Le PLG : une démocratie de façade qui se fissure dévoilant un parti au fonctionnement stalinien

L’éditorial de janvier du Nouveau Libéral propose « de porter un regard critique sur le passé et dynamique sur l’avenir » pour « rebondir en 2007». Quelle belle intention ! Il y écrit : « Est-ce que le parti libéral peut se résumer à deux présidents démissionnaires ? Non, bien sûr.» Toujours d’accord! Trois paragraphes plus loin, on apprend que «La démission du second président dans des circonstances totalement différentes de la première». Voilà le « regard critique sur le passé». Une fois ceci affirmé, il n’y a plus rien à voir, circulez ! La troïka de fortune qui préside, ad interim, dit ce qui est, et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, évidemment libéral.

Vous avez dit : «Deux démissions totalement différentes ?»

MM. Le Comte et Bednarczyk ont rendu leur tablier à la suite de pressions inadmissibles , voire de diffamation et de harcèlement, ce qui fait tout de même un point commun. Deux présidents régulièrement élu n’ont pu accomplir le mandat qui leur a été confié par l’assemblée générale. Qui dirige le parti libéral ? Qui, dans l’ombre, tire les ficelles ? Sans entrer dans les détails ni les querelles d’égo, les faits suivants sont incontestables :

1) Début 2006, plusieurs candidats à la présidence mènent campagne en présentant leur projet dans les différentes communautés du PLG. Au printemps, l’assemblée du parti, le souverain du PLG élit M. Le Comte sans l’ombre d’une irrégularité. Tout cela est la preuve d’une saine vie démocratique.

2) 109 jours après, le président démissionne à la suite de pratiques inadmissibles, négation de la démocratie. Si des membres du parti libéral pensaient, en leur âme et conscience, que Le Comte n’était pas compétent, c’était devant l’assemblée générale du parti et à visage découvert qu’ils devaient exposer leurs critiques. Les méthodes utilisées, véritablement staliniennes, disqualifient indubitablement les auteurs de ce putsch et la valeur de leurs critiques. Au fait, qui sont les coupables ?

3) Magouilles en coulisses, calomnies, coups tordus, crocs en jambes forcent un président légitime à démissionner. Au lieu de susciter un tollé d’indignation, ce crime ne provoque qu’un silence complice, peut-être honteux. Cautionner ces pratiques, c’est se rendre complice de magouilles antidémocratiques. Le parti ne serait-il composé que de démocrates de pacotille qui baisse la tête devant cette sournoise et inadmissible agression ? Hélas oui ! Le parti libéral genevois est à la dérive!

4) L’ancien président du parti, Olivier Jornod, reprend la présidence ad interim. Espérons qu’il n’ait pas participé à cet honteux complot. Dans l’affirmative, ce serait le comble du culot et du mépris. Ad interim signifie qu’il s’agit d’une situation transitoire afin de faire élire par l’assemblée générale un nouveau président comme au début de l’année. Mais pas du tout !

5) Mi-juillet, Le Temps (25 juillet 2006) informe que « Martine Brunschwig Graf a accepté une mission cruciale: elle préside la «commission d'experts» chargée de dénicher le parfait candidat à la présidence». Dans ce même article, la nomination de Blaise-Alexandre Le Comte est qualifiée de «erreur de casting», ce qui signifie que ceux qui l’ont élu étaient des naïfs, voire des crétins. On a le respect du peuple au parti libéral.

«Désormais, les candidats seront filtrés, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un heureux élu officiel, désigné par la commission d'experts. Cette initiative émane du précédent président, Olivier Jornod». Heureusement qu’il y a Le Temps pour savoir ce qui se passe dans le parti car, si on devait compter sur le Nouveau Libéral, on pourrait attendre longtemps !

6) Assemblée générale du 28 septembre: ambiance «on tourne la page et on regarde l’avenir». La commission d’experts sort de son chapeau l’«heureux élu officiel» M. Bednarczyk qui prononce un discours exposant son action. Puis on vote: élu à l’unanimité moins 8 voix, soit 92%, un score digne d’une dictature communiste.

Je faisais partie des vilains canards qui n’ont pas plébiscité le candidat des experts non pas par défiance envers sa personne, mais parce que les conditions de cette élection constituent un remake des pratiques soviétiques. Il est malsain qu’une clique dirige par des coups de force, des magouilles, des calomnies et autres procédés malhonnêtes et anti-démocratiques.

7) 56 jours après, coup de théâtre. Malgré le processus soviétique de sa désignation, l’enfant prodigue s’avère être une nouvelle «erreur de casting» dont la responsabilité incombe, sans l’ombre d’un doute, au comité d’experts autoproclamés, à savoir le team Carabosse. Après le lynchage de Le Compte par une clique méprisant la décision de l’assemblée générale qui s’est écrasée, Serge. Bednarczyk, a jeté l’éponge suite au harcèlement d’Olivier Jornod. Ne jetons pas la pierre à cet épisodique président, les événements du printemps ayant montré qu’il ne pouvait pas compter sur le soutien de l’assemblée générale, et encore moins, celui des démocrates.

Après le lynchage de Le Compte, le harcèlement de Bednarczyk replonge le parti dans la tourmente. Et à nouveau, pas d’indignation ni de protestation !

8) Re-direction ad interim. Une troïka prend les rênes jusqu’à l’élection d’un nouveau président qui serait organisée après les élections municipales de mars 2007. Une présidence sans légitimité démocratique prétend gérer les affaires courantes. Sur quelle ligne politique, avec quelle programme? On attend seulement des membres du parti qu’ils soient des moutons de panurge.

9) Manque de chance, non seulement Le Comte a survécu à la tentative de lynchage qu’il a subi, mais il donne naissance à un mouvement libéral. Soudainement et contrairement à ses déclarations d’octobre sur « retroussons nos manches, on débattra plus tard », la tri-présidence organise des «assises» le 3 février. Il s’agit d’une opération de diversion pour jeter de la poudre aux yeux. Quant aux responsables des évictions anti-démocratiques de MM. Le Comte et Bednarczyk, ils se portent bien et sont toujours membres du parti libéral.

En plus de ses très graves distorsions à la démocratie par des mois de coups tordus, de mépris de l’assemblée générale, de magouilles, de calomnies, il est tout aussi impératif de contrer la ligne socialisante qui a conduit à la marginalisation du parti libéral, la situation à Genève étant utilisée comme paravent au naufrage général. Croire qu’un maintien des positions du PLG lors des élections de ce printemps serait suffisante pour donner un avenir au parti libéral est une amère illusion.

Julien Fonjallaz

PS
L’élection d’un communiste à la mairie de Genève grâce à un libéral a certainement amplifié la tourmente! Quelle mouche a donc piqué M. Muller ?

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