Juin 1940 la négociation secrète de Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier

Editions de l'Atelier 2006 ISBN : 2708238663
http://www.librairiehistoire.com/themes/histoire_de_france/xxe-xxie_siecle/juin_1940_la_negociation_secrete_.asp

Présentation

Cet ouvrage rend compte de la découverte d'un document d'un exceptionnel intérêt, historique pour l'histoire du communisme en France. Retrouvé sous scellés aux Archives de Paris, un carnet de notes révèle l'argumentaire qui servit de base à la négociation entre Maurice Tréand, représentant du PCF, et Otto Abetz, représentant de l'occupant nazi en France, pour obtenir la reparution de l'Humanité et la légalisation de l'activité communiste en juin 1940. Le texte de ce carnet de notes, reproduit intégralement dans ce livre, éclaire sous un jour nouveau la nature des tractations entre les responsables communistes et les autorités allemandes. L'opposition du Parti communiste français à la guerre" impéraliste ", la défense du Pacte germano-soviétique, la condamnation des " gouvernements bourgeois " où figure " le juif Mandel " et l'implantation ouvrière du Parti sont les arguments présentés aux Allemands par la direction communiste pour conclure une alliance garantissant la paix sociale dans la France occupée. - Dès le 20 juin, une partie des négociateurs communistes est arrêtée par la police française puis libérée sur l'intervention des autorités allemandes. Ces négociations se prolongeront jusqu'à la fin du mois d'août, néanmoins dès la deuxième quinzaine de juillet, les Allemands doutent de la fiabilité d'un accord et les communistes commencent à comprendre le piège. Dans le même temps, la direction communiste publie clandestinement /Humanité et l'" Appel au peuple de France " dit " Appel du 10 juillet 1940 " demandant de ne pas accepter l'ordre vychiste. Comment des responsables de la direction communistes comme Jacques Duclos et Maurice Tréand ont pu, à ce point, abandonner leurs convictions antifascistes pendant que d'autres, tels Gabriel Péri et Charles Tillon, refusaient de se compromettre et jetaient les bases d'un combat futur contre l'occupant ? A partir de 1941, pendant quatre ans, lés communistes massivement engagés dans la Résistance paieront chèrement " l'impôt du sang " ; déportations, fusillades, massacres, tortures... En 1949, un rapport du secrétariat du PCF, resté secret et que ce livre publie, condamnera explicitement les négociations de juin 40...
 
Dans la presse. Jean-Claude Valla dans La Nouvelle Revue d'Histoire
Le sujet a déjà été abordé par plusieurs historiens (Dominique Venner etHenri Amouroux notamment) dans des ouvrages plus généraux, mais c’est la première fois qu’un livre est consacré aux négociations engagées par le Parti communiste français, dès le mois de juin 1940, avec les autorités allemandes d’occupation en vue d’obtenir l’autorisation de faire reparaître légalement L’Humanité.

Lorsque l’affaire avait été révélée en 1947 devant l’Assemblée nationale par le député MRP Pierre de Chévigné, le pacte germano-soviétique était bien oublié et Jacques Duclos avait pu crier au scandale. Par la suite, le parti s’efforcera de faire croire à une initiative malheureuse de militants égarés qui auraient agi sans lui en référer.Or,nous en avons aujourd’hui toutes les preuves,l’ordre de négocier avec les Allemands était bien venu de l’Internationale communiste et retransmis à Maurice Tréand, membre du comité central, via l’ambassade d’URSS à Paris, où Jacques Duclos, de retour de Bruxelles, venait de s’installer.

Les premières démarches ont été engagées, dès le 18 juin, auprès du lieutenant Weber de la Kommandantur par Denise Ginollin, futur député communiste, arrêtée deux jours plus tard par la police française en même temps que Maurice Tréand. Les Allemands les ayant fait libérer le 25 juin, Tréand rencontre dès le lendemain Otto Abetz, accompagné cette fois-ci du député communiste Jean Catelas, lui aussi membre du comité central, de Maître Robert Foissin, avocat de l’ambassade soviétique à Paris, et toujours de Denise Ginollin.Les négociations se poursuivront durant plusieurs semaines,sans succès, du fait de la méfiance allemande.

Dans leur livre, qui constitue une synthèse rigoureuse de cette affaire, Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier publient le texte de l’argumentaire qui a été saisi par la police française sur Denise Ginollin au moment de son arrestation et qu’ils ont retrouvé par hasard aux Archives départementales de Paris. Le « juif Mandel » y est dénoncé à trois reprises.
Une lecture édifiante!

En 1940 le Parti Communiste négociait avec les nazis !

Marie-Georges Buffet a reconnu que le PCF, en 1940, avait demandé aux Allemands l’autorisation de faire reparaître l’Humanité, et que Duclos avait invoqué des arguments antisémites.  

Un récent livre, « juin 1940 la négociation secrète », de Claude Pennetier et Jean-Pierre Besse (éditions de l’Atelier) révèle l’existence d’un carnet de notes saisi par la police française sur une militante communiste, Denise Ginollin, arrêtée le 20 juin 1940, et retrouvé sous scellés aux Archives de Paris.  Y figure l’argumentaire pour la négociation entre Maurice Tréand, responsable PCF, et Otto Abetz, représentant de von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères allemand, visant la reparution de l’Humanité et la légalisation du PCF. Quelques citations:  « Vous avez laissé paraître journaux communistes dans d’autres pays : Danemark, Norvège, Belgique. Sommes venus normalement demander autorisation… Sommes communistes, avons appliqué ligne PC. Sous Daladier, Reynaud, juif Mandel. Juif Mandel nous a emprisonnés et [a] fusillé des ouvriers qui sabotaient Défense Nationale… Pas cédé face dictature juif Mandel et du défenseur des intérêts capitalistes anglais Reynaud… Notre défense du pacte (germano-soviétique) vous a avantagé. Pour l’URSS nous avons bien travaillé, par conséquent par ricochet pour vous. »

Ce texte antisémite avoue que le PCF sabota les usines d’armement, en 1939-1940. Cette démarche auprès des Allemands était souhaitée par Jacques Duclos, chef du parti en France, et Maurice Thorez, réfugié à Moscou, qui envoya à Duclos ce télégramme, daté du 22 juin 1940, cosigné par Georgi Dimitrov, secrétaire général de l’ITC (Internationale des travailleurs communistes) :  « Utilisez moindre possibilité favorable pour faire sortir journaux syndicaux locaux, éventuellement l’Humanité […] ».

Le PCF fut antisémite, traître à la Patrie, valet du totalitarisme soviétique, et, en 1940, de l’occupant nazi.

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