En mars 2008, la parution d'un "Livre noir sur la révolution française" suscite de nouvelles polémiques. La version légendaire politiquement correct conçue par la gauche et imposée pendant des décennies par l'Education nationale trouve encore de nombreux défenseurs qui usent, comme d'habitude du terrorisme intellectuel inhérant à la gauche. On ose critiquer, c'est la bête immonde qui réapparaît.
L'autre actualité
http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2008/03/livre-noir-de-l.html
Pour ouvrir les débats ignorés ou tabous de l'actualité, le blog du Contre journal prend l'initiative. Chaque sujet sera exploré durant plusieurs jours. Avec les infos, contributions, témoignages de lecteurs et d'internautes, le Contre journal va devenir un lieu d'échange d'informations. Certains textes pourront alimenter la rubrique du même nom dans Libération. Cette page est animée par Karl Laske, journaliste au service société.
Livre noir de la Révolution française: «une manipulation»
«Une France coupée en deux avec les catholiques dun côté, les révolutionnaires athées le couteau entre les dents de lautre: le Livre noir de la révolution française donne une vision totalement faussée» affirme Jean-Clément Martin, professeur d'histoire de la Révolution française à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne et directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution française (CNRS). La publication aux éditions du Cerf, début janvier, du « Livre noir » de la révolution provoque l'indignation des historiens, qui dénoncent « l'absurdité » de certains chapitres. « On peut faire de lidéologie, certes, mais on ne peut pas expliquer le passé avec ça, souligne Jean-Clément Martin. On est clairement en présence dune critique catholique de la Révolution, proche de lintégrisme même.»
Le Livre noir sort-il des rails de lhistoire « officielle » de la Révolution française ?
Il ny a pas, ou plus, dhistoire officielle de la Révolution française. Y en a-t-il eu dailleurs? Je dirais plutôt quil existe plusieurs histoires convenues, au sens où tout le monde saccorde à parler dévénements identiques : la prise de la Bastille, la Déclaration des Droits de lHomme, la mort du Roi... Cest comme dans un grand jeu de loie, on passe toujours par là ! Ensuite il y a les cases subalternes : la Constitution Civile du clergé, la fuite à Varennes, l'insurrection de la Vendée... sur lesquelles on insiste plus ou moins.
Grosso modo, trois écoles "classiques" existent sur ces événements. La première est consensuelle, plutôt libérale centre droit : la Révolution débute en 1789, tourne mal en 1792, et vire dans le sang en 1794. Heureusement, il y a une session de rattrapage en 1799, et on reste dans un Etat démocratique. Cette vision présente les violences mais aussi les gains de la Révolution. Une deuxième vision, plutôt à gauche, insiste sur la défaite de la Révolution à cause des traitres qui ont pris le pouvoir. La Révolution finit dans un système bourgeois qui débouche sur Bonaparte. Enfin, dans la 3ème vision, 1789 découle des faiblesses de lAncien Régime, des difficultés économiques, et du travail de « sape » des philosophes. Et ce nest pas une vraie Révolution, cest dabord et avant tout du sang ! Cest une position partagée par exemple par François Furet qui souligne linutilité de la Révolution qui nappelle que le sang.
Le Livre noir entre dans cette dernière vision en laggravant. Non seulement la Révolution de 1789 est sanguinaire, mais elle est même scandaleuse. Il ne faut donc pas sétonner si ensuite, tout va mal ! Dès le chapitre introductif, Pierre Chaunu décrit le désordre et le malheur de la Révolution en les rapprochant des merveilles du vaccin de Jenner découvert à la même époque. La révolution de Jenner, qui a sauvé des millions de vies, doit donc primer sur la Révolution française qui ne fut que destruction. Le Livre noir va encore plus loin : tout ce qui est révolutionnaire est mauvais. Il faudrait donc revenir aux valeurs tirées de la contre-révolution, et plus précisément de son aile radicale et clairement catholique.
C'est donc un point de vue religieux sur la révolution.
On est clairement en présence dune critique catholique de la Révolution, proche de lintégrisme même. Les vrais ennemis des auteurs du Livre noir, ce sont finalement tous les individus qui ont accepté de critiquer la monarchie, au nom dun catholicisme éclairé des Lumières.
Le Livre noir donne une vision totalement faussée de la Révolution : une France coupée en deux avec les catholiques dun côté, les révolutionnaires athées le couteau entre les dents de lautre. Les catholiques des Lumières et les révolutionnaires modérés sont totalement absents ! (comme lAbbé Grégoire, labbé Fauchet, ou labbé Lamourette). Même les catholiques massacrés par les révolutionnaires, mais qui avaient adhéré à lorigine à la Révolution, ne sont jamais cités. Cest une déclaration de guerre à tous ceux qui, dune certaine façon, avaient accepté que le monde ait pu changer. Cette vision est parfaitement erronée, napporte rien et ne permet pas de comprendre lhistoire. On peut faire de lidéologie, certes, mais on ne peut pas expliquer le passé avec ça.
Ce livre oublie même de rappeler que la Révolution française a permis la régénération du catholicisme Français ! Ce sont les catholiques qui le disent : Joseph de Maistre affirmant que cette Révolution a participé du plan de Dieu. Cette épreuve aurait fait rejaillir le sang neuf catholique. Cest quelque chose qui aurait mérité dêtre rappelé : cet évènement a été une épreuve terrible, certes, mais une épreuve qui a renforcé le catholicisme romain !
Le dérapage le plus évident semble être le lien établi entre la Révolution Française et lantisémitisme voire le futur fascisme.
Comparer Saint Just au fascisme est absurde. Il ny a pas la hiérarchisation des individus, ou léchelle des êtres, quil y avait dans le fascisme. De même assimiler la Révolution à un mouvement antisémite na aucun sens. Les communautés juives dAlsace, ou les négociants juifs bordelais étaient déjà victimes de persécutions auparavant. Au contraire, la Révolution donne légalité aux juifs, conservée sous Napoléon. Les juifs allemands ne sy trompent pas à lépoque, et approuvent loccupation française car ils apprécient cette égalité. Il est vraiment impossible de faire passer la Révolution française pour antisémite, cest un tour de passe-passe considérable. À ce sujet, le Livre noir fait véritablement de la manipulation.
Les auteurs se livrent à d'autres comparaisons, du côté des régimes communistes... En particulier sur la question de la Terreur.
On ne peut pas parler dun régime de Terreur sous la Révolution, comme cela a existé en Russie soviétique, dans le Cambodge de Pol Pot, ou sous la Chine de Mao. Quand on regarde les textes, la Terreur na jamais été « à lordre du jour ». Robespierre lui-même nen voulait pas, ainsi que la quasi-totalité des conventionnels. Si la violence existe, un régime de Terreur nest pas la même chose : cest la centralisation de la violence par lÉtat, qui lorganise et lapplique. Ce nest pas le cas de 1789 à 1793 ! Et le Tribunal Révolutionnaire, centralisé ensuite, ne correspond pas à la Terreur : les procédures juridiques persistent et de nombreux accusés sont acquittés. Ce ne sont pas les purges staliniennes, ni les mises à mort systématiques dans les camps de concentration cambodgiens ! Pire quun raccourci, cest une invention pure et simple, appuyée sur la dénonciation opérée par quelques Conventionnels après Thermidor que ce qui sétait passé auparavant sappelait « la Terreur ». Ce nest pas non plus parce que Lénine ou Trotski se seraient inspirés de la Révolution Française quon peut assimiler les deux régimes.
Lanalogie avec le terrorisme daujourdhui nest donc pas valable ?
On comprend que le terrorisme puisse senraciner dans le souvenir de la Révolution et de la terreur, telle que le Directoire et la Restauration la dénoncent ensuite. Cependant, les textes de lépoque sont explicites : la Terreur est une arme employée par lAncien Régime, et les Conventionnels affirment en 1793 quils ne puniront que « la loi à la main ». Ce nest pas du terrorisme, ce sont les pratiques violentes dune époque. Des mesures répressives vont être employées, mais moindres par rapport aux pratiques précédentes dans la mesure où la justice monarchique, elle, utilisait la Terreur avec de nombreux supplices. Si la justice révolutionnaire, cest la guillotine, cest aussi le refus du supplice et une mort quasi-médicale. Ce qui a été perçu à lépoque comme un aménagement de la peine de mort, comme une peine adoucie. Lutilisation politique de la guillotine dans la répression a changé la perception de cette mise à mort, en oubliant que lAngleterre se livre à la même époque à des supplices bien pires, et ce jusquen 1832 ! Ce dont le Livre noir ne parle évidemment pas. De même quil ne fait aucune comparaison avec les répressions abominables sous Napoléon par exemple.
Qu'est-ce qui anime à votre avis les auteurs du Livre noir ?
Que cela plaise ou non, la Révolution française a bâti le monde moderne. On peut dénoncer cet évènement sans expliquer pourquoi il a eu lieu. Mais toute lecture manichéenne insistant sur des « méchants » nexplique rien, et traduit sans doute une grande insatisfaction de ne pas trouver des réponses simples à des questions compliquées.
La Révolution française est un chantier considérable et il y a toujours besoin de retravailler sur ce moment historique. Il faut continuer à creuser les mécanismes culturels, politiques, religieux
qui ont fait que ces Français sont entrés en Révolution. À linverse, ce livre participe à ce mouvement de repentance, très à la mode actuellement, qui laisse dans une sorte de désespérance continue, à propos de tout et nimporte quoi, contre-productive et dangereuse. La réponse passe alors par le retour au travail historique, lérudition et la vulgarisation. Sans doute, faut-il accepter de penser que les historiens ont eu des responsabilités en privilégiant des ouvrages scientifiques très « pointus », en oubliant le public cultivé à qui ce livre noir est destiné. Ils ont un rôle à jouer en écrivant des livres de vulgarisation historique permettant de rendre compte simplement de la complexité des choses, sans rien oublier des violences par exemple, mais sans non plus être aveuglé par elles. Cela permet déviter les raccourcis : ce qui arrive aujourdhui nest pas le résultat direct de ce qui sest passé avant! De la même façon, entre la Révolution française et la révolution russe, il y a eu de nombreuses étapes intermédiaires quil convient dexpliciter. Cest le seul moyen de lutter contre ce genre de théories du complot absurdes.
Jeter en pâture une période historique, seulement pour montrer du doigt les coupables, napporte rien. LHistoire nest souvent quun tissu de sang, alors des Livres noirs on peut en faire autant quon veut. Dailleurs, je ferai bien le Livre noir des livres noirs ! »
Propos recueillis par CAMILLE STROMBONI
Jean Clément Martin est l'auteur La Révolution française, Editions le Cavalier Bleu, collection Idées reçues, 2008 et La révolte brisée, femmes et hommes dans la Révolution française et l'Empire (1770-1820), Armand Colin, 2008
Actualisation. A lire aussi sur le blog de Pierre Assouline (la république des lettres): « La contre-Révolution bouge encore ».
16/03/2008 à 15:11 dans culture | Lien permanent
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Voici les sites qui parlent de Livre noir de la Révolution française: «une manipulation»:
Commentaires
Dès qu'un bouquin ne va pas dans le sens de la sainte gauche (si sympa et tolérante bien sûr) alors on est dans l'intégrisme... et vite, vite, on convoque un historien-sociologue-anthropolgue bla, bla bien rouge et on ridiculise le bouquin en question. C'est un peu gros mes amis de Libé...
Rédigé par: SPQR | le 16/03/2008 à 16:46
L'Inquisition, dont on nous parle dix fois par jour, c'est 50.000 à 70.000 morts en six siècles et demi sur toute l'Europe. Les guerres de Vendée, voulues dans leur barabrie par la Convention, c'est 150.000 à 200.000 morts au moins en un an et demi sur deux départements français. Et il y a eu la Bretagne, Lyon, Marseille...D'ailleurs les historiens officiels de l'Education nationale ont toujours été d'une grande discrétion sur le sujet... alors qu'ils nous bassinent sur la Saint Barthélémy qui est un règlement de comptes au sein de la cour de France et de la bourgeoise parisienne et qui n'a jamais pris les proportions d'un "populicide" pour reprendre le beau mot fabriqué par Gracchus Babeuf à propos de la Vendée justement.
Rédigé par: Ventadour | le 16/03/2008 à 17:13
Réduire la révolution à la Terreur, et sans le contexte global, c'est un classique de l'utilisation politique actuelle de l'Histoire. Les utilisations conflictuelles de la mémoire et l'appropriation détournée de celle-ci, on l'a tous les jours sous yeux (Puy du Fou, J. D'Arc, G. Môquet et même le dernier Poilu, ce lundi...). Ce serait bien d'arrêter cette obsession française constituant à justifier nos actes présents par le passé.
Rédigé par: kachev | le 16/03/2008 à 17:39
excellente ITV. merci.
Rédigé par: sergent salocin | le 16/03/2008 à 17:56
La bête immonde s'était réveillée avec le livre noir du communisme, elle continue maintenant avec le livre noir de la révolution française (c'était prévisible)... bientôt le livre noir des philosophes...
Rédigé par: azer | le 16/03/2008 à 18:02
Dans mon école communale c'est l'inverse qu'on m'a appris : la noblesse et le clergé, pleins aux as, ne pensaient qu'à exploiter le bon peuple avant de l'envoyer à l'abattoir; le roi, cocu complaisant d'une prostituée, était néanmoins le pire des salauds, ne serait-ce que pour embastiller les pauvres gens à tour de bras..
Puis il y a eu des lectures, entre autres Albert Camus, écoeuré qu'on ait "assassiné cet homme juste et bon" que fut Louis XVI; Zweig, avec "Marie-Antoinette"; Furet;"le Monde de la Révolution", en 1989, qui a permis de se rendre compte que c'est dans les salons aristos qu'ont grandi les lumières; que la Bastille était occupée par une douzaine de fils de famille surendettés et leurs domestiques; que des milliers de Vendéens ont été masacrés, et les enfants des nobles guillotinés, donnés à qui en voulait; que, compte tenu de l'engouement général, et de l'accord du roi, on aurait pu se passer du bain de sang comme de la perte d'une partie du patrimoine... et, pour les femmes, du retour en arrière de leur condition(lisez Badinter). On serait sans nul doute parvenu au régime parlementaire souhaité par tous, enfin presque...
Rédigé par: Julie | le 16/03/2008 à 18:13
arriver à nier la Terreur, il va très loin pour défendre sa lubie, après ça , parler de "l'idéologie" des autres. C'est se foutre du monde.
Quand Westermann annonce avoir massacré femmes et enfants sous ses chevaux et n'avoir "aucun prisonnier à se reprocher" c'est la "dictature de la loi", peut-être ?
Rédigé par: Czar | le 16/03/2008 à 18:19
les auteurs de ce "livre noir" ne font pas dans la dentelle, d'ailleurs, il y a des "trous" étonnants (révolution & communisme, par ex) dans leur opus... mais ils nous obligent à aller au-delà de l'historiographique officielle qui va de 1789 à 1906. Bien sûr, les cathos règlent leurs comptes... mais ils ont le droit, pour avoir été les ennemis officiels du régime républicain jusqu'en 1914. Pour revenir à la révolution, on attendra donc un historien américain qui tel un Paxton, renverra l'université et les réac' à leurs impasses respectives. Au fait, saviez vous que la révolution (& ses jacqueries) est la conséquence directe d'un dérèglement climatique provoqué en 1783 par une éruption en Islande ?
Rédigé par: ammenius | le 16/03/2008 à 19:14
Merci pour cet entretien qui met en lumière la profonde malhonnêteté du "Livre Noir de la Révolution". Comme antidote contre ce type d'opération idéologique, je vous conseille deux ouvrages parus aux Éditions Payot dans l'excellente collection "Critique de la politique": 1) Martin Breaugh, "L'expérience plébéienne. Une histoire discontinue de la liberté politique" (2007) qui dévoile notamment la contribution des sans-culottes à la démocratie et 2) Sophie Wahnich, "La longue patience du peuple. 1792, naissance de la République" (2008).
Rédigé par: Antoine Doinel | le 16/03/2008 à 19:36
Je suis en train de lire ce livre, que je trouve très inégal, et pour tout dire assez brouillon. Mais le compte-rendu que vous en faites est bien partial ! Vous laissez croire à un projet cohérent (et outrancier) alors que le bouquin est simplement mal fichu. Et soit en dit en passant, "minimiser" la Terreur comme vous le faites n'est pas soutenable.
Rédigé par: Jean Robert | le 16/03/2008 à 20:00
De toute façon, tous ces livres qui commencent par "livre noir"....du communisme, du capitalisme, du colonialisme et j'en passe ; ne peuvent donner qu'une analyse manichéenne, réductrice, simplificatrice, et surtout une vision comptable, révisionniste. Peut on réduire l'histoire, à une addition de morts? C'est dans l'air du temps zéro mort, zéro risque avec cela on ne fait plus grand chose
Rédigé par: bebert | le 17/03/2008 à 13:28
Tout comme "Joseph de Maistre affirmant que cette Révolution a participé du plan de Dieu" dans des termes qui sont les siens, il peut être intéressant de s'interroger sur le pourquoi d'un tel livre.
Ne l'ayant pas lu, j'imagine que ses auteurs n'étaient pas armés de la seule intention de faire uvre de propagande mais de rétablir "la vérité", écornant au passage l'histoire en tant que science.
Pour ma part je crains toujours les réactions à chaud bien qu'elles sont parfois salutaires
Rédigé par: Ïlora | le 17/03/2008 à 13:45
Réponse à Jean-Robert:
Au nom de quoi ne peut on pas minimiser la terreur? Je m'excuse pour Jean-Robert mais si on peut déplorer l'arbitraire qui a été la règle plus que l'exception durant cette période, il faut néanmoins se replacer dans le contexte diplomatique, militaire et économique terrible dans lequel la France révolutionnaire se trouvait. Elle ètait attaquée par la moitié de l'europe, à la limite de la guerre civile en Vendée et à Lyon, les chefs révolutionnaires ont vite compris le danger de faiblir dans une pareille conjoncture, ils ont réagi à la force par la force, une politique dure et sévère, mais ,comme l'a prouvé l'histoire pas maladroite. De plus lorsqu'on étudie les registres des exécutions on constate au plus et au pire une dizaines de milliers de morts en France, c'est tragique, c'est regrettable, mais on est tout de mème loin des épopées sanguinaires relatées par denombreux manuels scolaires et autres fantaisies historiques. Les éxecutions peuvent presque ètre légitimés par la situation de crise qui règne en France. La fin de la terreur et la folie de Robespierre ne peuvent en revanche etre "minimisées" et en cela je rejoins Jean-Robert, car elles sont surtout le fait d'une poignée de Jacobins.
En revanche quoique je préfère ne pas trop m'avancer le dessus, il semblerait que l'armée se soit livrée, ordres de Paris, (ou de Carrier) à la main, à des massacres en Vendée qui dépasse largement le cadre d'une action militaire.
Effectivement dans ce cas il est difficile de "minimiser" la terreur.
Enfin il y en a encore beaucoup à dire.
Rédigé par: Marionneau | le 17/03/2008 à 14:39
Chaunu catholique? Le pauvre alors qu'il est protestant. Il est certain que le temps où Soboul enseignait la Révolution française, tout en étant au PCF était pour certain une période dorée. Aujourd'hui, depuis F.Furet et Mona Ozouf tout cela est battu en brêche. Tant mieux.
Rédigé par: Le Borgne | le 18/03/2008 à 08:24
Dès qu'un bouquin révisionniste paraît, ce sont les personnes dénuées de toute culture historique, qui en sont le public de choix, qui crient à la censure face aux justes critiques des historiens de métier.
Encore heureux que la plupart du temps, les manipulations de l'histoire n'aient pas une telle ampleur et se contentent de flirter avec le roman de gare.
Rédigé par: Mathieu | le 18/03/2008 à 09:25
Ce que les cathos n'ont toujous pas digéré, c'est la perte de leur pouvoir absolu en 1789 et la laïcité qui s'est imposée ensuite dans la société française.
À rapprocher des offensives de la présidence actuelle contre cette même laïcité qui manifestement dérange toujours. C'est à qui, des islamistes ou des cathos extrémistes, sera le premiers à l'ébranler !
Ce livre entre sans doute dans cette optique de prise de pouvoir sur les consciences.
Rédigé par: Rayves | le 18/03/2008 à 09:30
Le LIVRE NOIR DES RELIGIONS reste à écrire!
Qu'est-ce que cette manie réactionnaire d'écrire des "livres noirs"?
Ne serait-il pas plus intelligent d'écrire des livres, tout simplement?
L'adjectif qualificatif "noir" est utilisé, dans ce cas, avec un sens négatif, dépréciatif, ce qui aurait déjà dû alerter les associations antiracistes!
J'estime que l'utilisation de l'adjectif qualificatif "noir" accolé au substantif "livre" entraîne dès le titre les éventuels lecteurs dans une attitude de voyeurisme, de perversité: on se dit "ça va saigner" ou bien "ça va déranger" on veut "faire un coup"!
A chaque fois, avec ces "livres noirs" on cherche à bousculer les idées reçues.
Mais les historiens de la Révolution franççaise: SOBOUL en particulier, sont difficiles à bousculer!
Cessons de vouloir faire des coups de pub en agitant la couleur noire comme un repoussoir.
BLACK is beautiful!
Le noir est plus beau que le blanc: "ça va avec tout" comme dit Madame Michu...
Donc:
Le livre noir des religions reste à écrire.
Des millions et des millions de morts, des milliards peut-être, et ça continue!
Vendrei dit-Saint: 21 Mars: Banquet au lycée Henri IV!
Rédigé par: Geneviève | le 18/03/2008 à 09:46
Bonjour à tous ,
Deux livres à lire absolument pour compléter "le livre noir de la révolution française" :
HISTORIQUEMENT CORRECT de Jean Sévillia
L HISTOIRE ASSASSINEE de Jacques Heers.
J'ajoute qu' un grand nombre d'historiens ( Jean Sevillia, Jean Tulard, Chaunu, Stéphane Courtois, Reynald Seicher ....)qui ont participé à la rédaction du "livre noir de la révolution française" travaillent avec l'Académie Française
Vous pouvez télécharger gratuitement certaines de leurs conférences sur le site internet de l' Académie Française : Canal Académie. ( sélectionner l' onglet "Histoire" puis choisissez la periode désirée " histoire contemporaine" " moyen age" etc....
CA DECOIFFE !!!!
vous verrez jusqu'à quel point l'histoire de france est manipulée. ( dernier sujet en date " l'affaire Gallilée")
Rédigé par: froissart | le 18/03/2008 à 10:49
à méditer: au moment où M. Sarkozy voudrait désarmer la République au nom d'une "laïcité positive", le cléricalisme anti-républicain repointe son nez!
Rédigé par: Baptiste | le 18/03/2008 à 10:55
Ce livre suscite "l'indignation des historiens" ? ( ce qui veut dire de tous les historiens ).
" Nous ferons un cimetière de la France plutot que de ne pas la régénérer à notre manière" Jean-Baptiste Carrier, envoyé en mission à Nantes. Cela ressemble un peu aux totalitarismes du XXème siécle.
Rédigé par: Feravec | le 18/03/2008 à 11:06
Bien sûr le commentaire outrancier de cet universitaire me donne envie d'acheter ce livre, même s'il est partial. Mais je suis très frappé du fait que le bilan de la Révolution, noir pour certains, lumière des Nations pour d'autres est loin d'être terminé, et en tout cas loin de l'histoire officielle et suscite autant de passions.Juste une réflexion:je pense que la France de 1789 était le pays le plus avancé du Monde.N'aurait-on pas pu le réformer paisiblement?
Rédigé par: dracenien | le 18/03/2008 à 11:57
une seule chose contestable dans l'interview de M. MARTIN. C'est quand il nie l'existence de la Terreur. Il y en a bien eu une, et elle était bien " centralisée par l'Etat et appliquée par lui. "
Rédigé par: guillaume | le 18/03/2008 à 12:36
Combien de protestants, de juifs, d'athées, de pauvres paysans pendus, brulés, torturés ou condamnés aux galères par les tyrans de l'ancien règime.
Combien d'enfants morts de faim pour financer les guerres, versailles ou les fêtes du roi?
Combien d'esclaves tués, violées, torturés par les serviteurs du roi?
Pour certains, le sang humble ne compte pas et c'est seulement des 30000 victimes de la terreur révolutionnaire qu'ils voudraient parler.
Nos ancétres connaissaient la terreur blanche et ils ont préféré sacrifier quelques oppresseurs plutot que de les laisser la rétablir. Ils ont vérsé leur sang sans compter pour repousser les armées des tyrans coalisés. La guerre imposée par les rois, le pape et les nobles a fait des centaines de milliers de morts, et pas seulement en Vendée.
Ils nous ont donné la Liberté et la Dignité. Nous leur devont le respect.
La Liberté ou la Mort!
Rédigé par: koui | le 18/03/2008 à 13:35
Un conseil: lire "les origines de la France contemporaine" de Thaine. Un chef-d'oeuvre! Et oui, la Revolution Francaise ce n'est pas la revolte du "bon" peuple contre les "mechants" aristocrates, c'est plus complique que ca. L'interet d'un tel livre, c'est d'ouvrir d'autres perspectives et de remettre le balancier un peu plus au milieu. Rappelons enfin que la glorification de la Revolution Francaise par les communistes a ete tardive (tout comme leur engagement dans la lutte contre le nazisme d'ailleurs). Elle ne date que du Front Populaire, pour des raisons essentiellement d'opportunisme politique. Avant, la revolution etait "bourgeoise" a leurs yeux.
Rédigé par: HXL | le 18/03/2008 à 15:26
en cherchant sur le net des infos sur les auteurs, j'ai trouvé quelques renseignements à propos de Jean sevillia sur....chist-roi...étonnant non ?
Rédigé par: ailemaime | le 18/03/2008 à 15:32
La terreur? C'est un peu comme une manif. groupée de fonctionnaires SNCF/RATP et d'étudiants anti-CPE qui aurait mal tournée... Comparaison stupide c'est vrai, mais ca m'a fait marrer... Ce qui est vrai par contre c'est qu'on ne parle pas assez des massacres de Vendée, de la terreur... ni de la violence après la loi de 1905 contre des religieux et des croyants qui les soutenaient (et qui étaient majoritaires dans le pays) chassés à coups de batons, des églises et monastères brûlés... ca en a fait du monde... mais cette souffrance là, c'est la souffrance d'imbéciles réactionnaires, c'est ça?
Rédigé par: SPQR | le 18/03/2008 à 16:30
Réponse à koui. La période historique postérieure aux Lumières a dépassé, dans le monde, en horreurs génocidaires toutes celles qui ont précédé (le XXe siècle est vraiment le siècle des génocides). Comme en France on sent bien qu'on ne peut pas le reconnaître sans ébrécher l'idole révolutionnaire, nous sommes le pays qui a le plus de mal à encaisser la chute du communisme (mis à part la Corée du Nord, Cuba, les FARC de Colombie et autres). Cela fait vraiment penser au film "good bye lenin": le déni du réel pour éviter le choc psychologique de l'effondrement des mensonges et des crimes.
Rédigé par: Ventadour | le 18/03/2008 à 16:40
@guillaume.
Pour mémoire, l'esclavage a été aboli une première fois sous la monarchie, puis remis au goût du jour par Napoléon...
Un peu d'esprit critique vis-à-vis de ce qu'on vous a inculqué ne vous ferait pas sans doute pas de mal...
Quant à Versailles et à la France, à cette époque, c'était un modèle pour l'Europe et pour le monde. Il est aisé aujourd'hui de critiquer.
Quant aux morts pour financer les guerres, sachez qu'ils n'ont jamais été si nombreux depuis Napoléon, puis en 1914 et 1939...
Bien à vous ;o)
Rédigé par: Titounet | le 18/03/2008 à 16:46
Merci de relater les réactions salutaires à cette nouvelle tentative de diabolisation de la Révolution française, qui était, jusqu'à 1989 environ, la pierre angulaire de la vie politique française, du PC au RPR. Seuls l'extrême-droite, les catholiques intégristes et les monarchistes en déniaient l'importance.
Mais ce nouvel assaut contre-révolutionnaire adopte aussi le point de vue anglo-saxon francophobe qui se revendique de Burke et trouva son expression politique la plus puissante dans le thatchérisme et le néo-conservatisme états-unien.
Il est sidérant qu'avec ses discours, à Latran notamment, Nicolas Sarkozy ait clairement endossé ce point de vue, en exaltant la "France chrétienne" et en dénonçant un "intégrisme laïc", en fustigeant la laïcité et en promouvant une histoire révisée dans un sens antirépublicain des relations entre la France et la papauté.
Cf.:THATCHER-SARKOZY, MEME COMBAT: LIQUIDER LHERITAGE DE LA REVOLUTION FRANCAISE:
http://sarkonorepublic1.canalblog.com/archives/2008/01/13/7428070.html
LA CHRISTIANISATION DE LHISTOIRE DE FRANCE, LE REVISIONNISME HISTORIQUE ANTI-REPUBLICAIN DE M. SARKOZY :
http://sarkonorepublic1.canalblog.com/archives/2008/01/07/7451596.html
En s'attaquant ainsi à la Révolution française, on sape les fondements de la République. Que des idéologues s'y essaient, ce n'est pas nouveau. Les Angalis non plus. Mais que le président de la République les suive est de très mauvaise augure.
C'est comme si les Romains avaient décidé de mettre en charpie le mythe de Romulus et de Rémus et de jeter aux orties la fondation de Rome, pierre d'angle de l'Empire.
Nous en sommes là. Une France qui renonce à ses plus hauts principes. La politique menée actuellement en témoigne amplement -des menaces sur la loi de 1905 aux entorses aux droits de l'homme.
Rédigé par: Citoyen r j | le 18/03/2008 à 16:48
Il est indéniable quavant la révolution il y avait déjà eu des massacres. Les causes en étaient nombreuses, la cupidité, lintolérance, la crainte de lautre. Mais la révolution inaugure lère du massacre au nom de la raison. Cest en cela quelle est le terreau du fascisme et du communisme.
Il est indéniable de considérer la guillotine comme un progrès, mais le nombre de ses bénéficiaires est négligeable en comparaison de celui des massacres de septembre, des noyades de Carrier, des victimes des colonnes infernales ou autres opérations de « nettoyage ».
Seuls des français de gauche peuvent dire sérieusement que la révolution a été utile parce quelle a permis au pays daccoucher de la modernité. Les autres pays de culture chrétienne ont atteint un degré de développement largement égal au notre sans passer par cette étape, ni en payer le prix sanglant.
La révolution française, en divisant durablement le peuple français, entretien des débats dérisoires sur le passé, comme celui qui nous occupe, et empêche de regarder lavenir avec des idées neuves.
Rédigé par: vieuxréac | le 18/03/2008 à 17:23
Comme quoi ,le révisionnisme,taraude et gangrène la démocratie!!Les auteurs de ce livre sont des révisionnistes,et réécrivent l'histoire en fonction de leur idéologie d'aujourd'hui!!!!Ce n'est pas nouveau,ils ont trouvé un sujet ,pour se défouler de leur haine du changement,pour satisfaire leur égo de conservateurs et accessoirement se faire du fric!!!!!
Rédigé par: BERTRAND Guy | le 18/03/2008 à 18:52
Ce serait faire beaucoup de cas de cette oeuvre que de croire sa diffusion dangereuse pour les fondements de la république...Dès lors que l'on oriente sa vision de l'histoire sur des principes idéologiques, on ne fait plus de l'HISTOIRE, on fait...autre chose. Seicher et Chaunu sont d'ailleurs les plus "dignes" représentant de cette CHOSE, qui n'a pas de nom pour le moment! C'est un livre d'experts "soldés", qui partent du résultat escompté pour fabriquer une thèse plutôt que le contraire. En vérité, ce livre en dit plus long sur les passions d'aujourd'hui, un peu sur les "buts de guerre" établis par ses auteurs, que sur la révolution elle-même...Contre toute raison.
Et d'ailleurs les plus fervents défenseurs de la révolution, dont je suis, n'ont rien à dire face au faits ! Colonnes infernales, terre brulée, familles sacrifiées du nourrisson à l'aieul. Tout celà a été, sans aucun doute. Mais le fait est que cette révolution a eu lieu, qu'elle était inéluctable, désirée par le peuple, décrite déjà par les intellectuels contemporains et provoquée presque comme un suicide par une aristocratie à vau-l'eau (Klossowsky)...Elle a eu lieu avec cette succession d'événements enchevêtrés, qui doivent autant au hasard qu'à la volonté de figures historiques ballotées par la vie. Et nous en sommes les héritiers, et le reste a disparu à jamais ! Mais courage, il encore reste à ces laborieux universitaires l'écriture du livre noir de l'éducation publique, du livre noir de la commune, du syndicalisme, du front populaire, du Gaullisme (évidemment), de Mai 68 (en cours)! D'autre du même acabit feront le livre noir du catholicisme, de l'ancien régime, des jésuites, de la colonisation, de l'instruction privée...On se renverra à la figure le décompte de ses morts comme une facture à régler séance tenante. Nous retrouverons sur l'étal du bouquiniste, l'été au bord de la plage de St Cyprien ces quelques pauvres imprimés qui n'auront pas fait les délices du pilon...N'est pas Marx, Michelet ou Braudel qui veut !
Rédigé par: al'hun | le 18/03/2008 à 23:11
La critique de ce livre donne bien dans le historiquement correct comme dirait Jean Sévilla. Jean Clément Martin est partial car niant les excès de la Terreur, le Génocide Vendéen,(il se garde bien de citer Reynald Secher)..Il trouverait m^me la Révolution Française vertueuse.
Je comprends que ce livre gène les républicains, héritiers de ce jacobinisme dont nous subissons encore les conséquences. Je ne pense pas que des historiens réputés, sérieux se soient fourvoyés dans une aventure sans en connaître le contenu.
Rédigé par: Richard | le 18/03/2008 à 23:17
La,on touche avant tout un point sensible des fondements de la Republique:le Jacobinisme.
Rédigé par: perverpepere | le 18/03/2008 à 23:52
Que ce "livre noir" soit mauvais, ou partial, c'est bien possible, mais nous dire que la terreur n'a jamais vraiment existé, c'est un peu fort de café !
Si l'histoire est enseignée avec de tels principes (en gros, "ne pas désespérer Billancourt" et surtout "ne pas apporter de l'eau au moulin des cathos"), c'est vraiment très inquiétant !
Philippe
Rédigé par: Philippe | le 19/03/2008 à 00:41
@ Titounet. Sauf erreur de ma part , c'est la Révolution qui a aboli l'esclavage en 1793 .Il a ensuite été rétabli par Napoléon.Jetrouve que ce que dit JC Martin est exact,mais je le t rouve injuste avec François Furet qui a toujours souligné les aspects positifs de la RF. Mona Ozouf, proche de Furet a d'ailleurs fortemnt critiqué le "livre noir."
Rédigé par: zoulou | le 19/03/2008 à 05:02
La révolution française est à l'origine de l'idéologie moderne qui met en avant l'individualisme, le libéralisme, le dogme des droits de l'homme et l'universalisme. Toutes ces idées qui sont causes aujourd'hui de la désagrégation de nos sociétés. Oui, il faut sortir de la nuit de 1789.
Rédigé par: Durutti | le 19/03/2008 à 09:25
Les contre révolutionnaires me font penser à des enfants qui voudraient occire leurs parents. Hé oui, comme on ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas son histoire, qui a comme les premiers des qualités et des défauts. Il n'en reste pas moins que, sans la Révolution, pas d'Europe actuelle. C'est ainsi et irréfutable. La Révolution a eu lieu car elle devait avoir lieu. La nier, obscurcir exagérément cette partie de notre histoire, c'est en préparer implacablement une nouvelle...
Rédigé par: Nicks | le 19/03/2008 à 09:47
C'est rafraîchissant... Cela me rappelle mes cours sur la Révolution française avec les élèves d'Albert Soboul qui, en un an, ne citent pas une seule fois François Furet. L'orthodoxie a des qualités de cohérence remarquables.
Rédigé par: Xavier | le 19/03/2008 à 10:04
Il eut ete souhaitable de ne pas interroger uniquement le directeur de l'ihrf, institution vénérable qui n'est pas réputée pour sa grande neutralité idéologique. Je n'ai pas lu ce livre noir qui ne semble pas mériter grande estime, mais assimiler Furet a la contre révolution catholique, c'est un peu gros. De meme d'aileurs que de laisser entendre que le gouvernement révolutionnaire, c'est la dictature de la loi.
Rédigé par: jerome | le 19/03/2008 à 10:24
Quelques perspectives: la Convention Nationale abolit l'esclavage dans les colonies en Février 1794 (en particulier à Haiti - où la révolte des esclaves avait réalisé l'abolition de facto - mais aussi à la Martinique et à la Guadeloupe). Donc, sous la Terreur. Voir les travaux essentiels de Laurent Dubois sur le sujet.
Une autre piste: Carnot, du comité de Salut Public, organisa l'industrie française selon des principes capitalistes (en particulier, la propriété privée des moyens de production - à l'opposé de la propriété dynastique - ainsi que la régularité et la continuité légale) - afin de gagner la guerre. En un sens, le capitalisme en France est véritablement né sous la houlette du Comité de Salut Public première version (jusqu'à Thermidor). Ken Alder a écrit un livre magnifique et nécessaire là-dessus.
Enfin, la Terreur elle-même fut largement une construction rhétorique a posteriori, qui permit de justifier aux Thermidoriens de justifier beaucoup de leurs excès (gabegie, corruption, répression anti-jacobine - si on veut chercher les origines du fascisme elles sont plutôt du côté de la Jeunesse Dorée d'ailleurs). Je renvois au très beau livre de Bronislaw Baczko sur le sujet.
Je rappellerai par ailleurs que c'est Robespierre et. al., ces bons bourgeois pétris de morale chrétienne, qui se sont chargés de faire taire les Hébertistes (sans parler de l'immense et essentiel Anacharsis Cloots). Pas vraiment gauchiste.
Une autre: l'Abbé Grégoire, non content de présider la séance de la Convention lors de l'abolition de l'esclavage, il s'évertua également à intégrer les juifs dans la république (ainsi que les autres minorités non-francophones - pléthoriques à l'époque). L'ABBE Grégoire. L'ABBE Grégoire. OK? Son modèle d'intégration par abjuration et mis-génération a offert le modèle et la justification philosophique à toute l'entreprise coloniale française (de l'imbécile expédition d'Egypte aux discours de Jules Ferry sur les colonies un siècle plus tard). Ce modèle d'intégration forcée laisse énormément à désirer et mériterait un examen critique et théorique plus approfondi que de maigres et sottes accusations d'antisémitisme. On rappellera par ailleurs que les intérêts marchands de Bordeaux (et notamment Juifs) ont joué un rôle essentiel au cours de la Révolution - d'où l'étiquette de Girondin...
Quant à Chaunu et ses compères, ils tombent précisément dans ce que Furet et Baker ont rendu obsolète - l'histoire commémorative et célébratoire. Au lieu de faire ça à la façon stalinienne, ils le font en version Maurrassienne et St-Nicolas du Chardonnet (salauds de franc-macs, etc. etc.). Non seulement ça sent le sapin à plein nez (comme l'Académie Française), mais en plus ça n'est pas vraiment intéressant du point de vue théorique (comme l'Académie Française). C'est même complètement syllogistique, voire crétin.
Enfin, il est très intéressant de constater que ce genre de débat à encore cours en France. C'est symptômatique d'une certaine fossilisation intellectuelle. Dans un sens, la fin de la guerre froide à autant annihilé les staliniens que les réactionnaires néo-romantiques et anti-modernes. Parce qu'il faut se demander - à quoi cela peut-il bien servir de vilipender la Révolution de cette manière? Pourquoi cette véhémence - éminement suspecte à mon goût? Peut-être à la rigueur, faudrait-il lire pareille intervention dans le contexte de la contre-réforme anti-lumières initiée par Wojtyla et Ratzinger. Mais qui donc prend encore au sérieux les divagations du Vatican? En gros tout ça fleure bon Versailles, l'Opus Dei et les dragées de Grand-Maman.
Les historiens de langue anglaise ont depuis longtemps abandonné ces questions. Ils les laissent bien volontiers à ces vieux messieurs aigris qui, une dernière fois avant d'expirer, lèvent l'étendard blanc de la contre-révolution, en hurlant "Montjoie! Saint-Denis!" en croyant avoir le dernier mot.
En 2008? En 2008. Oui Madame.
Rédigé par: manu | le 19/03/2008 à 11:06
je le redis, additionner les morts, et ce les jeter à la figure n'a aucun sens, cette une vision comptable macabre, qui n'a aucun sens au niveau historique, qui n'explique pas les processus,le contexte,le pourquoi....d'une époque, et d'une période.
Mais, il faut bien le dire cette dérive a commencé avec les historiens anti communistes et anti progressistes qui veulent absolument dénigrer tout mouvement révolutionnaire.
Rédigé par: bebert | le 19/03/2008 à 11:34
"La révolution française est à l'origine de l'idéologie moderne qui met en avant l'individualisme, le libéralisme, le dogme des droits de l'homme et l'universalisme. Toutes ces idées qui sont causes aujourd'hui de la désagrégation de nos sociétés. Oui, il faut sortir de la nuit de 1789."
Les idées ne causent rien du tout, et ne peuvent certainement pas désagréger des sociétés. Non, la dialectique ne peut pas casser des briques. Le marché à terme des instruments de crédit souverain (en gros, les emprunts d'état) à la rigueur. Et encore. Ah oui. Les bombes guidées par satellite, et tout l'appareil logistique, technologique et capitalistique qui permet leur utilisation. Là oui, on peut commencer à parler de désagrégation sociale (cf: l'Irak).
Attribuer des pouvoirs quasi-thaumaturgiques à de vagues notions philosophiques (comme on disait en Terminale), ça n'est pas bien sérieux. Mais évidemment, ça vient de gens qui croient à l'immaculée conception et à la transsubstantation. Alors évidemment, tout est possible.
Ces manoeuvres d'arrière-garde autour de la Révolution Française sont orchestrées par les très catholiques Editions du Cerf, et le tout coordonné par un prêtre dominicain (les mêmes qui voulaient réarmer la France durant les années 30 avec leur soupe d'Heideggerisme christianisant et de culte du Chef - cf. Lyautey, Mounier, les non-conformistes etc).
Au final, la flaccidité théorique des arguments avancés par Chaunu et compagnie - en gros, ouhh, la France s'est détournée du Bon Dieu - laisse pantois. C'est donc tout ce qui reste de cette auguste tradition du conservatisme chrétien (De Maistre, Chateaubriand, Tocqueville). Une imprécation aussi nostalgique que futile contre ce qui est. Mais c'est là aussi le destin de la religion en général.
Rédigé par: manu | le 19/03/2008 à 12:08
C'est limite du négationisme cette interview : la Terreur n'a jamais existé ??????
Ah ouais, mais la commission Bignon qui à Nantes fait fusiller 2'600 prisonniers Chouans et les mets dans une fosse commune (le cimetière supplémentaire), c'est rien, juste une vision intégriste catholique...
Si jamais des Serbes s'amusent à faire la même chose, ce monsieur sera scandalisé et criera au crime contre l'humanité.
On n'a rien à craindre à rappeler le côté obscur de la Révolution, sauf pour ceux qui se prennent pour des anges et qui aiment à peindre les autres en démons.
Rédigé par: gemini1096 | le 19/03/2008 à 12:09
C'est dans l'air du temps, l'air mauvais de la réaction, des néoconsevateurs les plus obscurs et autres ringards aux idées minoritaires et honteuses, entrainés jusqu'au pouvoir par les vents de la démagogie et l'agitation sécuritaire... Ils profitent de toute la république, ses bienfaits, mais la haïssent .
Je préfère la Révolution Française à la Révolution nationale... affaire de goût, certainement.
Rédigé par: jérôme | le 19/03/2008 à 12:25
Gemini1096 rate complètement l'enjeu de la question - et par ailleurs fait passer en contrebande une de ces vieilles lubies cathos qui voudrait comparer les massacres des Chouans avec la Shoah (et d'ailleurs, on entend rarement ces belles âmes astiquées à l'eau bénite s'indigner des massacres de Lyon, ou du massacre des patriotes Irelandais aux mains du Roi George). La question n'est pas là. Aucun historien sérieux ne conteste les événements et les massacres en Vendée. Ni que la Terreur a existé. C'est une affaire d'interprétation historiographique et philosophique - pas un concours de victimologie, mes morts contre tes morts.
Rédigé par: manu | le 19/03/2008 à 12:27
la guillotine n'a pas été perçue comme plus "douce". Elle a été choisie comme châtiment "pour tous", égalitaire puisque la peine de mort d'ancien régime était applicable dans des modalités différentes selon les crimes et l'origine sociale du condamné. Ainsi le noble avait-il la tête tranchée à la hache et le roturier était il pendu ou écartelé selon le crime commis...
L'aspect "médical" de la guillotine est certes intéressant mais a supplanté, je pense les autres parce qu'il renvoyait à la punition aristocratique et permettait de sortir de ce problème "par le haut"... La décapitation pour tous : un vrai progrès non ?
Rédigé par: Marx Du_Veuzit | le 19/03/2008 à 12:44
Stupéfiant de voir qu'il y a des français qui, plus de 200 ans plus tard, ne se sont toujours pas remis de la Révolution Française ! Que voulez vous faire ? La déclarer nulle et non avenue ? On vit décidément une époque bien inquiétante ...
Personne n'a jamais prétendu que la Révolution s'était faite dans la joie, la bonne humeur et la camaraderie. Quand des personnes opprimées depuis des siècles se révoltent, on ne peut pas leur demander de le faire gentiment. Mais la Révolution reste ce qui a permis la rupture entre l'ordre féodal, profondément injuste, violent et inhumain, et un monde plus juste. Et ça, personne ne peut revenir dessus.
Rédigé par: Guilll | le 19/03/2008 à 12:57
Un des vainqueurs de la Vendée s'était vanté de ne pas avoir fait de prisonniers, d'avoir écrasé les femmes enceintes sous les sabots de ses chevaux "car d'une vendéenne ne pouvait naître un bon patriote".
Si les historiens avaient fait leur travail et étudié de manière dépassionnée et non idéologique les personnalités et les exactions de Carrier, Thureau, Foucher... au lieu de laisser faire les services de com du Puy-du-Fou, on ne ferait pas tant de cas d'un tel ouvrage.
Car la Révolution française c'est aussi cela. C'était aussi l'obscurantisme : "La Révolution n'a pas besoin de savants".
Peut-être aussi aurions-nous été capable de prévenir les derniers massacres du XXe siècle, Cambodge, Rwanda, Yougoslavie...
Rédigé par: Vengé | le 19/03/2008 à 12:59
Pourquoi défendre la Terreur ? Par idéologie, vous n'acceptez pas ou mal les réalités immondes des révolutionnaires qui ont massacré des milliers de catholiques innocents.
Pourquoi refuser cette réalité? Est ce pour la même raison que vous ne voulez pas considérer le communisme comme l'idéologie la plus assassine de toute l'histoire de l'Humanité? par idéologie en somme.
Acceptez la souffrance des autres même si elle vient contrecarrer vos choix et votre structure mentale.
Rédigé par: eliotme | le 19/03/2008 à 13:02
Mais bien sûr qu'il y a une Histoire officielle. Rappelez vous les cérémonies du bicentenaire, assistez au rappel d'histoire asséné aux jeunes français lors des JAPD et vous verrez qu'avant la révolution, l'histoire officielle ne retient à peu près rien de bon.
Plus manichéen, tu meurs !!!
Rédigé par: Arleigh Burke | le 19/03/2008 à 13:25
@ marionneau
mais bien sûr noyer des prêtres en les attachant nus à des religieuses était juste conditionné par la menace aux frontières et ne dénote en rien d'un dérèglement mental et d'une cruauté maladive.
La pratique de "lutte anti-révolutionnaire" s'est dans bien des cas apparentée à une pratique génocidaire et non pas à un simple souci de maintien de l'ordre et de contre-insurrection.
L'obsession à détruire "l'ennemi" (et je parle plus du contenu des discours que du simple nombre de morts) est tout à fait comparable avec les mécanismes ayant engendré les génocides communiste ou nazi du XXème s.
Nier cette évidence, quelque soient les faiblesses de cet ouvrage que je veux bien croire ( je ne suis pas non plus très fan des "livres noirs du...") c'est faire de l'idéologie. Martin n'a donc aucune leçon à donner aux Chouans.
Rédigé par: Czar | le 19/03/2008 à 13:27
Je pense qu'il est effectivement utile de vulgariser l'histoire mais je ne suis pas d'accord avec les visions gauches ou droites ou catholique de la révolution. Il faut savoir faire la part des choses et poser les bonnes questions.
L'histoire ne juge pas les périodes et n'a pas vocation à condamner des événements anciens. Elle tente de d'établir une vérité qui se veut la moins subjective possible.
Rédigé par: Martin | le 19/03/2008 à 13:38
Chers amis de Libération, une chose est sure : ce ne sera pas avec vous qu'on nous délivrera de la pensée bienpensante unique. Continuez donc à bêler avec le reste du troupeau, c'est de toute façon tout ce que vous savez faire...
Rédigé par: jojo | le 19/03/2008 à 13:52
à méditer :
"Les horreurs de la révolution ne sont que l'effet de celles des anciens régimes, de l'action délétère des anciens poisons. Ce sont justement les anciens poisons qui constituent le mal des révolutions. C'est pourquoi les forces contre-révolutionnaires ne peuvent qu'aggraver le mal d'une révolution, au lieu de le détruire."
Nicolas Berdiaeff.
Rédigé par: fred | le 19/03/2008 à 14:00
La Révolution Française, rupture avec le monde féodal ?
Mon oeil ! La bourgeoisie a pris le pouvoir financier et s'est alliée avec ce qui restait de l'aristocratie pour la bénédiction.
Le peuple lui, il trime toujours.
Rédigé par: Albert | le 19/03/2008 à 14:00
livre d'historien plus équilibré sur le sujet et pas révisioniste :
Aux armes, historiens - deux siècles d'histoire de la révolution française
Eric J. Hobsbawm - la découverte
Rédigé par: Roland | le 19/03/2008 à 14:34
Dans la dispute la REVOLUTION FRANCAISE, je ne vois personnellement que deux gros mensonges qui s'affrontent : l'un prétend que la REVOLUTION FRANCAISE est une rupture, comme si les ETATS GENERAUX avaient été inventés en 1789 ; l'autre prétend que la FRANCE 2008 est digne fille des années 1789 : n'y aurait-il pas autant mensonge qu'il n'y aurait pas autant discussion.
Rédigé par: DAAN | le 19/03/2008 à 14:43
Noubliez pas John Law !
C'est lui, si diabolisé en France, qui est responsable pour l'essor d'une classe moyenne et une plénitude, hélas éphémère, du pain --- qui a donné lexpectative d'une meilleure vie pour les exclus. ---
Roger
Rédigé par: Wiesenbach | le 19/03/2008 à 15:00
Un point sur les chiffres des morts pendant la guerre de vendée. On parle souvent de milliers de morts en reprenant des chiffres entendus ici ou là. Exemple: à la Gaubretière (dit le "Panthéon de la vendée"), les chiffres de 5'000 morts lors du passage des colonnes infernales ont souvent été avancés (du moins quand j'étais jeune habitant en vendée). Dans une analyse démographique publié dans "recherches vendéennes" de 2001, les estimations qui semblent plus crédibles tournent entre 200 morts min et 600 morts max. Cela n'enlève pas le massacre de ces gens qui étaient majoritairement non combattant mais l'augmentation de ces chiffres sont politiques et non plus grand chose à voir avec l'histoire ce dont a souffert les guerres de vendée (et la vendée par la même occasion). La victimologie a permis d'assoir le pouvoir politique d'un certain P D V. A titre d'info, les paysans râlaient surtout au début contre l'impossibilité de racheter les biens nationalisés et ce sont les aristocrates, qui avaient la formation militaire, qui semblent avoir amener la défense de "Dieu et le Roi". Sinon mon aieul s'est fait guillotiner à Fontenay le Comte en 1793 et pourtant je n'ai pas la haine de la république. Etonnant, non?
Rédigé par: LIB | le 19/03/2008 à 15:02
Ca continue... Après 68, 17, 89... Et puis quoi? bientôt 1589? 1515?1492?
L'histoire, en tant que science s'accomode mal d'idéologie. Relisez Thucydide...
Quant au décompte morbide que certains s'amusent à effectuer (dans un sens ou l'autre) il est plus qu'indécent. Et la guerre de 14? Celle de 70 et La commune? Etc. Il semble curieux que certains veuillent absolument faire une différence entre violences révolutionnaires et violences perpétrées par l'Etat ( qu'il soit républicain, impérial ou royal) en temps de guerre. Cette comptabilité à deux vitesses marque la réelle de la partialité des points de vue. Marrant, quand j'étais en fac à Nantes, les profs (aux opinions politiques différentes) nous intimaient à bien faire la différence entre l'événement et le contexte. Appuyant sur la nécessité de bien connaître ce dernier, et d'accepter de sortir de toutes ces idées préconçues que nous portons avec nous, par le simple fait d'être Français et pour une bonne part d'entre nous de culture chrétienne. Ce n'est manifestement pas le cas aujourd'hui...
Rédigé par: oudaios | le 19/03/2008 à 15:43
D'origine Vendéenne, j'ai eu la chance en 1989 au moment des belles commémorations du bicentenaire, de visiter une exposition sur cette Révolution Française. L'histoire à été écrite par les vainqueurs mais quels vainqueurs...sans tomber dans un révisionnisme primaire, j'y avait alors appris que le "génocide" du peuple vendéen (c'est à dire Bretagne, Pays de Loire et Vendée) a été VOTE par la Convention : des moyens en hommes et matériels (dont des produits incendiaires) ont été également données : ce furent les colonnes infernales...Les soldats avaient été formé à éventrer des les femmes enceinte car l'objectif voté était de ne laisser aucun descendant mâle...Il y a eu ce qu'on appelait les mariages républicains : ont attachait une femme avec un curé pour les noyer ensemble...Doit-je vous parler des vantardises de certains généraux des colonnes infernales se vantant d'avoir récupérer plusieurs centaines de litres de graisses (humaines bien évidement) après les multiples et systématiques "Oradour-sur Glane" vendéens...Enfin l'expostion montrait des abats jour fabriqués en peau humaine ou encore des presse papiers en verre avec à l'intérieur des crânes découpés ou des foetus....J'oubliais aussi la description jubilatoire des soldats se vantant de suspendre les femmes par les pieds pour mieux les fendre du haut vers le bas....La révolution ce fut aussi cela. Encore une fois les massacres et les dizaines d'Oradour sur Glane" ont été voté à la Convention : "le 1er août 1793, la Convention vote un décret répressif à lendroit de la Vendée, mettant en place des commissions militaires, instaurant la politique de la terre brûlée et lexécution de tout Vendéen...enfin je cite Turreau ce trop saint républicain qui déclara : « Chaque chef de colonne a ordre de fouiller et de brûler les forêts, villages, bourgs et métairies [
] Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main ou convaincus de la avoir prises, seront passés au fil de la baïonnette. On agira de même avec les femmes, filles et enfants qui seront dans ce cas. Les personnes seulement suspectes ne seront pas non plus épargnées. » Sans remettre en cause quoi que ce soit je voulais par ce témoignage permettre à certains d'avoir un peu plus de recul et de sagesse sur leurs propos, en tout cas un minimum de respect pour la mémoire de ces....Français.
Rédigé par: Chouant | le 19/03/2008 à 15:56
Je ne suis pas historien et je ne peux donc pas mobiliser un argumentaire serré comme certains "contributeurs". Je voudrais simplement dire que J.C. Martin est un spécialiste de la Révolution, qu'un de ces derniers livres, accessible, s'intitule "La Vendée et la Révolution" (éditions Tempus, 2007); il y aborde notamment le débat autour du "génocide vendéen" de manière rigoureuse, à partir d'une réelle compétence d'historien qui bosse!Quelle désolation de voir les articles réactifs, nombreux, qui dénoncent son révisionnisme, son côté partisan voire son négationnisme dès lors qu'il interroge le mot "Terreur" devenu enjeu d'un conflit. De Grâce laissons les historiens effectuer leur travail critique salutaire pour les citoyens curieux que nous sommes.Rien à redire donc à son article, qui dans les contraintes de l'entretien, ne peut reprendre une longue démonstration, effectuée par ailleurs dans sa bibliographie.
Rédigé par: lodin | le 19/03/2008 à 15:59
Ecrire un livre noir sur un évènement historique quelque qu'il soit n'est pas faire oeuvre d'historien. C'est un ouvrage d'opinion ou de polémique mais en aucun cas un ouvrage d'histoire et ceci vaut pour tous les livres noirs qui correspondent à la manifestation d'une opinion et pas plus.
Rédigé par: Pastorello | le 19/03/2008 à 16:36
Certains commentaires remettent en cause la notion de livre noir.
Si ces derniers existent, c'est qu'il existait un histoire "dorée" du communisme comme de la révolution francaise....
Pour avoir fait un peu d'histoire, il y a une constante observable de manière quasi universelle : L'histoire est écrite par les vainqueurs.
Le livre noir de la révolution francaise ne fait que synthétiser des travaux et des recherches qui ont eu lieu depuis maintenant plusieurs années et notamment depuis Pierre Gaxotte.
On est bien loin du vague complot catho-réac dénoncé par les commentaires ci-dessus.
Rédigé par: sopotec | le 19/03/2008 à 16:41
Mon cher Sopotec ,votre post laisse à penser que vous faites partie de cette vaste coalition de monarchistes, chouans, thermidoriens, partisans de la restauration qui haïssent "la Gueuse" et tout mouvement "Social"
Merci d'appeler à la rescousse Pierre Gaxotte, antisémite patenté, monarchiste, anti-républicain, fasciste à la française. Il n'a échappé à la collaboration et au sort des collaborateurs que pas son nationalisme germanophobe.
A propos de Pierre Gaxotte,j'invite à consulter l'ouvrage d'Emmanuel Ahounou-Thiriot "Pierre Gaxotte Un itinéraire de Candide à l'Académie française"
Rédigé par: Frédéric | le 19/03/2008 à 17:32
C'est dans l'air du temps de s'attaquer à la Révolution Française.
Durant plusieurs mois on s'est attaqué à Mai 68 manière outrancière et caricaturale, comme si cette période n'était que franco-française,
En ce siècle des ténèbres, la prochaine cible sera le XVIIIeme, le siècle des lumières
Rédigé par: phil | le 19/03/2008 à 19:23
Dites, on n'a pas dû lire le même article, où donc avez-vous pris qu'il niait l'existence de la Terreur ?!?! Vous êtes sûrs de savoir lire ?
Quand au victimisme malsain qui hante de nombreux propos (c'est dans l'air du temps décidément... terreau sur lequel fleurit le sarkozysme), dites, rappeler les paroles sanglantes et meutrières d'un anti-vendéen c'est bien, ça mange pas de pain, mais vous êtes allés chercher celles du camp d'en face ?... Ah oui, les méchants révolutionnaires étaient sûrement les seuls à tenir des propos pareils, tiens... le même genre de propos eugénistes qui sont toujours tenus en 2008 par une certaine frange de la droite catho d'ailleurs !!! (et je sais de quoi je parle) Mais contre celles-là, bien sûr, personne ici ne se lève... c'est vrai quand même que les redede versaillais contemporains en chèche et pantalon en velours, c'est moins sexy que de fantasmer sur une nonne à poil attachée à un curé, hein ?
Rédigé par: Anna | le 19/03/2008 à 19:53
C'est étonnant... On ne peut rien dire contre la pensée unique de gauche, son mythe révolutionaire et son sacro-saint dogme laïque sans être traité de réactionnaire, anti-révolutionnaire, membre subversif de la bourgeoisie capitaliste et partisan d'une société féodale basée sur le profit et l'exploitation des masses laborieuses. Quelle ouverture d'esprit à gauche!!! Ou sont les libre-penseurs??
Rédigé par: Mulot | le 19/03/2008 à 21:38
Encore une fois, la plupart des commentateurs passent à côté de l'enjeu théorique/philosophique fondamental: cela relève du syllogisme que d'attribuer la responsabilité d'évènements futurs à des acteurs qui, dans le présent, ne peuvent en aucun cas imaginer comment leurs actions, et l'histoire de leurs actions, seront réappropriées dans le futur. C'est un contresens absolu d'attribuer la révolution russe ou le génocide rwandais à Robespierre - une telle opération de gymnastique mentale lui confère une force et une prescience dans son présent qu'aucun être humain ne peut raisonnablement revendiquer. Pareille lecture - qu'elle soit favorable ou défavorable à la Révolution - renverse l'histoire sur sa tête. Si l'on suivait cette logique jusqu'à son ultime conséquence alors on postulerait que l'on peut déterminer quelles seront les effets de nos actions présentes dans le futur. On voit bien l'imbécilité d'une telle position. Comment pourrais-je être tenu pour responsable des actions de mes descendants, dans 150, 200 ans? Comment pourrais-je être tenu pour responsable de la manière dont ils interprèteront mes actes, mes paroles, et les utiliseront pour justifier leurs méfaits? Blâmer la Révolution pour tous les malheurs du 20e siècle permet d'évacuer toute discussion sérieuse de nos choix et de nos responsabilités présentes. Par ailleurs, épouser le point de vue catholique - ou Jacobin - nous force à continuer la même bataille idéologique/interprétative qui commença dès le début de la Révolution. La critique monarchiste et/ou catholique de la Révolution débute dès le 15 juillet au matin (voire même dès l'annonce des Etats Généraux en 1788). Que l'on soit pro-catholique ou pro-Jacobin, ou pro-Napoléon, à la fin on reste à l'intérieur d'une controverse dont les termes ont été déjà été décidés. C'est une réplique du débat révolutionnaire - qui soit dit en passant mit en place la linguistique des oppositions modernes, la 'droite' et la 'gauche,' la 'réaction' et le 'progrès.' En somme, on reste enfermés dans un syllogisme politique et idéologique qui mène tout droit à une impasse analytique. Cette circularité de l'interprétation - analyser un objet donné de l'intérieur, et dans le langage même de cet objet (droite/gauche, réaction/progrès) tout en croyant réviser tel ou tel pan de l'histoire officielle - est l'erreur habituelle des amateurs et des historiens politisés. C'est par ailleurs attribuer au passé des pouvoirs qu'il n'a pas - cet aveuglement interprétatif, ce sommeil philosophique, est un des derniers refuges de l'idéalisme. C'est de la pensée magique pure et simple.
Rédigé par: manu | le 19/03/2008 à 23:54
Bien que pas historien pour un sou, il me semble que c'est lors des périodes de paix, où on peut encore avoir une analyse lucide des enjeux, qu'on trouve l'origine des atrocités qui caractérisent les guerres, et à plus forte raison les guerres civiles.
Une lente accumulation de frustration, de haine, d'impuissance qui génère assez de pression sur des individus pour les transformer en monstres ne passe en général pas totalement inaperçue. Sauf à adhérer au crédo néo-darwiniste très en vogue en ce moment (l'homme est une ordure égoïste cherchant à maximiser son profit par des choix rationels - pauvre Darwin, que ne lui fait-on pas dire !)
C'est vraiment futile de se jeter des atrocités à la figure une fois que la guerre est déclarée. C'est un débat sans fin et tout à fait vain.
C'est dans ce sens que je rejoins les commentaires qui évoquent la mode de la victimisation, le penchant morbide pour les atrocités qui offrent un réservoir inépuisable de justifications émotionnelles à quelque camp que ce soit, et permettent au passage de balayer d'un revers de manche l'analyse des causes historiques et géopolitiques des évènements.
On emploie exactement, et avec un beau succès, le même procédé pour justifier le retour à l'enfermement des fous (dangereux coupables, monstrueux salauds) et la répression des pauvres (dangereux coupables, monstrueux salauds aussi, finalement).
Tout ça ne me semble pas être de l'histoire mais un bon vieux sermon, une tentative de construire une justification scientifique à un truc qui relève de la vision fondamentale du monde, de l'intime conviction. De l'idéologie métaphysique avec un petit ruban de science autour.
Rédigé par: Pierre Berger | le 19/03/2008 à 23:56
La Terreur vue par l'auteur ( en complément du commentaire d'Anna )
"On ne peut pas parler dun régime de Terreur sous la Révolution, comme cela a existé en Russie soviétique, dans le Cambodge de Pol Pot, ou sous la Chine de Mao. Quand on regarde les textes, la Terreur na jamais été « à lordre du jour ». Robespierre lui-même nen voulait pas, ainsi que la quasi-totalité des conventionnels."
Rédigé par: Feravec | le 20/03/2008 à 09:24
Eh mais ça fait plus de 200 ans que ça s'est passé tout ça... C'est dingue de se mettre dans des états pareils sur une débat d'historiens! En même temps la polémique est excitante, et chacun a des arguments intéressants. Il est possible que deux conceptions de la France se soient affrontées à mort, avec la conviction, l'une comme l'autre, d'être dans le vrai. Une guerre civile qui aurait été perdue par le parti de la vieille France catholique. Bon, ben voilà. ça fait 200 ans, on ne peut pas revenir là-dessus...
Alors plaquer nos grilles de lecture post-communistes là-dessus, c'est, comment dire... surréaliste!
Rédigé par: coco | le 20/03/2008 à 09:52
Ce "livre noir" a le mérite de ranimer quelques débats sur cette Révolution qui n'a pas eu que de bons côtés... Cela étant, les monarchistes eux-mêmes sont parfois divisés sur la Révolution, certains la rejettant en bloc, d'autres rappelant que la meilleure part de celle-ci (droits de l'homme et du citoyen, fête de la fédération, etc) s'est faite sous le règne de ... Louis XVI. Petit détail : avez-vous remarqué que sur le tableau représentant la déclaration des droits de l'homme de 1789 on voit une femme portant le manteau fleurdelysé de la monarchie et une couronne (je l'ai sous les yeux; personnage de gauche au-dessus de la déclaration), symbole de la "monarchie libératrice" ? Comme quoi...
Rédigé par: J.-P. Chauvin | le 20/03/2008 à 12:42
Un point Godwin pour Manu. Je n'ai pas comparé les massacres des Chouans avec la Shoah mais avec l'épuration éthnique dans les Balkans. Mais il faut absolument ramener les nazis là-dedans.
Encore une fois, on peut considérer la révolution comme une chose positive sans pour autant refouler, minimiser, ou nier les atrocités qui l'ont accompagnée : la Terreur, les guerres de Vendée, etc.
C'est un comble ça, si on ne dit pas que la Révolution est pure comme une jeune fille on devient un intégriste catho nostalgique... N'importe quoi.
Rédigé par: Gemini1096 | le 20/03/2008 à 15:24
Gemini1096: je présente un argument herméneutique (tiré largement de Baker et Furet), pas un jugement politique. Porter un jugement politique sur la Révolution, dans les termes définis par la Révolution, c'est rester prisonnier de la Révolution. C'est encore pire que du 'refoulement.' Et non la Révolution n'est pas 'pure comme une jeune' fille - mais ça n'était pas mon propos. Je disais juste que si l'on reste enfermé dans ce stérile débat sur la 'responsabilité' on passe à côté de la richesse et de la complexité du moment révolutionnaire - ainsi, la Terreur n'a pas grand'chose à voir avec l'image que le profane s'en fait, et non, elle ne marque pas l'invention du 'totalitarisme.' C'est comme de crier au démon à chaque mention des Nazis ou de la Shoah. Ca ne sert à rien et ça n'est pas intéressant. Et en plus ça obscurcit toute tentative d'analyse historique - quand Anna Arendt vole le travail de Raul Hillberg pour tourner la thèse fonctionnaliste en fable morale, on tombe dans la version hystérique de l'histoire. C'est exactement la même chose avec la Révolution - pousser des cris effarouchés à chaque mention de Robespierre, ou d'ailleurs de Louis XVI, c'est franchement barbant.
Comme disait Furet, il faut admettre que la Révolution est finie.
Rédigé par: manu | le 20/03/2008 à 20:54
Ce débat, à l'aune de la qualité des argumentations, est passionnant car on a l'impression qu'il n'a finalement jamais eu lieu, confisqué par l'histoire officielle pour laquelle la RF est globalement positive, malgré quelques dégâts collatéraux(la Terreur).Un exemple, le sens du 14 Juillet-fête républicaine?-pas du tout:cette date commémore le 14 Juillet 1789 et le 14 Juillet 1790, fête de la Fédération autour du roi.Pour résumer il n'y a encore eu aucun consensus de réconciliation autour de la Révolution et cela explique à mon avis pour beaucoup l'éclatement du sentiment national propre à notre pays.
Rédigé par: dracenien | le 20/03/2008 à 22:04
Critiquer la Révolution française, c'est se classer dans les rangs des catholiques et des réactionnaires ! C'est très simplificateur tout cela. La révolte des chouans de Vendée et de bien d'autres régions de France, est une révolte paysanne. Ce sont les gueux, les bouseux, les ploucs qui refusent de passer d'un maître noble à un maître souvent encore plus avide, le gros bourgeois du coin qui fait trimer ses métayers et ses fermiers avec encore moins d'humanité. La nuit du 4 aôut 1789 ne voit pas la l'abolition des privilèges comme les professeurs de la République aux ordres de l'Histoire officielle nous l'apprennent à l'école, mais leur rachat ! "Article 1 de la Déclaration : L'Assemblée nationale détruit entièrement le régime féodal. Elle décrète que, dans les droits et les devoirs tant féodaux que censuels, ceux qui tiennent à la main-morte réelle ou personnelle, et à la servitude personnelle, et ceux qui les représentent, sont abolis sans indemnité ; et tous les autres sont déclarés rachetables, et le prix et le mode de rachat seront fixés par l'Assemblée nationale. Ceux desdits droits qui ne sont points supprimés par ce décret continueront néanmoins d'être perçus jusqu'au remboursement."
On assiste à une marchandisation des corvées et ceux qui les rachètent sont les commerçants, les gros laboureurs, bref les investisseurs. La liberté n'est pas la préoccupation première des nouveaux législateurs.
Les chouans prennent les armes parce qu'ils en ont plein le dos de ces nouveaux maîtres. Le phénomène sera à peu de chose près similaire pendant les années qui ont suivi la révolution russe. L'armée rouge supposée progressiste matera dans un bain de sang la rébellion de Makhno en Ukraine.
Rédigé par: Saint Posium | le 20/03/2008 à 22:06
Faut pas s'inquiéter c'est juste pour faciliter les quizzes du style QCM oui, non, nsp. C'est l'équivalent en édition du « un angle, un seul » en presse. Gommer la complexité, cela fait mieux vendre.
Le reste... Grincheux,va !
Rédigé par: Jef Tombeur | le 20/03/2008 à 22:50
C'est fou le nombre de trolls d'extrême droite que cet article excite! Ou alors le crétinisme est vraiment très répandu: les lecteurs qui prétendent disqualifier Jean Clément Martin parce que ce qu'il dit ne correspond pas à leurs vagues connaissances-souvenirs sur la révolution française ont-ils pris ou prendront-il la peine de lire ses ouvrages, de s'instruire et de chercher à fonder véritablement leur opinion? Non. Il est quand même beaucoup plus important pour l'ego de se donner l'impression qu'on a une opinion. Juger plutôt que de chercher à comprendre, comme s'il s'agissait de comparer des bagnoles ou des équipes de foot!
Les auteurs de livres noirs sont à l'histoire ce que les frères Bogdanof sont à la science physique.
Rédigé par: fanch | le 21/03/2008 à 09:27
Refaire l'histoire et l'interpréter par des analogies douteuses ou caricaturales a toujours caractérisé les historiens bien pensants au service dune idéologie ou dun parti. Chaunu et les autres nous refont le coup, oh combien éculé !, du « Livre noir ». Le drame dans cette aventure éditoriale est de sombrer dans le simplisme, le parti pris abject et le mépris profond de lhistoire et des historiens. Prétendre que la Révolution a baigné dans le sang, cest faire preuve dune mauvaise foi évidente et même J. F. Furet na jamais avancé une telle idée, en critiquant les « dérapages » révolutionnaires. Jean-Clément Martin analyse fort justement, à partir des recherches les plus récentes quil connaît admirablement bien, tous les partis pris des discours antirévolutionnaires qui ont marqué le XIXe siècle : la période de la Terreur réduite à ses dérives comme en Vendée, le bonapartisme jugé comme une dérive démagogique. Je rappellerai que la Révolution naurait sans doute jamais eu lieu, si le régime monarchique et les élites au pouvoir navaient progressivement sombré, pendant les décennies prérévolutionnaires, dans une défense incroyable de leurs privilèges et dans un profond mépris du peuple. En refusant de partager le pouvoir avec de nouvelles élites marquées par les idées des Lumières, en refusant de céder une parcelle de leurs somptueux privilèges, les conservateurs de tous poils ont fait le lit de la Révolution et non linverse.
Rédigé par: Guy Astoul | le 21/03/2008 à 10:37
L'analogie entre Chouans and Makhno? C'est nouveau, ça vient de sortir. Je dois dire que je ne l'avais jamais entendue celle-là. La révolte des Chouans comme moment de l'histoire officielle des révoltes paysannes anti-autoritaires. Je ne me souviens plus si Kropotkine en parle dans son bouquin sur l'histoire de la Révolution.
Par ailleurs, il est vrai que la Constituante détruit les privilèges (arbitraires, compliqués, inefficaces) pour les remplacer par un appareil légal tout aussi contraignant, mais qui a l'avantage d'être régulier et prévisible et de reposer sur une abstraction (l'Etat, le peuple, ses représentants) plutôt que sur une dynastie. Ce processus est crucial pour le développement du capitalisme - on a alors besoin de lois sûres et constantes, qui ne pourront pas être brisées selon les désirs changeants du pouvoir dynastique. C'est la forme du pouvoir qui change donc à marche forcée, vers un régime d'équivalences et de standardisations universelles (droits de l'homme, système métrique, abolition des 'privilèges' par exemple). C'est en gros l'infrastructure du capitalisme moderne qui bouge des marges de la société française où le pouvoir monarchique l'avait cantonné - notamment les fortunes coloniales - vers le centre névralgique, la source de la légalité. Ce processus s'achève sous la Terreur, lorsque les derniers biens des émigrés sont vendus aux entrepreneurs capitalistes (notamment les forges, les fournisseurs de vêtements pour l'armée, les fabriques de couteaux et de fusils). De même, les propriétaires agricoles, après 10 ans de Révolution, forment la vaste majorité de la population. La petite propriété rurale est la base et le réservoir de voix et de chair à canon de la République, jusqu'aux années 50 au moins.
En somme la Révolution n'a rien inventé: elle n'a que procédé à un ajustement structurel, acclimatant la France au capitalisme moderne.
Rédigé par: Manu | le 21/03/2008 à 22:55
On pourrait faire un parallèle anachronique : et si la France de 1788 était l'Irak de 2002 ? Le monarque -même absolu- n'est certes pas historiquement comparable à un dictateur mais bon, en gros, on est dans un régime basé sur la volonté d'un seul et sur l'arbitraire, mais il garantit un certain ordre, voire une certaine tranquillité pour la majorité de la population.
Et puis les idées de liberté et d'égalité apparaissent et voilà le chaos et l'insécurité...
Juste un parallèle entre une histoire passée et une actualité : les idées démocratiques ne se sont pas imposées en Europe par la seule force des paroles...
Rédigé par: geister | le 22/03/2008 à 00:57
Il me semble important de préciser que quelques-uns des signataires de cet ouvrage collectif, tels Jean Tulard ou Pierre Chaunu, n'ont pas hésité à faire entendre leur voix sur les ondes de Radio Courtoisie, ces dernières années. Quand à Jean Sévillia, il y tient séance chaque semaine. Dès lors, à quoi bon se complaire dans une polémique de cette nature ? Outre les travaux respectifs de chacun de ces auteurs, quiconque connaît l'histoire de cette radio nauséabonde (son fondateur, ses animateurs, ses invités, ses orientations idéologiques) sait parfaitement à quoi s'en tenir.
Rédigé par: T.B. | le 22/03/2008 à 04:18
Ah bon ! Pierre Chaunu serait catholique (proche de l'intégrisme en plus) ? François Furet aussi ? Il faudra trouver autre chose pour essayer de discréditer un livre qui rappelle que la Révolution a été une horreur, modèle d'autres révolutions et d'autres horreurs.
Et dire que l'on fête chaque année cet épisode sanglant et dérisoire qu'à été la prise de la Bastille. Viendrait-il à l'idée des "catholiques proches de l'intégrisme" de fêter la Saint Barthélémy ? La propagande a bien fonctionné pendant deux siècles à l'école républicaine, laïque et obligatoire.
Rédigé par: JV | le 22/03/2008 à 10:00
Czar: "Au fait, saviez vous que la révolution (& ses jacqueries) est la conséquence directe d'un dérèglement climatique provoqué en 1783 par une éruption en Islande?"
Et sans doute aussi la conséquence directe de la pénurie organisée par les spéculateurs (accapareurs) du blé
Que ce bouquin et sa publication puisse s'interpréter comme le retour d'une contre-révolution pourquoi pas mais dans ce cas cela peut aussi s'interpréter comme le retour d'une révolution ... n'est-ce pas que certains privilèges risquent d'être mis en danger qu'il soit impérieuse nécessité d'enfumer le contemporain ? Car à qui veut-on faire peur et à qui veut-on faire croire que la "contre-révolution" ait été non-sanguinaire si elle avait réussi ? Dormez donc braves gens, contentez vous de la médiocrité de votre vie, l'élite veille sur vous
Quelque que soit le camp ("révolutionnaire" ou "réactionnaire") la seule chose qui s'imposait,s'impose et s'imposera à toute partie prenante d'un mouvement historique c'est que l'on ne discute pas du prix de l'affrontement avec son ennemi. Celui qui faiblit perd. On peut regretter en "temps de paix" la violence des révolutions mais a-t'on jamais vu qu'une classe dominante fasse preuve d'assez de clairvoyance pour envisager la nécessité de sa fin et d'assez de cohésion pour lacher de bonne grâce sa dominance dans le rapport de force ?
Dans une révolution, malheur à celui qui ne choisit pas son camp et malheur à celui qui choisit le camp perdant! Cynique réalité pour les non-violents (naïfs, passifs ou intéréssés)
Rédigé par: Tellus | le 22/03/2008 à 10:58
C'est un livre certes partial, mais il a le mérite de ne pas le cacher. Mona Ozouf et Jean-Clément Martin, historiens de renom, lui font le reproche, explicitement ou non, d'émaner de la réaction «catholiqu », et pourquoi pas, de lextrême-droite nationaliste qui regretterait presque de ne pouvoir se prétendre royaliste ultra, adepte des revanches de classe et des répressions organisées en milice.
On reste béat devant une telle muflerie, un dénigrement si sommaire. Mona Ozouf, elle, compare lemballage du livre à un « cercueil menaçant », reproche doctement à ce livre de « juger le passé national », concédant que deux élèves-historiens ont rendu des « copies acceptables » et, avec toute la morgue seyant à un professeur, rend la note finale: « Pitoyable ». Critique spirituelle, mais qui ne réfute pas un seul article.
Devant l'unanimité des avis universitaires, devant le silence dont ce livre bénéficie dans le meilleur des cas, n'est-on pas en droit de poser la Question: "Quel est le nom de ceux qui refusent les faits, et qui nacceptent les faits que lorsque ceux-ci se plient à leur système de pensée ?" - Réponse : les Idéologues.
Car ce livre recourt majoritairement à lhistoire évènementielle, aux faits, dans une première partie. La seconde partie fait parler les écrivains, historiens, poètes ou romanciers, qui ont regardé la Révolution dune manière qui ne se veut ni hagiographique, ni démoniaque. Lanalyse littéraire et historique se rencontrent dans une uvre partiale, partiale dans la mesure où elle ne chante pas les litanies de la Révolution française.
Rédigé par: Neo | le 26/03/2008 à 23:54
Ben oui ! Nicolas Sarkozy peut savoir ce qui ce dit sur lui dans la blogosphère ... J'avoue que c 'est... Comment dire ... Banal. Il peut aussi recevoir par courrier tous ce qui se dit dans la presse ecrite sur lui, même s'il n'y a que 2 mots... Ce qui existe depuis une bonne cinquantaine d'années ! Et vous, comment va ?
Laura Conti
Rédigé par: laura.conti | le 11/04/2008 à 16:47
Trois précisions quand même :
1. Toute histoire est une narration, donc une idéoLOGIE
2. Une pensée contre-révolutionnaire n'est pas nécessairement réactionnaire
3. Par conséquent, elle se situe d'abord sur un terrain politique (les enjeux religieux ne sont pas nécessairement au centre de cette démarche - Joseph de Maistre est un penseur contre-révolutionnaire, ce n'est pas le seul). La politique, c'est aussi le débat (ni l'une ni l'autre ne sont nés en 1789).