Et la tchéka du PCF de 1920 à 1941?
Une des rares études sérieuses sur la face cachée du PCF qui s'arrête en 1943. Dommage car l'élimination physique des adversaires de la direction du parti des travailleurs, qualifié de traîtres comme les trotskistes, au sein de la résistance que le PCF rejoint en août 1941, continuera avec le paroxysme de l'épuration sauvage. De plus, cet apparat servira le NKVD et la GPU contre les cibles désignées par Moscou (Russes blancs, agent de Komintern en fuite (Igance Reiss, Willy Münzenberg), etc.)
La tchéka du PCF (1941-43)
Le PCF entretenait pendant lOccupation une police politique - le détachement Valmy - chargée de lassassinat des renégats et du châtiment des traîtres. Nul autre groupe daction nétait aussi proche de la direction du Parti communiste clandestin dont il constituait le bras armé. Sur ordre de Jacques Duclos, ces cadres spéciaux organisèrent à Paris des attentats spectaculaires, dont celui du cinéma Rex, et exécutèrent ou tentèrent dassassiner plusieurs dizaines de personnes. La découverte et le dépouillement darchives totalement inédites par deux historiens passionnés mettent en lumière lexistence de cette Guépéou du Parti. Leurs recherches ont permis de pénétrer les rouages méconnus du PC clandestin et, pour la première fois, de suivre au quotidien les policiers des RG dans la chasse implacable quils menèrent contre ceux quils appelaient le groupe punitif communo-terroriste . Une enquête historique qui se lit comme un roman et tord le cou à quelques épisodes légendaires de la Résistance communiste.
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Liquider les traîtres: La face cachée du PCF, 1941-1943, Franck Liaigre et Jean-Marc Berlière, Robert Laffont, 2007, 510 pages, 22€. Jean-Marc Berlière, professeur dhistoire contemporaine à luniversité de Bourgogne, et Franck Liaigre, chargé de recherches au CNRS, appartiennent tous deux à léquipe de recherche du CESDIP (ministère de la Justice / CNRS). On leur doit la première étude scientifique sur les débuts de la lutte armée menée par le Parti communiste à laide des Bataillons de la jeunesse à lautomne 1941 (Le Sang des communistes, 2004). |
Un des secrets les mieux gardés du Parti communiste français
Scandale ! Le Parti communiste français, sur les ordres de Jacques Duclos, entretenait pendant la Seconde Guerre une police politique le détachement Valmy ou, comme ils se désignaient eux-mêmes non sans fierté, « la Guépéou du Parti » chargée de lassassinat des « renégats » et du châtiment des « traîtres ». Cette découverte explosive est le fruit de lexploitation méticuleuse darchives totalement inédites.
Le récit de Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre nous permet de pénétrer les rouages méconnus du PC clandestin, de mettre en lumière les responsabilités, les erreurs, les mécanismes de décision et le cheminement des ordres meurtriers, dêtre témoins des exécutions, des attentats ; mais aussi, et pour la première fois, de suivre au quotidien les policiers des brigades spéciales des Renseignements généraux de la Préfecture de police dans la chasse implacable quils menèrent contre le détachement Valmy jusquà son démantèlement en 1943.
Cette enquête historique, richement illustrée de fac-similés darchives, se lit comme un roman. Elle tort le cou à nombre de légendes, et met en lumière mensonges, fables et omissions colportés pendant plus de soixante ans. Elle donne à voir une autre image de la Résistance communiste, différente des mythes construits depuis la Libération.