Jérusalem-est: des Palestiniens contraints de démolir eux-mêmes leur maison
Que fait l'Onu? Quant à Hillary [elle] Clinton critique, juste pour la forme, pour faire croire que la politique américaine serait équitable .
Jérusalem-est: des Palestiniens contraints de démolir eux-mêmes leur maison
PROCHE-ORIENT | Des milliers d'habitants vont se retrouver sans toit, faute d'un permis qui ne leur a pas été accordé.

© KEYSTONE | Palestiniens et ONG accusent Israël de vouloir vider Jérusalem-Est de sa population arabe.
Tribune de Genève, AFP | 22.06.2009 | 09:46
"Vous voulez quon détruise notre maison et quen plus on paie pour ça ?". Fatima Ghosheh est révoltée. Forcée de détruire sa maison à Jérusalem-est, elle doit en plus en financer la démolition.
"Ils sont venus à 7H00 du matin pour démolir", raconte cette mère de quatre enfants. "On leur a dit quon préférait le faire nous-mêmes. Car ils voulaient nous faire payer les frais", sinsurge-t-elle. Selon elle, la mairie leur a laissé le choix entre tout casser par eux-mêmes, ou payer 100'000 shekels (18.250 euros) pour la démolition.
Permis "refusés aux Palestiniens"
Plusieurs familles palestiniennes de la Vieille ville, sous occupation israélienne, ont reçu un ordre similaire de la mairie car leur maison a été construite ou agrandie sans autorisation. Mais, se défend Fatima, 28 ans, "on a fait une demande pour les travaux. Le problème est que les permis sont systématiquement refusées aux Palestiniens".
"Les constructions sans permis sont illégales", justifie-t-on à la municipalité de Jérusalem. LONU affirme que 1'500 ordres de démolition ont à ce jour été émis à Jérusalem-est pour des maisons construites sans permis. Selon le porte-parole du maire Nir Barkat, élu en novembre 2008, ces ordres ne visent pas les seuls Palestiniens mais "tous les résidents et tous les emplacements, de manière équitable".
"Bien sûr quil y a une discrimination", répond Meir Margalit, du Comité israélien contre les destructions de maisons, une ONG israélienne. "Il y a une discrimination claire et systématique" de la part des responsables politiques israéliens, affirme-t-il.
Un monde entre la théorie et la pratique
En théorie, les paramètres pour délivrer les permis de construire sont les mêmes pour tous à Jérusalem. Il relèvent du plan daménagement du territoire, et les permis sont refusés pour les maisons situées en zone qualifiée de "verte".
Dans les faits, la majeure partie de Jérusalem-est se trouve dans une telle zone, contrairement à Jérusalem-ouest, relève Meir Margalit. "Cest une décision politique. Ils (n.d.l.r.: les Israéliens) ne donnent pas de permis. Ils ne disent jamais refuser parce que vous êtes Palestinien, mais parce que les permis ne peuvent être délivrés en zone verte", assure-t-il.
Dans son Lexique sur les démolitions de maisons à Jérusalem-est, lONG Ir Amim (Ville des peuples) explique que "depuis 1967, le principal moyen pour bloquer les constructions palestiniennes à Jérusalem-est a été la planification afin de maintenir une large majorité israélienne dans la ville". Selon elle, sur les 85 démolitions ordonnées par la mairie en 2008, 27 étaient "volontaires".
Hillary Clinton critique
La secrétaire dEtat américaine Hillary Clinton a critiqué la politique israélienne de démolition de logements palestiniens érigés ou agrandis sans permis, la jugeant contraire à la "Feuille de route", qui prévoit une solution à deux Etats pour mettre fin au conflit israélo-palestinien.
Selon lOffice de lONU pour la coordination des activités humanitaires (OCHA), quelque 60'000 Palestiniens seraient menacés de perdre leur logement si toutes ces constructions étaient rasées.
LOCHA affirme que seulement 13% de la superficie de Jérusalem-est est réservé à la construction palestinienne, et que la politique israélienne de construction "engendre un déficit de 1'100 logements par an dans les communautés palestiniennes de Jérusalem-est".