< le Mur «contraire au droit international» Cour internationale de justice

Israël doit détruire son mur: La barrière de sécurité érigée par l'Etat hébreu entre son territoire et la Cisjordanie est «contraire au droit international», a tranché la Cour internationale de justice vendredi.

Libération, vendredi 09 juillet 2004 (Liberation.fr - 18:21)

Israël doit détruire le mur de sécurité entre son territoire et la Cisjordanie. C'est ce que la Cour internationale de justice (CIJ) a annoncé vendredi après-midi. Dans avis retentissant, la CIJ juge que la barrière édifiée par l'Etat hébreu pour se protéger des incursions de kamikazes palestiniens est en l'état «contraire au droit international» et doit être en majeure partie démantelée. La décision vise toutes les portions des quelque 200 km (sur 730 prévus) de clôtures et parpaings construits au-delà de la ligne verte, qui marque la frontière entre Israël et les territoires occupés. «Israël a l'obligation de cesser immédiatement les travaux de construction du mur qui sont en cours dans le territoire palestinien occupé, notamment dans et autour de Jérusalem-est, et de démanteler immédiatement ce qui a déjà été construit», stipule le texte. La cour de La Haye poursuit sa critique de la politique israélienne en exigeant également le versement de dommages et intérêts aux Palestiniens lésés par la construction du mur. Dans leur dernière conclusion, les juges en appellent à l'Assemblée générale (qui avait saisi la CIJ en décembre dernier) et au Conseil de sécurité de l'Onu, leur demandant de «considérer quelles actions doivent être entreprises pour mettre fin à la situation illégale résultant de la construction du mur».

«La construction du mur érigée par Israël, la force occupante, dans le territoire palestinien occupé, y compris dans et autour de Jérusalem, et les dispositions qui y sont associées, sont contraires à la loi internationale», affirme la CIJ dans sa décision, prise avec 14 votes favorables sur 15 (le seul à s'opposer au texte a été le juge américain). Selon les juges, le mur actuel enfreint les droits fondamentaux des Palestiniens: droit de se déplacer librement, de chercher à se procurer travail, éducation et santé.

Le gouvernement israélien a déjà fait savoir qu'il ne reconnaissait aucune compétence à la CIJ. L'avis des juges de La Haye n'en a pas moins un impact politique et symbolique, puisqu'il conforte la demande palestinienne de détruire «le mur de l'apartheid». Yasser Arafat a salué vendredi «une victoire» pour le peuple palestinien. «Nous saluons la décision condamnant le mur raciste. Cette décision constitue une victoire pour notre peuple, tous les peuples libres et tous les mouvements de libération dans le monde» a déclaré le dirigeant palestinien à Ramallah, en Cisjordanie. Les Palestiniens estiment que la barrière -qui par endroits s'enfonce profondément en Cisjordanie- vise à annexer de facto une partie de leur territoire. La semaine dernière, la Cour suprême israélienne avait rendu un ordonnant au gouvernement israélien de revoir le tracé du mur dans la région de Jérusalem.

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