Les fusillés : Répression et exécutions pendant l'Occupation (1940-1944) de Jean-Pierre Besse

Editions de l'Atelier 2006 ISBN : 2708238698
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Présentation

Combien y a-t-il eu de personnes fusillées par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale en France ? Les chiffres ont souvent varié : on a parlé de 10'000 fusillés, puis de 80'000... en confondant souvent toutes les victimes des forces d'Occupation : morts au combat, otages, exécutés sommaires, massacrés, fusillés après une condamnation à mort.

Qu'en est-il en réalité ? Pour la première fois, un ouvrage procède à une étude minutieuse d'un phénomène qui touche l'histoire et la mémoire de la Résistance.

En fait, environ 4 000 personnes ont été fusillées comme otages ou après condamnation à mort. Jean-Pierre Besse et Thomas Pouty montrent les raisons qui ont entraîné une surestimation du nombre de fusillés. Ils retracent les conditions qui ont amené des hommes, otages ou résistants, à être arrêtés, emprisonnés, condamnés à mort, puis fusillés. Ils mettent à jour la stratégie répressive des diverses autorités allemandes et de Vichy, et décrivent le sinistre parcours qui conduit les condamnés devant le peloton d'exécution : la dernière lettre, La Marseillaise et l'Internationale entonnées sous la mitraille, les corps que l'Occupant cherche à faire disparaître pour tenter d'empêcher que les défunts ne deviennent des martyrs.

Sans vouloir établir de hiérarchie entre les victimes de l'Occupation nazie, mais en s'attachant à comprendre la réalité de la répression qui a conduit des résistants et des otages à être condamnés à mort puis exécutés, ce livre éclaire un point majeur de l'histoire de l'Occupation en France.

Dans la presse: Jean-Claude Valla dans La Nouvelle Revue d'Histoire

Au moment de la Libération, le parti communiste s’était présenté comme « le parti des 75'000 fusillés» et ce chiffre est resté gravé dans les mémoires. Si les communistes avaient eu autant de martyrs, combien de résistants non communistes étaient également tombés sous les balles allemandes?

Dès 1946, les autorités françaises ont mis un terme à «l’impudeur» de la propagande communiste qu’avait dénoncée Henri Frenay, en estimant que 30'000 personnes environ,de toutes obédiences, avaient été fusillées pendant l’Occupation. Faute de données précises, on s’en est tenu à cette estimation pendant de nombreuses années. Aujourd’hui, deux historiens rouvrent le dossier. Il y aurait eu, selon eux, 4'120 personnes fusillées par les Allemands dans le cadre de la répression «légale» ou se réclamant d’une certaine « légalité » (tribunaux militaires), auxquelles il convient d’ajouter 410 ou 420 otages fusillés en 1944 sans aucun souci de «légalité». Le sujet étant encore sensible, ils se défendent de revoir les chiffres à la baisse, soulignant qu’ils n’ont pas pris en compte les victimes d’exécutions sommaires ou de massacres (du type d’Oradour), pour lesquelles ils affirment ne pas disposer de données suffisantes.

Mais on connaît le bilan de ces principaux massacres: Ascq (86 morts, le 1er avril 1944), Tulle (99 morts, le 8 juin), Oradour (643 morts, le 10 juin), Bron (109 morts entre le 17 et le 21 août), Châtillon d’Azergues (52 morts, le 19 juillet), Saint-Genis- Laval (une centaine de morts, le 20 août), Maillé (126 morts, le 25 août), etc. En additionnant tous ces chiffres, et même si l’on y ajoute les victimes de nombreuses exécutions de moindre importance (une centaine de morts, par exemple, dans la proche région lyonnaise entre juin et août 1944, hormis ceux déjà mentionnés de Bron, de Châtillon d’Azergues et de Saint-Genis-Laval), on est encore loin des estimations le plus souvent avancées.
EN TOUT: 5200 fusillés, trois jours sous Staline durant la Grande terreur de 36-38.
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