François Modoux a tout de l'hypocrisie diplomatique. Quand il parle du DFAE, il s'agit de Micheline Calmy-Rey, amie de Carla Del Ponte, qui vient de la nommer ambassadeur alors qu'elle était jusqu'alors sans relation avec cette carrière.
Ensuite, on nous raconte que "le chef du gouvernement de la République du Kosovo, Hacim Thaci, soupçonné d'avoir participé, comme chef de guerre, à un commerce d'organes prélevés sur des Serbes assassinés par l'Armée de libération du Kosovo. Des faits qui remonteraient à 1999 et qui n'ont jamais eu de suites juridiques, faute de preuves", des preuves qu'on n'a pas beaucoup cherchées puisque le TPIY a servi principalement contre les Serbes. Les auteurs de massacres et de crimes de masse kosovars, bosniaques ou croates peuvent dormir tranquille.
De plus, le journaliste (un copain de MCR?) oublie de mentionner l'inauguration en grandes pompes de l'ambassade suisse au Kosovo par la même MCR, pressée de reconnaître un territoire qui sert à des diverses maffias et aux Etats-Unis, l'US Army y a construit en 1999 le Camp Bondsteel (http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_Bondsteel).
Pascal Décaillet, une nouvelle fois courageux, ce qui contraste avec la plupart des journalistes comme François Modoux, pose LA bonne question: Hashim Thaci, aujourdhui lhomme fort de Pristina, auprès de qui une bonne partie de lEurope fait des courbettes, a-t-il, oui ou non, en 1999, commis cet acte ?
Carla Del Ponte empêchée de promouvoir son livre
DIPLOMATIE. Le DFAE rappelle la nouvelle ambassadrice à son devoir de réserve.
Le Temps, François Modoux, Mardi 8 avril 2008
Carla Del Ponte découvre la difficile transition entre deux fonctions aux antipodes l'une de l'autre. Ambassadrice de Suisse en Argentine depuis le 1er janvier 2008, la Tessinoise a été rappelée à l'ordre par son nouvel employeur. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) lui a interdit de participer à une conférence de presse à Milan pour promouvoir son dernier livre, La caccia (La chasse, moi et les criminels de guerre), rédigé en son nom propre sur son activité antérieure en tant que procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.
Le livre est en librairie depuis quelques jours. Des passages explosifs mettent en cause des acteurs clés aujourd'hui aux affaires dans les Balkans. Par exemple le chef du gouvernement de la République du Kosovo, Hacim Thaci, soupçonné d'avoir participé, comme chef de guerre, à un commerce d'organes prélevés sur des Serbes assassinés par l'Armée de libération du Kosovo. Des faits qui remonteraient à 1999 et qui n'ont jamais eu de suites juridiques, faute de preuves.
Le département au courant
Le DFAE était au courant du projet de livre quand, en 2007, il a accepté d'engager Carla Del Ponte comme ambassadrice au terme de son mandat pour le TPIY. Aujourd'hui, il ne se prononce pas sur le contenu de l'ouvrage «qui n'a rien à voir avec l'activité actuelle de Madame Del Ponte». Mais il invoque la protection des intérêts nationaux pour justifier son veto à une promotion active du livre par son auteur. «Il y a dans l'ouvrage des déclarations qui ne peuvent être faites en tant que représentante du gouvernement suisse», explique le porte-parole du DFAE, Jean-Philippe Jeannerat.
L'affaire, reconnaît-il, est «délicate». Carla Del Ponte a exprimé des regrets et une relative incompréhension pour la décision de sa hiérarchie. Le DFAE ne s'en émeut pas. Des propos qu'aurait pu tenir publiquement l'ambassadrice sur son ancienne activité risquaient d'être interprétés, de bonne ou de mauvaise foi, comme reflétant la position du Conseil fédéral.
Faut-il rappeler que la Serbie a rappelé à Belgrade son ambassadeur posté à Berne après que la Suisse eut reconnu l'indépendance du Kosovo? C'est l'extrême sensibilité de la politique de la Suisse dans les Balkans que souligne indirectement le silence imposé à l'ambassadrice.
Fêtée en décembre 2007 comme une star - elle a reçu le Prix de la personnalité politique nationale la plus populaire pour son combat contre les criminels de guerre dans les Balkans -, Carla Del Ponte est trois mois plus tard priée de se faire discrète: «Nous vous remercions pour un retour rapide à Buenos Aires», conclut, sèchement, la lettre du DFAE qui a bridé son élan.
Carla et la raison dEtat
commentaires.com - Pascal Décaillet sur Lausanne FM
http://www.commentaires.com/articles-543.html
mardi 8 avril 2008
Donc, le très doux Hashim Thaci, actuellement Premier ministre du Kosovo, naguère chef de guerre de la très douce UCK, lArmée de libération nationale, aurait, en 1999, fait déporter 300 Serbes vers lAlbanie, aurait fait prélever sur eux des organes, quil aurait vendues à des trafiquants internationaux. Cet épisode, gravissime sil sest bien produit, cest Carla del Ponte qui lavance. Une femme que nul, ici bas, ne pourra suspecter, vous en conviendrez, de serbophilie aiguë.
Limportant, dans cette affaire, nest pas le devoir de réserve, par rapport à son Département, de celle qui est aujourdhui ambassadrice de Suisse en Argentine. Ne vouloir, comme beaucoup le front ce matin, présenter le problème que sous cet angle organique, cest épouser la vision du DFAE. Et cest, surtout, faire bien peu de cas du fond du problème, sil se vérifie.
La question est: Hashim Thaci, aujourdhui lhomme fort de Pristina, auprès de qui une bonne partie de lEurope fait des courbettes, a-t-il, oui ou non, en 1999, commis cet acte ? Faut-il rappeler les yeux de Chimène, à lépoque, de nombre de journalistes romands, au nom dun romantisme christo-guevaresque, pour lUCK ? Ces horreurs de la guerre, quon a tant condamnées chez les Serbes, faudrait-il, les yeux mi-clos, feindre de les ignorer, dans lautre camp ?
Reste la question de la soudaine sévérité du DFAE face à la promotion du livre par Carla del Ponte. Que de doctes leçons, ce matin, sur les ondes et dans les journaux, pour saluer lapplication ferme de la ligne par Berne ! Que cet index soit pointé, précisément, par un Département en pleine histoire damour avec Pristina (où Madame Calmy-Rey, parmi les premières, vient se de rendre, et de rencontrer Hashim Thaci), ne semble pas exagérément exciter les esprits. Point nest besoin, pourtant, davoir lu Machiavel ni le saisissant « Bréviaire des politiciens » de Mazarin, pour savoir quil existe, en politique, des vérités bonnes à taire. Cela porte un nom : cela sappelle la raison dEtat.