Stuart Eizenstat a usé (abusé) de sa fonction de Secrétaire dEtat, avec la bénédiction de Bill Clinton, pour participer à l'opération de calomnie contre la Suisse.
Cet interview constitue un sommet de l'hypocrisie et de la mauvaise foi: «Le fait que cette couverture ait été interprétée comme une attaque contre la Suisse ou contre son drapeau ma été très pénible». Alors, il ne fallait pas le publier!
«Celui de la Banque nationale qui accepte de lor volé durant la Deuxième Guerre mondiale et qui refuse de le rendre après.» Et l'or des morts récupérés par l'armée américaine, il n'a toujours pas été restitué!
Qu'est devenu Stuart Eizenstat, sa ville besogne accomplie?
Lex-Secrétaire dEtat Stuart Eizenstat sexplique
swissinfo 9 mars 2003 14:03
Pour Stuart Eizenstat, il est temps que les Suisses se fassent à l'idée que leur pays a joué un rôle ambigü durant la guerre. Stuart Eizenstat défend la couverture controversée de son ouvrage sur le rôle de la Suisse durant la Deuxième Guerre mondiale. Dans un entretien exclusif accordé à Robert Brooks de swissinfo, lancien Secrétaire dEtat américain estime quelle est un reflet précis de lhistoire.
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Pour Stuart Eizenstat, il y a malentendu. La couverture de «Imperfect Justice» nest pas une attaque contre la Suisse. La couverture en question qui montre un drapeau suisse flanqué dune croix gammée formée de lingots dor - avait choqué la Suisse.
Au point que le ministre suisse des Affaires étrangères Joseph Deiss avait même envisagé dactionner la justice pour stopper la publication de «Imperfect Justice», le livre de lancien Secrétaire dEtat américain.
Le contenu de louvrage lui-même porte nettement moins à controverse que sa couverture originale. Il s'attarde sur la question des comptes juifs en déshérence et décrit la lutte menée par les survivants de lHolocauste pour recouvrer leurs actifs. Une lutte dans laquelle Stuart Eizenstat a joué un rôle important. Et qui a débouché en 1998 sur la signature dun accord global entre les banques suisses et les organisations juives.
La couverture controversée (voir Eizenstat fait un bide)
swissinfo: Comment avez-vous ressenti la réaction de colère des Suisses face à la couverture de lédition anglophone de «Imperfect Justice»?
Stuart Eizenstat: Jai été blessé et peiné. Pour moi, cette couverture avait une signification claire. Elle évoquait le rôle joué par la Banque nationale suisse, qui a accepté du butin nazi sous forme de lingots dor durant toute la guerre. Le fait que cette couverture ait été interprétée comme une attaque contre la Suisse ou contre son drapeau ma été très pénible. Dautant que jai une relation positive et de longue date avec la Suisse.
La nouvelle ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey estime que ce dossier est clos. Jen suis heureux. Et lensemble des journalistes et des lecteurs suisses qui ont lu mon livre ont estimé quil était honnête et impartial. Quant aux couvertures des versions allemande et française de «Imperfect Justice», elles seront totalement différentes de loriginale.
swissinfo: Il était prévisible quune croix gammée formée de lingots dor sur le drapeau suisse allait enflammer les Suisses
S. E.: Pas si on avait bien compris le but de cette illustration. Les lingots dor sont, en loccurrence, un symbole. Celui de la Banque nationale qui accepte de lor volé durant la Deuxième Guerre mondiale et qui refuse de le rendre après.
Quoi quil en soit, la leçon a été rude pour moi. Lorsquon utilise un symbole sensible, il faut envisager le fait quil soit mal interprété.
swissinfo: Vous avez loué Jean-François Bergier pour son travail sur le rôle joué par la Suisse durant la guerre. Or, ce dernier juge fausse et outrageuse la couverture de votre livre qui suggère une complicité entre la Suisse et les Nazis
S. E.: Le fait est que la Suisse a joué un rôle très ambigu durant la guerre. Il est temps que les Suisses se fassent, une fois pour toutes, à cette idée.
Dailleurs, selon le rapport Bergier, la Suisse a bel et bien violé sa propre neutralité de façon répétée.
Comment? Notamment, en livrant des armes à lAllemagne nazie, en recourant au travail forcé dans ses entreprises et, plus important, en acceptant de lor dont elle connaissait lorigine.
Pour moi, les choses sont claires. Je respecte le travail de M. Bergier. Et je suis désolé quil ait une autre opinion sur cette question.
Le plus important, cest que les gens lisent à la fois mon livre et le rapport de Jean-François Bergier afin quils puissent se faire leur propre avis sur lHistoire.
Et, à certains égards, je pense que les Suisses ont déjà commencé à le faire.
swissinfo: Dans votre livre, vous avez des mots très durs sur la «passivité» - comme vous lappelez - du gouvernement suisse dans laffaire des comptes dormants. Pourquoi?
S. E.: Dans les pourparlers que jai menés avec la Suisse, lAllemagne, lAutriche et la France, le gouvernement suisse est le seul à avoir refusé de sinvestir dans les négociations.
Le gouvernement allemand a négocié avec son secteur privé. Celui de la France a fait pareil. Et ils ont contribué de manière substantielle au règlement des plaintes collectives.
Dans le cas helvétique, les privés se sont retrouvés seul à devoir assumer laccord, y compris le montant de la facture, soit 1,25 milliards de dollars.
Franchement, à propos de lattitude de la Suisse durant la guerre, je crois que les critiques auraient dû être adressées à la Banque nationale suisse et pas aux banques privées.
Or, la BNS na contribué en rien au règlement de laffaire. Pas plus que le gouvernement suisse. Qui na dailleurs même pas reconnu formellement laccord global de 1998.
Interview swissinfo: Robert Brookes, Washington, (traduction: Pierre-François Besson)
En bref
- Stuart Eizenstat a joué un rôle clé dans la lutte menée par les survivants de lHolocauste pour recouvrer leurs actifs.
- Il a notamment participé aux négociations avec la Suisse, l'Allemagne, l'Autriche et la France.
- En 1998, cette lutte a mené à la signature dun accord global entre les banques suisses et les organisations juives.
- Aux termes de cet accord, UBS et CSG ont accepté de verser 1,25 milliard de dollars dans un fonds d'indemnisation.
- Le livre "Imperfect Justice" (en anglais)
- Commission Bergier