Il est fini le temps où le Congrès Juif Mondial pouvait proférer n'importe accusation même diffamatoire ou calomnieuse contre la Suisse. Enfin, à force de faire de la surenchère, le directeur du Congrès Juif Mondial commence à reçevoir justement la monnaie de sa pièce.
5 ans après, on attend toujours une réponse du Congrès juif mondial.
Lettre ouverte du «Groupe de travail histoire vécue» au président du Congrès juif mondial
Pendant la guerre, la Suisse n'a eu qu'une très faible marge de manoeuvre
Entreprise romande, No 2838, 25.03.05
Le président du Congrès juif mondial, Israël Singer, ayant pris prétexte du 60e anniversaire de l'Holocauste pour stigmatiser à nouveau le «crime» de la neutralité suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, Frank Bridel a montré le 25 février 2005 dans ce journal l'Impact négatif pour la Suisse d'un «rapport Bergier» superflu et excessif. Le «Groupe de travail nistoire vécue» a de son côté adressé à fin février dernier une lettre ouverte à M. Singer, dont nous venons de recevoir copie et que nous publions ci-après.
Monsieur le président, Lors de la cérémonie commémorative de l'Holocauste, le 25 janvier à Berlin, vous avez qualifié de crime la neutralité de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale.
Parlant au nom de milliers de Suisses de la génération de la dernière guerre, donc de témoins de l'époque, le Groupe de travail histoire vécue réfute de la manière la plus catégorique cette affirmation monstrueuse. Celle-ci est d'autant plus révoltante que vous faites partie des personnalités internationales qui connaissent parfaitement les circonstances historiques dans lesquelles s'est déroulée la Seconde Guerre mondiale.
Quiconque est familier de l'environnement historique à l'époque de la guerre sait que sa neutralité était l'unique stratégie capable d'assurer la survie de la Suisse, sur la voie étroite entre résistance et adaptation. C'est en définitive grâce à cette politique que nous avons pu échapper à la guerre et survivre, tel un îlot, dans la démocratie et l'indépendance.
Comme témoins de l'époque, nous nous souvenons de manière précise du soin qu'a toujours mis le Conseil fédéral, soutenu par les médias, à respecter dans toutes ses décisions les règles du droit des gens et de la neutralité. Soumis à la pression massive des deux camps belligérants, il s'est vu contraint de faire des concessions tant d'un côté que de l'autre. Toutes ses décisions ont été le reflet de sa détermination à tenir la Suisse à l'écart du conflit.
Si la Suisse n'avait pas été neutre et si elle avait été entraînée dans la guerre, des milliers de Juifs, qu'ils aient été suisses ou réfugiés dans notre pays, auraient été victimes des nazis. Les milliers qui se trouvaient à l'étranger et qui ont pu être sauvés par des institutions ou des personnalités suisses grâce à notre neutralité auraient subi le même sort. A ce propos, nous rappelons aussi la solidarité que les Suisses de confession juive ont rencontrée dans notre pays.
Bien que la Suisse ait accueilli des dizaines de milliers de réfugiés juifs, plusieurs milliers ont certes dû être refoulés, notre pays n'ayant pas eu d'autre choix, dans sa lutte pour la survie. «La barque est pleine!» pensait à cette époque la grande majorité du peuple suisse. Devant le flot croissant de réfugiés, on craignait la famine et le chômage, sans parler de la menace d'une invasion allemande.
Ne disposant que d'une marge de manoeuvre étroite, notre gouvernement devait prendre en considération, dans ses décisions politiques, non seulement les risques réels mais aussi les dangers perçus en fonction d'indices parfois non vérifiables. il en va de même aujourd'hui pour le Conseil fédéral, dont les decisions doivent tenir compte de la crainte suscitée par les dangers de l'énergie atomique ou du génie génétique. La politique en partie restrictive suivie à l'égard des réfugiés était également une conséquence des peurs ressenties par la population.
Pour nous aussi, qui avons été témoins de la tragédie de la Seconde Guerre mondiale, le sort des victimes de l'Holocauste figure au nombre de nos préoccupations. C'est pourquoi nous attendons du Congrès juif mondial qu'il s'emploie pour que les millions dont l'origine remonte à l'accord conclu avec les banques suisses soient versés sans retard aux ayants droit.
Pour terminer, nous aimerions que vous ayez à l'esprit que la provocation et la démagogie, quels que soient les buts visés, n'ont pas leur place dans ce domaine politique sensible et ne contribuent en rien à la solution des problèmes et à la nécessaire réconciliation, qui devrait être notre souci commun.
Au nom du Groupe de travail histoire vécue:
Hans-Georg Bandi, Dr hc, professeur émérite
Martin Burckhardt, professeur, architecte dipl. EPFZ, ancien conseiller national
Kurt Bolliger, ancien cdt de corps, ancien président de la Croix-Rouge suisse
Heinz Langenbacher, Dr en droit, ancien ambassadeur