy, samedi 12 décembre
http://www.tdg.ch/actu/suisse/1941-winston-churchill-voulait-bombarder-suisse-2009-12-11

Daté du 26 janvier 1941, le document est signé W. S.?C. Trois lettres pour Winston Spencer Churchill. Dans cette note, tirée de ses archives personnelles par le politologue genevois Michael Bloch, le premier ministre britannique charge le Ministère de l’aviation de planifier le bombardement des trois lignes de chemin de fer nord-sud entre l’Allemagne et l’Italie.

Ces tronçons – le Simplon et le Gothard en Suisse, le Brenner en Autriche annexée – jouent un rôle stratégique durant la Seconde Guerre mondiale. L’Allemagne de Hitler les utilise pour acheminer vers l’Italie de Mussolini le charbon nécessaire à son effort de guerre: 200'000 tonnes par semaine, selon les estimations de Churchill. «Il est évidemment de la plus haute importance que cela soit empêché par tous les moyens, écrit-il. Au vu de la nature montagneuse du pays à travers lequel passent les lignes de chemin de fer, ce devrait être faisable. Merci de me fournir un rapport sur ce qui a été fait et sur ce qui sera fait.»

Les montagnes auraient compliqué la tâche

Le pays montagneux que vise Churchill est bien la Suisse, cette Suisse qu’il glorifiera en 1944 dans une note interne: «De tous les pays neutres, la Suisse est celui qui a le plus grand droit à être mis en exergue.» Trois ans plus tôt, le lion britannique est pourtant prêt à s’asseoir sur cette neutralité que Londres a reconnue à son entrée en guerre. Non que les Britanniques aient quoi que ce soit à reprocher aux Suisses: en acceptant le passage de convois, ceux-ci ne violent pas les obligations liées à leur neutralité. «Dans les sources que j’ai consultées, rien n’indique que les Anglais pensaient alors que les Suisses en faisaient trop en faveur de l’Axe», confirme Michael Bloch.

Le charbon de la Ruhr n’en pose pas moins un problème à Churchill. D’où ses instructions données au Ministère de l’aviation et à celui de la conduite économique de la guerre. Dans sa réponse, le second qualifie le projet d’«idée très attractive». En s’attaquant aux montagnes environnantes, les avions de la Royal Air Force pourraient provoquer des éboulements et interrompre le trafic ferroviaire. Aucun lieu n’est explicitement nommé.

Le Ministère de l’aviation finira toutefois par décliner cette hypothèse. Les montagnes compliqueraient la tâche des bombardiers qui devraient en plus s’enfoncer en territoire ennemi (Allemagne ou France occupée). Il privilégie donc des attaques sur les gares de triage entre le bassin houiller de la Ruhr et la frontière suisse. De son côté, le Ministère pour la conduite économique de la guerre fait savoir à Churchill qu’il prépare depuis 1940 des opérations de sabotage. Son idée: infiltrer en Suisse des agents britanniques censés y recruter des cheminots CFF socialistes et leur confier le matériel nécessaire pour faire sauter les lignes ferroviaires entre l’Italie et l’Allemagne. Là aussi, les Britanniques en resteront au stade de la planification, certes sérieuse.

Eloge de la Suisse

La Suisse, sans se savoir menacée, a donc échappé aux bombes alliées – si on excepte les terribles méprises à Schaffhouse, Bâle et Zurich. Si Churchill avait mis ses plans à exécution, Hitler n’aurait-il pas été tenté d’envahir la Suisse pour contrôler l’axe Nord-Sud? Simple spéculation, répond Michael Bloch. A défaut d’opérations militaires, les Alliés augmentèrent la pression politique sur le Conseil fédéral, jusqu’à obtenir de sa part, en février 1945, l’arrêt des convois de charbon.

«Ces plans de bombardement montrent que la neutralité n’avait pas grande valeur aux yeux de Churchill, résume Michael Bloch. Stopper les livraisons de houille à l’Italie constituait pour lui une obsession stratégique.» Quant à son éloge de la Suisse de 1944, il est à replacer dans le contexte de la guerre froide naissante. «Après avoir envisagé de la violer, Churchill instrumentalise la neutralité pour rallier la Suisse dans le camp de l’Ouest. Il n’est donc pas le bon témoin de la neutralité, n’en déplaise à Christoph Blocher qui le cite volontiers dans ses discours.»


Commentaires

Par magix le 12.12.2009 - 14:27

Cela prouve une fois de plus l'hypocrisie de la Suisse qui à l'époque se disait neutre mais gagnait de l'argent en transportant le fret Nazi entre l'Allemagne et l'Italie !
...
Il y a quelques semaines, les Suisses ont décidé de continuer dans l'hypocrisie en voulant continuer à fabriquer et vendre des armes !

* Par schön le 12.12.2009 - 16:14

les suisses ne transportaient pas ils laissaient passer les trains .vaut lire

* Par SamTT256 le 12.12.2009 - 15:50

Et ouais Magix... avant d'écrire des conneries on se renseigne !

* Par mouais le 12.12.2009 - 15:41

Cela prouve une fois de plus l'hypocrisie de la Suisse qui à l'époque se disait neutre mais gagnait de l'argent en transportant le fret Nazi entre l'Allemagne et l'Italie !
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Définition de la neutralité : État d'une puissance qui ne prend point parti entre deux ou plusieurs autres puissances qui sont en guerre.
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Empêcher le fret = prendre parti pour les Alliés... donc plus de neutralité.
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De plus, la Suisse a tout autant (et même plus) commercer avec les Alliées qu'avec les forces de l'Axe.
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Il y a quelques semaines, les Suisses ont décidé de continuer dans l'hypocrisie en voulant continuer à fabriquer et vendre des armes !
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Neutralité et ventes d'armes ne sont pas incompatible... cf. Conventions de La Haye qui précise bien: "Une Puissance neutre n'est pas tenue d'empêcher l'exportation ou le transit, pour le compte de l'un ou de l'autre des belligérants, d'armes, de munitions, et, en général, de tout ce qui peut être utile à une armée ou à une flotte."

* Par oussama le 12.12.2009 - 10:21

Parce que la neutralité à plus de valeur aujourd'hui ?
- Livrer des armes au Pakistan, à Israël ou au Togo ne tache pas la blanche croix ?
- Bande d'hypocrites, va, je me réjouis de vous voir mugir de honte quand tout votre beau scénario faux-cul s'écroulera !
- Oussama

* Par schön le 12.12.2009 - 16:17

la neutralité n'interdit pas de fabriquer et vendre des armes ,elle demande de répondre aux demandeurs de la même façon sans discrimination.la Suisse ne vend pas d'armes aux pays en guerre

* Par SamTT256 le 12.12.2009 - 12:43

On a toujours été neutre, on à toujours vendu des armes, on a toujours fournis des mercenaires aux armées de nos voisins.....

Et ca a toujours été la volonté du peuple à la majorité. On ne vous demande pas d'aimer notre système, mais de le respecter.

Si vous habitez en Suisse, pourquoi rester dans un pays qui ne vous plait pas ?

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