Kadhafi a été déclaré “prix Nobel du terrorisme”

Tout à fait vrai, mais Kadhafi a fui le discours de M. Fini lui reprochant de mettre sur le même plan les Etats-Unis et le terrorisme et lui aurait demandé d'autoriser une délégation de députés italiens à se rendre dans les camps de rétention d'immigrants clandestins en Libye pour s'y assurer de la situation des droits de l'Homme.


Malgré son costume de clown, Khadafi est dangereux


Kadhafi à Rome: on a frôlé l'incident diplomatique

Kadhafi à Rome le 12 juin; Libération (Alessandro Bianchi / Reuters)

La visite “historique” de Mouammar Kadhafi en Italie a permis de clore formellement la page du contentieux colonial entre les deux pays mais le séjour du dirigeant libyen s'est achevé dans la polémique et a frôlé l'incident diplomatique.

Après deux heures de vaine attente le président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini, a annulé vendredi soir sous les applaudissements une réunion où le colonel Kadhafi ne s'était pas présenté alors qu'il devait y prendre la parole devant plusieurs centaines de députés et de personnalités. L'imprévisible chef de l'Etat libyen n'a ni expliqué son absence, attribuée par l'ambassade de Libye à “la prière du vendredi”, ni présenté d'excuses aux députés italiens.

La presse italienne avançait samedi l'hypothèse que le président Kadhafi n'avait pas voulu entendre certaines parties du discours que devait prononcer M. Fini. Selon le texte du discours, M. Fini lui aurait reproché de mettre sur le même plan les Etats-Unis et le terrorisme et lui aurait demandé d'autoriser une délégation de députés italiens à se rendre dans les camps de rétention d'immigrants clandestins en Libye pour s'y assurer de la situation des droits de l'Homme.

Pour clore l'incident, Silvio Berlusconi s'est rendu dans la nuit de vendredi à samedi sous la tente du colonel, dressée dans les jardins de la villa Pamphili. Selon l'entourage du chef du gouvernement, le leader libyen lui aurait réaffirmé que “l'Italie était un pays ami”.

Dés son arrivée mercredi, le leader libyen avait eu une attitude provocante en arborant sur un uniforme militaire chamarré d'or une photo d'Omar Al-Mokhtar, un héros de la résistance libyenne, surnommé le “lion du désert”, au moment de son arrestation en 1931 par le régime fasciste de Mussolini. Le colonel avait ensuite insisté lourdement sur le fait que sa visite n'avait été possible que parce que Rome avait présenté des “excuses” pour la période coloniale.

Jeudi, au grand embarras de ses hôtes, il s'en était pris aux Etats-Unis pour leur intervention contre la Libye en 1986, les accusant de s'être comportés “comme ben Laden”.

Tout en condamnant sans ambiguïté la condition des femmes dans le monde arabe et musulman, le colonel avait regretté vendredi qu'elles soient considérées “comme des meubles” que l'on peut déplacer à volonté sans devoir en répondre devant qui que ce soit.

Mais le leader libyen a lui aussi du avaler quelques couleuvres notamment quand il a été privé de l'honneur de s'exprimer dans l'hémicycle du Sénat. L'opposition menaçait de boycotter le discours du “prix Nobel du terrorisme” s'il était autorisé à parler dans un lieu où même le dalaï-lama, prix Nobel de la Paix, n'avait pu s'exprimer. Les défenseurs des droits de l'Homme ont manifesté à plusieurs reprises contre sa présence et quelques échauffourées sans gravité les ont opposés aux forces de l'ordre.

Sur le plan des échanges commerciaux italo-libyens, en revanche, la visite de Kadhafi a été plus réussie même si aucun nouveau contrat n'a été annoncé. “Les entreprises italiennes auront la priorité en Libye” a assuré le colonel devant les patrons italiens de la Confindustria. L'Italie est le premier client et premier fournisseur de la Libye. Tripoli est notamment devenu le deuxième actionnaire de l'une des principales banques italiennes, Unicredit et a manifesté son souhait d'acquérir une part importante du géant pétrolier Eni.

Vos commentaires

24 commentaires affichés et 0 en attente de modération.
diogenedevesenaz (103)Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
Grands fous.
"Silvio Berlusconi s'est rendu dans la nuit de vendredi à samedi sous la tente du colonel" (qu'il ne faut pas confondre, d'ailleurs, avec le chapiteau du cirque. Huhuhu). Hmmm, ce Cavalimero est vraiment un sacré bourrin... Il ne reculera devant aucun sacrifice, aucune…
Samedi 13 juin à 19h27

gile (388)Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
Bof
Je lis ici et là des posts qui critiquent ces gouvernements européens qui donnent à Khadafi l'illusion de croire qu'il est important. C'est plus compliqué que ça. Les affaires commerciales obligent à un certain "réalisme". Mais ne nous y…
Samedi 13 juin à 17h58

aceofspades (272)Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
Après que
Ronnie Reagan a failli le buter en 86, on ne l'avait plus entendu pendant vingt ans. Maintenant, on ne voit plus que ce type déguisé en portier d'hôtel napolitain...Peut-être faudrait-il en remettre une deuxième couche...
Samedi 13 juin à 17h53

johnnymacload (423)Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
Tel père tel fils
Hannibal se comporte comme une racaille de banlieue et le père n'est pas mieux. C'est leurs citoyens qui doivent vivre un enfer quotidien. Encore un pays arabe où il fait bon de vivre.
Samedi 13 juin à 16h25

becimol (3)Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
rapt avec séquestration
les infirmières bulgares et le médecin palestinien enlevés, séquestrés, torturés sans que personne pas même les intellectuels libyens n'ait osé non pas demander des comptes mais ne serait-ce qu'évoquer le cas, passés aux oubliettes…
Samedi 13 juin à 16h18

hebilhichri (7)Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
intélligence
Berlusconie est trés intéligent il évite le conflit avec Kadhafi malgré les incidents diplomatique car il pense au pétrol de la lybie et l'investissement que doit faire l'Italy pour en tirer profit
Samedi 13 juin à 16h10

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