Discours du 1er Août controversé: Excuses réclamées à Ferrazino

Geneve Home Information, François BAERTSCHI, 2.10.03
Les libéraux sont choqués par les “propos injustifiables” tenus par le Maire de Genève sur la Suisse

Christian Ferrazino (Alliance de gauche), communiste, s'indigne contre la Suisse mais a toujours oublié les centaines de millions de victimes des régimes communistes passés et actuels.


Christian Ferralino va-t-il s'excuser publiquement?

Le discours de Christian Ferrazino, le 1er août aux Bastions, a soulevé de nombreuses vagues et des indignations. Imposant aux auditeurs une lecture très particulière de l'Histoire suisse pendant la seconde guerre mondiale, le maire de Genève a donné lieu à un débat (article de GHI du 14 août dernier, “Deux visions de la Suisse”). Mais aussi, par ses réflexions à l'emporte-pièce, il a choqué. Les conseillers municipaux libéraux réagissent au texte de Christian Ferrazino (Alliance de gauche) publié dans le programme de la Fête du 1er Août, largement distribué. Il indiquait notamment qu'“il est apparu que la coopération des dirigeants de l'économie et de la finance suisse avec le Ille Reich avait été le facteur essentiel préservant la Suisse d'une invasion allemande pendant la période 1940-1945”. Ces propos font bondir ces représentants de l'opposition municipale: “Ce fut l'occasion pour notre maire de faire paraître un manifeste indigne même des plus grands pourfendeurs de l'histoire suisse terrés en quelques études d'avocats new-yorkaises dont l'âpreté au gain plus que la recherche de la justice, voire de la vérité, a déjà fait couler beaucoup d'encre des deux côtés de l'Atlantique.”

“ Réécrire l'histoire ”

Il est vrai qu'en voulant se transformer en historien très amateur, Christian Ferazino pris des risques. Et les libéraux le lui font remarquer en termes cinglants: “Le privilège des grands hommes politiques a été de faire l'histoire, c'est l'orgueil des pires que de la réécrire à la faveur des idées qu'ils professent espérant vainement les voir inscrites dans une durée qu'ils s'inventent. Les propos ici rapportés sont indignes d'un élu qui, plus est, est le maire en exercice de la Ville de Genève. Plus grave, ils sont une insulte à la nation à l'occasion de la fête nationale.” Et de renvoyer Christian Ferrazino aux travaux des historiens, qui ont fait un immense travail sur la question et sont restés beaucoup plus nuancés. Mais surtout, les libéraux ne peuvent supporter la mise en cause de l'honnêteté de l'ensemble de la population suisse. Il ne faut bien entendu pas confondre les malhonnêtetés et responsabilités des uns ou des autres.

Excuses officielles

Ces représentants de l'opposition municipale demandent dans leur motion que le Conseil administratif s'excuse publiquement dans la presse genevoise et la “Feuille d'avis officielle”, “à l'intention de l'ensemble des citoyens qui ont été blessés par le message du maire”. Peut-on mépriser une génération qui a vécu les privations de toutes sortes (il y avait des cartes de rationnement, ce que n'a jamais connu Christian Ferrazino), les journées de mobilisation aux frontières, et le soutien discret de nombreux Suisses à la Résistance ou aux alliés?

Ce n'est pas un hasard si le Britannique Churchill, un grand homme d'Etat lui, a reconnu toute la difficulté de la Suisse pendant cette période et a soutenu notre pays. Certains ont une vision un peu plus haute qu'au ras des pâquerettes.. .

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