Giesbert plagie «Lénine, reviens, ils sont devenus fous»
En oubliant que Lénine était un meurtrier de masse qui a jeté dans le chaos la vie de 140 millions d'être humains. En 2010, on apprend que voler la terre des habitants de la Palestine était «une belle et bonne cause». Et cela termine par l'appel à Ben Gourion, le commanditaire des meurtres de Deir Yassine le 9 avril 1948, une série d'Oradour-sur-Glanes qui ont eu lieu en avril 1948.
Giesbert, un sioniste pur sucre. Normal, connaissez-vous le responsable d'une émission de télévision du PAF qui ne le serait pas?
Réveille-toi, Ben Gourion, ils sont devenus fous !
Franz-Olivier Giesbert
Publié le 03/06/2010 N°1968 Le Point
Comment ruiner une belle et bonne cause ? Dans quelques décennies, quand les soufflés de l'actualité seront retombés, les historiens auront, pour répondre à cette question, un cas d'école, une référence emblématique, celle des gouvernants actuels d'Israël.
Depuis quelque temps, ils ont même tout faux. On ne va pas énumérer ici toutes les bonnes raisons d'Israël d'avoir peur ou, au moins, de se méfier de ses voisins. Ajoutons qu'on n'a jamais participé, dans ce journal, à l'idéalisation des ennemis du peuple juif dont une certaine presse fait volontiers des enfants de choeur aux mains pures.
Mais en s'attaquant, dans les eaux internationales, à un convoi naval humanitaire à destination de Gaza, les gouvernants d'Israël ont montré qu'ils avaient perdu tout sens commun. Qu'ils sont plus que jamais devenus, par autisme, aveuglement et autoenfermement, les meilleurs alliés des pires antisionistes.
Faut-il désespérer d'Israël ? Un excellent expert des religions comme Régis Debray (1) dira que l'Etat juif vit aujourd'hui sous le signe de Jacob, chef de clan bagarreur, plutôt que sous celui de Moïse, figure prophétique, ou d'Abraham, l'oecuménique «héros multicommunautaire». Et il proposera aux Israéliens de s'inspirer du raffinement des auteurs du Talmud: «Il ne dépend que de vous de trouver des portes cachées dans les murs qui vous cernent, des brèches dans votre citadelle à rouvrir ou à creuser...»
En attendant, on a juste envie de crier: « Réveillez-vous, Ben Gourion, Meir, Rabin, Peres et les autres, ils sont devenus fous! »
1. « A un ami israélien » (Flammarion, 156 p., 12 E).