Bernard-Henri Lévy, pseudo philosophe, pseudo cinéaste, etc… mais vrai sioniste

Hitler avait «ses autoroutes», Mussolini «les marais pontins», Staline «les grandes victoires dans l'édification du socialisme» et Israël, la démocratie. BHL, en bon chien de garde, oublie les milliers de faits depuis Deir Yassine à l'agression contre le Liban, et le reste, pour qu'en dépit de toutes valeurs humanistes, défendent les pires crimes y compris l'attaque du ghetto de Gaza en décembre 2008.


Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy

Publié le 06/05/2010 N°1964 Le Point
http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/2010-05-06/le-bloc-notes-de-bernard-henri-levy-pourquoi-j-ai-signe-l-appel-a-la-raison-de-jcall/989/0/451809&xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20100506

Pourquoi j'ai signé l'« appel à la raison » de JCall

Bernard-Henri Lévy

Si j'avais rédigé l'appel à la raison lancé, lundi dernier, à Bruxelles, par JCall, je n'aurais certainement pas employé l'expression « faute morale ».

J'aurais insisté sur le risque d'outrecuidance qu'il y a toujours, quand on ne vit pas en Israël, quand on ne partage pas les joies mais aussi les soucis, les souffrances, parfois les drames, qui sont le lot quotidien des citoyens israéliens, à paraître leur donner des leçons.

Et me souvenant, enfin, que l'Histoire a toujours plus d'imagination que les hommes et que l'on ne sait jamais, donc, quelles ruses ou quelles surprises elle leur réserve, peut-être aurais-je pris la précaution de rappeler que l'actuel Premier ministre a, dans l'un de ses premiers discours, fini par se rallier - du bout des lèvres, sans conviction, mais il l'a fait - au principe des deux Etats pour deux peuples.

A ces réserves près, pourtant, je pense que cet appel est une bonne initiative.

Et j'ai accepté, non seulement de le signer, mais de le parrainer pour au moins trois raisons de fond.

1. On ne peut pas se réjouir de l'exception, que dis-je ? du miracle que constitue la vitalité d'une démocratie israélienne ayant survécu à soixante-deux ans d'une guerre larvée et, parfois, totale - et se lamenter de voir le libre débat, donc l'expression d'opinions diverses, donc le même esprit démocratique, souffler dans les têtes des amis d'Israël : les communautés juives ne sont pas des blocs ; elles n'ont aucune raison de marcher au pas cadencé et de s'aligner sur les résolutions de telles ou telles institutions ; au-delà même des juifs (car la cause d'Israël a des partisans, et c'est heureux, très au-delà du monde juif), le fait d'être divisés n'affaiblit jamais les démocrates, il les renforce.

2. On ne peut pas être sioniste, c'est-à-dire croire non seulement (ce qui va de soi) à la légitimité d'Israël mais (c'est beaucoup plus important) à la grandeur, à la noblesse, Levinas aurait dit à la réalité métapolitique de l'Etat né du rêve de Theodor Herzl et de quelques autres - et confondre cette réalité avec les visages provisoires, incertains, parfois infidèles ou défigurés, dont l'affublent, comme partout, les vicissitudes d'une vie politique soumise aux aléas de l'opinion quand ce n'est pas de la loi électorale et de ses effets pervers : aimer Israël, l'aimer vraiment, c'est être capable, autrement dit, de faire la distinction entre lui, Israël, et le gouvernement dont il se dote ; c'est ne pas craindre, comme dans toutes les démocraties, mais dans celle-ci plus que dans toute autre, de critiquer l'un pour mieux honorer l'autre ; c'est penser, prôner, pratiquer, une inconditionnalité de principe qui n'est tenable que si l'on pointe, en même temps, chaque fois qu'elle se manifeste, l'inévitable faillibilité des hommes et de leurs coalitions d'occasion. Elémentaire.

3. Que le Hamas et le Hezbollah soient des organisations d'inspiration strictement et rigoureusement fascistes, qu'elles n'aient aucune espèce de désir non seulement de faire la paix mais même de reconnaître celui qu'elles ne désignent jamais que comme « l'entité sioniste », que leurs adversaires de l'OLP n'aient pas toujours rompu, eux non plus, avec cet art du double langage dans lequel feu Yasser Arafat était passé maître, bref, que la partie palestinienne ait une part de responsabilité importante et, de mon point de vue, déterminante dans ce que l'on appelle pudiquement, dans les chancelleries, le « blocage » du processus de paix - c'est évident. Mais non moins évident est le double fait : primo, que la partie israélienne a commis, elle aussi, et depuis longtemps, des erreurs majeures et de très longue portée ; et, secundo, qu'une autre différence entre ces erreurs-ci et les autres, c'est qu'il n'est pas complètement impossible à un homme doué de raison de les énoncer, voire de les dénoncer, avec une petite chance d'éveiller ne serait-ce qu'un vague écho chez ceux et celles qui les ont commises ou laissé commettre. Dit autrement, je n'ai pas de langage commun, et c'est peu dire, avec les fascislamistes du Hezbollah ; les chances de voir un appel à la raison franchir le mur de leur haine sans merci ni limite sont, je le sais, proches de zéro ; discuter avec un partisan israélien de la poursuite des implantations, ou même avec un religieux résolu à ne pas céder sur Jérusalem, me semble être, en revanche, dans l'ordre du possible et donc, en la circonstance, dans l'ordre de l'absolu nécessaire.

J'ai lutté toute ma vie contre la délégitimation d'Israël. J'ai défendu la légitimité de son point de vue dans toutes les guerres auxquelles Tsahal a été poussé depuis que j'ai l'âge d'homme. Maintenant encore, je n'atterris jamais à Tel-Aviv sans prendre le temps d'une visite à mes amis de Sderot, la ville du Sud qui vit sous la menace des obus du Hamas. Eh bien, c'est la même démarche qui me fait m'adresser, aujourd'hui, aux dirigeants israéliens et les adjurer, au fond, de retrouver l'inspiration de leurs illustres aînés : Ben Gourion entérinant, en 1948, le plan de partage des Nations unies ; Yitzhak Rabin et Shimon Peres prenant, trente ans plus tard, le risque des accords d'Oslo ; ou même le jeune Ehoud Barak proposant à Arafat, il y a presque exactement dix ans, un traité dont celui-ci ne voulut pas mais dont les principes et même les clauses n'ont, il le sait, pas pris une ride. Il faut être deux, bien sûr, pour faire la paix. Mais il n'est pas interdit, même seul, de faire un pas. Et, si possible, un pas décisif.


22 COMMENTAIRE(S)
semahiDe grâce la paix des braves samedi 8 mai | 18:08

De grâce qu'il soit mis fin à ces atrocités des deux côtés, que un terrain d'entente puisse être trouvé sans que personne ne puisse être lésé ni les juifs d'Israël, ni les Palestiniens de Palestine ni les autres religions qui y résident. Ce sera le plus beau jour que l'histoire et l'humanité retiendront. Que des braves parmi les plus braves tendent leurs mains pour se saluer et fraterniser pour une paix fraternelle, d'égalité, est de bon sens. Qu'il me soit permis avec tout le respect de saluer ces gestes de bravoure.

noubaAppel à la raisonsamedi 8 mai | 17:46

A vouloir voiler, masquer... justifier les réalités de la tragédie la plus soutenue par les pouvoirs occidentaux... la raison se perd... l'appel a la raison n'est qu'un chuchotement timide et tiède... nous avons besoin de cris... de voix qui s'élèvent pour déchaîner la vérité... loin des intérêts, loin de la peur des nôtres et des autres, loin du désir de vénérer et d'être vénéré... l'hommme redeviendra humain.

momoUne paix équitable nécessairesamedi 8 mai | 16:51

Excellente initiative, BHL, qui demande suivi, relance et résultat. Mahmoud Abbes et son équipe sont devenus au mieux des idiots, au pire des traîtres, aux yeux des Arabes, pour avoir cru en la parole des Israéliens quand ils parlaient de décolonisation et de paix, avec le résultat qu'on voit. En désespoir de cause, Abbes peut en fin de compte démissionner, le conflit ne sera pas résolu, avec toutes les conséquences pour la paix mondiale et la stabilité sociale des pays où coexistent juifs et Arabes. Ceci à court et à moyen terme. A long terme, nul ne sait ce qui peut advenir. Tout le reste n'est que littérature. Et les négociations indirectes qui s'annoncent ne sont pas rassurantes, s'apparentant probablement à un simple gain de temps, sur un avenir très incertain.

rebecca@bernhardsamedi 8 mai | 14:46

Même si mon commentaire sur les remarques de @bernhard doivent encore passer à la trappe, je répète que la France est un pays laïc où l'antisémitisme reste très marginal et dont je suis fière d'être citoyenne.

sergeDeuilvendredi 7 mai | 15:44

J'avoue ne pas comprendre votre phrase "Si j'avais rédigé l'appel à la raison lancé, lundi dernier, à Bruxelles, par JCall, je n'aurais certainement pas employé l'expression « faute morale ". Comment avez vous pu signer alors cette pétition ? De plus, parue dans les seuls Le Monde et Libé...Je suis consterné par vos justifications. Décevant. Un article de deuil pour moi.

luigidicalpesuitevendredi 7 mai | 14:20

Il y a là trop d'injustices laissées de côté, dangereusement évincées au profit d'actions inefficaces et inutiles. Je pense sincèrement que l'idée, même belle, grave et entache une vision tronquée de la réalité israélienne. Cette action vaine, excusez-moi mais je le pense sincèrement ne mènera à rien d'autre que de conforter ceux qui ne veulent entendre Raison et resteront indubitablement dans le camps farouche de ses opposants... La dépense d'énergie et de paroles, n'apportera aucune solution mais au contraire desservira dans son ensemble une société, responsable, honnête et ouverte, car répétons-le, la société israélienne reste la seule démocratie de la région. N'oublions pas tout ce qui n'est pas dit, lorsque vous semblez la seconder, lui apporter un soutient... Vous omettez l'essentiel : le soutient de cette société qui souffre et qui ne cesse d'évoluer pour le Bien, dans l'ouverture, vers une création réelle et tangible d'un état palestinien qui me semble personnellement, encore loin pour nombre d'intéressés palestiniens, qui, eux-mêmes, ne savent qu'en faire... Le temps ne joue pas contre les palestiniens et pour les israéliens, au contraire, il est nécessaire aux deux parties, et votre action dans son entité globale, n'aide en rien les espérances des uns et des autres.

benoitarmée israélienne et occupationvendredi 7 mai | 14:19

'Des goys qui ont tué des goys' avait dit Menahim Begin premier ministre israélien après les massacre de Sabra et Chatila. La réalité est beaucoup plus complexe car en 1982 l'armée israélienne qui avait envahi le Liban rentre dans Beyrouth en septembre et encercle les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila. Le ministre de la défense était Ariel Sharon et les israéliens étaient soutenus par les milices phalangistes chrétiennes qui ont été invitées et autorisées à pénétrer dans les camps palestiniens avec pour mission de tuer le plus grand nombre de palestiniens ; femmes, enfants et vieillards car les combattant de l'OLP avaient déjà évacué les camps à la demande des israéliens et sous la protection de la force multinationale qui avait promis de protéger les habitants des camps... Donc ce sont 'des goys qui ont tué des goys' mais avec le soutien et la complicité de l'armée israélienne.

luigidicalpej'ai lu votre réponse M BHLvendredi 7 mai | 14:13

Et n'en reste pas moins sceptique quant à la portée d'une telle action, que je trouve généralement négative et péjorative vis à vis de la Société israélienne. Que le monde des intellectuels juifs ait besoin de se démarquer de la politique gouvernementale israélienne est un fait qui ne peut être critiqué et d'ailleurs c'est l'apanage de tous, pas seulement des intellectuels mais aussi des propres électeurs israéliens qui gardent raison à cautionner ou non, telle ou telle décision prise par leurs politiques ; telle ou telle déclaration déplacée etc. Mais vous semblez négliger un point crucial dans ce débat. Ce n'est ni les décisions politiques israéliennes ni les actes pris en ce sens qui causent une telle action du JCall, mais l'"image" de la politique israélienne. Vous ne me ferez pas croire qu'en se lançant dans une telle action, vous n'essayez pas maladroitement, de racheter une conduite à la Société israélienne qui ne vous demande rien ? Vous ne me ferez pas croire que parce que tel ou tel intello et respectable penseur aux mains propres, signe cette leçon non méritée, que vous arriverez à éclaircir et séparer le faux du vrai, l'intox de la réalité, la Passion de la Raison... Au contraire, je pense qu'en suivant une telle initiative, vous ne faites que renforcer les inepties que nous lisons tous les jours dans les commentaires d'articles parus et traitant de n'importe quel sujet invoquant le seul nom d'Israël... Ce que je comprends d'une telle action, constitue simplement un pas d'écart, vis à vis de cette haine collective contre la société israélienne trop souvent prise pour cible, comme si la politique israélienne représentait nécessairement la pensée collective israélienne. Cette image si négative en Europe, et dont vous essayez de vous démarquer, ne répond en rien aux décisions prises de tel ou tel gouvernement ou de telle ou telle frange de la population, mais plutôt à la passion qui se déchaîne à l'encontre d'une société entière et démocratique de surcroît ! Ce qui me gène dans cette action, c'est la forme. Le fond peut être largement débattu entre les signataires et les "autres" qui ne cautionnent pas une telle position... Mais la forme est dangereuse, parce qu'elle suit le mouvement global de banalisation de la mise à l'index d'Israël. Cette position ne fait que desservir un état qui ne bénéficie dans aucune officine européenne de soutient réel du aux aléas nauséabonds des positions injustes de nombres de chancelleries acquises aux pétrodollars qui poussent inlassablement Israël vers le banc des accusés, alors que victime, très souvent. Ne vous souciez-vous pas du fait que, quoi qu'entreprenne l'état, ou le gouvernement ou la société israélienne même, ne soit systématiquement perçu en mal par les populations européennes, gavées de fausses informations et de distorsions de la réalité ? Ne vous souciez-vous pas de ce que les musulmans palestiniens circulent + ou - librement en Israël alors que l'inverse est impossible ?

cjBHL... non pas vous vendredi 7 mai | 13:54

BHL... non pas vous ! Pas comme ça ! Il y a tellement d'autres façons de critiquer ce (et ceux) que l'on aime, respecte et admire. Vous le savez d'ailleurs mieux que quiconque. Cet "appel" est un véritable couteau dans le dos d'Israël. Les ennemis de la paix et de ce pays magnifique doivent boire du petit lait.

bernhardL'appel vendredi 7 mai | 12:18

A Monsieur BHL et à tous les signataires de JCall, Israël est une réalité et non pas une philosophie. Elle est votre foyer depuis toujours et sera peut être un jour votre seul refuge ! En Israël, des dizaines de milliers de Palestiniens travaillent tous les jours sur notre sol avec des permis de travail et des conditions bien plus décentes que celles offertes par le gouvernement de Mahmoud Abbas, nos hôpitaux leur sont ouverts sans restriction. Le Parlement compte des députés arabes, leurs droits sont respectés... La paix, personne ne la désire plus que nous qui risquons nos vies et celles de nos enfants chaque jour. Juifs de France, merci de vous manifester, nous n'avions pas assez à faire avec nos détracteurs habituels. Vous qui avez choisi de rester dans un pays qui ne vous aime pas, c'est votre choix, et je le respecte, mais ayez au moins la pudeur de garder le silence.

Retour