Le terrorisme intellectuel sioniste atteint de tel sommet que certains Juifs tentent de s'y opposer

La politique sioniste qui provoque sang et larmes depuis plus de soixante ans au Proche-Orient devient suicidaire pour Israél. Mais la tenaille des organisations et réseaux sionistes en a brisé plus d'un, instrumentalisant l'Holocauste, accusant d'antisémitisme toute critique, cette guerre n'est pas prête de s'arrêter.


Juif d’Europe, ami et critique d’Israël

Le Temps, Frédéric Koller, Editorial, samedi 15 mai 2010

«L’Appel à la raison» signé par des intellectuels juifs vivant en Europe exprime une légitime volonté de ne plus être instrumentalisé par un Etat juif qui prétend parler en leur nom

Comme J Street aux Etats-Unis, l’apparition de JCall pourrait marquer une étape significative de l’histoire récente de la diaspora juive en Europe. JCall, c’est au départ un groupe d’intellectuels dont l’«Appel à la raison» mis en ligne depuis deux semaines a récolté plus de 5500 signatures. Son but? Rappeler que la poursuite de la colonisation israélienne dans les territoires occupés et à Jérusalem-Est mène le pays au bord du gouffre et que la paix ne pourra s’établir que sur la base de la création de deux Etats.

Rien de très original? Ce texte dit pourtant deux choses essentielles. Premièrement, des voix libérales juives, jusqu’ici dispersées, s’associent pour énoncer cette vérité crue: «l’alignement systématique sur la politique du gouvernement israélien est dangereux». Il l’est d’autant plus quand ledit gouvernement se trouve être une coalition de faucons et d’extrémistes religieux prête à tout pour faire obstacle à un gel des implantations. Deuxièmement, et c’est crucial, les signataires appellent l’Union européenne à faire pression sur «les deux parties», le gouvernement israélien et les autorités palestiniennes, pour parvenir à un règlement du conflit.

Aux Etats-Unis, J Street fait désormais figure de voix juive alternative et crédible face au puissant lobby pro-israélien de l’Aipac. L’émergence de ce nouvel acteur facilite le repositionnement de la Maison-Blanche quand elle durcit le ton face à un Benyamin Netanyahou sourd à toute concession. Ces Américains juifs ne veulent plus être instrumentalisés par un Etat juif qui parle en leur nom. De même en Europe, JCall pourrait jouer le rôle de contrepoids face à des organisations faîtières – comme le Crif en France – si peu critiques à l’égard du gouvernement israélien. Comme le dit l’un des instigateurs de l’Appel, Elie Barnavi, cette action pourrait désinhiber les leaders européens, amis d’Israël, mais qui avaient peur d’exprimer leur avis.

Or, pour relancer le processus de paix, la pression des Européens – envers les Palestiniens aussi bien que les Israéliens – n’est pas moins importante que celle des Etats-Unis. L’Europe a une responsabilité historique à le faire. Sa propre expérience de réconciliation peut servir d’exemple au Proche-Orient. Et les Européens juifs ont toute légitimé à soutenir ce mouvement.

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